‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 60 sur 82 · G. CL · texte numérisé non relu

G. CL

Le cafe est un produit de Tlnde nieridionale. Introduit dans le pays au xvi® si^cle par un pMerin de la Hecque, il n*a gu^re 6t6 culliv6 s^rieusement qu'i partir de 18M. En 1870, la production atteignait 500 000 quintaux metriques. La concurrence du fir^sil et Tabaissement des prix, non moins que le d^p^rissement des plantations, ont maintenu la production dans un etat stationnaire ; elle am^me recul6.

La culture de la canne h mere n'a pas pris dans llnde le d^veloppement qu*on a tent^ de lui donner. Elle ne fournit m^me pas k la consommation locale. Les plantations les plus importantes sont sur la c6te de Coromandel.

Le cinchona, ou quinquina, qui s*est acclimate sur divers points, dans le Bengale, le Mysore, est un febrifuge pr6cieux dans un pays ou les fi^vres emportent annuellement i million et demi d^individus.

La cdte de Malabar fournit toujours le poivre (poivre long et poivre blanc), le gingembre, la muscadey et diverses autres epices ou plantes aromatiques. Le cassia, dont T^corce donne la cannelle, se plait dans les terrains sablonneux de la c6te occidentale de Geylan.

Les arbres fruUiers de nos pays, qui redoutent les exc6s d'humidit^ pendant la periode de floraison, r^ussissent au dela de la limite climat^rique des pluies des moussons, particuli6rement sur les avant-chaines de THimalaya.

Des plantes industrielles cultiv^es dans llnde, c'est de beaucoup le coton qui est la plus importante. Les cotonniers couvrent aujourd*hui plus de 6 millions d*hectares et la production annuelle, tr^s variable, oscille entre 4 et 5 millions de quintaux, soit le 1/6 environ de la recolte moyenne totale. Les meilleures sortes viennent sur le plateau du Dekan et dans le Carnatic. G*est le Guzerute qui fournit la quantity la plus considerable.

Le jute qui sert k la fabrication des tissus grossiers, tant en Inde ra^me qu*en Angleterre, est une speciality du Bengale. La production annuelle moyenne d^passe 4 millions de quintaux*

C'est encore le Bengale qui fournit Vindigo, Mais cette planto qui tire son nom m6me de Tlnde, n'a plus I'importance d'autrefois, k cause de la concurrence que lui font les couleurs minorales.

Les pavots blancs, d*oi!i on extrait le sue qui donne Yopium,

couvrent dans la region du Gange et sur le plateau de Malwa une superficie qui n*est guere inf^rieure k 50 000 hectares.

Le tabac est abondamment cultiv^ dans presque toutes les parties de Tlnde, mais particulierement au sud-est.

Ainsi done, plantes alimentaires et cultures industrielles, Tlnde produit les unes et les autres en grande abondance. Halgr^ sa population si considerable, elle ne consomme pas la totality des premieres et une bonne partie en reste, ann^e moyenne, disponible, pour dtre export^e. Les plantes textiles ne sont pas absorb^es davantage par les besoins locaux, ou du moins elles ne les satisfont qu'apres avoir ^t^ en partie travaill^es dans les fabriques de la uetropole qui les renvoient en objets manufactures.

Llnde n'est pas plus un pays i*elevage que la plupart des autres contr^es tropicales. Gette nature vegetale si luxuriante n'est pas favorable en somme au d^veloppement de la'vie animate, qu'elle domine en quelque sorte et qu'elle etouffe. Rien d'etonnant que les peuples de Tlnde aient toujours ete frugivores et que la religion leur ait fait un scrupule de la nourriture animale. C'est une necessity qui leur etait impos^e par les conditions m^mes du climat.

C*est dans les valines occidentales de THimalaya que vivent, en nombre d'ailleurs peu considerable, les chevres du Thibet ou de Kachmir, dont le pr^cieux duvet, cache sous leurs poils, sert k la fabrication des chdles.

Les moutans, moins difficiles, sont plus nombreux, particulierement dans le Dekan.

