‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 45 sur 82 · CL · texte numérisé non relu

CL

ne sont plus que des oasis qui doivent leur eau aux montagnes du sud-ouest. Au nord, sur la route de Teheran k Nichapour, c'est aussi le desert. La ville de Sergendeh, quoique situ^e k 512 metres au-dessus de Teh6ran et & 15 kilomMres seuleraent de la mer, revolt la faible quantite de 29 centimetres d'eau par an. L'air 6tant extraordinairement sec, aucun obstacle ne s'oppose ni k Taction solaire, ni au refroidissement. Aussi les variations de temperature se succedent-elles sans transition. De la nuit au jour, on passe de la temperature de la Siberia k celle du Bengale. En liiver, on a des froids de — 20® et la neige n'est pas rare. En avril, dans le desert de Lout, la temperature moyenne est de 58^^. Elle s*eieve jusqu*a 55** k Tombre. Au mois de juillet, a Meched, on a releve 62<* des huit heures du matin.

Hydrographie. — Le versant meridional de la Caspienne et le versant de la mer d'Oman n'offrent pas assez d'etendue pour des fleuves importants. Les monts du Kourdistan et duLuristan deversent leurs eaux dians le bassin du Tigre. La Kerka et le Karoun sont des tributaires du Chat-el-Arab. Les monts du Khorassan alimentent VAtrek^ qui debouche au sud-est de la Caspienne. De la bordure septentrional e decoulent YHeri-Rotid et le Mourgab. La premiere de ces rivieres, issue du Koh-i-Baba, coule dans une valiee longitudinale, arrose Herat, perce la chaine au nord, et se termine a Toasis de Sarachs, apres un cours de 800 kilometres. Le Mourgab est la riviere de Merv. — La chaine de THindou-Kouch fournit au bassin de Tlndus la ' riviere de Kaboul. — L'interieur du plateau est necessairement tres pauvre en eau De Teheran h Karatchi, k Tembouchure de rindus, sur une longueur de 1600 kilometres en droite ligne, il n y a pas un seul cours d'eau qu'on ne puisse traverser k pied.

Le plus grand lac est celui d*Ovrmiaht dans les montagnes de TAderbaldjan. II mesure une superficie de 4000 kilometres carres. II est sale plus fortement que la mer Morte meme. Le lac de Nirisy dans le Farsistan, est aussi une nappe d'eau saiee. Le plus etendu des bassins interieurs est celui de YHilmendj dans TAfghanistan. Cette riviere, longue de 1 100 kilometres, descend comme le Kaboul de I'lndou-Kouch. Elle decrit une grande courbe en plaine et se jette dans le lac Hamoun, vaste marecage en grande partie -desseche.

Cdtes. — Sur la mer Caspienne, la cdte persane commence

au sud de la baie de Khil-Agatch et de Lenkoran, et se termine k la baie d^Assan-^KouH ou debouche TAtrek. Form6e par une bande de sables, elle est basse, insalubre, creus6e de golfes ou de lagunes. La baie d*EnzelU sorte de marecage couvert de roseaux, s'ouvre sur la mer par un chenal de 8 kilometres de long. Au fond, Pir^i-hazar, est Tavant-port de Recht. Le port de Meched-hter est le d^bouch^ maritime de Barfrouch, mais Ics caboteurs seuls peuvent y p^netrer. Au sud-est, le golfe d'isterabad est s6par6 de lamer par une presqu'ile et plusieurs lies Les coUines de sable et les marais salants se succ^dent ensuite. et rendent la cdte encore plus malsaine.

Sur le golfe Persique, la zone littorale qui s'allonge au pied des chafnes du Farsistan est torride et insalubre. C'est le Gharnuir. Le meilleur port est Bender-Buchir; encore est-il fort malsain. En face de BenderAbbas se trouve la grande ile de Tavilah(i 300 kilom. carr6s), d^serte et pierreuse. Le littoral du Mekrany k Test du d6troit d'Ormuz^ pr6sente k la mer une ligne uniforme de coUines sablonneuses .bu de falaises rocheuses. Ses baies sans profondeur ne sont pas accessibles aux grands navires. Les principales sont celles du Gouadar et de Sounmiani. Cette derni^re a iOO kilometres d'ouverture. A 20 kilometres de la c6te on trouve File Achtola Tile enchantee de Nearque. Sur la c6te du Beiouchistan, de nombreux crat^res deversent des yases chaudes et des eaux saumetres.

