DESCRIPTION G^N^RALE. IS
mais ils iie font qu*y passer en chefs de guerre et en marchands; le cHmat chaud et humide les eprouve fortement. Les seules tribus arabes qui soient v^ritablement k demeure dans le Soudan sont fortement crois6es de sang noir.
VEuropeen supporte le cliraat plus difficilement encore. Pas plus que Tlnde ou les lies de la Sonde, le Soudan, la Guin^e, le Congo, la c6te de Test ne seront jamais peuples de blancs, Seule Taltitude, qui modifie la temperature et fait retrouversous TEquateur les conditions des climats temperes, a menage ga et la quelques refuges ou les blancs pourront s'etablir. De ce nombre sont TAbyssinie, le Fouta-Djalon ; et peut-^tre TAdamaoua.
Le plateau des grands lacs, avec ses hautes montagnes, est des maintenant utilise en partie comme sanatorium. Mais les regions elevees au-dessus de la moyenne sont rares, et la majeure partie de TAfrique tropicale restera le domaine inconteste des noirs.
4° L'Afrique australe, comme TAfrique du Nord, a ses races k part. A c6te des Cafres, qui appartiennent k la grande famille des n^gres bantou, et qui peuplent les contrees sud-orienfales, on trouve dans le sud-ouest les IJottentots (Namaqua) et les Bushmen, race d'hommes petits et ch^tifs. Mais surtout TAfrique australe est accessible aux races europe'ennes. Des populations hoUandaises, frangaises, anglaises se sont successivement fixees et multipliees au Cap, et ont essaime a Tinterieur. L altitude des plateaux de I'Orange et du Transvaal (1 000 k 1 400 metres) a permis aux colons de race franco-hollandaise d'y fonder des etats europeens.
5^ Les iles africaines, generalement elevees et assainies par les brises de mer, sont plus habitables que le continent. Les Portugais ont pris pied k Mad^re, les Espagnols aux Canaries, les Frangais et les Anglais aux Mascareignes et aux Seychelles.
Madagascar est encore presque exclusivement peuplee d'Africains {Sakalaves, etc.) et de tiovasy peuple d'origine malaise; mais Televation du plateau interieur la predestine a la colonisation europeenne.
Ressources naturelles de TAfrique. — La terre d*Afrique n'ayant pas encore 6te exploree completement, meme k sa surface, on ne saurait dire exactement jusqu'ici quels mineraux elle renferme en plus grande abondance. ha houille, cet aliment indispensable de rindustrie, est exploit^e dans le Transvaal au
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nord-est de la colonie anglaise du Cap. Des mines de fer existent dans un grand nombre de regions africaines, et en particulier dans notre colonie de TAlgerie. Le plomh est aussi une des 1 ichesses de la region du Maghreb. Mais ce sont surlout les m^taux precieux qui ont jusqu'ici attire en Afrique les colons et les coraraer^ants europeens ; la c6te de Guinee, celle de Mozambique sont des lieux ou des indigenes apportent de I'iut^rieur la poudre d'or. On a decouvert en Transvaal et dans lesmontagnes de Test un grand nombre de gisements d'or. Les paillettes du tni^me metal sont roulees par un grand nombre de fleuves. Enfm, ce sont les grands gisements de diamants qui ont valu k la colonie anglaise duCap un si prompt developpement. ^
La vegetation afrieaine offre ^galcment beaucoup de ressources. Au nord, dans la region medilerraneenne, les plantes les plus varices des contrees chaudes de I'Europe peuvent prosp^rer. Le Maroc, TAlgerie et la Tunisie cultivent avec succes les Grangers, les oliviers, les cilronniers et enfm la vigne que les Fran^ais introduisent de plus en plus sur le sol algerien. La vallee dalluvion du Nil est une des plus fertiles du monde.
La zone tropicale, si 6tendue en Afrique, possMe comrae plantes alimentaires le dattier, le bananier et le palmier; mais les Europeens recherchent de preference les produits vegetaux necessaires h leur industrie, ceux qui donnent le caoutchouc, la gomme, Yhuile d'arachides,
Dans la zone temperee du Sud, dans la colonie anglaise du Cap en particulier, I'agriculture est, comme sur les bords africains de la Mediterranee, la principale richesse. Les c^reales, la vigne, I'elevage des troupeaux y ont attire nombre de colons et donnent lieu a un trafic considerable.
Sur la c6te est de la region tropicale d'Afrique baignee par I'ocean Indien, et dans Tile Bourbon, la culture de la canne a Sucre et du cafe est la ressource principale du commerce.
