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ARMÉNIE ET CAUCASE. 14S

Climat. — Les régions du Caucase, de la Transcaucasie et de l'Arménie ont des climats divers, suivant l'altitude et l'exposition. Les pays de l'ouest, voisins de la mer Noire, sont beaucoup mieux arrosés que ceux de l'est : à Test vers la Caspienne, les paysages sont remarquables par leur sécheresse. Un énorme système de montagnes comme le Caucase, comparable aux Alpes par l'étendue et supérieur en altitude, n'a pourtant que de courts et médiocres glaciers dans la région du Kasbeck.

C'est dans l'ensemble une zone de climat continental à grands écarts de températui-e, a été torride sauf dans la montagne, et à froid rigoureux. Érivan, sur le plateau d'Arménie, connaît des températures hivernales de — 33° et estivales de -j- 45". Poti, sur la mer Noire, reçoit 1 mètre de pluie; Bakou n'en reçoit pas le quart. C'est dans les vallées moyennes de la Transcaucasie russe, sur les flancs du Caucase, que le climat est le plus doux et rappelle le mieux celui de nos pays des bords de la Méditerranée.

Fleuves et lacs. — Le caractère de sécheresse de la plupart de ces pays est bien mar({ué |)ar la petitesse et la médiocrité des cours d'eau auxquels de pareilles montagnes donnent naissance. Si l'Arménie fournit à l'Euphrate ses premières sources, et a de belles eaux courantes sur son versant sud-ouest, ses pentes septentrionales et toutes les pentes du Caucause sont loin d'ofî'rir le même spectacle. A l'est, la place manque sur le ])ourtour des montagnes pour l'expansion de fleuves importants, tant la mer est proche. Le Rion, qui draine la partie la mieux arrosée du Caucase, traverse une plaine marécageuse et se termine à Poti; la Koium a 000 kilomètres), g-rossie de VAraxe, coule sous un ciel beaucoup plus sec.

L'Arménie renferme deux grands lacs : au nord le Goeck- Tclia'i ou Sevaiif/a à 900 mètres d'altitude et celui de Van dont les eaux sont salines.

Plantes et animaux. — Le Caucase possède, jusqu'à 2 300 mètres, d'admirables forêts d'érables, de fi^ênes, de charmes, de hêtres et dechâtaig'niers. Dans les vallées méridionales et sur les plaines élevées de l'Arménie, réussissent à merveille les arbres fruitiers de nos pays tempérés. La vigne y croit à l'état sauvage jusqu'à l'altitude de 1200 mètres.

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On y récolte aussi de beaux blés et de l'org-e. Les basses plaines, en particulier la vallée du Rion, ont des rizières, des champs de maïs et des plantations de cotonniers.

Populations. — La variété des races du Caucase et de rArménie est attestée par Tusage de plus de quarante dialectes dilTérents dans cette rég-ion restreinte. A la race caucasiemie appartiennent les Tcherkesses, les Géoryiens^ les Laces, les Lesghiens ; le bassin de la Koura est le domaine des Tartares de race turque. Autour de TArarat vivent les Koarde>i de race aryenne. Enfin dans le bassin d'Erzcroum, se groupent 4 millions d'Arméniens de race sétnitique. Les religions sont infiniment variées comme les races et les langues : on trouve là des chrétiens du rite g'rec, des Arméniens grég"oriens, des Arméniens unis, des musulmans sunnites ou chiites, des luthériens, des juifs et même, dans les montagnes et dans les plaines de Test, des bouddhistes et des payens.

Géographie politique. — C'est après les campag-nes contre Schamyl et les Tcherkesses que les Russes se rendirent maîtres successivement du Caucase oriental en 1859, du Caucase occidental en 1803. Les progrès de rem|)ire russe en Arménie datent de la campag-ne de 1877 contre les Turcs, à la suite de laquelle le cong-rès de Berlin (1878) adjugea à la Russie le port de Batoum, les villes d'Ardahan et de Kars.

Dc|)uis cette époque les Turcs ont été refoulés dans lArménie où ils possèdent une région de 200 000 kilomètres carrés, avec 2 millions d'habitants. C'est comme un bastion avancé de l'Asie Mineure en face des pays russes du Caucase. Les pays sujets de la Russie, soit dans le Caucase, soit dans l'Arménie, forment la lieutenance du Caucase, subdivisée en ])rovinces, districts et cercles. La Caucasie russe renferme deux divisions naturelles, Ciscaucasie et Transcaucasie. T^a Transcaucasie (240 000 kilomètres carrés, 4 millions d'habitants) a pour chef-lieu Tiflis (100 000 habitants), qui commande le passage entre la Caspienne et la mer Noire, entre Bjdvou (4 Poti. Poli et liahtinn sur la mer Noire, Bakou sui" la Caspieiuu^ ont ipielquc imj)or'lance commerciale.

Géographie économique. — C'est la Russie qui est main-

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tenant la puissance prépondérante par le commerce aussi bien dans IWrmcnie que dans le Caucase et dans les vallées qui les séparent. On considère en Russie la Transcaucasie comme nous considérons en France la Provence : c'est le pays du midi, riche en vins, en primeurs. Jadis les forêts du Caucase, qui ont été exploitées à outj-ance et sans méthode, étaient aussi une admirable ressource pour ces pays. Aujourd'hui c'est l'exploitation des sources de naphle de Bakou qui donne la vie à tous les pays du Caucase. Après une période de tâtonnements, la Caucasie s'est placée au premier rang- des pays de production pétrolit'ère du monde : elle fournit environ 0 millions de tonnes de pétrole.

La découverte de ces richesses industrielles a hâté la construction des voies ferrées. Un chemin de fer unit Batoum à Bakou en passant par Tiflis : un embranchement a été construit entre Bakou et Petrovsk pour rattacher la lig-ne de la Caspienne à la mer Noire au réseau russe du Caucase ; enfin Tiflis a été rejoint par voie ferrée à Kars sur le plateau arménien. On vient d'achever le tracé d'un chemin de fer de Vladikavkasà Tiflis par le col d'Arkhot : cette voie mesurera 104 kilomètres de longueur et franchii'a le Caucase par deux tunnels, l'un de 7 kilomètres, l'autre de 12.

L'ensemble du commerce des pays du Caucase s'élève, pour la région russe, à 240 millions de francs environ; il y a vingt ans, ce n'était qu'une médiocre valeur d'une quinzaine de millions, avant l'exploitation des sources de naphte et le développement de la culture dans le pays. La navigation fréquente surtout l'excellent port de Batoum, par lequel se font les deux tiers du commerce maritime du pays.

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