AVIS
iuBS autenrs do ce volume avaient tout (Tabor d adopte une redaction plus breve et plus purement soolaire, consaorant a TAsie les principaux developpements. Puis, sur les conseils dun grand nombre de mattresy ils out revu et complete les chapitres r el a tils a VAtrique, II leur a paru que la gravite des inter its frangais engages dans cette par tie du monde leur imposait Vobligation de fournir aux jeunes gens une etude plus etendue de riiistoire des explorations et de la colonisation africaines. En matiere si delicate, nous pensons qu'il vaut mieux pecher par excds que par defaut. On nous pardonnera sans doute d* avoir sacrifie au desir de mettre de bonne heure la jeunesse au courant des questions les plus brdlantes dinterit national, Cette preoccupation n'implique dailleurs a aucun degre^ chez nous, le dessein de demontrer la superiority de nos colonies africaines sur telles ou telles autres. On constatera en nous lisant, que nous nous sommes tonus aussi loin de Foptimisme systematique que du denigrement. Nous avons voula in^termer les jeunes gens, non les passiouner.
PREMTfeRE PARTIE
CIIAPITRE I
DESCRIPTION G^Ifl^RALE DE L'AFRiaUE
Situation. — L'Afrique» faisant partie de Tancien continent* est une vaste peninsulc qui ne tient k TAsie que par Tisthme de Suez, aujourd'hui perce d'un canal. La plus grande partie de son lerritoire est comprise entre les deux tropiques, elle apparticnt done h la fois a Themisphere boreal et k Themisph^re austral. Cependant, grAce k son grand developpement du nord au sud, elle compte aussi d*importantes regions dans les zones tcmp6r6es.
Dimensions et contours. — Borneo du c6t^ de TAsie par la mer Rouge et Tisthme de Suez, du c6te de TEurope par la Meditcrranee, baignee k Test par Tocean Indien, k Touesl par Tocean Atlantique, TAfrique a pr6s de 50 millions de kilometres carres, k peu pr6s trois fois la superficie de TEurope. C*est aussi le continent le plus massif du globe. D'aucun c6t6 les oc6ans n'entamentfortement ses contours ; elle n*a point de mers int^rieures, sauf Tetroite tranch^e de la mer Rouge, qui appartient autant k TAsie qu*a TAfrique, et la MMiterran6e qui ne ddcoupe point ses rivages comme ceux de TEurope.
A peine peut-on dire que des golfes se forment sur ses cAtes :
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les sinuositSs auxquelles on a donn^ ce nom sont peu profondos en comparaison de la masse des lerres. Au nord, le golfe de la grande Syrte sur la cdle tripolitaine, celui de Gabes, en Tunisie, s*ouvrent largemenl vers la haute raer. A Touest, le golfe de Guinee n*est pas k proprement parler un golfe, et n*enferme point une partie de I'ocean Atlantique.
D autre part, les caps ne sont point des saillies trSs accentuees de la lerre sur I'ocean. Le cap Ban au nord, le cap Vert h Touest, le cap Lopez, sur la m^me c6te, k la hauteur de TEquateur, le cap de Bonne-Espe'rance au sud, k ['est le cap Guardafui sont des dentelures peu importantes, comme celles qui forment les golfes.
Les contours de I'Afrique 6tant peu d6coup6s, on y reraarque ^galement peu de presqu'iles. On cite d'ordiaaire la presqu'lle des Somalis, au nord-est, mais elle repond tr^s mal k cette definition.
