‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 24 sur 82 · Stanley. Proceedings of the R. G. Society, octobre i · texte numérisé non relu

Stanley. Proceedings of the R. G. Society, octobre i

mouvement des echange$ qui s*op&rent annuellement dans ia region du Congo et dans la Guin^e m^ridionale.

Les exportatioTUt comprennent les amandes el Thuile de palme, le caoutchouc, Tivoire, le cafe, la cire, les gommes, les arachides, les peaux de fauves, les liuiles de poisson.

II faut citer parmi les importations , dont la valeur est bien moindre, les eaux-de-vie allemandes, qui sont partout au pre^ mier rang et constituent parfois la moitie ou les deux tiers des marchandises vendues par les na vires aux comptoirs de la c6te. puis viennent les cotonnades anglaises, la verroterie de Boheme, les perles et les broderies et les divers objets de luxe et d'ornement destines aux chefs, le sel, les- fusils et la poudre, le tabac et enfin tous les mille objets d'usage europt^en, qu^emportent les explorateurs pour se concilier la bienveillance des tribus qu*ils visitent : Yieux uniformes, parapluies, etc.

€e sont les Anglais et les AUemands qui font la meilleure part de ce conmierce; les Aliemands au nord du Congo, les Anglais au sud. Les premiers sont les maitres du march^ au Gabon fran^ais. Le Portugal ne fait de m^me qu un sixieme du commerce de TAngola ; les Anglais en absorbent les deux tiers.

Des symptomes heureux permettent toutefois d'esperer que cette situation deplorable ne tardera pas a se modifier sensiblement, du moins en ce qui louche la France. Le gouvernement a donn^ une impulsion trte active k nos relations avec la c6tc d*Afrique, en subventionnant un service postal mensuel qui, au depart du Havre et de Marseille, visitera reguli^rement nos colonies africaines.

Le Congo est d*autre part reli6 k TEurope par plusieurs lignes etrang^res, qui ont leurs points d^attache^ Lisbonne, Liverpool, Anvers, Rotterdam et Hambourg.

L'Elat du Congo fait partie de Y Union postale universelle, et quelques lignes telegraphiques sont install^,es dans TAngola.

Les ports les plus actifs de la c6te de Guinee sont Libreville au Gabon, Banana aux bouches du Congo, Loanda dans les possessions portugaises.

Si, pour conclure, on cherche k determiner la valeur respective des positions occupies dans TAfrique central e et occidentale par les diverses puissances, on remarquera d*abord que VAngleterre n'a plante son drapeau sur aucun point de cette Hg^on. Si elle a daiga6 laisser aux Beiges I'honneur et le ra^-

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rite de faire g^nereusement les frais du nouvel Etat, elle coniple bien retirer tous les benefices de leurs efforts et recolter la moisson que d*autres auront semee. Les AUemands, en prot^geant TAutriche dans la p^ninsule des Balkans, ne sont pas plus habiles.

Nous avons dej^ vu que les Allemandsy tr^s occupes k Test do ]

TAfrique affectent un peu de n^gliger leurs possessions de la !

c6te occidentale, qui sont pourtant leurs premieres colonies. !

Cameroun n'est assurement pas une possession de premier ordre. Mais le littoral est fertile, habits par une population relativement dense, et les for^ts qui recouvrent les flancs de la montagne recelent de grandes richesses. Ces ressources suffisent a la prosp^rite d*une bonne colonie d*exploitation.

Les PortugaiSf qui tirent un si maigre profit de leurs possessions effectives, ne laisse pas que de pretendre au protectorat du yaste royaume de.Loanda. Rien d ailleurs, sinon la mauvaise administration, n'empeche leur colonie de devenir un debouche naturel pour toute la region des hauts affluents du Congo et du Zambeze.

La France enfin occupe une position de premier ordre, puisqu'elle detient la meilleure route d*acces vers les plateaux. Mais il faut nous hMer ; Tavenir est k ceux qui reussiront a detourner k leur profit le courant de marchandises, plus ou moins considerable, dont TAfrique pent etre la source.

Mais, apr6s tout, ces considerations ne donnent que la valeur fl relative » des divers Etats ou colonies, entre lesquels -se partage TAfrique equatoriale du centre et de I'ouest.Chacune de ces colonies ne vaut done que ce que vaut d*une fagon n absolue » le pays lui-m^me. Or, il ne faut pas oublier que ce pays n'a, pour bien des raisons, qu*une valeur restreinte et n'aura, de longtemps, qu'une importance mediocre.

