L'INDO-CHINE. HH
le delta du fleuve Rouge et les montag-nes et plateaux qui l'enserrent jusqu'aux confins de la Chine. C'est là que se trouve la plus g-rande ville de llndo-Chine, IIchkjï. peuplée de 100000 habitants. Le grand port du Tonkin est Ilaïplionfj.
Le Cambodge 97 000 kil. carr., 1 500 000 hab.), placé sous le ])rotectorat de la France, occupe, en arrière delà Cochinchine, des pays extrêmement riches. Sa capitale Pnom- Penh (50000 hab.) est heureusement située sur le Alékojigau débouché du beau lac Tonlé-Sap.
Il faut citer à part les territoires du Laos, placés sous l'autorité du g-ouverneur général de Tlndo-Chine, depuis février 1899. Leur superficie peut être évaluée à 300 000 kilomètres carrés environ. La princijjale ville du Laos est Louang-Prabang (12000 hab.).
État indépendant. — Il ne reste plus aujourd'hui dans rindo-Chine, d'État indépendant que le royaume de Siani. Ce royaume, couvrant une étendue de 600000 kilomètres carrés, compte une population de 3 600 000 habitants. Il s'étend sur les deux rives du fleuve Ménam, dont la région inférieure porte une population extrêmement dense. La seule ville de Bankok compte 600 000 habitants, dont 300000 Chinois.
Le récent accord conclu entre la France et la Grande- Bretag-ne, sans annexer le Siam ni le partag-er entre les deux puissunces, place cej)endant les teriitoires de l'est sous l'influence française, ceuxde l'ouest sous l'influence ang-laise, de telle sorte que si le Siam n'est pas un État protég-é, il est un État « influencé », ce qui est fort analog"ue.
Géographie économique. — LIndo-Chinedoit sa richesse surtout à la fécondité des plaines et des deltas situés sur son pourtour.
Ces plaines sont un don des grands fleuves formés par les ])luies de mousson, et qui apportent ainsi sur la périphérie de rindo-Chine les débris des montagnes de l'intérieur. Aussi est-ce sur cette périphérie, notamment dans les deltas, que sont les plus belles cultures et que s'est gTOupée la plus nombreuse population. Le voisinage de l'empire chinois peut devenir aussi pour l'Indo-Chine, fet notamment pour l'Indo-Chine française, qui y confine le plus
facilement par le Tonkin, une cause de g-rande richesse conamerciale.
Ckiltiire. — Il reste encore en Indo-Chine, notamment dans la haute Birmanie et dans le Laos, des étendues considérables de forêt que Ton exploite pour en vendre les produits et pour étendre les cultures. On sait la valeur du bois de teck, dur et imputrescible, que d'ailleurs la tôle d'acier remplace dans un grand nombre d'emplois de construction et d'aménagement des navires. La Birmanie surtout en possédait de belles forêts qui ont été hâtivement ravagées par des exploiteurs avides. Le bambou est un bois qui sert à mille emplois familiers ou industriels. Enfin les forêts de rindo-Chine recèlent de grandes richesses d'arbres ou de lianes à caoutchouc et d'arbi-es à vernis.
La plus grande culture alimentaire de l'Indo-Chine est celle du r«r. L'Indo-Ghine française produit plus de 3 millions de tonnes de riz ; llndo-Chine anglaise à peu près autant. Avec le riz, Viynanie, la patate, le maïs, le millet contribuent à l'alimentation. La culture du thé commence ù prospérer dans la Birmanie britannique et dans l'Annam français. Enfin les épices, notamment le poivre, sont produites en abondance,- principalement dans la Gochinchine et le Gambodg-e. On se préoccupe de développer dans notre Indo-Chine les cultures de café et de coton,
h'é/eraf/e des buffles et des bœufs est prospère en Gochinchine et au Cambodge. Déjà, à l'exemple de la Birmanie, on forme au Tonkin des troupeaux de chevaux. Cette partie de l'Indo-Chine française semble spécialement propice, dans ses provinces élevées du nord-est, à l'élevag-e du groshétail d'Europe occidentale. Dans les fermes indigènes foisonnent les truu[)eaux de [jorcs et les volailles dont on expédie des quantités notables vers la Chine surpeu|)[ée.
hii pèche, déjà assez active sur les côtes, est une industrie merveilleusement complexe sur les bords du lac cambodg'ien Tonlé-Sap. Ou eslime que les produits de la pèche annuelle dans ce lac ri-présiiilcnt [joui' luie valeur de 12 à 15 uiiilions de francs. — Ijélève du ver à soie est de tradition dans les pays indo-chinois, où le travail des tissus de soie élail fort ing-éiiieux avant même l'arrivée des Européens.
Industrie. — Les pays indo-chinois deviendront-ils industriels? La niain-d"(euvi'e indigène y est habile et intelligente ;