Les chevaux rendent peu de services et les Mtes h comes ne sont utilisees que pour les transports; le chameau est la bete de somme des pays de Tlndus, pays de steppes et de deserts ou il retrouve son climat favori ; mais c'est Yelephant qui est Tanimal caracteristique de Tlnde. On Temploie aussi bien pour les travaux agricoles et domestiques que pour les transports; il n*est pas moins utile pour la grande chasse aux fauves; et il est traditionnel dans la pompe des ceremonies religieuses.

L'eievage du ver a soie n'est pas prosp6re. La production de la soie, qui ne depasse guere 400000 kilos, est loin de pouvoir sufflre aux besoins du pays, qui sont con'^.iderables; on en importe cinq fois autant de Chine.

Industrie, — La grande ressource de Flnde reside dans Tagriculture; elle est beaucoup moins riche en produits mineraux,

Ce fut pourtant jadis un pays renomm^ pour Yor et Ics diamants; le n(»n de Golconde en est rest6 fameux. Les giseraents d'or le plus s^rieusement exploit^s sont ceux du Wainard, au nord de Nilghiri, dans les GhAts occidentales.

La houille est plus abondante. Le bassin qui est aujourd'hui le plus productif est celui du nord-est, dans le Bengale, mais le chai'b^ 1 est de mauvarae quality, et ne fait que tr6s difficilement concurrence aux charbons anglais.

Le fer et le cuivre se rencontrent sur divers points ;le salpetre se tire da Pendjab ; et le $eh qu'on r^colte surtout k lembouchure du Gange dans les « Sanderbans », ne suffit pas, h beaucoup prfes, aux besoins de la consommation locale.

Les industries de hixe, jadis si prospferes dans I'lnde, sont en

decadence.

Les industries de premiere n6cessit6, Tindustrie du v^tement en particulier, ont 6t6 longtemps ruinees par la concurrence anglaise ; dies ne se reinvent que depuis peu d*ann6es.

La fabrication des ti$»tu de eotoriy qui sont les plus appropries au climat du pays, remonte dans I'lnde k une epoque fort recu- 16e. On compte aujourd'hui pr^s de 100 filatures et plus de 2 millions de broches. C'est Bombay que sa situation au centre de la region cotonnifere designait pour devenir le principal centre de cette industrie. C'est toutefois dans le Bengale que se fabriquent de preference les tissus fins.

Le jute etait r6cemment encore exporte k Telat brut et trayaille en Ecosse; mais plusieurs manufactures se sont ^tablies k Calcutta, et les ouvriers indigenes deviennent si babiles que les produits indiens defient d^sormais enti^rement la concurrence

^cossaise.

L'industrie de la laine n'a jamais 6t6 trte active dans ce pays tropical, mais les chdles du Kachmir et du Penjab sont renommes dans tout le monde pour Fharmonieuse richesse de leurs nuances et le' moelleux de leur tissu.

Commerce. Voies db coMMiiificiTioif. — Le d^veloppement des voies de communication est, dans Tlnde corame aux Etats*Unis, la condition premifere des progrfes de la richesse agricole et de Tactivite conunerciale.

Les premiers r^seaux de voies ferries ont 6t6 construits dans un intirfit strat6gique. Le gouvernemenl a compris enfin que la construction de canaux, de routes, de voies ferries, sur una

L'lNDE. S57

grande ^helle, ^tait le Trai rem&de aux terribles famines qui ont de tout temps d^sole llnde. 4 millions d'individus ont 6t^ encore enlev^s par le ileau en 1877, etdans certaines provinces les ravages causes par la famine sont presque p6riodiques.

Les Anglais ont d^pens^ pour les voies de communication pr^s d'un milliard 'de francs, et les divers travaux publics sont inscrits au budget annuel pour un chiffre qui depasse 20 millions.

