‹ Afgar; ou, Les loisirs andalousChapitre 43 sur 61 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ZAYDÉE, AFGAR.

AFGAR.

C'est affreux, c'est épouvantable, je suis dans un état de neurasthénie aigùe...

ZAYDÉE.

Je ne vois pas ce qui te bouleverse...

AFGAR.

Tu ne le vois pas, mais c'est de ta faute, tu en as eu une idée de faire monter cette petite...

ZAYDÉE.

Je ne pouvais pas deviner ce qui allait arriver... je te garautis que si c'était à refaire...

AFGAR.

Ma situation est des plus délicates... voilà une femme qui se meurt d'amour pour moi... j'ai des responsabilités...

ZAYDÉE.

Quoi, il y en a eu d'autres femmes qui ont été amoureuses de toi, moi par exemple...

AFGAR.

Ce n'est pas la même chose, tu m'aimais passivement, bourgeoisement, en orientale, celle-là c'est la crise, c'est la grande passion...

C'est la crise-passion, quoi...

Et puis enfin, ce qu'il y a de particulièrement flatteur, c'est que j'ai cinquante neuf ans et demi, je n'espérais plus inspirer de désirs, je m'étais résigné à demeurer spectateur du tournoi... et voilà maintenant qu'il faut que je rentre en lice, que je rompe des visières, eh fichtre les visières, ça ne se rompt pas comme ça...

ZAYDÉE.

Il suffit d'une lance...

AFGAR.

Cela te plait à dire, depuis hier, j'ai fouillé dans toutes mes panoplies, mais en vain... je ne peux pourtant pas avoir la honte de me retirer sans combattre, un adversaire m'appelle, il faut que je réponde... et je suis aphone...

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