‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 58 sur 82 · iis6e Heclus. Geographic universelle, t. VlII · texte numérisé non relu

iis6e Heclus. Geographic universelle, t. VlII

de profondeur verticale. Les valines transversales, perpendicu-* laires k Taxe, sont des rayinements ; led deux versants se re-* joignent sans laisser entre eux de fond plat. Les cascades et les ' lacs ont disparu.

Entre rilimalaya et la plaine du Gange la transition se fait par une zone marScageuse et enfievr^e, inond^e par les pluies de la mousson et par les eaux descendues des montagnes : c'est le Terat ou Bhaver.

Au nord-est, sur les confins de Tlndo-Chine, est un vaste syst^me mal connu qui commence par les monts Gharo et Khaiia, au sud du Bahraapoutra. On sait toutefois que les Khasia sont une suite de plateaux dont les parties les plus elev^es n*atteignent pas 2000 metres.

La PLAINS iNDiEMNE, compos^c de terrains d*alluvion, est formee de deux depressions, Tune ou coule Tlndus et le Satledj, Tautre qui est le bassin du Gange et de la Djemna. Elles sont separees par un seuil qui ne d^passe pas 250 metres, c'estji-dire 20 metres h peine au-dessus des eaux moyennes de la Djemna. Au sud-ouest s*6tend le desert de Tharr^ vaste mer de sable ou les dunes atteignent jusqu*^ 50 metres. U se continue par une plaine saline reraarquablement horizontale qui communique avec le golfe de Katch et devient une mer pendant la saison des pluies, c*est le Ran ou desert de Katch,

La partie centrale de la peninsule ou Dekan est un plateau elev^ de 1 000 k 1 200 metres et incline d'ouest en est. Le sol est en.grande partie d'origine volcanique. Les roches ignees recouvrent encore 300 000 kilometres carr^s. De Bombay k Nagpour, sur plus de 800 kilometres en longueur, on traverse des coulees basaltiques et des monticules de cendres. A Tinierieur se developpent de longues plaines onduiees, berissees de coUines, aux parois abruptes et aux sommets aplatis. — La bordure septentrionale est forniee de divers souievements paralleies. Au nord de la Nerbuddah s*etend le massif des monts Windhya (2 200 m.), que compietent k Fouest les monts du pays des Radjpoutes et la cliaine des Aravalli, inferieure aux Windhya d'environ 500 metres. Entre la Nerbuddah et le Tapti sont les monts Satpourttf dont rallitude ne depasse guere 600 metres, mais^ Test, le groupe central, le Daghparta, atteint 1 375 metres et le Mahadeo 1 200. Le bassin superieur du Mahanaddy est enveloppe par un amphitheatre de hautes terres d'une hauteur

moyenne de COO metres. Les ciraes du MaikcU s*6lfevent a i 000 metres et celles du Maghasani k 1 16.0.

Le plateau s'appuie k Touest et k Test sur des chaines littorales appel^es Ghats (escaliers). Les Ghats orientales ne sont que des collines ondul^es d6coup6es en tron<^ons distincts par les valines. La cr^te 8'616ve k 1 000 ou 1 200 mfetres. Les Ghats occidentales, tr6s voisines de la c6te, commencent au sud de la valine du Tapti. EUes out en moyenne 2000 metres.

A la hauteur de Bombay s'ouvrent deux cols fort importants que traversent les chemins de fer de Bombay k Calcutta et h Madras. C'est le Thai-Ghat ou Kasara-Ghat (583 m.) et le Bar- Ghat (US m.).

La partie m^ridionale du plateau du Dekan ou Maissour est une haute plaine triangulaire de 600 k 900 metres d'altitude, plus fortement inclinee sur Tocean Ipdien. Le pays de Maissour est doming au sud-ouest par le massif des Nilghiri ou montagnes Bleues, vaste trapeze presque isol6. Le Dodabetta ou grand mont depasse 2500 metres. A Test, par delk la coupure du Caveri, s'el^ve le massif du Chivarat (1648 m.). Au sud des Nilghiri s'ouvre une profonde depression utilis^e par le passage du chemin de fer de Calicut k Madras. C'est la br^che de Pal-Ghat (250 m.), puis la bordure montagneuse se relovc et forme un nouveau massif, celui d'Anamalah, ou mont des Elephants. Le principal sommet, YAnamondif a presque 2 700 metres. L'Anamalah projette k Touest plusieurs chainons qui s*abaissent vers la mer; k Test, il s'appuie sur le massif de Palni (2400 m.). Enfin, au sud, la chaine elevee en moyenne de 1 000 metres s avance jusqu'^ 30 kilometres du cap Comorin.

