MISE EN VALEUR ET COLONISATION DE L'INSULINDE
Enfin les colons européens ont su adapter et dresser la main-d'œuvre indigène au labeur le plus fructueux. C'est grâce à Y imynigration chinoise c[ue la « North Bornéo G" » a obtenu dans cette île des résultats extraordinaires ; c'est gTâceà rhabile main-d'œuvre des Javanais que la Hollande a pu tirer de ses colonies d'Insulinde plusieurs milliards en moins de 30 ans.
Pourtant l'exploitation des îles est loin encore d'être achevée. Les forêts vierges couvrent une immense étendue : on y exploite toutes sortes de bois de construction, d'ébénistcrie et de teinture, ébène, acajou, teck, santal, caoutchouc.
Parmi les plantes atifnentnires, c'est le riz qui tient le premier rang-. Les rizières, dans la seule Java, ont plus de 2 millions d'hectares de superficie et produisent de quoi exporter une quantité notable de riz, après que l'immense population de Java a déjà prélevé sa nourriture. Le maïs à Madoura, le blé dans les Philippines et ù Timor, sont, après le riz, les céréales les phis répandues.
Les cultures plus proprement iiulustrielles sont encore en majorité des cultures alimentaires, café, sucre, thé et épices. La vogue est actuellement au tabac, au détriment de la canne à sucre et du café, en raison même de la crise qui rend difficile la vente 'de ces deux, derniers produits.
Le ca/e est cultivé à Java, aux Philippines (café de Manille) et sur la côte occidentale de Sumatra. La production annuelle estjd'environ 75 à 80 000 tonnes.
Ce sont les épices qui ont fait, dès la plus haute antiquité, la renommée'de l'archipel ; pourtant Amboine, Banda ont aujourd'hui moins de plantations de jjoivriers, de muscadiers, de girofliers, que Java et Sumatra. D'ailleurs on sait qu'aujourd'hui les parages d'Indo-Chine et d'Insulinde fournissent au monde plus d'épiccs qu'il n'en peut consommer.
Les Philippines, Sumatra, Java, et, depuis quelque temps, Bornéo, fournissent d'abondantes récoltes de tabac.
Java doit à sa prodigieuse fertilité et à sa main-d'œuvre de si bon marché, de produire encore 800 à 1000 tonnes d'indig-o, en dépit de la concurrence des couleurs minérales dérivées de la houille.
Ressources minérales et industrie. — Quoique les îles de rinsulinde soient essentiellement agricoles, l'exploitation
des richesses minières n'y est point négligée. Dans la colonie du Bornéo britannique, à Sumatra cl à Luçon, hi présence de la houille a été reconnue et son exploitation commencée. Tout aussi importante est la découverte de gîtes pétrolifères dans la même partie de Bornéo. Enfin, depuis long-temps, l'étain est exploité avec fruit dans les îles de Banka et de Billiton qui en produisent actuellement 8 à. 9000 tonnes.
Commerce. Voies de communication. — C'est la mer qui est Je g-iTind chemin de commerce de ce pays divisé en un si grand nombre d'îles. Toutefois, dans les grandes iles comme Java et Sumatra, il a fallu consti'uire des voies ferrées pour amener vers les ports les produits de Tintérieur. Java a 2000 kilomètres de chemin de fer, Sumali-a 300. Les Américains ont commencé la construction d'un réseau dans l'île de Luçon.
Le commerce de llnsulindc est de très grande valeur. Les exportations repi'ésenlent en général 000 millions de francs par an ; les importations, iOO. Sur le total de ce commerce de plus d'un milliai'd, les colonies hollandaises sont représentées par 700 ou 800 millions ; c'est Java qui exporte et importe le plus. En seconde ligne, ce sont les Philip- ])inçsavec un traticde 250 à 300 millions ; au tioisième rang', le Bornéo anglais pour 20 millions. Dans les seules Indes néerlandaises, lexportation du suci-e atteint souvent 170 initiions, celle du café 70 à 80, le tabac 40, l'étain 20, les g-ommes 15, les éj)ices 12. Dans les Philippines, les principales exportations sont le sucre, le chanvre, le tabac et le café.
Le seul />o;'/ de Jkitarid. avec un mouven)enl maritime d'un million de tonnes, traite annuellement des allaires pour une valeur de 500 millions. Dans les Philipi)ines, le grand marché d'im])ortation et d'exi»ortation esl }/a?iUlç.
Or, de grandes îles (*omme Bornéo et Sumatra ne sont encore qu'au début de leur exploitation. Célèbes est à jx'ine reconnue. Il i-este donc une grande marge pour le développement économique de ces parag'es privilég-iés entre tous par leur climat et capables soit de nourrir une population beaucoup plus nombreuse et beaucoup plus heureuse, soit de donner à riiunianilé des ressoiut^cs alimenlaires iieaucouj) plus considérables.
TABLE DES MÂTIÈRKS