Flore et Fanae. — L'Iran fait partie de la longue bande de deserts qui coupe transversalement Tancien monde; c'est-^-dire que les conditions naturelles du sol et du climat ne sont pas, au premier abord, tr^s favorables au developpement de la vegetation. Tout le plateau interieur, plus du tiers du pays, n est occupe que par des sables et des deserts qui sont encore plus infertiles que le Sahara, et les oasis sont tr^s rares. Le sol nest productif que dans les valines des montagnes micux exposecs aux vents humides ou arrosees par des cours d*eau. Les deux provinces, du Ghilan et du Mazenderan, sur les bords de la Gaspienne, forment un monde k part. Toutes les vegetations s'y meient avec une luxuriante abondance, depuis les forets des zones temperees jusqu*aux cultures presque tropicales. On cultive le ble jusqu*^ 1 altitude de 2 700 metres. La vigne croit jusqu'^ 2200 metres sur les pentes de TElvend. On trouve dans

rAderbaldjan des rizi^res k plus de 1 200 in^ti'es. Les palmiers ont presque disparu du littoral caspien. On ne les cultive plus que dans les basses valines des chaines bordi^res et au sud-est du plateau.

La faune de la Perse difl%re peu de celle des pays limit rophes. Les solitudes du plateau sont peuplees de gazelles, d*ours, de sangliers, de loups, de leopards. Le lion habite dans les valines entre Tlran et la plaine du Tigre, et k Fouest des monts de Chiraz. Le tigre se rencontre dans le Mazend^ran. Le chamois est tr^s commun dans la region des montagnes.

Populations. — La race indigene est la race iramenhb. Les Iraniens plus ou moins m^l^s d'elements Strangers forment la majorite de la population persane. Us habitent surtout dans la partie meridionale du plateau, la province du Farsistan. Les Afghans paraissent se rattacher k la m^me famille. La race con* querante et dominante est celle des Torcs, venus du Touran. Les montagnes de Touest sont le domaine des Kourdes, qui vivent sous la tente. a Ift race sfiiiiTiQOE appartiennent les Arabes de TArabistan, les Moutehes du Kirman, les Armeniens, qui ne sont repr^sent^s que par quelques faibles communaut^s. Les valines de THindou-Kouch renferment les Kafirs ou Infld^les, d*origine aryenne, qui descendentpeut-^tredessoldatsd*Alexandre. Lancienne religion de Zoroastre n'est plus pratiquee que par les fiti^^res, petit groupe defideles qui n*a d*importance qu'^ Yezd. Les Persans professent Tislamisme, mais ils sont de la secte des Chiites, hostiles aux Arabes et aux Turcs, qui sont Sunnites.

CWogn^hie politique. — Llran est partag^ entre trois JBtats ind^pendants: la Perse, TAfghanistan et le Belouchistan.

La Pbkse en occupe plus de la moiti^ (i million et demi de kilometres carr^s), la partie occidentale dans toute sa largeur avec la plus grande partie du littoral de la Gaspienne, du golfe Persique et du golfe d*Oman. De ses 8 millions d*habitant8» 2 millions et demi sont nomades. La population sMentaire et laborieuse est fix^e dans les provinces montagneuses du nordouest, de l*ouest et du sud-ouest, dans VAderbatdjan, compost des massifs occidentaux de I'Arm^nie, dans l*ancienne Perse ou Farsistan, region fertile et liien arros^e.

La Perse est gouvern^e par un prince appel6 schah, dont le pouvoir est absolu et iliimit6. U est assists de ministres ou vizirs qu'il d^signe et qui ne sont que ses serviteurs. Le

mHJi. 205

royaume est divis^ en provinces et gouYernements, adminisires par des gouverneurs ou beglier-bey, choisis g^n^ralement dans la famille .royale et qui r^unissent tous les pouvoirs. Au-dessous d*eux« les gouverneurs des villes, les commandants de police et les chefs de quartiers acb^tent leurs charges et ne se font pas scrupules de se rembourser de leurs avances ou detriment des administr^s. £n fait, la Perse est surveill^e par la Russie, dont Tinfluence est pr^pond^rante.

La capitale est Teheran (210 000 hab.), au pied de TElbrouz, au milieu de jardins renommes. Viennent ensuite, par ordre d*importance : Tebriz ou Tauris (180 000 hab.), k Test du lac d*Ourmiah, entrep6t des marchandises entre la Turquie, la Caucasie et Tlran, capitale de TAderbaidjan ; Ispahan (90000 hab.)» grande place forte en decadence; Me'ched (70000 hab.), dans le Khorassan, ville sainte, visit^e chaque ann^e par 100000 pterins; Kerman (45 000 hab.)» Recht, dans le Ghilan (41 000 hab.),li Tentr^e de la route de la Gaspienne k T^h^ran; Yezd (40000 hab.), dans une oasis; Hamadan (35000 hab.)» Tantique Ecbatane, au pied de TElvend, ^tape entre Bagdad et Teheran ; Ckirax, pr^s de Tancienne Pers^polis, dominant une fteine ricfae et fertile; Sari, Astrabad, au carrefour des routes de la Gaspienne, de Tlran et du Touran; Chotuter sur le Karoun, Kachan au milieu de vei^ers et de florissantes cul** tores.

