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V. Urbantschitsch, Edinburg medicalJoumal

lement sur douze, la fistule sécrétait un liquide laiteux. Enfin Urbantschitscli a observé, comme Paget, une série de fistules auriculaires dans la même famille.

Dans cet historique nous venons de passer en revue les caractères, peu nombreux et très uniformes, des fistulettes congénitales de la partie supérieure du pavillon de l'oreille. Leur orifice est situé sur la portion verticale antérieure de l'hélix ou un peu en avant, à un centimètre environ au-dessus du tragus. Il est placé en général au fond d'une légère dépression^ large comme une petite cicatrice de variole. Son ouverture, ordinairement très étroite, n'admet qu'un très fin stylet, qui pénètre dans une direction oblique en avant et en bas, vers l'os malaire, à une profondeur de deux à huit ou même dix millimètres, d'après Urbantschitsch. Nous n'avons observé que des fistules de deux à quatre millimètres de longueur.

La fistule est unilatérale ou bilatérale et symétriquement disposée. Le plus souvent, tous les signes cliniques se réduisent à ces caractères physiques. Sur quelques sujets, il se produit un léger suintement qui forme une croûte à la surface de l'orifice. Cet écoulement séreux, un peu visqueux, odorant dans quelques cas, toujours très peu abondant, apparaît à une époque variable. Chez une de nos malades, il a commencé vers quinze ou seize ans et a cessé quelques années plus tard. D'autres fois on l'observe déjà dans le jeune âge, et il persiste indéfiniment. Il est, du reste, le seul inconvénient dont le sujet puisse s'inquiéter, car la difformité est insignifiante. Nous avons cité deux cas dans lesquels le produit de la sécrétion, au lieu de s'écouler à l'extérieur, s'est accumulé dans le trajet et a formé une petite collection, véritable kyste dermoïde consécutif. Le kyste a donné lieu dans les deux cas à une erreur de diagnostic, qui aurait été facilement évitée si on avait eu connaissance des fistules congénitales auriculaires.

La transformation de la fistule en kyste est d'ailleurs la seule circonstance qui puisse nécessiter une intervention opé-

ratoire. C'est à l'extirpation qu'on doit recourir, comme pour les kystes dermoïdes en général. L'inutilité et l'inefficacité d'une ouverture simple ont été démontrées deux fois sur deux.

La surdité observée en même temps que la fistulette ne saurait en être considérée comme une complication. C'est une coïncidence remarquable, indiquant que la malformation ne porte pas seulement sur les parties extérieures, mais aussi sur les parties profondes de l'appareil auditif. Nous ne sommes pas éclairés sur la nature de ces lésions profondes.

FiG. 13. — Fossette sur l'extrémité inférieure du pavillon de l'oreille, à la place du lobule, qui fait défaut (V. obs. XIV, p. 253).

D'un autre côté, le caractère héréditaire et l'association des fistulettes préauriculaires avec d'autres difformités de l'appareil branchial montrent que, malgré leur peu d'importance en ellesmêmes, ces fistules doivent occuper une place dans le vaste groupe des affections branchiales.

La seconde variété de fistules auriculaires congénitales siège, avons-nous dit, sur le lobule de l'oreille. Les faits sont ici fort rares. Une petite fille de trois ans que nous avons eu l'occasion d'examiner (obs. XIV, fig. 13) avait le pavillon de l'oreille gauche mal conformé. Le lobule faisait défaut, et à. sa place, au-dessous de l'extrémité inférieure de l'héUx, était une dépression conique dont le centre paraissait occupé par un petit orifice ; mais aucun trajet ne faisait suite à cet orifice.

Chez une fillelte de dix ans, observée par Betz', le lobule de l'oreille gauche présentait un orifice qui correspondait à une fistule de deux millimètres de profondeur, dirigée horizontalement vers la face postérieure du cartilage de la conque, entre ce cartilage et la peau, et terminée en cul-de-sac. Les parois de cette fistule étaient assez épaisses pour former sous la peau un cordon sensible au doigt. L'orifice était habituellement fermé par une petite croûte.

Bland Sutton^ a vu une petite fille née avec une perforation du lobule d-e l'oreille gauche exactement au point où Ton met les boucles d'oreilles. Un enthousiaste, ajoute cet auteur, aurait pu voir là un exemple de transmission d'une difformité artificielle : la perforation des oreilles amenant un vice héréditaire.

Il n'y a qu'un petit nombre d'observations de fistules branchiales ouvertes dans la seconde région que nous avons délimitée, c'est-à-dire à la partie supérieure et latérale du cou, entre le conduit auditif et le larynx, sur le trajet commun des fentes branchiales. A cette variété appartiennent le cas de Heusinger auquel nous avons fait allusion plus haut, deux faits de Virchow et de Berg dans" lesquels le trajet fistuleux communiquait avec l'oreille externe, enfin un cas plus simple que voici (V. fig. 14). On nous présente une fillette de huit ans, portant une fistule dont l'orifice est situé à la partie inférieure de la gouttière parotidienne, à un centimètre et demi en arrière de l'angle du maxillaire sur le bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien. Cette fistule a déjà été aperçue quelque temps après la naissance. Son orifice, constamment ouvert depuis cette époque, laisse suinter un liquide dont le contact occasionne de temps à

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