Climat. — L'Inde est par sa latitude une region chaudc. L'equateur de la plus grande chaleur moyenne passe imm6diatement au sud de la peninsule. Abstraction faite de Faltitude, la temperature d^croit progressivement du sud au nord, mais Tecart d une exlr^mite k I'autre, c'est-a-dire sur une etenduo de 3000 kilometres, est de 5 degres seulement. La plus grande Constance dans la temperature se trouve dans I'lnde meridionale, f xposee aux influences equatoriales et aux influences maritimes. A Geylan les temperatures extremes d'ete et d'hiver varient de 2 degres, k Madras de 6 (-f-24 en Janvier et 4- 30 en juillet). Les inegalites s'aQcentuent si I'on s'avance vers Finterieur. A Allahabad, au centre du bassin du Ganire, Textreme de Janvier

est de 4- 17, Textr^me de juillet + 36<>. L'^cart est de 18^ Dans le Penjab, la temperature d*hi\er s'abaisse jusqu'au point dc glace, tandis qu'en et6 elle alteinl 52«.

L*annee se partage en trois saisons : Thiver, la pression est elevee, les vents soufflent du nord-esl, puis vient xine saison chaxide et s^che suivie d*une saison caracterisee par une pression basse, des vents humides et persistants. Le grand regiilateur est la mousson. Lorsque celle-ci change de direction, d avril k juin ou de septerabre k novembre, Tequilibre des airs etant subitement rompu, eclatent les cyclones qui rendent si terribles les mers de Flnde et de la Chine. Au mois d'oclobre 1876, en moins d'une heure, 216000 personnes furent cnglouties dans les terres basses entre les bouches du Gauge et du Brahraapoutra.

C'est 6galeraent la mousson qui determine le regime pluvial de rinde. Tout le bassin moyen et inf^rieur de Tlndus qui n'est pas visite par elle est extr^mement pauvre en eau. La moyenne annuelle k Karatchi est de 19 centimetres. Le desert de Tharr, Sans etre inaccessible k toute culture, semble toute- I'ois appartenir au domaine des steppes. La region moyenne de rinde, le Dekan central et oriental, regoit une moyenne de 50 it 75 centimetres. Les contrees les plus arrosees sont la cdte occidentale, THimalaya central et oriental, ou le ruissolleraent est intense. Bombay re^oit annuellement 1 m. 92, Cochin 2 m. 12, Mangalore 3 m. 38. Au nord-est, on compte 1 m. 68 S Calcutta, 2 m. 38 dans I'Assam, 5 m. 07 a Darjiling. Les for^ts de TAssam et des monts Gharro amenent encore une recrudescence. On a vu ici des pluies durer plus de trois mois sans interruption. Une pluie de quatre heures a donne 16 centimetres, soit la moyenne annuelle de la France entiere. Certaines regions resolvent jusqu*^ 15 et 16 metres par an, c'est-^-dire plus que la Champagne en cinquante ans, plus qu'Alexandrie en un siecle.

Hydrographie. — Llnde a done des fleuves abondants. Les deux jprincipaux sont Tlndus et le Gauge.

L*IwDDS (2 900 kilometres — etendue du bassin : 1 million de kilometres Carres), alimente par les glaciers de THimalaya occidental et du Karakorum, descend du plateau du Thibet dans une haute vallee lougitudinale, puis il perce la chaine et tourne au sud-ouest. A Attok, il re^oit, k droite, le Kaboul forme des caux de I'llindou-Kouch. Son cours montagneux finit

a la cluse de Karabagk, II a dej^ parcouru une distance ^gaie k la longueur du Rhin. L'Indus, abandonnant la region de ses sources, se dirige vers le desert et Tevaporation lui a deja enlev6 une partie de ses eaux quand il rencontre, k gauche, les cinq grandes rivieres himalayennes du Penjab. La plus puissante est le Satledj, originaire, comme Tlndus, du Thibet, ayant bris6 comme lui THiraalaya par des gorges d'erosion profondes. La rivifere de Kachmir est une de ses tributaires.

Le Penjab n'est plus la region arros6e et fertile que les Vedas ont chantee. L'assechement continu du sol a tari nombre de cours d*eau, comme le Sarasvati, autrefois affluent du Gange, qui se perd aujourd'hui dans les sables. Le desert a gagne de proche en proche, D'autre part, les apports des fleuves ont sans cesse remani6 Thydrographie de la contr6e. La plaine oh ils coulent est en effet remarquablement horizontale : un seuil de 20 metres seulement s6pare le bassin du Satledj de celui de la Djemna. Aussi, pendant la p6riode des crues, toutes ces rivieres communiquent-elles, transformant la plaine en une mer temporaire.