L^AfGHAirrsTiJi ou Iran du nord-est, plus grand que la France (700000 kilomMres carr^s), n'est peupl^ que de 4 millions d*habitants. La plupart sont nomades et n*ont d'autre lien avec le gouvernement que le payenient de Timpdt. La capitale actuelle e&lKaboul (00000 hab.), k 2000 mMres d'altitude. Les autres viUes sont Kandahar, sur la route de Kaboul k H^rat (60 000 hab.), Herat sur THdri^roud (100000 hab.), Gkazni k 2500 mi^tres d altitude, dans une position strat^gique iraportante entre Kaboul et Kandahar. Les Afghans se sont ^tendus au nord de rHindoti- KcHich, dans le Turkestan meridional. Les khanats de Ouakhan, Badakchan, Kondouz, Balkh, Saripoul, JIfatmene, etc., dependent ofQciellement de Kaboul, mais sont de plus en plus sur- Talies par les Russes.

Au nord-est du territoire afghan, k rextr^mite du plateau iranien, les montagnards du Kafiriitan ferment un petit £tat autonome.

Le Belouchistan, grand comme la moitiS de la France, ne compte pas mSme un demi-million d'habitants. Le khan est le vassal de TAngleterre. Depuis 1841 11 y a un resident anglais dans la capitale Khelat (14000 hab.) et des garnisons anglaises k Quetla^ Gandava, Khozdar et Gouadar. Ge pays est done en r^alit^ sous T^troite d^pendance des maitres de Tlnde.

La Perse et TAfghanistan s'interposent entre les possessions russes du Turkestan et Tlnde angiaise. Les deux peuples rivaux ont cherch6, en mdme temps, k y ^tablir leur domination. Les Russes conclurenl en 1834 un traite d'alliance aveo le schah de Perse et poqssferent leur alli6 k s'emparer du Khorassan et de sa capitale Herat, raais les Persans ^chou^rent en 1838 devant cette ville, defendue par des oiificiers et des ing^nieurs anglais, line seconde attaque en 1856 n*eut pas plus de succ^s. Dans TAfghanistan, deux comp^titeurs se disputaient le pouvoir. Les Russes soutenaient le premier. Le second appela les Anglais. Grdce k eux il fut ramen^ dans Kaboul (1840). Mais, deux ans apr^s, les Afghans, soulev^s, extermin^rent une arm^e angiaise de 20000 hommes. En 1863, les Anglais prirent leur revanche. Le sultan de Kaboul, devenii leur allie, s empara d'H^rat apres un an de si^ge. Apr^s la mort de leur prot^g^, les Anglais occup6rent le pays, depuis 1878 jusqu*en 1881. En T^vacuant, iU ont conserve tous les defiles du fleuve Kaboul. L*annexion de Merv par les Russes, en 1884, faillit amener la guerre. L'intervention de TAllemagne a maintenu la paix. Une conunission anglorusse a ^t^ nommee pour tracer la nouvelle fronti^re de la Russie et de TAfghanistan. Mais cet arrangement ne parait pas devoir assurer une longue paix. En 1888 une insurrection a eclats centre T^mir de Kaboul, pensionne par le gouvernement anglais. A la fin de 1889 une maladie d*Abdurhaman a caus^ de grandes inquietudes et le gouvernement de Tlnde a envoye k Peichaver des troupes destinies k pr^venir ou k r^primer les troubles qui pourraient suivre la mort de r^mir.

Giographie iconomique. — Agricolture. — En moyenne, on calcule qu*^ peine la quaranti^me partie du sol de Tlran est r^ellement cultiv6e. Sur cette faible partie, toutefois, le Persan, qui a toujours 6t6 essentiellement agriculteur, a conserve ses qualit^s traditionnelles et salt faire rendre k la terre d'excellents produits. II n*y a veritablement en Perse que des deserts et des jardins.

Les conditions naturelles ne conviennent pas k la culture des cereales (bl6 etorge), qui fournit k peine aiix besoins de la consonunation locale et ne la d^passe quelquefois que dans la region occidentale.

Le riz vient k merveille sur les bords de la Caspienne.