Les voies navigable^ ne comprennent gu^re que le r^seau naturel du Gange et du Brahmapoutra. Le Bengale et TAssam sont au reste sans contredtt les provinces les plus riches de la p^ninsule, conune eUes sont aussi les i^us peupl^es : les canaux de Doab, le grand canal de Hardwar k Gawnpour, destines sur* tout k rirrigation, rendent en outre de grands services aux transports. II en est de m^me dans le Pendjab, mais Tlndus n*est navigable que jusqu'i Haiderab; son embouchure est ensabl^e. Sur les cours d eau du Dekan la navigation est difficile : ce sont des fleuves de plateaux qui descendent d'^tage en etage ; la batellerie n*est active que dans les deltas (Godavery, Kistna, Cavery).

La construction des routes pr^sente en Inde de grands obstacles, k cause des pluies tropicales qui d^trempent et ravinent le sol pendant une bonne partie de Tannee. Jusqu'ii ces derni^res ann^es on ne voyageait encore dans Flnde qu'en palanquin, a dos d'line ou d'elephant. Ge sont les Anglais qui ont les premiers entrepris la construction de routes a Teurop^enne^ macadamisees ou pav^es.

La plus longue, qui ^tait aussi la plus importante avant la construction des voies ferries, est le « Great Trunk », de Galcutta k Peichawer (2 500 kilometres).

La fonction des voies ferries de llnde est surtout de rapprocher les principaux centres de production des ports. On pent remarquer en effet que Galcutta, Bombay, Madras; sont autant de centres oil aboutissent de tous les points de Thorizon les lignes ferrees. Karatchi est le port d'attache du chemin dc rindus. En dehors de ces traits caracteristiques du reseau indien il n*y a gu6re a mentionner que la ligne du Grand-Tronc, parallele a la route d^j^ cit^e, et qui conduit du Bengale aux portes de TA^hanistan, servant en quelque sorte de base k tout le reste du systeme. — Les voies ferries de Tlnde ne se pro-

longent actuellement au del^ des fronti^res du pays que sur un seul point. C'est par la ligne qui, se d^tachant de celle de Tlndus k Soukhar, gagne Quettah, pour relier Kandahar k Karatchi, en attendant qu'elie soit prolong6e sur H6rat, Tobjectif bien certainement vis^. Les travaux ont d'ailleurs ^te suspendus et i'entreprise reste inachevee.

Les voies ferries sillonnent i*Inde aujourd'hui sur une longueur de pr^s de 26 000 kilometres, soit dans la proportion de 84 kilomkres par 10 000 kilometres carr^s (222 aux Etats- Unis), et de 10 kilometres par 100000 habitants (358 aux Etats-Unis). EUes ont transports, en 1889, 110 millions de Yoyageurs et 22 millions de tonnes de marchandises k toutes distances.

Les lignes t^legrapkiques s*etendent dans Flnde sur une longueur de 50 000 kilometres et on y conipte plus de 7 000 bureaux de poste. Le nombre des lettres expedites a ete en 1889 de 260 millions. Un fil Slectrique gagne directement Constantinople par la valine de TEuphrate.

Le commerce se fait k Vinterieur par eau et par caravanes ; les foires sont encore nombreuses et actives.

Le commerce exterieur se fait surtout par mer.

Bombay 9 le meilleur port et le plus actif^ est en eifet le dSbouche naturel des regions du loess, les plus fertiles de Tlnde : c'est le grand port d'exportation (cereales, coton, opium), comme Calcutta, au centre dun pays surpeuplS, est le premier port d'importation ; mais Bombay n'a pas de houille, il lui faut la chercher k prSs de 1500 kilometres. II rachete, il est vrai, ce defaut par sa situation si heureuse sur le chemin d*Eur6pe; c*est aussi le centre de tout le cabotage du golfe Persique. Le mouyement total de son port atteint pr^s d*un milUard et demi de francs, soit presque la moitie du commerce total de rinde.

Karaichi n*a d'importance que pour le commerce de cabotage et de transit.

Colombo est le port d*exportation de Ceyian, mais c*est k Pointe-de-GaUes que reMchent les paquebots qui font le service de TExtrerae Orient.

La c6te orientale n'a pas de ports. La rade de Pondichery est encore la meilleure, et il serait facile de lui donner une grande importauQe, moyennant quelques travaux. Le port de Madrm

est trte dangereux, mais c*est neanmoins jusqu*& present le centre de tout le commerce de la cdte du Goromandei.