Le Satledj, large de plusieurs kilometres, roule alors jusqu'i 6 000 metres cubes k la seconde. En 6t6, ce ne sont plus que d*etroits courants serpentant entre les lies et les bancs de sable.

Semblable au Nil, I'lndus pourvu de son cortege d'affluents, sillonne de vastes deserts sales ou il ne regoit plus une gouttc d'eau. Le debit moyen est de 5 550 metres cubes; le d6bit de crue 17000. A 150 kilometres de la mer, on entre dans la region deltaique qui mesure 8600 kilometres carres. La profondeur des embouchures k maree basse est de 1 ^ 2 metres seulement; aussi la navigation est-elle difficile aux grands navires.

Le Gakge (2550 kil.) est le fleuve himalayen par excellence, le fleuve sacr^ des Hindous. A la difl'erence de Flndus et du Satledj, il nait, non pas sur le plateau thibetain, mais sur le versant sud de I'Himalaya, k 4 206 metres d'altitude. Apres avoir traverse la region des douns, il debouche en plaine k la porte AeEarwark'iW metres au-dessus de lamer. Tandis que llndus moyen s'eloigne de THimalaya, le Gange coule jusqu'^ son embouchure parallelement au grand systeme montagneux d'ou il regoit la plupart de ses affluents. Sa direction peut ^tre comparee k celle du Pd par rapport aux Alpes. Navigable d6s sa

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sortie des montagnes, il parcourt une region plate ou ses eaux se distribuent en partie dans une quantity de canaux. A AUa^ babad, le Gange regoit k droite la Djemna, plus longue que lui et qu'alimentent d la fois les eaux de la lisi^re himalayenne et led eaux de Flnde centrale. 11 semble qu'elle se soit dirig^e autrefois vers Tlndus, fertilisant ainsi de ses eaux le Radjpoutana, aujourd'hui k demi dessech^. Le Gange, large de 1 kilometre et demi, se heurte aux escarpements du Windhya qui le rejettent k Test. II se rapproche alors de THimalaya dont il suit la lisi^re. Ses affluents himalayens tels que la Gutnti et la Gogra lui apportent un tribut constant et abendant, tandis que les rivieres venues des coUines bordiferes du Dekan, comme la Sone^ ont un cours torrentueux et irregulier. Le grand fleuve d^roule ses m^ndres dans la vaste plaine, ou il se dSplace sans cesse. Son debit moyen est de 12 k ib 000 metres cubes k la seconde. Les crues le portent k 50000. En temps de s^cheresse, il aurait ete reduit k 600. Le sommet du delta gangetique se trouve k 520 kilometres de la mer. La branche occidentale qui passe k Calcutta s'appelle THougli. Le bras oriental s'unit au Brahmapoutra pour former la Meghna.

Le Bramapoutra ne nous est connu qu*au sud du oS^ degr^ de latitude. Suivant une opinion contest^e, il faudrait voir son cours sup^rieur dans le Yaru-tsanrb6, qui prend sa source k peu de distance du Satledj et dont le bassin a 200 000 kilometres carres. Au confluent de la plaine de Sadija, le Brahmapoutra roule dejS, meme dans la saison seche, une masse d'eau plus considerable que le Rhdne ou le Rhin. Son bassin est la region pluvieuse par excellence de Tlnde.

Bengale. — Le Gange et le Brahmapoutra conjugues portent k la mer une masse liquide quadruple de celle que la France entiere envoie k TOcean et k la Hediterranee. Leur commun delta, double de celui du Nil, egale retendue de llrlande (82000 kil. carres). Pendant la periode des inondations, les innombrables rivieres s'etalent sur plus de 400 kilometres de largeur, leurs lits se deplacent sans cesse, se modifient et se comblent.

Le Gange transporte une masse enorme de matieres terreuses, ce qui s'explique, si Ton songe que c^est dans son bassin que le phenomene de ruissellement s*exerce avec le plus d*energie On a calcuie qu'en moyenne, il charrie, chaque annee, k la mer environ soixante fois le volume des Pyramidos d*Egypte. La

region Yoisine de la mer, fr^quemraent remanide par les teni'pdtes, porte le nom de Sonderbund ou Sanderband : c'est un vaste mar^cage, hante par les crocodiles qui sont souvent enfouis dans ces vases mobiles. Les eaux des deux fleuves troublent la mer jusqu'i plus de iOO kilomMres des embouchures.