Mais la vraie richesse originale de Tlran, ce sont les produits des cultures arborescentes et particuli6rement les fruits, Le climat extreme et relativement sec convient bien a ce genre de culture, en permettant aux sues de se distiller, aux essences de se concenlrer, Les fruits de la zone ni^diterraneenne et des regions temp6rees prosperent ^galement; plusieurs mdnie seraient originaires de ce pays. La vigne, Ms ancienne dans le pays, y a et^ delaissee depuis Tintroduction de la religion musulmane. Le tabac est un des principaux revenus du pays. L*exportation annuelle atteint pr^s de 5 millions de kilogrammes et la production doit ^tre beaucoup plus considerable. Les Persans fument 6galement une partie de V opium qu ils r^coltent eux-m^mes. Le reste est exporte en Chine, oi!i il fait une serieuse concurrence aux produits de I'lnde. La culture de la canne k Sucre, jadis tr^s etendue, a compietement disparu. Les r^colte$ de coton n*ont pas depasse jusqu'^ present les besoins de Tin^ dustrie locale.

L'Iran a toujours 6t6 un pays tr6s favorable k Velevage et, par consequent, un pays de peuples pasteurs. Une bonne moitie des habitants ne se nourrissent aujourd*hui que des produits des troupeaux. C*est naturellement T^levage du mouton, Tanimal des steppes par excellence, qui est la plus prosp^re. Les chevres sont 6galement tr^s nombreuses et fournissent k I'industrie locale un poil renomme pour sa finesse. Les chameaux et les dromadaire^ servent aux transports dans les plaines et sur les plateaux, les mulets dans la montagne. Les chevaux persans et ceux de H^rat sont estim^s.

La Perse prodjuit en moyenne 400000 kilogrammes de sole brute, dont elle n'exporte en Uussie que la moitie.

Proddits MmERAUx. — Les richesses min^rales de I'lran sont nombreuses et varices, mais il n'y en a qu'un tr6s petit nombre d'exploit^es. Plusieurs cours d'eau de I'Afghanistan roulent dans leurs sables des paillettes d'or qui sont recueillies en divers endroits. L'Elbourz et I'Hindou-Kouch sont riches en metaux de loute nature, argent, fer, cuivre, plomb, etc. Le &el existe en

qiiantites cnormes; les deserts en sont impr^gn^s, de vastes bassins lacustres en contiennent des provisions in^ptiisables.

Industrie. — L'industrie persane, a eu jadis une grande ^poque de splendeur et elle ^tait encore au xiii« si^cle, au tenips de Marco Polo, tr6s brillante. Gette Industrie, aujourd*hui si d^chue, a &iik ruin^e presque enti^rement par renvahissement des produits strangers. Les Persans sont rest^s tr^s habiles dans la trempe de Vaciei\ dans la fabrication et Tornementation des armes, des poignards. Mais la veritable industrie nationale est, comme dans tons les pays de p^turages et de steppes, celle de la' /ame. La Perse est toujours renommee pour ses tapis, tiss6s k Kerman, au centre m^me du plateau, et k Recht: et les Afghans fabriquent k Kaboul et k Kandahar des chdles et d'autfes etoffes de laine, qui ne sont gu6re infSrieurs aux produits si c61ebres du pays voisin de Kachmir.

VoiEs DE COMMUNICATION. — Les voics de penetration en Perse sont de tous c6tes assez difliciles. Deux cours d*eau sont utilisables : le Karoun k Touest, ouvert au commerce anglais, mais on aura toujours ici k lutter contre les rigueurs d*un climat torride ; le Kaboul k Test, mais cette voie ne p6n6tre pas assez loin dans Tinterieur et c'est de ce c6t6 qu'il est le moins facile d*aborder Tlran.

Par le nord, H^rat et M6ched sont en communication facile avec Bokhara ; Tabriz est relie k Tr^bizonde et par suite dlrectement k TEurope par une grande route de caravanes qui traverse TArmenie, mais qui est pen praticable en hiyer; du cdt6 de la Gaspienne, enfin, Teheran se rattache k la c6te par une chauss^e carrossable, qui est k peu pr6s la seule de tout le pays; on a inaugur6 le premier trongon, long de 10 kilometres, de la voie ferree qui unira Teheran k Recht, et qui doit se relier dans un avenir prochain au reseau russe de la Transcaucasie. On a commence la construction d une route de Meched k Janian, pres de la frontiere russe. Le schah a ordonne la mise k Tetude d'une ligne ferree entre Teheran et Enseli.

A rinterieur memo, il n'y a pas de routes, mais simplement des sentiers de caravanes, qui unissent les principales viltes entre elles et avec les ports.

Commerce. — 11 n'y a de veritable activite que sur le pourtoiir. C'est au pied meme de la couronne de montagnes qui enserre le plateau de presque tous les cdtes, a Tinterieur comme k Texte-

Page 1