CHAPITRE II
l'afrioue méditerranéenne
Sommaire.
I. Relief. — ]>" All;is u'ost pas une clwiiin' iiiii([UL'; des plisscnifiils soroii- (laircs l'ont dixisé dans certaiiios parlics en massifs disliiicls. 1/ Allas iiiarocaln a une chaîne maîtresse ([ui s'éteinl sur une lonjîueur de 1000 kilomètres (grès et porphyre) et qui culmine à plus de 4 000 mèlros (Djehel A'iuchi). Celle chaîne est accompagnée de plusieurs rides parallèles (Anii-Atlas au sud de la vallée du Sous; le Bani le long de l'oued Dràa). Entre les chaînes de l'Atlas et l'océan Allanti(|iie s'élend un j)!.!teau formé de couches cri'lacées. Une grande di'pression sépare le système de l'Allas dos chaînes du iJiff (2 000 m.). l/Àllits algérien est constitué par un socle île hautes plaines encadrées par deux zones de montagnes (Allas lellien et Atlas saharien) qui vont en se rapprochant vers l'est. Les massifs littoraux sont extrêmement complexes (massif des Trtwas, le Dahra); à l'est les montagnes sont heaucoup plus élevées (Grande Kahylie, Djurdjuva avec le Lalla-Khedidja, 2 308 m.). Au sud de ces hauteurs s'étendent des plaines hasses; puis nouvelle série de liauteurs {Oiiarsénis, monts de Cunstanli/ie). Les hauts-plateaux, !l.50 à 200 kil. de large) sont creusés d'uiu' série de dépressions salines sans écoulement. — VAllds saharien se termine au-dessus du Sahara par des falaises à pic (monts des Ouled-\aïl; Axaès n\('c le Chelia,i'S'iS u\.). 11 faut donc dislingner : 1" les régions montagneuses du Tell ; 2" les plaines hasses du littoral ; 3" les hautes plaines cullivai)les, les steppes; 4" l'Atlas saharien. — Dans l'Atlas tunisien les deux handes des hauteurs se confondent ; au nord de la Medjerda s'(''leiulent les massifs de la Kroiaiiirie et des Mixjods: au cenife, c'est la n'^gion ili's lalilcs calcaires [llamiiKidas et Kalads).
IL Clinuil. — Dans les pays de l'Atlas, l'année a deux saisons hien tranchées, saison sèc/ie, en été; saison /iî<mt(/e, en hiver. La quantité de pluie tomhée vaiie suivant la hauteur des montagnes. La lempératnre de la côte nord est en rais<ui inverse de la quantiti' des pluies (moins i'le\('e au Maroc, elle atteint sou maxinuim en Egypte). En Algé'rie, le n lief a détermiiK' trois zones climalériques (Tell avec un climat très doux, les steppes avec lui climat de plateau analogue à celui de l'Espagne ind'rieure, la zone saharienne a\i'c nu climat continentali.
III. II>/droi/rap/iie. — Les lleuves les plus cousidéTahles de l'.Vllas sont ceux du Maroc [Tensi/l, Outn-er-ReIjia, Se/joii, etc ). I^es lleuves de l'Algérie coupés de cascades sont inulilisahles et dangereux par leurs crues {Ta/)ia. Macla. Ilaljia, Chélif, Isser, Sahel, .Ve^Aof/se. etc.) ; en Tunisie, la Medjerda. Les choUs fAI^'érie) et les sebklia (Tunisie) lu' sont (pie des fonds où la neige et la jduie s'amassent en hiver.
IV. Cales. — La cote des pays de l'Atlas est peu fa\orahle à la navigali(Hi. Au Maroc, il faut distinguer la côte du >n(l-oiie>l a\ci' A;/)idl/\ la .ni,' hasse et sahlonneuse de l'ouest (000 kil.) avi'i- Moiiador; la i;',\f imid du Maroc est escarpée el<iangereuse {Melilla, ('euta, Tunt/cr]. I,r lilhind aigé-
rioii l'st iiiliosiiilalior ; Onin, Arzew, Tc/^^'S sont dos pnrls arlilicicls ; crlui {\'.llf/er est niL'illi'iir; sur la cùto do Kal)\ lie, Bnuf/ie csl la nR'ilIcuri' lailc (l(> l'Algt'i'ic; plus loin DjidjcUi. P/iilippeville et La Cdllc sont d'accrs ilifficile. La colc iioid do Tiiiiisio a Blzerle: colle do l'ost Tiniis, Smtsse, (lahès.