La mer Arabique ne re^oit que deux grands fleuves qui se dSveloppent au nord des Ghats occidentales, la Nerbuddah et le Tapti, Tous deux coulent dans des rainures du plateau, enserros entre des chaines de montagnes parall^les, jusqu'^ la r^ion du littoral. Us sont presque d6pourvus d^affluents. Reduits pendant rhiver k de maigres courants serpentant dans les sables, ils s*accroissent rapidement grAce k la mousson. Le Tapti, qui ne roule en moyenne que 5^6 metres cubes k la seconde, en charrie plus de 25 000 au moment des crues. Le courant maritime qui pen^tre profond^ment dans le golfe de Gambaye entraine au loin les alluvions ; aussi ces fleuves n*ont-ils pas de deltas. La Nerbuddah finit par une embouchure de 20 kilometres de largeur.

L'oc^an Indien reQoit le Mahanaddy (836 kit.), le Godavery (1445 kil.), la Kistna et le Caveri, Le Godavery et la Kistna, n^s k moins de 100 kilometres de la mer Arabique, sillonnent tout le plateau du Dekan. Le domaine bydrographique du Godavery repr6sente les deux tiers de la superficie de la France (390000 kil. Carres).

Le trait commun k tous ces fleuves est que ce sont. de v^ri* tables torrents, presque k sec pendant quolques mois, gonfies et redoutables pendant la saison des pluies. Le Mahanaddy se reduit quelquefois k 31 metres cubes par seconde. Les crues portent son debit ii 50000, soit un tiers de plus que le Hississipi, aux plus hautes eaux. Les rivieres d*Orissa roulent alors une masse liquide deux fois superieure k celle du fleuve americain deborde. En 1866, une inondation a submerge 275000 hectares. Les crues du Godavery peuvent faire monter le niveau de 20 metres. Le Caveri, dont le debit ordinaire est de 500 metres cubes, pent porter jusqu*^ 13000. — Dn autre caractere commun k ces fleuves est qu'ils ferment des deltas. Gelui du Mahanaddy sert aussi de debouche k la Brahmani et k la Baitami. Ses empietements menaceut le lac Chilka, dont la superficie atteint 1170 kilometres carres pendant la saison des pluies. Le Godavei7 forme sur la c6te une saillie de 4000 kilometres carres

d*^tendue. La Kistna pousse aussi avant vers la mer la masse de ses alluvions. Le delta du Caveri, avec toutes les coulees secondaires du fleuve, a un front maritime de 175 kilometres de long. Le reseau fluvial de ces cours d'eau est complete par de tr^s nombreux canaux d'arrosement. Dans le bassin du Caveri, ces canaux couvrent 55000 hectares. Toute la contree littorale est d'ailleurs parsem^e d'Stangs. On en compte jusqu*^ 27 000 dans le Maissour. Ces innombrables reservoirs servent k mod^rer et k regulariser le d^bit des fleuves.

CAtes. — Le littoral de Tlnde a un d^veloppement total de 5 000 kilometres. Get immense littoral se presente avec une rigidite de lignes qui rappelle les terres australes de TAfrique et de TAmerique. Au sud du delta sablonneux de Tlndus, U grande ile de.Katch couvre Tentree dune vaste lagune, le Ranti, Au sud du Katch s'avance la presqu*ile de Guzei^ate^ limitee k Touest par le golfe de Katch et k Test par le golfe de Cambaye, EUe est rattach^e au continent par un isthme sablonneux ou raar^cageux eiev6 seulement de 15 metres. Une petite ile voisine du rivage meridional porte le fort et la ville de Diu.

Au deli, la c6te prend la direction du sud qu'elle conserve, en s'inflechissant lentement vers le sud-est, jusqu'au cap Comorin. C'est la c6te de Malabar. EUe est formee par les Ghats occidentales qui serrent de tres prfes la mer sur une longueur de 1500 kilometres. La ligne du rivage n'est rompue par aucune saillie notable. Les echancrures y sont rares et les bons ports peu nombreux. Us sont places aux points ou les promonloires montagneux s'avancent sans interposition dune bergc. La rade de Bombay est couverte du c6te de la mer par un archipel dont une ile porte la ville de ce nom. Goa, Make et Calicut sont dans des criques produites par une avancee de la haute bordure des monts. Au sud, se developpe toute une suite de lagunes paralieies k la cdte , formant une voie fluviale protegee de la mer par des fieches de sable.

Ces etangs riverains sont plus nombreux encore sur le littoral oriental. Les c6tes de Coromandel, d'Orism et du Bengale sont basses, marecageuses et malsaines. Les bons abris y sont plus rares encore que sur la c6te de Malabar, k cause des apports des fleuves, des deltas et des lagunes. Le grand bras du Gauge ou Hougli est un veritable golfe ou peuvent s*engager les plus forts navires.

