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au sud du Coanza; mais c'est en revanche la r^ion des savanes, ou les s^cheresses sont fr^quentes et provoquent dc redoutables famines.
En r^ume, i*ensemble de ces conditions naturelles n^est pas favorable au developpement ^conomique des pays du Congo. La cueillette et la chasse en font aujourd'hui les principales ressources. Mais ces ri chesses elles-mdmes s*6puiseront vite. D^ji les animaux, traqu^s dans les regions du littoral, se retirent vers rint6rieur et Tivoire devient rare ; les forfits k leur tour ne fournissent plus avec'autant d*abondance les fruits et les r6sines qu*on en retirait ; les noirs ont en effet la deplorable coutume de couper Tarbre, pour faciliter le travail de la recolte.
Mais k mesure qu'animaux et piantes seront plus loin de la cdte, les frais d*achat s*eleveront rapidement. II est d*ailleurs trop certain que les depenses necessaires k r^tablissement des voies de communication, routes ou chemins de fer, ne seraient pas compens^es par la valeur du trafic r^duit k ces seuls.objets.
La ressource veritable consiste done dans Texploitation m^me dusol. Mais ici intervient un nouvel element de calcul, dont on ne peut m^connaitre la port^e. Si queiques voyageurs mentionnent certains cantons tr^s peupl^s, il est fort probable que la density de la population dans TAfrique centrale ne d^passe pas en g^n^ral 8 a 10 habitants par kilomMre carr^.
C*est le manque de bras qui fait la grande inferiority du Congo. Si le sol en effet n'est pas tr^s fecond, il est n^anmoins susceptible de porter, sous certaines conditions, toutes les cultures de la zone tropicale; et T^tablissement de voies de communication, devenu r^mun^rateur, ne serait plus qu*un jeu pour les Europeens.
C'est, nous le savons dej^, la vegetation spontan^e des FoafiTs, qui fait pr^sentement la richesse de TAfrique centrale et de la Ouinee meridionale. Certaines essences fournissent d*abord d*excellents hois de construction ou des ecorces estimees pour la teinture. Les fibres du baobab sont employees avec succ^s k la fabrication des cordages, des etoffes, du papier. Les bananes sont pour le n^gre une nourriture dont la recolte facile est toujours assuree. Le caoutchouc que fournit par evaporation le sue laiteux d'une sorle de liane est un des principaux objets de commerce sur toute la cdte occidentale. Les colonies porlugaises en exporlent, chaque annee, pour 4 ou 5 millions de francs et les
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pays de riiit6rieur en expedient euxnn^mes des chargementsF considerables. Les gommeis et re'sines sont extraites de diverse^ sortes d*acacias ; et la noix de Kola pourrait s'exporter en grand. Mais ce sont encore les substances ol^agineiises qui alimentent pour la plus forte part le conunerce de ce pays. L'Ouest africain frauQais 6coule chaque annee sur Marseille phisde 8000 tonnes d'huile de palmes et d*amandeiff destinies k la fabrication d& Savons parfum^s et de chandelles. Halheureusement cette denr^e est, par sa nature, tr^ encombrante et d*un transport p^nible. La zone d*approvisionnement des navires europeens ne peut d^passer la region c6tiere, tant qu'une voie ferree ou tout au moins une route ne rattachera pas au littoral la section nurvigable des grands cours d*eau de Tint^rieur.
CuLTORBs. — Le dourah, le manioc, au nord, le mais et le sorgho au sud, fournissent le plus fort contingent k Talimentation publique. En g^n^ral les plantes comestibles indigenes sont peu nombreuses au Congo, et la plupart de celles qu'on y r^colte aujourd*hui, pommes de terre, etc., sont d*importation europ^enne. Le riz peut prosp^rer dans toute la region ba^^se, et les fruiU d'Europe trouventi sous le climat relativement sec de I'Angola meridional, un champ de culture tr^s favorable. On y r^coltede grosses provisions d'oranges, de grenades, de raisin$. Le ca/e peut devenir une grande ressource. On Ta d^ja plante dans des conditions exceilentes sur les flancs des collines qui s^parent la plaine basse des hauts plateaux. L'Angda en exporte annuellement plusieurs millions de tonnes, et les Portugais ont recemment construit une route de 80 kilometres, uniquement destin^e k roller aux ports de Goanza les cafeteries les plus productives. Des negociants allemands ont fonde de ni^me, dans notre colonic du Gabon et sur les flancs du Came* roun, d'importantes plantations. Le cacao, le the, la canne h sucr&, reusstssent dans les jardins d*essais des missr^naires el d^tonent de bond produits.
