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CHAPITRE PREMIER

Sommaire.

I. Situation de l'Afrique. — Comprise on majoiiro partie entre les tropiques.

II. Dimensions et contours. — 30 millions de kilomètres carrés, contours fort peu découpés et îles rares.

III. Relief, — La forme qui domine est la l'orme de plateau (altitude moyenne 6 à 700 m.). Le rebord oriental du |)lateau constitue la principale ligne de dislocation; du côté de rAtlanliipu' la bordure est moins marquée. Une autre ligne de hauteurs traverse en biais l'Afrique du Nord. Enfin, les pays de l'Atlas constituent une autre série de hautes terres.

IV. Climat. — il y a en Afri([ue plusieurs grandes régions climat(''riqui's : 1° l'Afrique centrale on les pluies tombent toute l'année; 2° au nord et au sud, les deux régions presque identiques du Soudan et du Zambèze; 3" une double zone de déserts ou steppes snlitropicaux, Sahara au nord, Kalahari au sud ; 4" les deux zones tempérées de pluies subtropicales d'hiver, réf/ion de la Méditerranée an nord, région du Cap au sud.

V. Eaux. — L'Afri(pie est dépourvue de fleuves aisément navigables. Ils sont courts dans l'Afriipu- nK'dilerranéenne ; ils man<pu'nt dans le Sahara; très puissants, mais coupés de rapides dans l'Afrique centrale {Nil, Conr/o, Sif/er, Zambèze); entln d'énormes masses d'eau s'amassent dans d'immenses bassins fermés {Tchad, marais du Nil, Djilolo).

VI. Vérjétation et vie animale. — Dans l'Afrique du Nord, c'est la flore méditerranéenne (côtes de France, Italie, Espagne, cote tunisienne, etc.); l'arbre caractérisli(|ne en est l'olivier. Le Sahara a une flore et une faune désertiques: l'animal le mieux adapti!- aux graiuls écaits de chaleur et de froid est le chameau. La flore du Soudan se caractérise par la jirésence d'arbres épineux ; dans l'Afrique équatoriale. c'est la foret vierge (palmier à huile surtout). Au sud-ouest apparaît la flore des steppes intérieures du Ngami et du Kalahari; enfin à l'extrémité sud, la flore du Cap esl d'une incruyaiili' richesse. M;iilagascar l'sl un monde à pari.

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Vil. La nioilic de rAfri(iué sc|itoiitrionalo appartioiil au domaine de la race lilanche [Berbères, Arabes". Dans la vallée du Nil et dans le déserf, on trouve des populations qui ne sont pas des nègres (Coptes. Tebous, Maures, etc.). L'Africpie tropicale est le domaine incontesté de la race nèc/re, mais la race mystérieuse des Peuth coexiste à côté d'eux et même les domine. Dans l'Afrique australe, on trouve les Hollenfots. Madagascar est peuplée de Sakalaves et de Hovas, peuple d'origine malaise.

Situation, dimension et contours. — LAfinque, depuis le prieement du ranal de Suez, est une sorte de g'i^ande Ile accolée au sud-ouest de la masse de l'ancien continent. La majeure partie de son étendue est située entre les tropiques : elle comprend pourtant, au nord et au sud, de notables territoires situés dans la zone tempérée.

Elle est ])ornée par le canal de Suez et parla mer Rouge en face de l'Asie, par la Méditerranée au nord, l'Atlantique àTouest, l'océan Indien à l'est : dans ces limites elle mesure trente millions de kilomètres carrés environ.

Ses contours sont très peu découpés. Au nord, le golfe de la (îr(ni(h> Syrie sur la côte tri[)olitaine, celui de Gabès en Tunisie sont ég'alement mal fermés. A l'ouest, le golfe de Guinée n'est pas à proprement parler un golfe, tant il s'ouvre largement sur la haute mer.

Les caps sont aussi peu saillants que les golfes. Le cap Bon au nord, le caj» Vert à l'ouest, le cap Lape:: sur la même côte, le caj) de lionne-Espérance au sud, le ca]» Gardafui à lest sont des dentelures peu importantes,

Parmi les presqu'îles on cite d'ordinaire la presqu'île des Somnlis^ au nord-est; mais c'est une presqu'île fort massive et peu dentelée.