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A rextr^mit^ meridionale de la peninsule, le golfe de Manaar et le d^tioit de Palk s6parent du continent I'ile de Ceylan (64000 kil. Carres, plus que la Grece). Les hautes terres sonl ramassees au centre de la partie meridionale. Plusieurs cimes atleignent 200 metres. Le sommet culminant, le Pedrotallagalla, en a 2500. Toule la moitii^ septentrionale est une vaste plaine. Le principal cours d'eau a 215 kilometres delong. La c6te orientate est bordee de dunes. Au nord, les rivages de Ceylan rejoignenl la c6te de Coromandel par une chaine d'ecueils nommes pont de Rama, qui parait avoir ete un isthme, en partie detruit par un alTaissement du sol. La population de Geylan est de 2 millions i/2 d'habitants, soit 44 par kilometres carres. La capitale est Colombo sur la c6te occidentale. Au nord-est, au bord d*une baie, est le port de Trincomali.

Les archipels des Laquedives et des Maldives sont form^es d'ilots d'origine madreporique. La superficie des premieres, sans les r^cifs et les bancs de sable, est de 52 kilometres carres. Huit seulement sont habitees. Les Maldives se composent d'une double rangee de recifs longue de 750 kilomfetres et large de 50. Chacun de ces recifs est une sorte d'atoll minuscule. La reunion dc plusieurs recifs forme un atoll plus grand qui n>st lui-m^me qu'un anneau dun immense atoll de iOO kilometres de tour. L'ensemble des terres 6mergees est de 900 kilometres carres k marSe haute.

Flore et f anne. — La repartition de Thumidite atmospherique et la variete du relief permettent k toutes sortes de plantes de croitre sur le sol de Tlnde. Tout se meie, tout se p^netre suivant les conditions locales d*altitude, de position, et cette variete m^me n*est qu'une richesse de plus. On a pourtant coutume de distinguer, d'aprfes le climat, quatre zones distinctes : 1* La region des pentes himalayennes. La flore de THimalaya offre une grande.ressemblance avec celle de nos pays temp^res d'Europe. Les grandes forfits, compos^es de conifSres, montent jusqu*i 5 600 metres daltitude. 2® Le bassin de V Indus, presque depourvu de pluies,. a une vegetation d'arbustes epineux et de broussailles qui annonce dej^ la flore de Perse et de TArabie, 3® VAssaniy oii rhumidite surabonde, rappelle les formes vegetales des lies de la Sonde, hk croissent le poivrier, le coton, Tindigo, le sucre, etc. lA s*etendent ces forets de jungles qui ont besoin d'une lumiere et d'une liumidite intenses. Dans cette contree priviiegiee, on a

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r^ussi k obtenir de Torge h plus de 4 500 metres. On a trouT^ des rhododendrons h Taltitude de 5 500 metres. HSme les palmiers el les bananiers se rencontrent ^2100 metres. 4*» Vlndepeninstdaire^ h I'exception de la c6te occidentale, bien arros^e, et de la pointe m^ridionale, n'offre que rarement une richesse comparable k celle du Bengale. Loin des valines, le plateau est presque depourvu de for^ts et la plupart des plantes sont k feuiUes c^duques.

La faune de rHindoustan, comme sa flore, reproduit les esp^ces des contr^es limitrophes. G*est surtout dans la region humide et chaude du Terai qu*abondent les animaux sauvages. L'el^phant ne se trouve gu^re que 1^ et dans TAssam. Le rhinoceros habite surtout le Bengale. Le lion a presque corapl^tement cess^ d*exister, mais le tigre, le loup, le chacal se rencontrent partout et causent de grands ravages. On estime k 13000 le nombre de personnes tues dans le Bengale en six ann^es par les animaux carnassiers. Les serpents font annuellement 20000 vic^ times. Les singes sont tr^s nombreux. Les oiseaux chanteurs sont plusrares qu'en Occident.

Populations. — La population de Tlnde repr^sente plus de la 6* partie des habitants de la t^rre enti^re (250 millions). Les grandes agglomerations se pressent sur les cdtes et surtout dans la vallee du Gauge (200 et m$me 300 habitants par kilometre carre). La presidence di^ Bengale, dont la superficie est infer, rieure k celle de la France, a presque autant d'habitants que la Russie (70 millions). Au contraire, dans la yall6e de I'lndus, la density n*est plus que de 20 ^60 habitants. Les provinces centrales out 9 millions d'habitants, c*est-^-dire la population de la Belgique et de la Hollande sur une superficie 4 fois plus grande.

