OBSERVATION XV
(Personnelle)
Tumeur blanche du genou. — Guérison par ankylose
B... Félicien, soldat au 1° régiment étranger, 36 ans.
En janvier 1905, apparaît brusquement un gonflement douloureux du genou droit ; en même temps le coude droit présente des phénomènes analogues, mais qui ne persistent pas. On pense à du rhumatisme articulaire aigu ; on applique des liniments calmants, on donne du salicylate. Comme il ne survient pas d'amélioration, on lui fait des pointes de feu, puis finalement on le rapatrie du Tonkin où il se trouvait en ce moment.
Il entre à l'hôpital de Marseille, le 15 juillet 1905,
Nous constatons alors que l'articulation est augmentée de volume, que les condyles sont épaissis, que le tibia est subluxé en arrière sur le fémur qui seul forme en avant l'angle fémoro-tibial. La rotule est immobile :; les mouvements de flexion et d'extension sont presque complètement abolis : il n'y a pas de mouvements de latéralité. La jambe est, en outre, en demi-flexion sur la cuisse, et il y a un raccourcissement de trois centimètres.
I n'y a pas de trace d’abcès ni de fistules ; ïe tissu cellulaire est seulement très épaissi.
La marche, presque impossible, détermine une douleur à
la partie interne du genou ; cette douleur existe aussi à la pression.
On immobilise d'abord le membre pendant quelques jours, et on fait des pointes de feu ; puis, comme la flexion paraît augmenter, on applique un appareil à extension continue pendant un mois ; au bout de ce temps, la jambe est presque complètement allongée sur la cuisse, mais le tibia est fortement subluxé en arrière, et le raccourcissement est de deux centimètres.
On soumet alors le genou au traitement par l'air surchauffé à 120° par séances quotidiennes de une heure.
Dès les premières séances, disparition presque complète des douleurs. Au bout de quinze Jours, le malade peut marcher avec des béquilles et l'amélioration se poursuit alors progressivement.
Au bout de deux mois, on constate que tout mouvement a disparu dans l'articulation, qu'il n'existe plus aucune douleur, et que la marche commence à pouvoir se faire sans béquille. L'ankylose paraît définitive.