Les iles aussi sont rares sur les cdtes d'Afrique, en comparaison de celles de I'Europe par exemple. Le golfe de Guinee en compte tres peu : des ilots comme Saint-Helene et V Ascension, que leur 61oignement permet k peine de considerer comme des d^pendances de I'Afrique, plus un autre petit groupe volcanique assez voisin de la c6te, Annobon, Fernando Po, etc. I.ac6te liordouest est plus riche, avec les archipels de Madere, des Canaries et du Cap'Vert. Mais il ne faut pas oublier que ces iles, s6par6es de I'Afrique par des profondeurs de 1 000 metres et plus, sont des Yolcans isol^s au milieu de la mer et non des prolongements du continent africain. A Test, Madagascar, les Mascareignes, les Seychelles meritent tout aussi peu le nom d'iles africaines. Ce sont peut-etre les restes d'un continent disparu; en tout cas, Madagascar, avec sa faune et sa flore particulieres, est un monde k part, que le rapide courant de Mozambique isole plus encore que la distance. Les Comores sont des volcans qui ont surgi au milieu du courant de Mozambique. Les seules lies vraiment africaines par le sol et la position sont les petites Iles de Mafia, Zanzibar et Pemba, la longue Socotra qui prolonge le cap Guardafui, et les petits archipels de la mer Rouge. Dans la M^diterran^e, les grandes iles sont toutes europ^ennes. Djerba seule, au fond de la petite Syrte, meritc d'etre citee. Que sont du reste, k c6t^ des archipels europ^ens, ces quelques iles minuscules ou perdues dans les mers? Le grand corps de I'Afrique n'en reste
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pas moins une masse compacte, qui nc se laisse point penetrer.
Relief. — U n*est pas temps encore de tracer une esquisse definitive du relief de l*Afrique. Pourtant on peutdire — malgre de r^centes et int^ressantes d^couvertes — qu'il est peu vari6 et monotone comme ses contours. Au lieu de ce melange de toutes les formes de relief qu'on voit en Europe, melange de montagnes, de plateaux et de plaines, nous trouvons en Afriquo une forme predominante, celle de plateau. L'Afrique n'a point d'immenses massifs demontagnes comme THimalaya, point de grands pays uniform^ment^lev^s comme le Tibet, et pourtant lel^vation moyenne de ses terres est sup^rieure k celle de I'ensemble de TAsie : r^partie sur toute la surface elle donne encore une altitude de 580 k 660 metres pour I'ensemble du continent. C'est dire combien le plateau d'altitude moyenne occupe de place en Afrique.
II n'est pas encore possible de d^brouiller le syst^me des diffi^rents plissements africains, mais on connait le relief dans ses grandes lignes.
1® Toute une moiti^ de TAfrique, au sud de la ligne oblique qui va du Congo au Nil, n*est guere qu'un immense plateau dont les reberds sont formes par des chaines de mdntagnes; les plaines n'y occupent qu'une mince lisi^re entre leur talus exterieur et Toc^an. Le rebord oriental du plateau, sans 6tre une Cordill6re, m^ritc d'etre regards comme la principale ligne de soul^yement de TAfrique, car cette ligne se prolonge presque sans interruption de la mer Rouge a Textr^mit^ m6ridionale, et comprend k la fois les soramets les plus hauts du continent, le Kilimandjaro, etc., et le massif le plus puissant, les monts d'Abyssinie,
Du c6t6 de TAtlantique, la bordure est moins marquee. Entre le fleuve Orange et le Coun^ne on trouve plut6t des terrasses que des chaines, et il y a des solutions de continuity. Pourtant \k encore on rencontre, en venant de la c6te, la saillie de massifs cohfus de montagnes, saillie qu'on retrouve en montant du bassin du Congo vers la region des grands lacs, ou le plateau sud aft-icain, rMuit k 900 kilometres de largeur, finit en pointe vers I'Abyssinie. A I'int^rieur de tout ce grand triangle, le plateau parait presque continu et forme probablement une masse de 1 000 i 1 100 metres de hauteur.
2« Le Congo el le Nil, dont les affluents ne sont s^par^s au
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nord-ouest des grands lacs que par une ligne de falte ind^cise, forment une longue depression relative au travers de TAfrique.
