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DANS L’OASIS DE KAOUAR

Entre le Fezzan et le Tchad les caravanes traversent l’oasis de Kaouar. Les habitants de cette oasis sont un mélange de gens du Tibesti et de

gens du Bornou.

Rien de bien spécial à en dire.

La population n’est pas nombreuse; elle est souvent en butte à des razzias ce qui provoque des émigrations suivies de retours.

Disons un mot, à ce propos, de ces marches dans le désert.

La mise en marche d’une tribu avec ses femmes, ses enfants, et tout ce qu’elle possède ne se fait pas sans quelqu’embarras. Si simple que soit l’attirail ménager, il ne se compose pas moins d’une multitude d’objets, matériaux de huttes et de tentes, ustensiles de cuisine, pierres meulières, outres, cordes, munitions de guerre et de bouche qu’il s’agit d’arrimer bien en équilibre sur les bêtes de somme.

Dès que la colonne est prête, elle s’ébranle, les jeunes gens, le menu peuple et les esclaves des deux sexes cheminant à pied, les vieillards montés à dos de chameau et les hommes de

marque à cheval.

Quant aux femmes des familles aisées, elles ont coutume de s’installer sur

; des selles de bois en forme de corbeilles, qu’on assujettit par dessus la charge

[ de l’animal, arrangée tout exprès pour cela, et qui ont assez de hauteur pour

[ ' qu’on puisse s’y asseoir, les jambes croisées, avec une largeur suffisante pour

j ,■ qu’on s’y étende les genoux repliés.

Cette sorte de cage, dont la base d’entrée se trouve à l’avant est confectioni née parfois avec beaucoup de soins ; on la peint en noir et l’on orne ses tentures

k de laine et de soie plus ou moins variées ; parfois cette cage est ouverte devant

; et derrière.

f Si celle qui l’occupe est une personne de la lignée d’un chef de tribu, elle

j a le droit de surmonter chaque côté de la cage d’une hampe de bois d’un mètre

[ de hauteur, qu’on décore également d’étoffes multicolores et dont l’aspect, dit

j Nachtigal, excite l’envie des autres femmes.

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