ACTE DEUXIÈME
OPORTO
Puisque je suis un grand d'Espagne, Je ne dois pas monter plus haut.
Tu ne faisais pas tant de magnes Ce matin et t'étais plus chaud!
OPORTO
Eh bien ma chère, cela prouve
Que la nécessité fait loi.
Que veux-tu ? Ton prend ce qu'on trouve ;
Ce matin j'avais ton emploi...
ZAYDÉE.
Je comprends, j'étais nécessaire, Je me trouvais sur ton chemin...
OPORTO
A ce moment j'étais sincère...
ZAYDÉE.
Tu n'avais que moi sous la main...
Mais puisque tu m'as pris la taille Et que je t'ai donné mon bec Tant pis, fallait pas que t'y ailles Faudra prendre le reste avec...
Ou bien bataille !
OPORTO
L'occasion prétend le sage N'a qu'une mèche par devant, Et lorsqu'on la rate au passage On ne saisit plus que du vent...
L'occasion me fuit peut-être, Mais quand je crois que c'est raté Je sais comment la faire naître, Et sa mèche est de son côté...
C'est simple, reprends-moi la taille, Je vais te redonner mon bec :
Tant pis fallait pas que t'y ailles Et tu prendras le reste avec...
Ou bien bataille...
OPORTO
Et tu aurais le courage de faire ça...
•ZAYDÉE.
Oui je l'aurai...
OPORTO
Moi qui te croyais tendre...
ZAYDÉE.
Eh bien! oui, je suis tendre... je te garantis qu'il ne se passera rien entre Afgar et Isilda, si tu consens à passer la nuit avec moi, comme c'est convenu... et ce n'est pas tout... si je suis contente, comme je l'espère, je prêterai les mains à votre fuite...
OPORTO
Je ne veux du secours de tes mains sous aucun prétexte...
ZAYDÉE.
Réfléchis avant de répondre, tu sais que la femme offensée sur ce point est impitoyable...
Qu'est-ce que ça peut me faire... Afgar n'est pas dangereux... il ne pourra pas faire de mal à Isilda...