‹ Afgar; ou, Les loisirs andalousChapitre 58 sur 61 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ISILDA.

Oui...

Ah! chéri, chéri, chéri, quelle jolie nuit pour s'aimer...

OPORTO

Oui, oui...

ZAYDÉE.

Toute la nature ce soir invite à l'amour... oh! chante-moi... tu as une si jolie voix... de ces choses délicieuses qui n'ont aucun sens, mais qui font tant plaisir...

ISILDA, à part.

Comment faire...

OPORTO, dont la tête apparaît entre les branches du figuier, bas.

N'aie pas peur je suis là...

ZAYDÉE.

Eh bien.,.

OPORTO

Sens-tu pas que dans la nuit chaude Près de nous la volupté rôde Eveillant un désir inouï...

ZAYDÉE.

Oui, oui, oui...

OPORTO

Le vent du soir sur les Heurs passe, Grisant de parfums tout l'espace, Ne t'en grises-tu pas aussi ?

ZAYDÉEo

Si, si, si...

OPORTO

Là sous les étoiles complices, Avant les suprêmes délices, Là nous allons prier Allah...

ZAYDÉE.

Là, là, là...

Entends-tu comme un son de cloche, La voix des femmes qui s'approche, Peux-tu ouir leurs chants réjouis?

ISILDAo

J'ouis, j ouis, j'ouis...

HANIFA et MESSAOUDA, qu'on a entendues en coulisse^ passent dans le fond enlacées, dans l'ombre bleue*

Le désir nous effleure,

De baisers hasardeux,

Car maintenant c'est l'heure,

L'heure où l'on est bien deux!

ISILDA, à part.

Gela va bien ainsi jusqu'à présent, Mais je crains que ce soit insuffisant...

OPORTO

Je promets pour te mettre en verve Plus doux plaisir que n'en réserve Mahomet dans son paradis...

Page 1