Les arachidesi se plaisent dans les terrains sablonneux ; elles tronveront par suite au Gabon et dans TOuest africain un pays d*etecti<m. Le tabae est cultive un peu partout par les indigenes. Le sesame est egalement tr^s repandu, et Vindigo est une des plantes dent la culture donne le plus de promesses. Le climat du Congo est trop humide pour le coton^ mais dans la region de MosB^medes il r^ussit k merveille.
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Dans toute la region septentrionale, oii r^gne la for6t, Yelevage est impossible, mais la volaille est partout tr^s r6pandue. A rest dans les prairies des environs du Tanganika, au sud dans les savanes inimcnses qui annoncent d^j^ TAfrique meridionale, les animaux domestiques sont plus nombreux; de grands troupeauz de zebu»9 de moutonsy parcourent TOuroundi, et les Boers ont pousse leur betail jusqu*aux confins des possessions portugaises. On r^colte dans TAngola beaucoup de miel et de cire.
Les n^gres poursuivent les aniilopet^ les gazelles^ les grands /aiit;es pour leurs peaux et leurs fourrures; mais c'est leldphanty qui procure Tobjet de commerce le plus pr^cieux. Le nombre de ces animaux a sensiblement diminu^ sur la c6te, mais suivant Stanley, TEtat du Congo en renfermerait plus de 200 000 ; chacun d eux porte environ 25 kilogrammes A'ivoire.
Hais ce n'est pas encore Fivoire qui est au premier rang des produits africains. L'Afrique centrale souifre, en effet, plus que le Soudan lui-mSme, de la traite des enclaves. Pendant trois si^cles, le pays d* Angola n'a cess^ de fournir des n^gres aux planteurs du Br^sil. Aujourd'hui encore 60 k 80 000 esclaves sont enleves chaque ann^e des rives du Congo, et vendus dans les divers pays musulmans. C'est par Zanzibar, que les Arabes avaient coutume d*ecouler leur marchandise humaine. La surveillance active exerc^e sur les cdtes n'a gu^re r^ussi qu a le transformer en un commerce de contrebande.
IfiDosTRiE. — Les ressources minerales du Congo ne sont pas ^ans valeur. On recueille le sel en grande abondance dans la region du Tanganika; et Kavel6, sur la rive orientale du lac, est un des marches de TAfrique pour cette denr^e.
L*Angola renferme quelques mines d* argent; on y recueille ^galement im peu de poudre d'or, Mais c'est le cuivre, dont les gisements sont le plus abondauts dans TAfrique centrale. C'est le metal le plus generalement employ^ par les indigenes pour la fabrication de leurs ustensiles.
Le travail industriel est relativement developpe chez quelques peuplades, les Hombouttous au nord, les Bihenos au sud. La construction des pirogues est un des arts qui sont le plus en honneur.
GonMEBCG. — L'Afrique centrale n'est done pas di^pourvue •de ressources; mais les moyem de communication sont de midi^re valeur. Tous les cours d'eau ont des cataraatas et ne
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peuvent ^tre remont^s que sur unc drstaaca relativement peu considerable, 400 kilometres sur FOgou^, ^5(1 i peine sur le Congo et sur le Coanza. Mais sur le plateau afrlcan^ le Congo ofTre au commerce un r^au de voies navigables qui n*est comparable qu*^ celui de TAmazone dans le monde. Depuis le Stanley-pool, ce splendide avant-port du Congo, jusqu*aux Stanley-falls, sur 1 700 kilometres, le ileuve est navigable pour \es bateaux a vapeur ; et encore peut-on compter sur un second bieV praticable en amont, des Stanley-falls aux chutes de Msandoun. D'autrepart, si TArouwimi, qui descend directement du plateau des grands lacs, n'a que 150 kilometres navigables, et si Tltimbiri n*en a que 200, TOubangi en a plus de 700, TAIima 550, le Loualaba 400, le Lomami ou Loubilach plus de 800, le Loulongo 960, le Tchouapa 1 130, et le Kassai-Kouango environ 3000 avec ses affluents 1 En somme, on estime k plus de 11 500 kilometres Tensemble de ce magnifique r^seau, qui n*a qu*un defaut, celui d*etre un bassin ferme, sans communication directe avec la mer.