3° Au nord de celte ligne, les plateaux recomraencent, seule- .ment ils ne forment plus une seule masse et sont de moiudre hauteur. C'est d*une part, entre le Nil et la cuvette du Tchad, le groupe de plateaux du Kordofan, du Dar-Fertit, du Dar^For et du Ouadai, Lk commence la longue ligne de soul^vement qui, traversant en biais I'Afrique du Nord, a form6 les massifs du Sahara central, Tibesti et Ahaggar, Ce sont d'autre part les pays ^lev^s qui s'elendent entre Congo, Tchad et Niger (Adamaoua, Kameroun, etc.). A Touest enfin, entre la c6te et le Niger, s'^l^ve le groupe de plateaux dont le Fouta-Djalon parait 6tre le noeud, ot qui s*etend parall^le k la c6te jusque dans le Sahara au nord, sous les noms de Taganet et d*Adrm\
4* Enfin, au nord des regions relativement basses du Sahara septentrional (elles ont encore en moyenne environ 400 metres de hauteur), nous trouvons un autre soul^veroont, compl6tement ind^pendant celui-1^, car il continue le systeme des raontagnes d'Europe, et dirig6 d'ouest en est. II a fait surgir au nord de I'Afrique une nouvelle serie de hautes terres : les pays de f Atlas y les djebel tripoli tains, et le Barka, Les pays de TAllas ne sont qu'une d^pendance des plateaux de la p6ninsule espagnole, et on les a appeles avec raison VAfrique Mineure,
Ainsi, en resume, le relief de I'Afrique est rudimentaire comme ses contours. EUe n*a ni ossature, comme TEurope, ni plateau central, comme I'Asie ; la forme la moins achev^e du relief, le plateau, est presque partout predominante.
Climat. — Le climat de I'Afrique se ressent k la fois de sa position astronomique sur le globe et de Timperfection de ses formes. L'Afrique, comme Sumatra, comme Borneo, est^cheval sur r^quateur, mais elle d^passe les tropiques au nord et au sud et atteint le trente-septi^me parallele au nord, le trente-quatri^me au sud. Par sa position astronomique, elle ne ferait done partie que de deux zones : 1® Au centre, celle des pluies tropicales, qui tombent en general quand le soleil est au zenith ; 2<» au nord et au sud, la zone subtropicale des aliz^s et des pluies d'hiver. Mais la difference de temperature entre la mer et Tint^rieur du continent et les vents locaux qui en resultent, Tinfluence des bordures montagneuses sur la repartition des pluies, la presence de courants marins froids ou chauds sur les cotes, tout cela a
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modifi^ la simplicity de ce climat theorique. En r^alit^ il y a en Afriquc plusieurs grandes regions climat^riqucs dilTerentes :
1** VAfnque equatoriaky ou les pluies tombenl loule Fannie ;
2** Au nord et au sud de I'Afrique ^qUatoriale, les deux regions presque identiques du Soudan et du Zambizey contr^cs de moussons oti Thiver est plus 6u moins sec ;
3^ line double zone de deserts ou steppes subtropicaux, Sahara au nord, Kalahari au sud, au climat extreme, ou ne tombe aucune pluie r^guli^re ;
4* Les deux zones temp6r6es de pluies subtropicales d'hiver, mediterraneenne an nordf region du Cap au sud. Mais ce ne sont 1^ encore que des divisions toutes g^n^rales; partout les conditions locales de relief, etc., modifient le climat.
Eaux. — Le regime des eaux d'un pays ^tant d'une fa^on g^nerale la r^sultante du climat et du relief, on retrouve en lui Foriginalit^ du climat africain. L*absence de grands fleuves navigables depuis leur embouchure, Yoil^ ce qui distingue TAfrique des autres continents. Les fleuves sont coiurts dans TAfrique mineure, sur la c6te orientale et celle du Cap, k cause du peu d'etendue des versants; ils manquent tout k fail dans le Sahara et les steppes australes, par suite de I'irr^gularit^ des pluies.