Partie orientale. — La valeur 6conomique des vastes contr^es qui s*etendent sur la c6te orientale d'Afrique, du goU'o d'Aden au Zambeze, est naturellement tres variable; et si les connaissances que nous en avons sont moins incompletes que pour TAfrique centrale proprement dite, il y a neanmoins bien des lacunes encore dans les renseignements.

Bans la region qui s^etend de Roufidji au sud, jusqu'au Tana, rhumidit^ est abondante, la chaleur moderee par Taltitude n'est pas extreme ; et sur les parties les plus privil^giees du plateau,

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les plantes de toutes les zones prosp^rent. On cite les royaumes d*Ouganda et de Karagou^, parmi ceux oil la terre rouge» ^paisse de plusieurs metres, est particuli^rement f^conde. II convient d*ajouter que cette region se distingue aussi par la density de la population et par les ressources que le grand nombre de bras et le bon march^ de la main-d'ceuvre peuviBnt en consequence fournir aux entreprises des Europ^ens. Les chiffres baissent^ il est vrai, rapidement» k mesure qu*on se rapproche de la c6te.

11 est d*ailleurs tr^s prudent de n'accepter qu'avec beaucoup de reserves les r^cits enthousiastes que nous rapportent de ce pays certains explorateurs. S'il fallait les en croire, TOusagara, l*Ousambara» situ^s k peu de distance de la c6te, devraient Mre compt^s (( parmi les pays du monde les plus fortunes, les plus combles de benedictions » . lis surpassent en a productivity » tous les autres pays coloniauxet on nous annonce qu*ils seront au XX® siecle un des grands marches de la terre pour les denr^e^ exotiques. Apr6s tout, ce n'est pas impossible, caril est certain que le plateau des grands lacs est, au point de vue ^conomique^ une des meilleures parties de TAfrique. Ce n'est pas k dire pourtant qu*il ^chappe aux causes g^nerales d*inferiorite qui frappent le continent africain : climat dangereux, repulsion de rindigene pour le travail, difficulte d'etablir de bonnes voies de communication.

Le pays somal est encore moins favoris^ de la nature. La vegetation n'est active et la culture n*est possible que sur les flancs des montagnes de Touest, bien exposees aux vents humides ; mais le vaste plateau du centre, convert de p^lurages et epai^ne par la niouche tsetse, est tres propice k Teievage des troupeaux; la chasse et la pSche sont les seules industries possibles dans la region basse.

L*Afrique orientale se distingue, on le voit, par des caract&res tres varies; nous retrouverons necessairement cette variete dans renumeraton des produits que porte son sol.

La vegetation forestiere est en general moins riche et moins repandue que dans la partie occidentale et dans le centre meme du continent. L'Afrique orientale est plutdt un pays de steppes et d'herbages. On rencontre pourtant d'epaisses forets de cocotiersyioni les amandes sont employees en grand a la fabrication des huiles. Les bananes sont la substance alimentaire la plus

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pr^cieuse; et sur le plateau des grands lacs, elles constituent la principale nourriture des indigenes. Les arbret h gomtnes alimentent un commerce actif; la gomme copal est, avec le caoutchouc, un des principaux objets d'exportation de la c6te de Zanzibar. Hais ces produits s*epuisent rapidement.

Le riz vient dans les terres fortement arros^es des bords du lac Victoria et dans la zone basse du littoral. Le ble et le dourah sont les grains que les habitants du nord s^ment de pr^f^rence. Le mais et le sorgho sont cultiv^s partout. Le manioc est une racine pr^cicuse, qui donne plusieurs recoltes annuelles et dont les noirs consomment une forte quantity.

L*ile de Zanzibar s*enrichit par de vastes plantations d^^picet; on y recolte le poivre, la cannelle, la noix de muscade, mais surtout le clou de girofle. L exportation de cette derni^re denr^e atteint, ann^e moyenne, 8 millions de kilogrammes. La canne h mere ne r^ussilque difiicilement ; on en trouve pourtant quelques champs dans Tile de Zanzibar. Le cafeier donne quelques sacs de graines dans TOugdnda et dans le pays des Gallas, mais cette plante n'a pas actuellement d*importance ^conomique dans TAfrique orientale. On fonde aussi de grandes esp^rances sur la culture du tabac ; quelques plantations en ont d^j^ 6t6 ten- ' t^es dans les environs de Bagamoyo. Le plateau somal, Tancien pays des aromates, produit Vencem et la myrrhe.

