CHAPITRE IV
On comprend sous le nom d'Iran un grand, plateau de 2 millions et demi de kilometres carr^s d etendue, entre les plaines de la Mesopotamie, le golfe Persique, la plaine de Tlndus et les stej pos du Turkestan. A Test, il se relie aux plateaux de TAsie centrale par I'Hindou-Kouch, k I'ouest h ceux de I'Asie Mineure par les massifs armeniens.
Relief. — L'Hiiidoo-Kouch se soude au Pamir et ^ la chaine du Karakorum par le col de Baroghil (3100 m.), qui delimite les bassins de TAmou-Daria et de T Indus. De 1^, il se profile vers le sud-ouest, orientation qui est celle du Thian-Chan. Mais il presente beaucoup plus de cohesion, autant du moins qu*on pent Taffirmer, dans T^tat insuffisant de nos connaissances. La iigne des sommets ne descend gu6re au-dessous de 4000 k 4500 metres. Le massif culminant, situ6 k I'ouest de la riviere de Tchitral, atteindrait 7 500 metres. La chaine de THindou- Kouch est travers^e de norabreuses brSches qui ont 6t6 utilis^es de tout temps comme lieux de passage entre I'lran^et le Touran. Le plus frequente est le defile creuse par la riviere de Kondouz, affluent de TAmou-Daria, et qui est connu sous le nom de col de Bamian.
Au sud de THindou-Kouch et de ses prolongements m^ridionaux s*ouvre la tranch6e de la riviere de Kaboul, affluent de ilndus, que suit la route du fameux defile de Kaiber, la clef de i'Hindoustan.
Au dela s*^16vent les montagnes qui forment la barri^re de riran du cdt6 de I'lndus. G*est d'abord le Sefid-Koh, parall^Ie k la riviere de Kaboul, puis le long soul^vement du SoumftAw- Dagh, oriente du nord au sud. II se compose de diverses rangees de gres ou de calcaire alignees dans le m^me sens. Elles ont t)utes leurs pentes longues regardant vers I'lran, tandis qu'elles tombent sur la vallee de I'lndus par escarpements rapides et en maints endroits inaccessibles. Le groupele plus fameux est celui du Trone de Salomon, qui culmine a 3440 metres. Au sud de ce
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massif se cretise la depression du col de Bolan, sur la route d Kandahar k I'lndus. Le syst^me du Souleiman-Dagh reparait au deM, dans les montagnes calcaires de Brahoui qui se prolongent jusqu'^ la mer.
La chaine bordi^re septentrionale continue THindou-Kouch h Fouest. On d^signe souvent sous le nom de Paropamisades la zone montagneuse, large de 200 kilometres, qui separe I'Afghanistan du Touran. Elle commence k Touest de la passe deBamian par la chaine du Koh^i-Baba^ qui atteint 5 000 metres, puis viennent les nombreuses chaines du fChorassan^ dont la plus septentrionale, le grand et le petit Balkan, dominent les deserts turkm^nes. Au sud de la Gaspienne surgit le rempart de TEljiouRz, ou se dresse limposante masse volcanique du Damevend (6 600 m.). Le cratere du sommet, qui a 300 metres de tour^ est envahi par les neiges, tandis que, tout autour, le soufre tapisse de petits cdnes lateraux d ou s'echappent des fumerolles. Le PLATEAU DE l'Aderbai'ojan a pour rebord septentrional la chaine du Kara-Daghy qui renferme le massif du Sehend, a Test du lac d'Ourmiah (3500 m.), et le massif du Savalan (4800 m.).
La bordure occidentale de Tlran est formee par les hautes terres du Kourdistan. Un plissement de I'ecorce terrestre, semblable a celui qui a produit le Jura et les Alieghanys, a donne naissance a des sillons paralieies qui courent vers lei sud-est^ depuis les sources de I'Araxe et le lac d'Ourmiah jusqu au littoral du Mekran. Les montagnes du faite sont composees de porphyres trachitiques. Le mont culminant, le Koh-i-Dena, a 5200 metres. Du c6te de I'lran ces massifs forment une muraille escarpee, flanquee de contreforts et de rameaux secondaires qui s'abaissent graduellement vers le sud-est. Du cdte de la valiee du Tigre se succedent un nombre infini de chaines cretacees dont iesparois verticales, hautes de 500 a 600 metres, dominent la plaine mesopotamienne et entre lesquelles les fractures du sol ont ouvert une grande quantite de breches sinueuses. La forifte de terrasses apparait surtout dans le Farsistan et le Laristan. Enfin les chaines du Mekran vont rejoindre le plateau du Belouchistan et les monts Brahoui.
. Le PLATEAU de lIran, eieve de plus de 1200 metres, est sillonn^ de chaines medianes qui affectent, comme les monts du Kourdistan, la direction du nord-ouest au sud-est. Sur 1800 kilometres, de TAderbaidjan au Belouchistan, se developpe, sans autre in-
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terruption que celle des cols et des cluses, une chaine montagneuse de caract^re alpestre. Le Garghicfi et le Darbich ont plus de 5 500 metres. Le Ckir-Kouh, au sud de Yezd, a 4 000 metres. Gette altitude est depass^e par le Kouh-i^Eazar^ au sud-ouest de Kirman (4200 m.). Les groupes insulaires eux-mdmes ont aussi rorientation du nord-ouest au sud-est, k Texception toutefois de la Montagne Noire ^ haute de 1500 metres, situee en plein desert, li 150 kilometres de T^h^ran, et dirig^e de Touest k rest.
La plus grande etendue de I'lran consiste en yastes plateaux sablonneux entrecoupes d*argiles, de salines, et parsemee d'oasis. Tel est au nord-est le Dacht-i-Kevir, desert de sable, le desert de Lout, le a Sahara persan », immense nappe sablonneuse ciment^e de sel, et, dans T Afghanistan, le desert pierreux de D^cfc^ f urieusement balaye par les tourbillons du simoun.
Climat. — Le climat de I'lran est un effet manifeste du relief. Les vents dominants sont ceux du sud-est, venant d'Afrique et d'Arabie, et ceux du nord-est, yenus de la Sib^rie et du Turkestan. Les uns et les autres sont arr^tes par la ceinture exterieure du plateau, qui condense leur humidity. Lorsqu*ils parviennent k rinterieur, ils se sont rechauffes dans leur mouvement de descente. On pent done distinguer trois zones climateriques absolument distinctes :
i^ La lisiere maritime de la Gaspienne et de la mer d'Oman. C'est une region chaude et humide. Les vents du nord, fixes par la haute barri^re de FElbourz, d^posent dans les provinces du Ghilan et du Mazend^ran jusqu'^ 1 m. 30 d*eau par an. Aussi la vegetation yest-elletropicale.N'etaient les arbresde nos climats, on se croirait dans une for^t vierge. G est la contree du riz;
2*" Les regions montagneuses, en particulier les chaines du Khorassah, du Kourdistan et les terrasses du Farsistan, qui doivent k leur altitude une temperature relativement moder^e;
5<> La zone des plateaux et des deserts. Le courant polaire du nord-est et le contre-courant equatorial ont perdu toute leur humidite au contact des montagnes exterieures. Aussi ces vents sont«iIs ici parmi les plus sees de Ja terre. Au del^ des dei^ nieres chaines calcaires, le Kohroud k Touest et les moats du Kermanvers le sud-est^ on trouve le desert. Les dunes de sable s'etendent jusqu*4 1 kilometre de Yezd. U n y a plus d'eau que dans les canaux^souterrains. Les dattiers paraisj^nt. Les villages