‹ Affections congénitalesChapitre 71 sur 226 · H. Clutton, Trans. of the pathol. Soc. of London · texte numérisé non relu

H. Clutton, Trans. of the pathol. Soc. of London

3. Chrétien (de Poitiers), Bull, de la Soc. anatom., octobre 1889.

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fut suivie d'un état fistuleux, puis le kyste finit par se reconstituer. De nouvelles ruptures également spontanées se reproduisirent en 1883 et en 1888. Enfin l'extirpation mit fin aux accidents. On trouva une paroi kystique revêtue d'un épithélium cylindrique. C'était donc un cas de kyste mucoïde pré-stenial.

Les kystes sous-thyroïdiens sont les plus intéressants au point de vue pratique. Leur histoire clinique, tout incomplète qu'elle est encore, nous off"re déjà un certain nombre de caractères qui méritent d'être relevés. Us occupent différentes hauteurs, depuis le larynx jusqu'au sternum. Ils sont encadrés, pour ainsi dire, entre les deux muscles sterno-mastoïdiens. Giraldès et Després ont noté que les kystes qu'ils ont observés n'étaient pas mobiles avec le larynx. Ce fait est en rapport, dans le cas de Després, avec l'adhérence de la paroi kystique au sternum, et, sans doute dans les deux cas, avec l'indépendance de cette paroi et de la trachée. Quoi qu'il en soit, l'immobilité du kyste pendant l'ascension du larynx est un caractère cliniquç important, en ce qu'il permet d'établir qu'il ne s'agit pas d'une tumeur du corps thyroïde. Ajoutons que les kystes adhérents à la trachée (Tachard) doivent nécessairement être mobiles avec cet organe.

L'apparition des kystes remonte plus souvent à la deuxième enfance qu'à la naissance; leur développement est lent et dure plusieurs années. La puberté peut être l'occasion d'une poussée d'accroissement (Bidder). Parvenus à un certain volume, ils forment des tumeurs arrondies parfaitement régulières et fluctuantes.

Les caractères anatomiques sont ceux des kystes dermoïdes dans la plupart des cas. Le fait de Jouon était cependant un exemple de kyste mucoïde : revêtement de la paroi par un épithélium cylindrique, et contenu liquide, muqueux. Le kyste pré-sternal observé parNélaton était revêtu en grande partie d'un épithélium pavimenteux et sur une petite région par un épithélium cylindrique à cils vibratiles.

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Lorsqu'on hésite sur le diagnostic de l'affection, on peut faire une ponction exploratrice. C'est même une précaution nécessaire, dans un certain nombre de cas au moins. Mais on ne saurait attribuer à cette ponction un effet curatif. La vraie méthode de traitement est l'extirpation, qui est facile à faire en général. Les difficultés n'apparaissent que dans les cas exceptionnels, comme celui de Bidder et le nôtre, où le kyste présente un prolongement rétro-sternal. En pareille occurrence on pourrait être contraint de se borner à une résection partielle de la poche, sauf à soumettre la partie profonde à l'action d'un liquide caustique, comme une solution de chlorure de zinc.

Obs. IX. ■ — Kyste branchial pré-laryngé. Fistule fré-sternale et deuxième kyste situé derrière la fourchette*du sternum. — La nommée Berlin (Louise), âgée de dix ans, entre le 12 juin 1890 à l'hôpital Trousseau, salle Giraldès.

Le père et la mère sont bien portants ; on ne trouve dans la famille aucune anomalie congénitale.

L'enfant elle-même n'a pas d'autre antécédent pathologique qu'une rougeole survenue à l'âge de trois ans.

Elle est venue à l'hôpital pour une tumeur du volume d'une orange, sphérique, occupant la région médiane du cou, empiétant sur le larynx en haut et descendant jusqu'au voisinage du thorax. Latéralement, elle dépasse le muscle sterno-mastoïdien. La peau qui la recouvre est un peu œdématiée ; on voit à sa surface deux cicatrices : une médiane, trace d'une trachéotomie faite il y a longtemps ; une latérale, provenant d'une incision faite il y a deux ans pour ouvrir la tumeur. Elle donna issue à du pus, dit l'enfant.

L'origine de la tumeur remonte à la naissance. Dès cette époque, les parents s'aperçurent que le cou était anormalement gros. Cette tuméfaction a augmenté ensuite avec lenteur.

L'enfant porte aussi sur la ligne médiane du tronc, à un centimètre au-dessous de la fourchette sternale, une fossette de la largeur d'une petite lentille, circulaire, à bord déprimé, avec le commencement d'un trajet qu'on voit se diriger de bas en haut. L'orifice fîstuleux est entouré d'une zone pigmentée large d'un centimètre,

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avec un peu d'hypertrophie- de la peau et des poils follets qui n'existent pas ailleurs. Il s'écoule de temps en temps de la fistule une goutte transparente comme perlée. Il n'en est jamais sorti ni pus ni matière sébacée.

Nous pensons que l'orifice fîstuleux est l'ouverture de la quatrième fente branchiale restée ouverte en un point. Il a été reporté un peu en bas par le développement.

La tumeur du cou est nettement fluctuante. Au premier abord on pense à un abcès ganglionnaire pré-trachéal ou à un goitre kystique enflammé. L'un ou l'autre de ces diagnostics est admis par quelques personnes. La présence de la fistule pré-sternale nous fait croire à un kyste dermoïde développé aux dépens de la quatrième fente branchiale.

Opération, le 17 juin 1890. — On commence par inciser la collection cervicale. Il en sort un liquide comparable à celui des hématocèles, et un dépôt de matière solide ressemblant à du mastic. La cavité est nettoyée et la paroi excisée.

Un deuxièrne temps consiste à enlever la paroi du trajet fistuleux. Lorsqu'on est arrivé au-dessus de la fourchette sternale, on suit le prolongement de la fistule avec un stylet, et on arrive non dans la cavité du cou déjà ouverte, mais dans un deuxième kyste complètement indépendant, qui est situé derrière le sternum et pénètre dans le médiastin.

Ce deuxième kyste est isolé et enlevé. Sa paroi n'est adhérente à aucun organe environnant. L'opération terminée, on aperçoit au fond de la plaie les gros vaisseaux du médiastin. Ce kyste contient de la matière sébacée et des poils follets.

Le 26 juin l'enfant va bien. Il ne s'est produit aucune complication, et la plaie est fermée.

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