Gette immense population appartient k cinq races bien carac^ t^risees ; .

l^Les Aryas ou Aryens. On place leur arriv^e dans rinde^ vers le xxni* si^cle avant JesusrChrist. Venus des plaines du Touran, berceau commun des races indo-europ6ennes, ili^ s,*etablirent d*abord dans les fertiles plaines du Kophes^ et de Kachmir, oi^ furent composSes les hymnes les plus anciennes du Rig-Veda, Deja ils etaient divises en cinq classes. Plus tard, ils descendirent dans les vallees du Penjab, cette Egypte en miniature, entour^e de plusieurs m^sopotamies. Le morcellement du territoire eut pour consequence le regime de I'autb-

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nomie communale. Enfin les Aryens penStr^rent dans le Hadhya- D^sa, r^norme plaine gangetique. A la periode anarchique suec6da celle des despoties locales. La lutte se circonscrivit entre le despote du Penjab, dont la capitale etait Ilastinapoura, dans le bassin de Tlndus, et la dynastie des Bharata etablie a Ayodhia (Aoude). Ces derniers TeraportSrent. lis abdiqu^rent les fonctions sacerdotales, mais la classe des brahmanes se posa en adversaire du pouvoir royal. Ce fut la periode brahmanique. Un h^ros. Paraxon Rama, extermina 21 fois les partisans de rautorit^ royale el fit don de la terre enti6re aux brahmanes, puis, pour mettre un terme k ces rivalit^s, il transforma les anciennes classes en castes et immobilisa la soci^t^. Les Aryens d origine, habitant le haul bassin du Gange, ne d^passent peut-etre pas 10 millions, mais 170 millions d'Hindous parlent des langues aryennes. La civilisation aryenne peul revendiquer les quatre cinqui^mes de la population totale. Elle n*a cess^ de s'etendre et de gagner du terrain ;

2^ Les Dravidiens^ refoul6s dans Tlnde centrale et meridionals par la conqu^te des Aryens, h la suite des luttes memorables qui font Tobjet du Ramayana, Us habitent des plateaux pen fertiles. Ceux qui sont voisins du littoral, ^migrent en grand nombre;

5^ Au centre sont des populations nomades, telles que les Kohly les Bandjaris, les Gond^ les Bodoj descendants des maitres prim^tifs de la p6ninsule. Us sont fortement indianis^s;

4* Entre, le Brahmapoutra el I'lraouaddy, reside la tribu des Khasi ou Khasia;

5® Dans THimalaya, les Thibetaim, reconnaissables k leur teint clair, leur t^te large, leur nez aplati et leurs yeux I6g6rement obliques. Quant aux Sikhs d'origine touranienne qui habitent k Touest du Gauge, ils ne ferment plus que la 10* partie de la population du bassin de Tlndus.

On peut evaluer a 10 millions le nombre total des populations demeur^es k T^tat sauVage.

Le type dominant de rUindou est caracteris^ par la regularity et la finesse des traits, la gracilit6 et la souplesse des membres, la couleur de la peau variant du brun au noir, enfin lexpression k la fois douce et mefiante de la physionomie.

Les strangers ne comptent dan^ la population de Tlnde que pour 120 000 environ. U y a 76 000 Anglais.

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La mortality moyenne de I'jnde esl de 52 pour iOOO. La mortalite des Europ6iens. a singnli^remenl dimiiiuie' etf iin deraisiecle. Elle ^tait en 1854, dans Farm^e aiiglaise, de 69 sur 1000. Elle ne d^passe guere 10 aujoUrd'hui.

En trente annees (1842 k 1875) Temigration a enlev^ plus de 500 000 habitants; 550000 se sontrendus k Tile Maurice.

Les savants ^valuent k plus de 240 le nombre des langues dans THindoustan. Presque tous les dialectes d^rivent de Tancienne langue sacr^e des brahmanes, le Sanscrit.

Tous ces peupl^s, divis^s par la race et par la langue, le sont bien plus encore par la religion. La religion des brahmanes, qui divise la societe en castes, est pratiqu6e par 180 millions. Vislanmme compte50 Aiillions de sectateurs. 6 millions d'individus suivent le culte de la nature. Le bouddhismey religion ascetique, cr6^e au v si^cle avant notre ^re par Qakya-Mouni, a 5 millions de fidMes. II y a pr^s de 2 millions de.chr^tiehs.