Caicuttaf situe sur i'flougly, a 150 kilometres de Tembouchure, est le second port de Tlnde ; son commerce n*est guere inf^rieur k celui de Bombay. C*est ih que debarquent les cotonnades anglaises et la plupart des marchandises curop^ennes. Les principaux objets d*exportation sont Topium et I'indigo.

Le mouvement des ports de Tlnde est au total d*environ 8 millions de tonneaux. Les relations avec TEurope sont assur^es surtout par le service anglais de la « Peninsular and Oriental steam navigation Company » et par la Compagnie fran^aise des Messageries ; les autres Compagnies de navigation, Lbyd autrichien de Trieste, Nationale italienne^ Allemande de Bri^me, font aussi escale dans Tlnde, de mdme que les na vires hollandais se rendant en Malaisie. La distance entre Marseille et Bombay (9 500 kilom.) est franchie $n moins de vingt jours.

Le commerce total de Tlnde anglaise s*est ^lev^, en 1891, u 5 milliards 570 millions, dont un peu plus de 2 milliards i Texportation.

L'Europe achate, ann^e moyenne, k Tlnde, les matieres premieres pour une valeur bien plus grande qu'elle ne lui vend de produits. II faut payer la difference en m^taux precieux. On calcule que de 1856 k 1886 TexcMent des importations a ^t^ au total de pr^s de 9 milliards de francs.

La part du pavilion anglais dans le trafic total de Tlnde n*est que de 50 p. 100 (1 milliard 500 millions).

Importations et exportations se balancent.

11 est loin d*en 6tre ainsi de la France, qui importe pour 200 millions de produits indiens, et n'y vend que pour 6 millions de marchandises (dentelles, soieries, vins).

C'est la Chine qui est, aprfes TAngleterre, la principale cliente de rinde, elle s'y foumit de th6, de riz, mais elle y vend surtout Topium.

En resum6, Tlnde, pays producteur par excellence, est assure d*un bel avenir, en un temps ou le ble joue un r6le de plus en plus considerable dans Talimentation europeenne ; mais, d'autre part, la qufintit6 de capitaux qu*elle re(?oit chaque ann6e r^pand peu k peu dans toutes les classes le bien-^tre et la fortune. Les becoins de la population ne cesseront de croitre et ce n'est pas

avant de longues annees que Tindustrie indigene, malgre ses progi^es, pourra la satisfaire; Tlnde reste done iargement ouverte aux produits de TEurope, et elle ofTre un inepuisable d^bouch^, non seulement aux objets de premiere necessite que fournit la m^tropole, mais encore aux articles de luxe, ou la France excelle.

Enfm, rinde n*a pas seulement des relations avec TEurope ; en r^alit^ elle estbien plut6t tourn^e vers TExtrfime Orient : elle touche h la Chine et se prolonge d^ik sur une moiti^ de la peninsule indo-chinoise. Les Anglais chcrchent activement h relier par une voie directe Icurs possessions avec les pays si peuples et si fertiles de Yang-ts6-Kiang et de Hoang-Ho ; il est facile de pr^voir tout ce que la realisation de ces plans gigantesqucs pourrait ajouter dans Tavenir k la prosperite de llnde.

BibUographie.

Bdrard (de). Voyage it Murry, Himalaya du nord {Tour du Monde). 1880.

— Voyage dans le nord de Vlnde (ibid.), filanford. Metereology of India. Calcutta, 1881. Cotteau. Promenade dans llnde et a Ceylan,

Gentilhomme. Gdographie de la Pr^sidence de Madras. Pondichery, 1890« 1 vol. in-8.

— Giographie des hides orientales. Pondichery, 1890. Girard de Rialle. Les peuples de I'Asie et de VEurope. Glardon. Mon voyage aux Indes orientales.

Grandpre (de). Voyage dans Vlnde et au Bengale. Lejean. Le Pandjab et le Cachemir {Tour du Monde). 18G8. Herk. Acht Vortrdge uber das Pandschab. Bern, 18G9. Roberts. De Delhy d Bombay.