Quant aux ^normes masses d'eau qui tombent chaque annee sur TAfrique centrale, ou bien elles s'amassent h Tint^rieur des plateaux en d'immenses bassins ferm^s et marecages k pente indecise, tels que le Tchad, les marais du Nily le Dilolo enlre Congo et Zamb^ze, ou bien elles s*6coulent en arlores puissantcs corame le Congo^ le Nil, le Niger : mais ces fleuves mSmes sont forces de traverser un cadre de montagnes pour descendre k la c6te et sont coupes de chutes et de rapides. Le Nil commence par une cascade, les chutes de Ripon, compte de nombreux rapides jusqu*a Gondokoro, et a encore six stages ou cataractes h descendre entre Khartoum et Assouan avant de couler tranquillement vers la mer. Le Niger, coupe de chutes de Sotuba k Koulikoro, en aval de Bammakou, descend de nouveau une s6rie de rapides vers Texlremit^ du grand coude qu'il fait au nord, et est interrompu encore une fois au dernier tiers de sa course, par des chutes infranchissables k Boussa. Le Zambeze, le Iroisi^me fleuve de TAfrique par la masse des eaux, compte encore plus de cataractes, et entre autres les plus grandioses de
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TAfriquc, les fameuses chutes Victoria. Le Limpopo, le fleuve Orange n'en sont pas plus exempts. Le Congo lui-meme, ce grand fleuve qui roule probablement autant d*eau que tous les autres fleuves africains ensemble, termine son cours sup^rieur .par les sept calaractes de Stanley-falls, et n'echappe au cadi*e des terrasses c6ti6res que par les 32 chutes Yellala ou de Livingstone.
Seuls, quelques cours d'eau secondaires, comme le Chire, affluent du Bas-Zamb^ze, le Kouilou au nord du Congo, et surtout le Benoue, affluent du Niger, permettent de pen6trer sans grande difficulte dans I'interieur et acquiferent par l^ une importance exceptionnelle ; mais, dans leur ensemble, les fleuves africains, coupes k la fois dans leur cours superieur et moyen, sont dans toute la force du terme des fleuves de plateau.
Ainsi, des fleuves divis6s en stages successifs, des bassins fermes — d'apres Chavanne, les bassins sans ecoulement couvriraicnt en Afrique pr6s de 7 millions et demi de kilometres carr6s et Ton en d6couvre chaque annee de nouveaux ; — une autre grande partie de TAfrique sans eau permanente aucune, tel est dans ses traits principaux le regime des eaux qui resulte du relief et du climat de TAfrique. 11 contribue lui aussi k en defendre I'acces.
Flore et faune. -^ La distribution actuelle des plantes et des aniniaux k la surface du continent africain se fait surtout suivant le climat, en raison de I'abondance des pluies, de la secheresse de Tair, de la chaleur ou du froid que les saisons y apportent. Etant donnes les climats si difl'erents qu'on trouve en Afrique, il serait done difficile de parler d'une flore et d*une faune africaines : il y en a en realite plusieurs, absoluraent differentes, car elles s'excluent generalement Tune Tautre, et dont les limites, surtout pour la flore, coincident avec celle des differents climats.