V. Véi/é/dlioii. — l>a lloro dos jiays de l'Atlas osl plus riiodiloiTariéoiiiie qu'africaiiio. Dans le Toll on Irouvo los arhros ol hroiissaillos à l'oiiilla^(^ toujours vort (arbousiers, lentisqucs, cliôno zéou, olc.) ; dans los stoppes le téi'éblnthe, le lamarix, les lierbos dures {al/'a, unnuise, etc.;. Sur los chaînes sahariennes, Volaner, le cèilrc, le /liii//a. L'eui-al;/plt(.s ol lo fi(/uier ont été acclimatés au Mafçhroh.
VI. Vie animale. — Los animaux sa\ivagos ont presque tous dis|)aru. sauf la panthère et ïht/ène ; dans les stoppes, Vanlniche et la gazelle.
VIL l'opulalions. — Les populations se composent de races différentes : 1" les aborigènes dits lierbères; 2" les Arabes; 3° les Juifs; 4" los nèf/res. Lo Maroc a une population do G à !) millions d'habitants eu grande majorité berbères. En Algi'rio. les lierbères occupent la moitié de la province de Constantine; les Kabyles, les montagnes de la grainlo et de la petite Kab\ lie ; les Arabes, les plaines et les plateaux; los nègres, los Maures et les Juifs sont dans les villes. 11 y a, en Algérie. HG5 000 Fraïujais et 211 000 Européens (Espagnols et Italiens). La Tunisie est surtout habitée par dos tribus <lemi-nomades berbères et arabes.
VIII. Géor/rapltie politique. — L'empire du Maroc est une monarchie absolue et religieuse, mais raulorili' politifjuo de l'empereur est bien ])vi'caire. Le Maroc a trois capitales : Fez (140 000 liab. . Maroc (âOOOOhab.), Mequinez i2â 000 hab.). La ville do Tanger (12 000 hab.) est la ville européenne. L'Algérie est divisée en trois i)roviuces ou d(''|iartonu»iils, Alger, Constantine et Oran. Lesprincii)ales villes ionl Alger { 1:30000 hab. : Oran (80000 hab.), Constantine ^47 000 hab.), Bdne (32 000 hab.). La Tunisie o-st gouvernée par un bey sous le protectorat de la France. La capitale est Tunis (1.35000 bah.).
Caractères généraux. — Au noi'd de l'Afrique et séparés du reste du continent par le désert du Saliara, s'étendent des pays généi^alement montagneux dont le relief, le climat et la végétation rappellent à bien des égards les confinées du sud de l'Europe etde l'Asie Mineui^e que baigne la même mer : c'est pourquoi on les a souvent apjjelés Afrique Mineure, pour les comparer à la péninsule asiatique de la Médi lerranée orien taie.
Dans l'antiquité, ces pays ont reçu do Grèce, d'Italie et de beaucoup d'autres régions de l'empire romain, des colons qui avaient introduit sur la terre d'Afrique une civilisation analogue à celle des pays d'en face. Mais l'invasion ai^abe avait elfacé tous ces traits de ressemblance, et l'Afrique Mineure, devenue musulmane, arabe ou turque de civilisation, était en contraste de mieux en mieux marqué avec les pays européens. La conquête de l'Algérie par la France et
la mise de son protectorat sur la Tunisie ont rétabli la solidarité entre les deux rives de la Méditerranée, comme aux temps lointains de Rome. L'influence eurojjéenne, et surtout française, ne tardera pas à toucher le Maroc à son tour.
L'Afrique médit ei^ranéenne se compose de plusieurs contrées assez différentes entre lesquelles l'analogie du climat méditerranéen étaftlit seule un lien. Il faut distinguer: 1" les pays de l'Atlas ou Afrique Mineure; 2MaTripolitaine et la Gyrénaïque. On y pourrait joindre la Basse-Egypte, si ce pays n'était comme le reste de l'Egypte, un don du Nil qui lui-même est un don des pluies de la zone tropicale.