La culture du coton est, avec celle du tabac, le genre d*exploitation, dont les Allemands font avec le plus de complaisance miroiter les promesses. Toutefois les pluies survenant trop tdt compromettent souvent la recolte, et sous 1 equateur en particulier, elles sont trop abondantes pendant la saison s^che ellem^me, pour qu*on puisse esperer de bons r^sultats. Ce n'est pas k dire assurement qu'en quelques cantons privilegies, le cotonnier ne puisse fournir d'excellents produits

Velevage n'est gu^re en honneur sur le plateau des grands lacs ; mais plus au nord, les Masai, les Gallas, les Somalis sont des peuples pasteurs et en partie nomades. Outre le betail ordinaire, on 616 ve au Somal les chameaux et les autruches.

La piche est une industrie active dans toute I'elendue de TAfriquc orientale, aussi bien sur la mer que dans les fleuves. Les Somalis p^chent le requin et en expedient les ailerons jusqu'en Chine.

Uais e'est comme pays de chassd que I'Afrique orientale est

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surtout e^l^bre. Seulement le nombre des animaiix d^croit rapidement, gr^ce k la poursuite dont ils sont Tobjet. C*est pourtant la cdte de Test qui exporte la plus forte partie de Tivoire, fourni par le continent noir, mais c'est du Congo qu*elle en regoit plus de la moiti6»

Industrie. — L'abondance du fer a permis k Tindustric m6tallurgique de prendre une certaine extension. C'est surtout au nord, dans la region du Kiliman-Djaro et dansTOugandaqu^on rencontre le plus grand nombre de forgerons.

Zanzibar poss^de quelques usines instances sur le modele europeen; raffmeries de sucre, fabriques d'huiles, etc.

Voies de communication, — Sur la c6te, le climat malsain s'oppose k r^tablissement des blancs. C'est sur le plateau quo les essais de colonisation ont le plus de chance de reussir; mais alors le but ne pent ^tre atteint que si de bonnes voies de communications rattachent a la c6te le centre des exploitations.

Or, TAfrique orientale est moins favorisee encore, sous le rapport des voies navigables, que I'autre partie du continent. Les grands lacs seront sans doute sillonnes dans un avenir plus ou moins prochain par des vapeurs ; mais ces lacs sont tous des bassiiis fermes, ou du moins tous les fleuves qui s'en echappent sont encombres de rapides et de chutes. Le Zambfeze et le Chire ne peuvent 6tre remontes qu'en aval des cataractes. Les cours d'eau qui se deversent au nord dans la mer sont encore moins utiles; leurs vallees pourront toutefois servir au trac6 des routes futures. L'une des plus importantes de ces routes sera sans contredit celle qui, au depart de Dar-es-Salam, en face de Zanzibar, gagnera le lac de Tanganyka et le Nyassa. Le premier tron^on de cette route, long de 50 kilometres, est d^jd construit jusqu'au point ou elle se bifurquera dans les deux directions. D'autres routes, ayant pour point de depart Mombaz ou Melinde, se dirigeront sur le Nyanza. — Mais tous ces beaux projets sont entaches d'un grave inconvenient ; nous savons que dans une grande partie de I'Afrique orientale, les animaux de transport font k peu pr^s defaut; la valine du Pangani est un des rares chemins ou la mouche ts^ts^ n'exerce pas ses ravages : partout ailleurs elle interdit I'emploi des chevaux, des boeufs, etc. Quelques elephants importes de I'lnde, n'ont m^me pas accompli leur premiere ^tape. C'est la raison qui a fait adopter par les

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AUemands l'id6e d'une voie ferree qui relierait k la c6te la region des lacs.

C*est jusqu'^ present par les « porteurs » ou a pagazi » que s'op6re tout le commerce. Leur charge habituelle est de 25 h 50 kilogrammes. Les caravanes, qui comprennent parfois plug d*un millier de t^tes, sont organis^es comma une arm^e en marche; elles ne suivent en general que de simples sentiers, Le pays n*est pourtant pas enti^rement d^pourvu de routes; on en signale quelques-unes, aux environs de Roubaga, la capitale de I'Ouganda. Les missionnaires anglicans ont construit un chemin qui contourne k Test, par Blantyre, les cataractes du Ghire, et gagne le Nyassa, Un autre chemin r^unit le Nyassa au Tanganyika.