Rousselet. Ulnde des Rajahs.

Thevenot. Voyage aux Indes Orietttales.

Gonsulter les General Reports of the Survey of India department^ Calcutta, in-4.

£. Reclus. Geographic univer$elUi t. YlII, p. 19 a 715.

Sujets de deTolrs.

Les fleuves de I'lnde. Comparer Vlndus et le Gange, i'lndus et I'Euphrate. Les c6tes de I'lnde.

Commerce de Vlnde : principaux produits, principaux ports et voies maiitimes.

Comparer I'lnde et le Soudan.

LNDO-GIIIKE. 801

CIIAPITKE X

INDO-GHINE

La p6ninsu1e indo-chinoise occupe une superiicic de 2 millions et demi de kilometres carr^s. Elle n*a pas les formes massives du monde Indien, ni ses deserts de sal)le, ni ses plateaux de lave. Elle est riche en articulations, pourvue de cotes liospitali^res et de bons ports; plus mince et plus vari^e de contours que Tlnde, elle confine au plateau de TAsie Gentrale par sa region du nord et pousse au sud les caps de la terre de Malacca jusqu*aux approches de T^quateur.

Relief. — Le relief est une dependance de THimalaya et des plateaux thibetains. II semble en effet que ce plateau devient moins massif au nord-est de Tlnde et est couvert d'une serie de chaines et de syst^mes qui ferment le lien entre THimalaya et les hauteurs de Tlndo-Chine. De cette region de soul^vement se detacheraient les sillons montagneux orient^s du nord au sud» quelquefois du nord-ouest au sud-est, qui s'epanouissent dans la p^ninsule indo-chinoise. Le caractere de ces montagnes, d^crits par les explorateurs depuis peu de temps, leur m^riterait surtout le nom de plateau. Les massifs se rencontreraient seulement h I'ouest et au centre. Dans FAnnam et le rovaume de Siam, les hauteurs ne depasseraient gu^re 1 200 metres (montagnes des Chatij monts du Yanzouliny monts de Siam,) La Birmanie a les plus hauts sommets. A Test de la Meghna une premiere chaine littorale atteint 2 164 metres dans la montagne bleue, mais plus au sud, les cimes sont inf^rieures k 1 000 metres. La chaine principale est celle de VArrakan, L*altitude moyenne est de 1 000 metres. Le& sommets atteignent 1 500. Les cols sont generalement eleves. Ces montagnes trahissent une origine Yolcanique. II y a des volcans de boue sur le littoral et dans les iles situees au sud de la baie de Combermare.

La partie meridionale de Tlndo-Chine pr^sente tous les caractercs des terres voisines de Sumatra et de Java. Aussi serait-il bcaucoup plus rationnel de la relier aux iles Malaises si elle

5^62 iSIB.

D*^tait ratiach^e au reste de la p6ninsule par risthme de Kra, large de 50 kilometres seulement.

Le relief de la peninsule est constitute nonpar une.chaine unique, mais par des fragments inegaux coupes par des depressions. Au nord, la chalne de 500 pics renferme le mont Rot (1 980 metres). Le long de la c6te occidentale s'allonge une chalne haute de 1 000 a 2 000 metres qui s'avance jusqu*au nord de la ville de Malacca. Le mont Ophir culmine & 1173 metres. Au nord-ouest de Singapour, les ^l^vations ne sont plus que de 600 metres.