Même pauvreté d'Iles sur le pourtour. On ne saurait dire que les îlots de Sainte-Hélène et de Y Ascension dépendent vraiment de l'Afrique :1e petit groupe volcanique d.^;2no6om et de Fernando-Pô estplus voisin du continent. La côtenordouest estplus riche, avec les archipels de Madère, des Canaries et du Cap Vert. A l'est, Madagascar, les Mascareif/nes, les Seycliellcs, méritent tout aussi ])eule nom d'Iles africaines : les g-éolog-ues supposent que ce sont les restes d'un continent plus vaste ; toutefois les relations de commerce de ces archipels se font avec l'Afrique.

Relief de l'Afrique. — .\ulanl (|ue nous connaissons les montagnes et les |>latraii.\ 'le r.VCriqiic. ik'Ii- -nmmes

l)ortés à croire (|ue le relief de ce continent est beaucoup moins varié dans ses formes que celui de l'Asie et de TEurope. On y compte plus de plateaux que de chaînes, et sur de vastes étendues, le relief reste souvent de même altitude et de même nature.

i" Toute une moitié de l'Afrique, au sud et à l'est d'une ligne oblique menée du Cong-o au Nil, n'est guère qu'un immense plateau dont les rebords sont formés par des falaises. Sur le rebord oriental du plateau seulement, se dressent de hautes montag-nes, comme le groupe du Kilimu-JXjaro et de VAbyssinie. C'est là aussi que se trouvent de grandes fosses dans lesquelles sont logés des lacs.

Sur la façade atlantif|ue, la bordure du plateau est moins relevée. Il y a jjourtant des terrasses entre le fleuve Orange et le Gounène et dans la rég-ion du Bas Congo.

2° Le Congo et le Nil, dont les affluents ne sont séparés que par une ligne de faîte indécise, forment au travers de l'Afrique une longue dépression : le Cong-o notamment occupe la place d'un ancien et immense bassin lacustre intérieur.

3" Au nord de cette lig-ne recommencent les plateaux ; seulement ils ne forment plus une seule masse et sont de moindre hauteur. C'est, par exemple, entre le cours du Nil et la cuvette du Tchad, le g-roupe de plateaux du Konlofan^ du Dar-Fertit, (\\i Dar-For et du Omida'i.

k" Enfin, au nord des régions relativement basses du Sahara septentrional, qui est encore à 400 mètres environ de hauteur, on observe un autre soulèvement, celui des pays ^IqV Atlas dont les chaînes brisées ont été comparées, en raison de leur architecture, à celles de l'Europe méridionale.

Climat. — La majeure partie de l'Afrique est située sous les tropiques ; mais parmi les pays qui ont cette position astronomique, les uns sont sujets au climat maritime et reçoivent des pluies abondantes, les autres sont sujets au climat continental et renferment de grandes étendues de désert. Dans l'extrême nord et dans l'extrême sud, l'Afrique comprend des territoires de la zone et du climat tempéré. '^)x\ peut donc diviser l'Afrique en plusieurs régions climatériques :

1° La région des grandes [)luies au centre, dos deux côtés de la lig-ne de l'Equateur, par exemple dans la région du Congo ;

2° Les régions de moussons, du Soudan au nord, du Zambèze au sud, où tombent des pluies d'été, où l'hiver est la saison sèche ;

3" Les deux zones de désert du Sahara au nord et du Kalahari ;

4° Les deux zones tempérées, celle qui est exposée sur la Méditerranée au nord, celle de l'Afrique australe.

Fleuves et lacs. — L'Afrique compte plusieurs fleuves considérables et des lacs de grande étendue. D'une part elle reçoit des pluies abondantes sur une partie de sa surface soumise au régime des moussons ; d'autre part, le même réseau fluvial draine parfois de très vastes étendues. Le iTil est très long-, le réseau du Congo prodigieusement ramifié et étendu.

En raison de la structure du relief de l'Afrique en plateaux étages, ses g-rands fleuves, A7/, Congo, ÎV/gcr et Zft nihrce franchissent des séries de cataractes et de rapides.

