‹ Afgar; ou, Les loisirs andalousChapitre 44 sur 61 · ACTE DEUXIÈME Gi · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME Gi

ZAYDÉE.

Il y a des moyens de guérir l'aphonie;..

AFGAR.

Je les ai tous essayés, il ne me reste plus qu'un seul espoir, c'est ce que ces chiens de chrétiens appellent l'été de la Saint-Martin.

Couplets.

L'hiver parait

Dans la forêt Qu'il déplume avec minutie.

Les arbres nus

Sont devenus De vieux messieurs ù calvitie,

Pour eux n, i, ni, C'est fini ; Le patron les force à la grève ;

Quand tout à coup*

« Coucou, coucou !

« C'est moi qui reviens, dit la sève »! Aussitôt les vieux gai an tins Se mettent à leurs boutonnières Des bouquets de fleurs printanières :

C'est l'été de la Saint-Martin!

Or l'homme aussi, Se sent transi,

Quand l'hiver vient lui dire, « on ferme :

« Demeure coi,

« Tu sais pourquoi, « Tu n'as plus à payer ton terme »!

Il baisse le nez, Consterné, Au fond il n'en mène pas large,

Lorsqu'un beau jour,

Plaisant retour, Il sent son cœur battre la charge, Il jaillit du foyer éteint Un feu de paille qui l'invite, Il faut qu'il en profite et vite :

C'est l'été de la Saint-Martin î

Afgar tu me fais de la peine, je vais venir à ton secours.

AFGAR.

Ça c'est gentil, c'e^t une épouse aimante...

ZAYDÉE.

Ton été de la Saint-Martin, il faut au moins que tu fasses quelque chose pour l'obtenir... et tu fais juste le contraire... tu ne cherches qu'à éviter cette femme qui s'est jetée à ton cou...

AFGAR.

Naturellement, c'est de peur qu'elle ne s'y rejette...

ZAYDÉE.

Tiens, tu me rappelles l'autruche qui se cache la tête et qui s'imagine qu'elle a évité le danger... mais vas-y donc au devant du danger : autrefois, avant l'aphonie complète, quand tu commençais à

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