‹ Affinités de quelques légendes américaines avec celles de l'Ancien monde [microforme]Chapitre 1 sur 2 · Affinités de quelques légendes américaines avec celles de l'Ancien monde [microforme] · texte numérisé non relu

Affinités de quelques légendes américaines avec celles de l'Ancien monde [microforme]

M. l'abbé Domenech, dans son ouvrage intitulé Voyage pittoresque dans les déserts du Nouveau Monde, nous fait | - Connaître la légende d’Orphée telle qu'elle existe chez les Indiens des prairies. (Voir cet ouvrage, pag. 401 et 402.) Un chasseur dn nom de Sayadis avait une sœur jeune et belle qui refusa de se marier pour ne point quitter son Une épidémie s'étant abstiue sur la tribu, elle mourut. Sayadis,-inconsolable, résolut d'aller jusqu’au pays des âmes pour en ramener sa sœur. Son voyayse fut long et plein d'a- | ventures - mals il serait resté infruc!ueux si Sayadis n'eût fait | la rencontre d’un vieillard qui lui donna une calebasse magique dans laquelle.jl pourrait renfermer l'âme de la morte, | s'il parvenait à la reconnaitre. A peine arrivé au pays des | esprits, Sayadis s apergut que ces derniers fuyaient à sa.rencontre. Taronyawaigon, le maître des cérémonies, lui donna | une paire de raquettes avec l’aide desquelles il lui serait possible de rattraper ' ombre fngitive. Aussitôt le tañoaceyan | |

ou tambour ces esprits se fit entendre; & était, pour les âmes,

le signal de la danse. En même temps, la flûte indienne fit

entendre des sons doux et harmonieux. Tous les esprits s'ap- | prochèrent. Sayadis s'approcha de sa sœur et, pénétrant ra- | pidement au milieu des danseurs, la saisit et l’enferma dans

sa calebasse. Puis il revint chez lui. Tous ses parents et

vinrent le trouver, afin de 227205 le corps de la défunts,

‘0€ + 22 Fe c7

mais une femme, plus curieuse que les autres, ouvrit la calelasse, afin de voir comment était faite une âme séparée de son corps; éblte dernire s envala, disparut, et jamais Sayedis ne parŸint à retrouver le chemin qui conduit à la terre des esprits.

D'autres versions de ia même légende sont ou différentes ou plus complètes. Les uns attribuent à Sayadis lui-même, étonné du peu de poids de son fardeau, l'ouverture de la calebasse; d'autres parlent, non de la sœur, mais de la femme de Sayadis, qu'elles appellent Endae. Enfin il est aussi question d'un lac ou marécage que Sayadis aurait eu à traverser avant d'arriver au pays des Ames. Ce lac était gardé par un chien que le chasseur écarta en lâchant une martre devant lui. Ce dernier détail rappelle tout à fait le gatéeu de miel et de pavots que, suivant l'Énéide, le héros troyen jeta à Cerbère, lors de sa descente aut enfers.

L'histoire de Sayadis était surtout populaire chez les Iroquois, bien qu'on en retrouve des versions plus ou moins altérées dans tout l’est des États-Unis.

La sécoride légénde est algonquine. (Voyez M. l'abbé Domenech, p. 214.) Un jeune chasseur rencontre dans la prairie un sentier circuloire, sans aucune trace de pas alentour. Ce sentier était uni, bien battu et semblait avoir été récemment fréquenté par plusieurs visiteurs. Surpris de ce qu’il voyait, le chasseur se cacha dans l'herbe pour pénétrer ce mystère. Au bout de quelque temps, une musique mélodieuse ef dont les accents arrivaient par intervalles réguliers se fit entendre daus les airs. Levant la tête, il aperçut une petite tache blanche qui ressemblait à un nuage. Le nuage se rapprocha et là musique redoubla de mélodie. Enfin, il vit que ce point blanc était un panier d'osier contenant douze jeunes filles d'une admirable beauté: chacune d'elles avait à la main un tambour sur lequel elle frappait en chantant avec une grâce surhumaine. Le panier descendit au milieu du cercle et, aussitôt, les jeunes filles en sortirent et se mirent à danser sur le petit sentier. Elles se lançaient, les unes aur autres, une paume brillante comme l'éclair. La danse était

E q d Fec7

ouvrit la caleme séparée de jamais Sayedls t à la terre des

t ou différentes adis lui-même, uverture de la ur, mais de la . Enfin il est yadis aurait eu es. Ce lac était en lâchant une ut à fait le gnéide, le héros m enfers.

ire chez les Iroplus ou moins

* M. l'abbé Dore dans la prairie pas alentour. Ce * été récemment > ce qu'il voyait, trer ce mystère.

lodieuse et dont s se fit entendre ine petite tache ige se rapprocha vii que ce point une jeunes filles it à la main un ntant avec une milieu du cercle e mirent à dan- , les unes eux . La danse était

aussi ravissante que la dag Frappé surtout de la grâce et de la beauté de la plus jeune, le chasseur résolut de s’en emparer et d'en faire sa femme. À cet effet, il s'approche du cercle sans être aperçu et il était sur le point de réusbir, lorsque les douxe jeunes filles rentrèréfit brusquement dans fe panier, qui remonla aussitôt.

Le chasseur désespéré revint le lendemain au même endroit. Le panier destendit de nouveau avec les célestes visi teuses. L alnee dit à ses sœurs : « Peut-être ce mortel veut-il nous enseigner comment dansent et chantent les habitants de la terre. v « Oh! non, s’écria la plus jeune, remontons vite, car j'ai peur. » Toutes, cependant, se remirent à chanter et à danser, puis elles repartirent.

L Algonquin revint une troisième fois, il dit un tronc d'orbre où étaient logées quantité de souris; par la vertu de son sac à médecine, il revêtit la forme d’une souris, après avoir pris la précaution d'approcher le tronc le plus près possible du cercle. La plus jeune des filles dit: « Voyez donc cé tronc d'arbre; il n'était pas ld hier, » et elle s'enfuit vers son panier; mais ses sœurs se mirent à rire et, entourant l'arbre; le renversèrent. Les sc:ris furent toutes tuées, à l'exception de l’Indien métamorphosé. II reprit sa forme naturelle et s em-

pora de la plus jeune des visiteuses, au moment où celle-ci

allait l’assommer d un coup de bâton. Il épousa sa captive ét en eut un fils; mais la fille céleste dépérissait sur terre. Un jour que l’Indien était à la chasse, elle fabriqua un petit penier d osier, cueillit des fleurs, prit des oiseaux, raïnassa toutes les curiosités qui pouvaient plaire à son père, emmiena son fils avec elle. Pais elle se rendit dans le cercle magiqué, entonna sa chanson mystérieuse et remonta vers l'étoile d’où elle était descendue. L'Algonquin, l'ayant entendue s’envoler, courut au cercle, niais ne put la rattraper.

Deux ans après cette fuite, l'étoile dit à sa fille: « Amène ton mari avec nous, v car le fils de F Indien voulait revoir son père; « qu'il apporte des échantillons de tous les animaux qu'il pourra tuer. v Cela fut exécuté. Chaque couvive choisit qui une patte, qui un œil, qui nne queué. Ceux’ qui prirènt

Role ui Pt

Page 1