On doit se garder de considérer tous les lacs africains comme rentrant dans une même catégorie. Le Victoria A'y^nra, le Tanganika, le Ngdssn ont des eaux g-énéralement profondes et souvent renouvelées, tandis que le Tchad est un vaste marécage de peu de profondeur dans lequel viennent mourir des fleuves que la sécheresse du désert arrête pour la plupart dans leur course.

"Vie végétale et animale. — La vie végétale et animale varie en richesse suivant la nature des divers climats entre lesquels se partage ce vaste continent.

i" Au nord, c'est la vie végétale et animale de l'.Vfriquc mi'diterranéenne, qui rappelle ce que Ton observe dans les paysages du sud de l'Espagne, de l'Italie, de la Grèce et de TAsie Mineure. Les forêts y sont rares : ce que l'on désigne sous ce nom n'est le plus souvent qu'une sorte de maquis. Les pâturages y sont généralement pauvres en raison des sécheresses prolongées de la saison chaude. L'homme a pu surtout lini' parti de ces pays p;u' la culture des céi'éales, eoirmie le blé, dans les terres les plus meubles et les mieux arrosées, par celle des arbres fruilieis et de la vigne sur les coteaux et dans les étendues moins bien iri'ig-uées. L'oranger, l'olivier, le citronnier sont des arbres caractéristiques de cette région.

2° \ja région du Sahara, extrêmement sèche et où certains (Hstricts sont privés d'eau pendant plusieurs années de suite, a une végétation <lésertiquo de plantes épineuses, de plantes grasses, dherbes piquantes ou tranchantes, à la coloration pâle, souvent plutôt g-rise que verte.

o° Une partie du Sahara est déjà sous les tropiques. On ne doit donc pas appeler végétation tropicale la végétation des parties de l'Afrique véritablement riches. Toutefois il y a des parties de l'Afrique tropicale remarquables par leur richesse : on doit citer d'abord la zone centrale des grandes forêts où foisonnent les palmiers à huile, les cocotiers et où Ton trouve en abondance les lianes à caoutchouc. Parmi les ])lus g-randes étendues de forêts de l'Afrique on peut citer celles que Stanley a découvertes sur les bords de l'Arouwimi, affluent du Cong-o, et dont il estima, un peu à la hâte d'ailleurs, la superficie à près de 700000 kilomètres carrés.

A° Au nord et au sud do cette zone de surabondance des pluies et de la végétation, Ton passe successivement par des rég'ions où d'abord les bois sont clairsemés, puis aux savanes et aux steppes. Par exemple, le Soudan est une succession de rég'ions forestières, d'étendues de savanes et de surfaces de steppes. De même, au delà de la région du Zarabèze, dans l'Afrique australe, la vig'ueur de la végétation décroît sans cesse.

ô° Au sud-ouest, se développe une zone de steppes et de désert, le Kalahari, symétrique au Sahara mais d'étendue beaucoup moins considérable.

6" L'Afrique australe tempérée a une vég'étation analogue à l'Afrique tempérée du nord, avec des vallées riches en céréales, puis des plateaux et des zones montag-neuses moins riches et où se développeront les cultures arborescentes.

1" Aladag-ascar forme un monde à part en raison de l'orig'inalitéde ses espèces naturelles de vég'étaux et d'animaux. Depuis la conquête française, beaucoup de plantes et d'animaux utiles ont été introduits dans cette grande île et on modifient la con(lition naturelle.

Population de l'Afrique. — L'Afrique, autant que nous la connaissons, ne semble pas renfermer une population supérieure de beaucoup à 160 millions d'habitants. Cette

population se divise en races assez nombreuses. Les noirs y dominent ; mais entre les peuples de peau noire il y a toutes sortes de différences de stature, de force musculaire, de dessin des traits du visage, enfin de mœurs et de coutumes. Dire que l'Afrique est le Continent Noir n'est pas la caractériser nettement. Enfin il y eut et il y a encore en Afrique de nombreuses migrations.