Or le pays n'olTre aucune ressource en animaux de transport. Le chameau ne pent pas vivre sous le regime des pluies tropicales; les chevaux, les boeufs, les ^nes ne prosp^rent pas davantage, et perissent rapidement sous les piqures de la terrible mouche « ts^tze » ; ce n*est qu'au sud du Coanza et aux approches des pays du Zamb^ze que les boeufs porteurs peuvent etre utilement employes. On se propose, il est vrai, de domestiquer Teiephant, comme en Asie; mais la ration journaliere enorme qu41 reclame en fourrages pourrait occasionner fr^quemment de» retards pr^judiciables au conunerce ou mSme k la securite.
C'est done en definitive aux hommes qu'il faut recourir. 0» sait avec quelle habilete H. Savorgnan de Brazza a su organiser dans rOuest africain le service des portages. 11 fonctionne aujourd*hui d^une fa^n reguliere, et plus de sept mille hommes, appartenant a di verses tribus, nous pr^tent chaque ann^e leur libre concours. Cette organisation merveilleuse, si rapidement menee k bonne fin, est en outre tres favorable aux progr^s de la civilisation. Au contact incessant des blancs, qui en est la consequence, les n^gres perdent vis4i-vis de nous les sentiments de defiance et d*hostilite, qui les avaient d*abord animus ; et cette transformation morale ne pent manquer k son tour de se repercuier grandement sur la valeur economique de notre colonic.
Les sehtiers qui descendent de Leopoldville, le long des ra**-
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pides da Congo, sont egalement suivis par de nombreuses caravanes de porteurs.
Mais ces moyens de transports n'ont, bien entendu, qu*uno valeur provisoire. Les Frangais et les administrateurs de l*Etat du Congo cherchent activement la route, qui ouvrira les communications les plus faciles entre le point extreme de la navigation int^rieure du fleuve et les ports de la cdte. Le Kouilou, dont le cours entier nous appartient, semble remplir les conditions desi^ rees. U n*est sans doute navigable que sur une tr^s faible distance, mais sa valine, est en pente douce et permet en consequence r^tablissement d*une bonne route.
C*est un chemin de fer qu'on est en train d^^tablir entre le Stanley-Pool et le cours inferieur du Congo ; le trac6 le plus commode remonte la rive droite, de Boma, la capitale actuelle de r£tat du Congo, k Brazzaville. Mais ce projet a Tinconv^nient — tres grave — d'emprunter le territoire fran^ais et d'aboutir k une station fran<^aise, et la rive gauche a eu, pour cette seule raison, la preference: Mais de ce cdt6 la construction de la voie rencontrera de grosses difficult^s techniques, provenant de la distribution beaucoup moins r^guli^re des pentes ; Tach^vement du projet ne pourra qu*en ^tre retards a et pourtant, sans le chemin de fer, tout TEtat du Congo, quelle que soit Timmensite de ses ressources, ne vaut pas une pi^ce de 2 shellings^ »
Les colonies portugaises, plus vieilles de plusieurs si^cles, ne sont gu^re plus avancees. La metropole a pourtant fait ^tablir quelques routes ; on a mSme commence la construction de la voie ferree qui doit relier Saint-Paul de Loanda au district d*Ambaca, le centre des cultures du caf^. 80 kilometres sont deja livr6s a la circulation, mais les travaux sont continues avec une lenteur extraordinaire.
Tels sont les principaux moyens de transport, qui permettent aux denrees de gagner la cdte atlantique; mais il s*en faut qu*elles suivent toutes cette voie. Sans parler des esclaves, dont les troupes sont exclusivement dirig^es sur les ports de Tocean Indien, une grande partie de Tivoire, recueilli sur le Congo, s*exporte par Zanzibar, d'ou les traitants arabes Texp^dient k Bombay.
II est difjQcile d'6valuer k plus de 100 millions de francs le