ARCHIPELS MU NOHD-OUEST
Au nord-ouest de TAfrique s'étendent Madère, les Canaries et rarchipel du Cap- Vert, que de notables distances et de grandes profondeurs séparent du continent africain, mais qui rappellent par certains traits de leur climat et de leur vég'étation, les parties les plus voisines de l'Afrique.
Géographie physique et politique. — l" Madèhe. — Les quatre îles de Madère, situées à 7UU kilomètres du cap Gantin d'Afrique, sont des volcans : sur de vastes étendues, ces îles sont recouvertes de laves. L'île de Madère, très élevée (entre 800 et i 800 mètres), est hérissée de gorge.s profondes et se termine sur la mer en falaises abruptes. L'île de Porlo-Santo, beaucoup moins étendue, est moins accidentée aussi.
Le climat de l'île de Madère est remarquable par l'égalité de la température. A Funchal de Madère, février, mois le plus froid, a une moyenne de -}- 15°, 5, le mois d'août, qui est le plus chaud, de -|- 22». Il tombe 0'",74 de pluie à Funchal. Aussi Madère a- t-elle une végétation riche et variée. On distingue sur ses pentes trois zones superposées : 1" jus- (\\\h 750 mètres, les champs et les vergers où l'on voit des palmiers et des bananiers ; 2° jusqu'à 1 000 mètres, les lauriers et les bruyères; 3" au-dessus de 1 000 mètres, de beaux gazons avec des forêts de pins. Madère est très peuplée : elle n'avait que 15 000 habitants au xvr siècle, elle en compte aujourd'hui liO 000, soit 105 fiu kilomètre carré. Madère reçoit chaque année la visite d'une foule d'étrangers venus du nord pour y passer la mauvaise saison.
L'archipel de Madère forme une province du royaume de Portugal dont la capitale est Funchal (20 000 habitants).
2° Les Canaries. — L'archipel des Canaries, composé de sept îles et île fpielrjues écueils, n'est qu'à 100 kilomètres de la côte saharienne. Ces sejjt îles sont : Lanzarole^ Fuerleventura, la Grande Canarie, Ténén'fe, Gomera
Palma etl'ile de Fev. Ce sont des îles volcaniques; en 1825, il y eut une importante éruption à Lanzarole. C'est un volcan que le gigantesque pic de Teijde, à Ténérife, qui s'élève comme un phare à 3 715 mètres au-dessus de la mer.
Le climat de toutes les iles, mais surtout de celles de Test, Lanzarote et Fuerteventura, est rendu très sec par l'influence du Sahara. Vents secs et pluies de sable y détruisent quelquefois les récoltes et produisent des famines. Le climat des Canaries est jjIus chaud et moins salubre que celui de Madère. Les pluies (t)5 jours par an) tombent en hiver, surtout en novembre et décembre, pardes vents d'ouest. Aussi, les îles de l'est, ainsi asséchées par les souffles du désert, ont-elles une végétation misérable de plantes grasses et d'arbres épineux, tandis (|ue dans les îles de l'ouest s'étendent quelques forêts de chênes, de pins, et un maquis de lauriers, de bruyères et de g-enêts, de 700 à 2 000 mètres d'altitude. La bête de somme employée est, comme au désert, le chameau.
Les Canaries semblent avoir élé peuplées à l'origine |)ar des tribus berbères, que l'émigration des Espagnols d'Andalousie, des Normands et des Gascons de Jean de Béthencourt ont fondu dans une race nouvelle. La province espagnole des Canaries ne com[)le que 300 000 habitants. Ja's principales villes sont Santa-Cruz de Téiiéi'ifc, résidence du gouverneur, et L<is Palnuts.
3" Iles du Cap-Vkht. — Bien que situées à plus de 400 kilomètres du cap dont elles portent le nom, et séparées du continent pardes profondeurs de i()00 mètres, les îles du Ca|)-Vert, comme les Canaries, subissent l'influence dominante du climat du désert et méritent par là de lui être rattachées. Elles sont réparties en trois groupes : les unes sont volcani([ucs, les autres composées de roches ancieruies ou d'assises sédimentaires. L'île de lùxjo, dans le groupe du sud-ouest, renl'erme un volcan hautdc 2000 mètres, (pii lit plusieuis fois éruption aux tenq)S histori(iues.
Le climat est sec, moins ipi'au désert il est vrai, mais sujet aussi à de brusques variations de lenq)érature, ce qui atteste bien linlhuMice des vents dései'tiques. Souvent la chaleur y est insupporlabh;, (piiuid les îles son! atteintes pai' le « leste », vent saharien de l'est. Une pareille sécheresse ne permet l'existenc^e de (piel(|ues foi'éts (lue dans les
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hautes régions comprises entre 1800 et 2 200 mètres. On peut dire qu'en général les îles du Cap-Vert sont malsaines par excès de chaleur. On n'y compte qu'une population clairsemée de 100 000 habitants, soit 20 par kilomètre carré. C'est une population mêlée de Portugais, de métis de Portug-ais et de nègres ouolofs. La plus peuplée des îles est la plus montagneuse et la plus fertile : Sao-T/iiaf/o, où est le chef-lieu de l'archipel, Yilla-Praia (i 000 habitants). Le meilleur port est Sao-Vicente (Saint-Vincentj, g-rande station de charbon des lignes transatlanti([ues. Les lies du Cap-Vert forment deux districts, les iles du Veiil et les îles Sous-le-Vent \ chaque g-roupe envoie un déj)uté au Parlement portugais.
Géographie économique. — La plus riche de toutes ces iles est assurément Madère, où Ion cultive sur un sol volcanique très fécond et assez bien arrosé, les maïs, les patates, les ignames, les pommes de terre, les figues et les ananas. Madère expédie en Europe beaucoup de primeurs, fruits et légumes. Les célèbres vignobles de cette lie, jadis l'uinès par le phylloxéra, ont été reconstitués à l'aide de ])lants américains; depuis quelques années l'exportation atteint 25 ou 80000 hectolitres.
Les échanges commerciaux, qui se font presque tous par le port de Funchal, atteignent environ une valeur de 12 millions, la plus grande partie sous pavillon anglais.
Le groupe des Canaries est moins riche : les cultures de canne à sucre et de vigne n'y occupent qu'une surface restreinte. Les plantations de cactus ont en revanche une véritable importance économique, grâce à la cochenille qu'on récolte sur leurs feuilles. Si le commerce des Canaries atteint une vingtaine de millions, cela s'explique en bonne partie par le rôle important de transit et de dépôt de charbon du port Las Palmas, dans la Grande Canarie.
Les iles du Cap-Vert n'ont ([ue les cultures de riz, de îJiaïs, de manioc nécessaires à la consommation locale, puis quelques vignobles et plantations de café ou cinchonas. L'industrie de la pèche, exercée sur le banc à'Arguin au ÎSénégal, fait vivre nombre de matelots du Cap-Vert comme des Canaries. La valeur de Porto-Grande, dans l'île de Saint-Vincent, comme escale entre l'Europe et l'Amérique
du Sud, y détermine un jietit naouvement commercial de 2 millions et demi à 3 millions dont profitent surtout les Anglais et les Américains.
En somme, toutes ces lies n'ont g-uère que des produits fort analogues à ceux de lEspagne et du Portugal, et par conséquent n'ajoutent pas beaucoup à la richesse de leurs métropoles. Elles ont surtout une valeur d'escale et de dépôt de charbon.