‹ Affections congénitalesChapitre 78 sur 226 · FISTULES EMBRYONNAIRES DE LA TÊTE ET DU COU · texte numérisé non relu

FISTULES EMBRYONNAIRES DE LA TÊTE ET DU COU

Les fistules et les fissures embryonnaires sont deux lésions de même ordre, témoignant l'une et l'autre de la persistance anormale, en partie ou en totalité, d'une disposition anatomique qui ne devait avoir qu'une durée transitoire. On est donc très naturellement tenté de les considérer comme deux degrés différents d'une même anomalie, car on peut supposer qu'une fissure labiale ou bec-de-lièvre n'est, après tout, qu'une fistule complète, énorme, dans laquelle le trajet et les orifices se confondent pour constituer la division de la lèvre elle-même, et le même raisonnement conduirait à ne voir dans une fistule qu'une fissure atténuée réduite à un trajet se terminant par un ou deux petits orifices , suivant que la fistule est complète ou incomplète. On pourrait donc traiter les deux sujets à la fois et chercher le lien naturel qui mène d'un état à l'autre.

Mais un premier point nous arrête : il n'y a aucune ressemblance apparente entre une fistulette presque imperceptible occupant le cou ou le voisinage de l'oreille et un bec-de-lièvre simple ou compliqué de gueule-de-loup. D'autre part, toute fissure est le résultat d'un défaut de soudure d'une fente embryonnaire ; elle rappellerait donc exactement l'état embryonnaire, si le développement n'y apportait des modifications qui en général l'aggravent, c'est-à-dire en augmentent l'étendue. Dans la fistule, au contraire, le travail de réunion a été consi-

dérable, presque complet. Il a manqué seulement dans une partie très minime et sur des bords déjà réunis : la plupart de ces fistules, en effet, sont incomplètes; et, de plus, elles n'ont pas le même siège que les fissures. Ces dernières occupent la face, tandis que les fistules y sont exceptionnelles; nous dirons plus loin pourquoi. Ces différences touchant l'apparence, le sièg-e et la pathogénie des fistules et des fissures, conduisent à séparer l'étude de chacune de ces anomalies. D'ailleurs, les fentes embryonnaires de la face étant de tous points compa- ,rables aux fentes du cou dites branchiales, on pourrait, sans porter atteinte au langage, appliquer aux unes et aux autres l'expression de branchiales. Mais il vaut mieux cependant les désigner par un nom anatomique, d'après le nom des arcs voisins : c'est ce que nous ferons habituellement.

Nous comprendrons sous le nom^e fistules embryonnaires des trajets ouverts, de petites dimensions en général, provenant de l'occlusion incomplète d'une fente embryonnaire : gouttière dorsale de l'embryon, fente fronto-maxillaire, fente intermaxillaire, fentes branchiales proprement dites. Ces fistules s'ouvrent souvent à la surface de la peau, quelquefois dans le pharynx.

Duplay', rattachant aux fistules branchiales les fistules qui succèdent à l'ouverture spontanée ou chirurgicale des kystes branchiaux, a été conduit à diviser les fistules branchiales en fistules primitives et en fistules consécutives. Certes la ressemblance entre ces deux variétés de lésions est grande , puisqu'elles ont l'une et l'autre la même origine embryogénique, et une structure identique, qui entraîne les mêmes difficultés de traitement. Il ne sera question ici que des fistules primitives, les fistules consécutives ayant été décrites avec les kystes, dont elles constituent un mode de terminaison.

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