Zanzibar et Mozambique sont les- deux points d'attache du dd)ley qui se relie au r^seau general par Aden.

Commerce, — A s*en tenirauxchiffres de statistique, le commerce de la cdte orientale ne depasserait pas 50 ou 60 millions de francs. Encore faut-il observer qu'une bonne partie de ces valeurs revient au commerce de transit, puisque Tivoire est apport^ surtout du Congo. Mais en revanche ces chif&es seraient bien plus forts, si Ton pouvait y ajouter la valeur des ^changes que les boutres arabes op^rent sur toute la c6te.

C'est en effet par les ports de Toc^an Indien que les traitants arabes cherchent k ^couler de preference leur marchandise humaine, k destination des empires musulmans d*Asie. Le port de Zanzibar expediait k lui seul, dans ces dernieres annees, plus de 15000 esclaves par an. C'est pr^cis^ment sous couleur d*aiderle sultan k faire la police de ses c6tesque certaines puissances europ^ennes, prises tout k coup d^enthousiasme^ sont intervenues k Zanzibar.

Outre les esclaves, la c6te orientale exporte de Tivoire, des gommes, des bois, des peaux, des huiles, des epices. Elle importe des tissus, des armes, de la quincaillerie, des boissons, de la verroterie. Les importations depassent souvent la valeur des exportations.

C*est avec TAsie que se fait une grande partie de ce commerce ; les traitants y vendent leurs esclaves et les negociants de la c6te envoient k Bombay de grosses cargaisons d*i voire, de gommes, etc. C'est de Tlnde que viennent en retour la majeure partie des cotonnades et autres objets manufactures, vendus aux noirs. L^altcr-

nance si remarquable des moussons n*a pas contribu^ pour peu de chose a perp^tuer ces relations depuis Tanliquit^ la plus recul^e : tout le commerce d*echanges sur la cAte de Zanzibar est entre les mains de « Banyans » venus de Tlnde.

Parmi les puissances europ^ennes c'est I'Angleterre, la France et I'AUemagne qui participent au trafic dans la plus forte proportion.

U s'en faut d*ailleurs que FAngleterre et surtout TAUemagnc exercent r^ellement leur influence dans toute I'etendue de ces pays ; toutes ces limites ne sont encore tracees que sur le papier. Si FAfrique orientale est plus riche, plus peuplee et a plus de chance d^avenir que les pays du Congo, il est probable que ses possesseurs auront lohgtemps k compter avec un obstacle, qui n'existe pas de Tautre c6te, et que les Anglais dej^ connaissent en Egypte: ce sont les traitants arabes.

Mais on ne pent nier Timportance du r61e que ces nou^elles possessions permettront d TAngleterre et k FAUemagne de jouer en Afrique ; et sans parler des Anglais, qui ont fait leurs preu ves, il faut rendre hommage k Fhabilete d^ploy^e par les AUemands, nouveaux venus en la mati^re. Savants, explorateurs, financiers, commer^ants, aventuriers m^me, tous ont apport^- leur pierre et travaillent avec un admirable ensemble k Foeuvre commenc^e. Le gouvernement, favorable eti secret, d6s les premiers joiu*s, aux entreprises de F « Association de FAfrique orientale ;>, n'est intervenu officiellement que pour en consacrer les resultats.

La France n'a plants de ce c6te son drapeau sur aucun point du continent. Mais des titres s^rieux nous permettent de jouer dans ces parages un r61e considerable: nous possedons Madagascar et les archipels voisins, k quelques heures de navigation du continent; la grande ile et ses annexes sont riches en productions agricoles et minieres, elles possedent surtout d'excellents ports. Les relations avec la cdte peuvent devenirtr^s actives; au lieu de perdre au developpement economique de FAfrique orientale, nous pouvous done, au contraire, en faire grandement notre profit.

Bibliographie

Burton (cap.). First Footsteps in East-Africa, Londres, 1856, in-8.

— Voyage aux grands lacs de V Afrique orientale. Paris, 1862, in-8. Lejean (G.). Voyage aux deux Nils, Paris, 1865, in-4.

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