Gdographie politique. — Ges divisions et d'autres rendent plus facile le gotiverneraent des Anglais. Suivant les traces des Portugais et des Hollandais, les commerc^nts anglais fond^rent leurs premiers comptoirs au debut du xvii* si6cle. Le si^cle suivant fut rempH par la rivalite des Anglais et des Franc^ais qui 9e disputaient Tempire raongol eh dissolution. Les premiers, vainqueurs, s'emparSrent de toutle Bengale. Le pays de Mysore futoccup6au commencement du xix« si6cle. En 1805 fut detruite la puissante confederation guerri^re des Mahrattes. La province de Guzerate et tout le littoral entre Calcutta et Madras leur fut enlev6. En 1805, la moiti6 du royaume d'Aoude fut occupee. En 1818, Ic lerritoire dii Nepaul 6tait annexe en memo temps que Tile de Ceylan. Le Sind fut conquis en 1845. Tout le royaume d'Aoude fut soumis en 1855. Enfin, le maharaja de Kachmir a dii abdiquer au mois de mars 1889. — A la suite de la terrible insurrection des cipayes (1857-58), la Compagnie des Indes a 6te supprim6e, un ministere special de Tlndea ete cree et le gouvernement confi6 a un vice-roi.

LInde anglaise proprement dite (2 millions 1/2 de kilometres Carres, 20 millions d'habitants) comprend les trois presidences de Bengale^ MadraSj Bombay^ le pays d'Adjeniir, Be^ ravj \e% provinces du nord-ouest ei Aoude, le Penjaby YA^am et les provinces centrales anglaises, — Le reste forme les Etats vassaux. Les principaux sont le Radjpoutanay les iStats de Bdroda^

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A' HaiderMbud, "de^ Mysoire, -^ Dans Vllimalaya, le Nepaul ct le Boutan^ont presque ind^pendants. Ge dernier £tat est maitre de la route entre llnde et le Thibet. Lc district anglais du Sikkim^ au coeur des montagnes, s^pare les deux Etats Tun de Tautre et assure h Toccasion la route des plateaux aux agents britanniques.

La reine d'Angleterre a 6t^ proclam^e imperatrice des Indes. Un vice-roi la repr^sente k Calcutta. 11 touche un traiteraent de 625000 francs, plus 300000 francs de frais de repr6sentalion. Une armee forte de 190 000 horames; dont 67000 Anglais, veille alas^curite et k Tobeissance de Tlnde. Cette orgianisation grandiose permet k peine, nialgre la richesso dii paysj d'equilibrer les depenses par les recettes (exercice de 1888-1889 : recettes, 79 millions de roupies ou 197 millions de francs, <iepenses, 81 millions ou 202 millions de francs).

L*Inde est peut-6tre le pays du monde ou, relativeraent au chiffre absolu de la population, on trouve le moins de grandcs villes. Trois localit^s depassent 400 000 habitants : Bombay (780 000 hab.), blitie sur une ile de la c6te de Malabar, situ^e au point le plus rapproch6 de Tisthme de Suez, reliee k Madras et a Calcutta par des voies ferrees. Dans la rade se voient les iles de Salsette et d'Elephanta, visit^es des archeoiogues; Calcutta sur rilougly (450 000 hab.), aussi peuplee de Bombay, en comptani les faubourgs. EUe se divise en deux parties : la ville noire (Black-Town), sale et grouillante ; la ville inoderne, dotee de pares et de jardins splendides; Madras (410000 hab.), sur une plage insalubre de la cdte de Coromandel, defendue par le fort Saint'^ Georges. — Viennent ensuite Haiderahad (360000 hab.),. sur le cours inferieur de Tfndus, Lucknow (260 000 hab.), ancienne capitale de TAoude, sur les deux rives de la Gumti. Elle est presque enti^rement de fondation moderne; Benares (200000 hab.), situee sur la rive gauche du Gange, a 205 kilometres, par le fleuve, au-dessous du confluent de la Djemna; la metropole du culte brahmanique, une des plus anciennes et des plus c616bres de la peninsule, Delhi (170000 hab.), k 250 metres d'altitude sur la rive droile do la Djemna, autrefois capitale de Tempire mongol, aujourd'hui simple chef-lieu de province du gouvernement du Penjab. Au sud s'etend une vaste plaine couverte d*innombrables et splendides monuments, Patna (170 000 hab.), dans la plaine gangetique, capitale de la riche province du

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Behar; Agra (160000 liab.), sjr la rive droite de la Djemna, k 200 metres environ d*altitude; Bangalore (155000 hab.), Amritsir (150 000 hab.), Gawnpore (150 000 hab.), Lahore (149 000 hab.), k 1 kilometre et derai de la rive gauche de la Ravi, h 250 m^res d altitude, Allahabad (148 000 hab.), au confluent du Gange et de la Djemna, ^104 metres d'altitude; Jeypm^e (142000 hab.), Ahmenabad (127000 hab.), Surate (109 000 hab.), Baroda (100 000 hab.).