!•» Mettons k part la flore et la faune de TAfrique mineure, qui est essentiellement mediterraneenne, Sur le versant nord du plateau de Barka comme dans le Tell tunisien, comme sur les pentes de TAtlas, on retrouve les arbres caract6ristiques de I'ltalie et de TEspagne, les broussailles du maquis corse, les plantes odorantes des collines pierreuses de Provence. Malgr^ I'acclimatation de quelques plantes tropicales rendue possible par la chaleur, et la presence de quelques animaux nettement
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africains, la (lore et la faune de ces pays ruppellent beaucoup
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mnins le rcsle de I'Afrique que celles des pays baign^s par la 2° La flore et la faune saliarieDoes peuvent 6tre caract^s^s
d'un mot : elles sont desertiques, A ce milieu special du d6scrt il faut des plantes et des animaux specialement organises pour resister aux grands (hearts de chaleur et de froid, a I'evaporation qui devient si active dans Tair desseche, h la privation d eau pendant de longues journees. Les mSmes conditions d'existence amenent dans les deserts la presence des m^mes ^tres organises : aussi beaucoup d'esp6cesdu Sahara se retrouvent-elles eh Arabie, dans I'int^rieur de la Perse, et m^me dans TAsie ccntrale, et la (lore de cette parliede TAfrique n'est en somme, malgre quelques variantes, qu'une portion de la grande flore des deserts.
3" Bien plus africaines, c'est-S-dire plus originales, sont la flore et la faune du Soudan, Elles sont toutefois moins riches en esp6ces que Tlnde par exemple; le climat alternativement sec et humide en elimine bien des plantes tropicales — cocotier, palmier k huile, etc, - — et s*accuse dans le nord par la presence d'arbres epineux, acacias et autres, et par le d^veloppement enorme des gramin^es : les steppes herbeuses occupent tout le nord du Soudan.
4* UAfrique e'quatoriale, pluvieuse pendant presque toute I'annee, est naturellement encore plus riche, tant en esp^ces qu'en individus. Dans les districts du Diour par exemple, entre Nil et Congo, le naturaliste Schweinfurth a recueilli en cinq mois environ 700 especes phanerogames, plus qu on n*en pourrait trouver dans n'importe quel district de I'Europe. L'humidite perpetuelle jointe k la chaleur a donn^ naissance en bien des points a cette forme parliculiere de vegetation qu*on nomme foret vierge, fouillis d'arbres et de lianes dont les racines plongent dans un perp^tuel marecage et au milieu duquel les terres cultivees ne sont que des clairi^res. La for^t vierge commence par places au sud du Bornou et du Haoussa, et celle que Stanley a decouverte sur FArouwimi, affluent du Congo, est evaluee par lui k 688000 kilometres carres, c'est-a-dire une superficie superieure a celle de la France, de la Belgique, de la Hollande et du Luxembourg r^unis. La foret 6quatoriale est la vraie patrie du palmier k huile, du cocotier, de I'arbre k beurre, du bambou, de la liane de caoutchouc et de tant d'autres plantes utiles de I'Afrique centrale.
Grdce au courant ti^de de Mozambique qui longe la cdte sud-est de TAfrique, la flore tropicale de TAfrique 6tend son domaine le long de la mer jusque vers Natal. Elle cesse bien
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plus au nord sur les rivages de FAdantique, par suite du .cou- * rant froid qui suit la c6te vers le nord et de la s^cheresse croissante de I'air.
5<> Au sud-ouest du continent, la flore des steppes int^rieures du Ngami et du Kalahari, ainsi que de la cdte aride du Damara-^ land, ressemble k cellc des steppes et des deserts de FAfrique du nord : meme developpement de graminees, memes arbustes epineux. Seul, le dattier manque pour completer le paysage. 11 est remplac^ par quelques espfeces curieuses, speciales h celte region.
6<» A Textr^mite sud de TAfrique, la flore du Caj» occupe \m domaine restreint, mais d'une incroyable richesse, grdce k la diversity de son relief. Les differentes zone^ temp6rees etag^es sur les raontagnes contiennent chacune plus d'esp^ces que maint riche district de TEurope.
Du Soudan au sud de TAfrique il n'y a pas de zones de faunes differentes. Les animaux ayant des facultos de migration beaucoup plus d^veloppees que les plantes, et pouvant, par le choix de leurs refuges, subsister un certain temps dans des regions ou ils periraient k la longue, ne sont pas limites rigoureusement par le climat comme les plantes. Le lion, Thyene, T^l^phanl, I'hippopotame, la girafe, Tantilope, le crocodile ont pu se repandre sur tout le continent, du Senegal au cap de Bonne- Esperance. Le desert seul est pour eux un obstacle infranchissable, mais il ne barre pas I'Afrique au sud comme au nord.
