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L'INDO-CHINE

ni la houilk', nilo pétrole n'y font défaut. Mais il faut song-er que le développement d'industries locales en Indo-Chine porterait un coup funeste aux industries des métropoles, et que d'ailleurs les indigènes peuvent, i)endant longtemps encore, gag-ner plus sûrement leur vie en faisant produire au sol des denrées alimentaires et des matières premières que les métropoles achètent avec avidité. Éviter les concurrences et les doubles emjjlois est une précaution élémentaire en matière coloniale. Toutefois on ne saurait constater qu'avec plaisir la mise en valeur des gîtes de combustibles minéraux et de métaux industriels ou précieux, encourag"ée d'ailleurs par des Anglais et des Français.

La Birmanie britannique est riche en pétrole. Le Tonkin français et l'Annam recèlent de grandes richesses houillères, dans File de Kébao, à Hon-Gay^ à Yen -bai/ et à l'ourane.

La presqu'île de Malacca est un des principaux pays ])roducteurs de l'eVft//^ En Birmanie, 10 000 ouvriers travaillent dans les mines de rubis, de sajjhir et de jade.

Jusqu'ici il y a encore peu d'établissements d'industries manufacturières; mais beaucoup de petites exploitations industrielles de familles ou do cor|)orations indigènes font survivre des industries jadis très prospères, comme celles des meubles en bambou, des meubles laqués, des papiers, de la filature et du tissage de la soie. A Saigon et à Cholon, la production du riz a conduit à installer des usines de décorticage et des distilleries. A Hanoï, des filatures et tissages de soie ont été installés par des industriels français. Les établissements de l'arsenal de Saigon prouvent que les Annamites sont capables de devenir de bons ouvriers en chaudronnerie, en ajustage et même en mécanique de précision : les chantiers de Saig-on ont déjà lancé quelques torpilleurs.

Voies de communication. — Commerce. — L'Indo-Ghine est déjà le siège d'un commerce de baute valeur, soit avec la Chine, soit avec lesmétropolesdes colonies qui s'y sont fondées. Mais les voies de communication y sont encore trop rares pour ce double objet, bien que les pays les plus riches et ceux qui exportent le plus, les deltas, soient naturellement à portée de la mer et aux bouches des fleuves navig-ables.

De tous les fleuves, l'Iraouaddy est le plus accessible : il

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est navigable pour les jonques et les vapeurs de petite portée jusqu'à Bahmo, à 1200 kilomètres de ses embouchures. Le g-rand fleuve Mékong- est navig-able surTGO kilomètres, à partir de Tembouchuie. Depuis que l'on a reconnu ses biefs et ses cataractes, il est exploité par sections, dont chacune a son matériel de chalands et de remorqueurs. Les mêmes prog'rès ont été réalisés sur le fleuve Rouge du Tonkin : aujourd'hui on remonte jusqu'à la frontière chinoise en quatre jours. Toutefois il faudra que les voies ferrées suppléent à l'insuffisance îles voies navig-ables; et l'on y travaille avec ardeurdans les colonies française et anglaise. En Birmanie, le chemin de fer de Rang-oun à Mandalay, inauguré en 1889, a été prolongé jusqu'à Bahmo. Le royaume de Siam fait construire des voies ferrées qui relieront Bankok au réseau anglais et au réseau français. Dans Tlndo- Chine française, la construction du réseau de voies ferrées est déjà fort avancée. Elle com])rendra une g-rande voie de jonction de la Cochinchine à l'Annam et au Tonkin, une voie de pénétration dans le Tonkin jusqu'en Chine, au nord et au nord-ouest, enfin sans doute des voies de raccordement entre le Cambodge et le Siam. Puissent ces voies de raccordement qui uniront la vallée du Mékong à Bankok ne })oint faire tort au commerce de notre port de Saig'on, comme il est malheureusement à craindre !

L'Indo-Chine a déjà des ports maritimes de g-rande activité. Dans rindo-Chine anglaise, c'est Rangoun, aux bouches de riraouaddy, gi-and marché de riz, de bois de teck et d'épices. On traite à Rangoun jjour 400 millions de francs d'affaires par an. Le port de Singapour est un port d'entrepôt et de transit, où le commerce est en grande jjartie aux mains des Chinois.

Dans le Siam, le centre commercial, est lUinkok : là encore les Chinois ont fait main-basse sur la piu|tart des commerces, dont la valeur atteint 'Joii millions de francs de mouvement annuel.

Dans rindo-Chine française le premier port est Saig'on, capitale delà Cochinchine. Saig"on est un grand marché de riz conmie Rangoun; c'est aussi un arsenal français d'Extrême-Orient. Comme à Singapour et à lUinkoh., les négociants chinois y ont accaparé une part notable du commerci;. Dans l'Annam, c'est Tourane qui a la j)lus grande activité. Au Tcnkin, Haïphong-.

C'est encore le pavillon anglais qui domine dans la plupart de ces ports, Iticn ([ne la France ait fait de notables progrès pour reconquérir le commerce de ses ports d'Indo-Ghine, et que l'Allemagne lasse de plus en plus forte la part de son pavillon à Bankok. Deux grandes compag-nies, la compagnie anglaise Péninsulaire et Orientale, et la compagnie française des Messageries Maritimes, visitent les principaux ports de Tlndo-Gliine.

Au total le commerce de l'Indo-Chine représente une valeur de plus de 1200000 000, dont 400000 000 pour notre Indo-Chine française, dont les progrès ont été admirables depuis dix ans et dont les relations deviennent de i)liis en plus étroites avec la France.

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