On compte quarante villes de 50 k 100000 habitants et vinjglquatre depassant 100 000 habitants.

Le Nepaul a pour capitate Katmandouy k 1300 metres d*altitude.

Colonies portdgaises. — Les Portugais, qui ont rev616 k TEurope le chemin maritime des Indes et fond6 dans ces parages Ics premieres colonies, en se substituant aux Arabes, n*ont garde de leur ancien domaine que des comptoirs peuples d'environ 450000 habitants, sur la cdte de la mer d*Oman. Ce sont les ports de Diu, au sud de la presqu'ile de Guzerate, Damao sur le golfe de Cambaye, Tilot de Sahette pr^s de Bombay, enfln Goa et son territoire. Goa, chef-lieu de ces etablissements, est une pptite ville de 20 000 Ames.

Colonies PRAsgAisEs. — Les Frangais, qui ne s*en ^taient pas tenus k la lisiere liltorale, mais avaient aborde le plateau du Dekanet la plaine gangetique parte golfe du Bengale, pouvaient esp6rer mieux. Leurs fautes du xvin® si^cle, les abus de la politique europ6enne auxquels leurs rivaux surent les entralner, ont livr6 rinde k d*autres.

Le traite de Paris (1 763) nous a laisse seulement cinq villes ou comptoirs, peuples de 285 000 habitants. Sur la cdte de Malabar, Mahe; sur la c6te de Coromandel, KarikaleiPondicheryy Yanaon aux benches du Godavery, Chandeimagor sur le Gange, voil^ tout ce qui nous reste d'un empire. Le chef-lieu, Pondichery (40000 habitants), est une place de commerce assez active.

Geographic dconomique. — L'Inde est un des principaux noyaux de la population du monde, mais c'est aussi une contr^e remarquablement fertile en ressources de toule nature, et en outre un pays de production intense.

Agriculture. — VagricuUure est dans Tlnde, comme dans tons les pays de demi-civilisation, la principale richesse. On calcule que la population agricole proprement dite comprend au moins

100 millions d'individus, soit 40 pour iOO du chifFre total.

Gependant la partie r^ellement cultiv^e n'atteint pas a beaucoup pr^s la moiti^ de la surface totale. 11 faut sans doute d^duirc^ a priori quelques regions absolument infertiles ou inexploitables dans la montagne (« Bhaver o et « Terai ») et dans le desert. Mais il y a beaucoup k gagner encore sur les jungles et sur le desert lui-mfime, par Tam^nagement des eaux.

Les parties les plus arrosSes mdme, comme les plaines du Gauge, ont besoin d'une canalisation savante et les regions plus s^ches ne doivent qu'a une habile distribution des eaux leur fertilite. Le Canal du Gauge de Hardwar a Cawnpour est un des plus cel^bres du monde. Sa longueur est de 499 kilometres.

Plus de 8 millions d'hectares sont dej^ fertilises par Tirrigation. Le gouverneraent contribue aux depenses annuelles pour plus de 20 millions de francs. « Lamoindre irregularite dans les balancements annuels du climat, suivant la pression atmospherique, la marche des vents et des nuages a les consequences les plus graves en Hindoustan. Lorsque les pluies manquent ou se reduisent k de 16g6res ondees, quand les rivieres sont dessechees et les canaux taris, la famine est inevitable, et des millions d'hommes sont menaces de mort par inanition. Les discttes sont a craindre surtout dans le Sindh et le Penjab, dans le bassin gangetique et sur les c6tes orientales, partout oii la pluie moyenne est de 1 metre d 1 m. 50 ; ces contrees se depeupleraient rapidement si les canaux d*irrigation ne permettaient de suppleer aux pluies*. »

Les forels de jungles interessent peu la geographie economique, car on ne peut les exploiter.

Les for^ts de bois do teck et de santal, beaucoup plus importantes a la richesse du pays, sont nombreuses encore dans Tlnde, bien qu*elles diminuent beaucoup par suite d*une exploitation trop radicale et trop rapide.

Le riz etait jadis la plante alimentaire par excellence des habitants de rinde. On calcule que 180 millions d'individus se nourrissent aujourd'hui de cer^ales; 70 millions seulemcnt reslcnt fiddles au riz, particuKerement dans le Bengale, le Dekan, les regions deltaiques du littoral.

La culture des cereales ne s'est developpee dans llnde quo

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