7° Enfln Madagascar est un monde k part. De meme que d'autres iles dans d'autres oceans (Ceylan, Nouvelle-Z^lande), elle parait ^tre le reste dun continent disparu, dont elle aurait garde en partie la flore et la faune originates. Environ quarante families vegetates, cent especes animates de Madagascar ne se retrouvent pas sur le continent voisin.
Population. — La distribution des races humaines en Afrique a varie beaucoup, suivant le caprice des migrations des peuples, mais s'est toujours plus ou moins conformee au climat.
1° La moitie de TAfrique septentrionale appartient au domaine de la race blanche. Les populations originaires de I'Afrique Miaeure, et qu'on est convenu d'appeler Berber es, ressemblent physiquement aux Espagnols, auxFrangais du Midi, aux Italiens, aux Grecs et autres peuples de la Mediterranee. La meilleure
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preuve de cette affinite est que ces derniers, transportes de Tautre cote de la mer , y vivent et s'*, reproduisent aussi bien que dans la m6re patrie. De mtoe, les ArabeSy dont le pays d'origine oflre lant d'analogie avec TAfrique du Word, y ont prosp^re depuis le vii*^ et le XI® si6cle, date de leur grande invasion. On en compte une cehtaine de raille en %ypte, environ 600000 en Algerie d'apres Faidherbe, plus d*un million peut-Atre au Maroc. lis peuplent presque h eux seuls le Barka et certaines oasis du Sahara, comme le Tafilelt. Enfin on trouve encore leurs tribus sui les plateaux du Ouadai, du Darfor et du Kordofan.
^*' S'il n'y a que des blancs dans TAfrique Mineure, il n'en est pas de m^me dans la valine du Nil et dans le desert. A cdte des Arabes el des Berb^res, on y trouve des populations basan^es qui ne sont pourtant pas des n^gres. Copies, Berabra, Tebou, sans compter les negres importes du Sud, qui ne s'acclimatent pas sur les bords de la Mediterran^e, mais qui peuvent vivre et sc perp^tuer dans la chaleui bumide des oasis et de la vallee du Nil. Tous ces elements divers crois6s a I'infini ont donn6 naissance a des types hybrides, maintenant plus norabreux que les gensde race pure. Ainsi on appelle Maures les m^tis de Berberes,. d'Arabes et de Negres; ils dorainent dans le Sahara occidental. La population du Fezzdn se compose d'aulres sang-meles (melange de Berberes, d'Arabes, de Tebou et de Negres) ; enfin peu d'habitants de la vallee du Nil ont encore le pur type arabe ou ^gyptien.
S** L'Afrique tropicale, du Soudan au Zambeze, est le domaine inconteste de la race negre. Mais cette race n'est pas la seule, comme on I'a cru longtemps. Des peuples basanes, qui n*ont ni les cheveux, ni le type du n^gre, qui d'apres certains savants (Hartmann, Schweinfurth, etc.) ont plutdt de Tanalogie avec les Egyptiens et les Berberes eux-m^mes, Abyssins, MomboiittoUj Bedja, etc., occupent de vastes espaces dans Test; un autre peuple, peut-elre de la m^me famille, la race mysterieuse au teint bronze des Peulhj Foutbe ou Foulldn, partage tout le Soudan du Tchad a I'Atlantique avec les negres qu'elle domine. 11 faut ajouter maintenant k cette enumeration cette autre race mysterieuse des PygmeeSy rencontres deja par Schweinfurth et autres sur rOuell6 et TOgooue, et dont Stanley semble avoir trouve la vraie patrie dans la grande foret du Congo.
Les Arabes se rencontrent encore dans TAfrique tropicale;