1" La moitié de l'Afrique septentrionale appartient au domaine de la race blanche. Dans TAfrique mineure vivent de nombreux Berbères dont beaucoup rappellent les Espagnols, les Français du Midi, les Italiens, etc., etc. Ce fut peut-être à rorigine une race sémitique : elle est aujourd'hui fort mélang-ée. Les Arabes se sont joints et mêlés aux Berbères depuis les grandes invasions du vii^ et du ix" siècle.

2° Dans la vallée du Nil et dans le désert, on rencontre à côté des Arabes et des Berbères, des populations basanées qui ne sont pas pourtant des nègres, Coptes, Bérabras, Tébous. Tous ces éléments divers, souvent fort mélangés les uns aux autres, donnent naissance à des types hybrides. Ainsi on appelle Maures des métis de Berbères, d'Arabes et de nègres ; ils dominent dans le Sahara occidental. La population du Fezzan se compose d'autres sang-mêlés (mélange de Berbères, d'Arabes, de Tébous et de nègres) ; enfin un petit nombre d'habitants de la vallée du Nil ont conservé le pur type égyptien ou arabe.

3° L'Afrique tropicale des moussons, du Soudan ou du Zambèze, est le domaine incontesté de la race nègre. Mais cette race n'est ])as seule dans ces parages, comme on l'a cru longtemps. Par exemple des peujdes basanés, qui n'ont ni les cheveux, ni le type de visage des nègres de l'Afrique occidentale, les Abyssins, les Monboutou, les Bedja, occupent de vastes espaces dans l'est de l'Afrique. Dans tout le Soudan occidental, on rencontre les Peuhl, race au teint bronzé qui n'a rien de commun avec les nègres qui l'entourent.

Dans cette même région de l'Africjue, se trouvent (piclques contingents d'Arabes qui l'ont métier de chefs de guerre ou de marchands.

4" L'Afririue australe, comnit^ l'Afrique du nord, a ses races particulières. Elle est occiqiéc par la grande famille des Baiilou ù lai|Ui-llc apparlienncnl les Cialres.

Au sud-ouest, sont les Hottentots, race d'hommes polils et chétifs en général.

Enfin l'Afrique occidentale est accessible aux races européennes. Des populations hollandaises, françaises et anglaises se sont successivement fixées et multipliées au Cap et ont essaimé à l'intérieur.

Différentes par la race, les populations de l'Afrique le sont aussi par les mœurs et le genre de vie. Dans les parties richement arrosées de pluies et dans le voisinage des grands fleuves, comme le Nil, le Niger, le Congo, il y a de nombreux groupes d'agriculteurs. Toutefois le défaut de civilisation et de mise en valeur retient encore dans la vie sauvag"e et nomade beaucoup de tribus de la région des forêts.

Les nomades sont en très grand nombre dans les pays de savanes et de steppes soit de l'Afrique occidentale, soit du Soudan, où l'alternance des saisons rend précaire et dangereux le séjour en groupes nombreux sur le même terroir. Dans les déserts, comme le Sahara, la population se partag'e en deux groupes, l'un très sédentaire dans les oasis et l'autre nomade à l'excès, qui vit précisément du labeur des g-ens des oasis, leur impose tribut, les exploite ou les pille.

Dans les réglions tempérées de l'extrême nord et de l'extrême sud de l'Afrique, l'introduction d'éléments européens a renforcé le nombre des habitants de vie sédentaire. Toutefois, sur les hauts plateaux de ces deuxrég"ions, il y a encore nombre de tribus nomades et de pasteurs.

Mais l'état actuel de l'Afrique peut être considéré comme essentiellement provisoire. On ne fait qu'y commencer l'introduction des grandes cultures et des industries qui convertiront nombre de peuplades actuellement nomades à la vie sédentaire. Le développement des voies de communications rapides, de belles routes et des chemins de fer, les progTès de la civilisation et de la vie policée modifient avec une rapidité prodigieuse les anciennes manières d'être des peuples de l'Afrique. Cette éducation des Africains fait des progrès d'autant plus rapides que le continent est à peu près tout entier divisé en colonies européennes. La France a joué un rôle particulièrement honorable dans l'œuvre de civilisation de l'Afiique.

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