ACTE DEUXIÈME
GOUGOURLI, montrant Isilda.
Je n'ai pas peur que l'on me contredise, C'est de la belle marchandise !
ISILDA.
Ce pantalon me fait Un très drôle d'effet, Ah ! comme il bouffe Ah! comme il bouffe Là-dedans je crois que j'étouffe I
MESSAOUDA, lui mettant une ceinture par dessus.
Ton costume n'est pas complet, Il y manque cette ceinture.
HANIFA.
Et puis aussi ce corselet...
GOUGOURLI.
J'aime mieux la femme nature Surtout lorsque c'est rondelet...
HANIFA.
Silence ! marchand s'il te plait I
MESSAOUDA, présentant un miroir à Isiida,
A présent fille de Tolède Tu peux te voir !
ISILDA, se regardant.
Ah! je ris de me voir si laide En ce miroir !
Gomme j'aimais mieux ma jupe légère, Bien moins mensongère
Que tous ces brocarts :
Avec ses plis lourds, cette étrange mode
N'est guère commode
Pour les grands écarts.
Dans mes mouvements je suis empotée,
Je suis fagotée
Et sans aucun art, Il semble en marchant que je me balance
Et lorsque j'avance
J'ai l'air d'un canard î
Gomme j'aimais mieux ma jupe légère
Bien moins mensongère
Que tous ces brocarts; Simple en son étoffe et simple en sa coupe,
Collée à la croupe
Offerte aux regards, Elle se moulait sur la chair qui vibre
Et la laissait libre
Pour la pâmoison, Mais dans cet étui de genre mauresque
Ah ! j'étrangle presque,
Je suis en prison !
GOUGOURLI, bas à Isilda.
Enfin, qu'est-ce qui t'a pris de te jeter à la tète d'Afgar!
ISILDA, inôjne jeu.
Oporto est un misérable, il est l'amant de ces vingt-cinq femmes!
GOUGOURLI, mémo jeu.
Vingt-cinq, ça m'étonne de lui!