‹ Afgar; ou, Les loisirs andalousChapitre 10 sur 61 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ZAYDÉE.

Pourquoi veux-tu qu'il s'aperçoive de quelque chose ?

OPORTO

Parce que vous agissez toutes beaucoup trop vite... comment depuis un mois, tu es la vingttroisième qui vient dire : ah, j'ai des vertiges... ah, j'ai mal au cœur... c'est très flateur pour moi, mais c'est invraisemblable...

ZAYDÉE.

Tu as des mots d'enfant...

C'est vous qui faites semblant de les avoir les maux d'enfant... et ce que vous jouez mal la comédie... nous courons à une catastrophe... il n'y avait pas besoin d'enfler les choses à ce point là... il n'y avait qu'à dire le prisonnier se comporte très bien, mais nous n'avons pas encore de résultat... et ça pouvait durer indéfiniment...

ZAYDÉE.

Ah ! que les hommes sont bêtes... mais triple espagnol que tu es, tu ne comprends donc pas, puisqu'on t'a expliqué la ligue des repopulateurs et toute l'histoire, que s'il s'était aperçu que tu étais un arbre de couche, mais un arbre incapable de produire des fruits, il t'aurait déjà relégué aux oubliettes et il aurait été nDus chercher un autre espagnol... est-ce ça que tu veux?...

OPORTO

Non, évidemment...

ZAYDÉE.

Nous avons fait avec toi, un pacte de tranquil-

lité mutuelle... moyennant un petit mensonge de temps en temps, nous soin mes en repos, tu es content, Afgar est ravi... c'est parfait...

OPOUTO.

Il y a pourtant une chose qui m'intrigue et q[ue je veux depuis longtemps approfondir...

ZA.YDÉE.

Quoi donc ?

OPOUTO.

Vous êtes les vingt-cinq femmes d'un Maure qui a dételé depuis déjà quelques temps, vous êtes enfermées, suivant la coutume arabe : bien, arrive un prisonnier espagnol, la consigne est de vous montrer très gracieuses avec lui, et au lieu de profiter de cette distraction qui s'offre, — je ne dis pas que je sois irrésistible, mais enfin, je ne suis pas répugnant... — vous la dédaignez, que dis-je, vous la repoussez; sans être fat, j'avoue que je ne m'explique pas très bien, qu'en échange de mes avances vous ne m'ayez pas fait des ouvertures...

Tu ne connais pas les femmes orientales Oporto...

Dans les harems à la pénombre douce Sur les tapis épais de laine rousse, No s corps épars au milieu des coussins, Nous restons là sans but et sans desseins A comparer la pointe de ncs seins Dans les harems à la pénombre douce.

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