Climat. — Le climat est dans la d^pendance ^troite des moussons. La mousson du nord-est» s^che et fraiche, soufDe du ihois d'octobre k mars ou avril : la mousson pluvieuse du sudouest d*avril ou mai k octobre. On comprend d'ailleurs que, sur un d^veloppement de 20 degr^s en latitude, le regime doit subir quelques modifications. II ue faut pas oublier en effet qu*entre lapointe meridionale de Malacca et le Tonkin septentrional, il y a la mSme distance qu'ehtre Gibraltar et TEcosse. Ainsi, en Annara, la mousson du nord-est est un vent de mer et c*est surtout en hiver que tombent les pluies, tandis que le vent du sud-ouest est un vent de teiTe. De m^me il faut se garder de croire k Tuniformit^ absolue de la temperature en Indo-Chine. La Cochinchine a deux saisons tranchees, mais presque egalement humides, tandis que le Tonkin jouit de saisons de transition entre les extremes de chaud et de froid, comme Tautomne et ie printemps de nos regions, correspondent aux deux moussons du nord-est et du sud-ouest. En general, les ecarts de temperature augmentent du sud au nord. lis sont entre i'hiver et l*ete de 2 degres seulement k Saigon, de 11 k Hu^ et de 17 § Hanoi. Au Tonkin, la mousson d'et6, qui est ici un vent local, amene des orages qui produisent une tr^s grande chaleur. Les nuits sont souvent aussi chaudes que le jour. La temperature des ihois d'6te monte a 50 degres et au de\k jusqu'^ 40 degr6s. L'hiver au contraire est frais. Le thermom^tre marque ordinairementl4, exceptionnellement7. Dans le delta, il ne descend amais au-dessous de 10. — Les moussons dotent rindo-Chine d'un regime pluvial tres abondant. La moyenne annuelle des pluies est de 1 metre 48 h Bangkok, de 2 metres 11 ^ Safgon de 2 metres 55 k Rangoun. Toute la cdte de la Birmanie est arrosee a I'^gal du Bengale. Certaines valines regoivent annuel-

lement jusqu*^ 6 m^res d*eau. Au Tonkin, ies pluies sont rares en 6te, mais elles sont accompagnees d*orages violents. Des piuies d aoM ont donn^ jusqu*i 10 centimMres d eau en 24 heures. Get ^tat hygromMrique, joint k la haute temperature, donne au delta un caract^re d'humidite extreme et rend le climat tres p^nible pour TEuropeen. « Elles baignent dans Teau Ies rizieres et Teau se retrouve partout autour de nous : flaques ou mares le long des digues, croupissements boueux sous Ies tiges vertes, stagnations cristallines entre Ies jeunes ^pis. Sans rel&che, de tous ses pores, cette terre sue, et Tadmirable et industrieuse agriculture annamite qu'aucun patient labeur ne d^courage, active encore cette transpiration f^conde.... Gependant, sous le soleil qui arde et pompe, toute cette humidite fermente et s'^vapore, incessamment renouvel6e par la condensation brumeuse des matins et la frequence des pluies. L*astre demeure en vain plus longtemps k Thorizon, exag^rant ses cruelles morsures k Ies rendre mortelles k I'honune; Ic marais, ou vies animales et v^g^tales grouillent de conserve, ou Ies racincs sont noires de sangsues, n*est pas dess^ch^. Les vapeurs montent in^puisables k Taspiration furieuse du ciel. De 1^, cette lourdeur lasse qui nous tombe aux epaules et nous courbe aneantis; de IS, la fatigue des poumons haletant comme dans une etuve'. »

Les variations brusques dans Tetat atmosph^nque am^nent des typhous frequents, particulierement violents pendant Thiver. En 1882, la mer s*^leva de 8 m. 50 au-dessus du niveau ordinaire des hautes marees. Plus de 100000 cadavres furent retrouv6s dans les provinces m^ridionales.

Hydrographie. — Les fleuves de Tlndo-Ghine sont longs et de fort volume. Coulant dans des regions ou les pluies sont abondantes, ils descendent en g6n6ral par des series de rapides les pentes des plateaux. Ils ne sont navigables qu'd leur entree en plaine, au sortir des derniers defile, et le plateau s'avance en g^n^ral jusqu'& une distance de la mer qui ne d^passe pas quelques centaines de kilometres. Ils s*ecartent les uns des autres et divergent en forme d eventail. Dans leur cours moyen ou ils sont si rapproches, il sont encore s^par^s par de hautes montagnes diificiles k franchir. Aussi ne rencontre-t-on pas ici ces grandes valines alluviales conune les plaines du Gauge et du

Page 1