Les animaux utiles sont egalement nombreux en Afrique. Le cheval, I'ane, le moulon, la chevre sont des sources de richesse pour TAfrique Mineure. Le dromadaire transporte I'homme et les marcliandises k travers le desert. Dans I'Afrique equatoriale, I'elepliant, le rhinoceros, Thippopotame fournissent I'i voire. Enfin, dans la zone temperee du sud, la colonie du Cap eleve avec un 6gal succes chevaux, boeufs, moutons, ch^vres et autruches.
DESCRTPTIpN G£n£RALE. 17
Commerce et formation des £tat8. — Si massif que soil le continent africain, il n*est pas rest^ en dehors du commerce. Le cours du Nil a ^t^ suivi par les marchands de I'antiquite et Tancienne £gypte a connu en partie TAfrique ^quatoriale. Au moyen kge les caravanes arabes ^tablirent des communications r^guli^res entre le Maghreb et le Soudan ; de longs convois de chameaux amenaient alors les produits du centre de TAfrique k travers le desert. Au xv et au xvi« siecle, les Portugais, k la recherche de Tor, remontaient la Gamble et le Zambeze, Toutefois on pent dire que jusqu*en ces demi^res ann^es le commerce €urop^n est rest^ sur les cdtes. Les grandes explorations modernes lui ont ouvert des routes k Finterieur.
L'antique voie du Nil s'est momentan^ment ferm^e par suite du reveil du fanatisme musulman et de la fondation d*un ^tat theocratique sur ses bords; mais le Niger, le Congo, le Zambeze Tout remplac^. Une compagnie anglaise qui exerce des droits souverains, remonte le Bcu-Niger et la Benoui jusque dans TAdamaoua. L'Etat libre du Congoy puissance neutre fondle par le roi Leopold de Belgique k la place de Tancienne Association internationale africaine, et reconnue par la conference de Berlin, a convert le Congo moyen et ses affluents d*une flottille de yapeurs d-assez fort tonnagfe. Les embarcations anglaises et portugaises remontent le has Zambeze et son affluent le Ghiri\ les canonni^res franraises sillonnent le bas Senegal, le has Ogooue et le moyen Niger.
Des routes de terre viennent enfin supplier k ced routes flu- Tiales insuffisantes. La France s'est fray^ une route militaire et commerciale — d^ji transform^e en chemin de fer de Bakel k Bafoulabe — entre le bas Senegal et la portion navigable du moyen Niger, en attendant qu*elle atteigne le Soudan par un chemin de fer venant du nord k travers le grand desert. L'ltalie s'ouvre TAbyssinie et essaye de detourner le commerce du Soudan oriental vers Massaouah, L'AUemagne et TAngleterre, ^tablies sur la c6te orientale, utilisent d^j^ les routes de caravanes qui m^nent aux grands lacs et ^tudient des traces de chemins de fer. Dans trois ans, un chemin de fer allant de Matadi au Stan* ley-pod tournera les rapides du Congo inf^rieur et reliera Testuaire au cours moyen. Dans TAfrique australe, les voies ferrees partant du Cap et de Port'Elisabeth s*avancent d^]k jusqu'au del4 de Kimberley, au nord du fleuve Orange, tandis que le clieinin
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de fer en construction de la baie Delagoa franchit les montagnes du Transvaal.
Ainsi de tons cdt^s les Europeens p^n6trent dans la grancte citadelle africaine. lis sent deja maitres de toutes les c6tes, maintenant h proximite de TEurope, depuis qu*un Frangais, H. de Lesseps, en per^ant Tisthme de Suez^ a permis aux navires d'at* leindre la c6te orientale d'Afrique sans doubler le cap de Bonne- Esp^rance. En ce moment ils sont en train de se rendre maitres de^l'inlerieur et de faire de TAfrique, qu'ils se partagent, une dependance commerciale de TEurope.
Mais le relief et le climat, qui donnent aux regions africaines des aspects si divers, leur ont m^nag^ un avenir ^galement different. Au nord et au sud, ce seront des colonies de peuplementr des pays ou se deversera le trop-plein de la population europ^enne. L'oeuvre est dejk commenc^e en Algerie et au Cap ; la Cyrenaique et le Maroc, encore au pouvoir des indigenes et des races orientales, sont destines k subir le m^me sort. Toute TAfrique intermediaire, du Sahara au Zambeze, ne pent former au contraire — h part quelques pays tres elev6s — que des colonies d' exploitation et de commerce. Ce seront les Indes africaines : les Europeens pourront s'en rendre maitres, mettre en valeur leurs richesses, assurer les communications p^r un reseau de postes militaires et de comptoirs de commerce, mais ils ne 8*y fixeront jamais en grand nombre. Ces pays resteront -^ de par le climat — le domaine des races indigenes qui les habitent.
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