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Paul Bonnetain. Au Tonkin

Yang-tse-Kiang, qui font la richc8se de Tlnde et de la Chine.

L'Iraodaddy est completement inconnu dans son cours sup^rieur. Certains g^ographes en ont fait la continuation du Yarutsan-B6. A Bamo il roule d^j^ 25000 metres cubes par seconde, et 54000 en temps de cnie. Au delk de Mandale, il s'unit au Kyendwen et suit la base des contreforts de FArrakan. Enamont do Prome, il entre en plaine. Son delta commence k 220 kilometres de la mer. II mesure plus de 40 000 kilometres carr^s de super Acie et se continue k plus de 100 kilometres du rivage par un delta sous-marin. Une bande de terres alluviales traversees de bayous le relient au delta du Sittang et de la Salouen. Le debit moyen de Tlraouaddy est inf^rieur k cehii du Rh6ne et du Rhin, tandis qu*en temps de crue, il depasse c^lui du Congo.

La Salouen, reconnue sur 600 kilometres seulement, offre de grands obstacles.

La Henam arrose le Siam occidental. Les grands navires ne la remontent gu^re que sur une quinzaine de kilometres.

Le Mekong ou Cambodge a un cours extremement tourmente, rejete d'une fissure montagneuse dans une autre, formant des coudes brusques, des cascades hautes de 15 metres et des remous. A 300 kilometres de la mer, k Pnom-Penh, le fleuve se ramifie. Le bras de droite va se perdre dans un grand reservoir, le Tuli^Sapf ancien golfe separe de la mer par les alluvions. Simple marecage pendant les secheresses, le Tuli-Sap mesure, en temps de crue, plus de 100 kilometres en longueur et une profondeur de 12 metres. II s*ecoule alors dans le Mekong. En aval de Pnom-Penh, le fleuve est divise en deux bras principaux qui coulent paralieiement. Le bras oriental se partage en un delta secondaire ou viennent aboutir diverses rivieres, telles que la riviere de Saigon et le Donnai. Le delta a une largeur de GOO kilometres entre les branches extremes. Le debit du Mekong est de 60 a 70 000 metres cubes.

Le SoNG-Koi ou Fkeuvg Rouge prend sa source dans les monlagnes du Yunan, non loin de Tali-fou. II traverse un massif montagneux ou les plateaux atteignent 1 500 k 2 000 metres et bordent de chaque cdte le lit du fleuve, sans laisser de vallee. Entre Yan-Chiang et Man-hao, sur plus de 100 kilometres, le fleuve est encaisse entre des falaises presque perpendiculaires. En face de LachKai la largeur est d'une centaine de metres. Le fleuve Rouge penetre dans le Tonkin, k 600 kilometres de la

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mer. Toute la region comprise entre Lao^Kai et Tlian-Quan est form^e de montagnes couvertes de for^ts ou les valines sont tr^s ^troites. line Tingtaine de kilometres au-dessous de Than-Quan^ les montagnes s*eloignent, le fleuve s*61argit et les villages se pressent de plus en plus nombreux el peupl^s. 80 kilometres plus loin, ie fleuve Rouge re^oit son grand affluent de droite, la Riviere Noire (Song-Bd). II se dirige au nord pendant quelques kilometres, puis k Test, et revolt la Riviere Claire. Le courant descend ensuite du N.-O. au S.-E., vers le golfe du Tonkin, h travers les plaines du delta. Au-dessous de Sontay, ii se divise en deux branches principales ; celle du noird, qui conserve le nom de fleuve Rouge, passe devant Hanoi et Hong-Yen, La branche meridionale, ou hack-Day^ va se jeter dans le golfe du Tonkin par trois embouchures principales. La branche maltresse et le Laeh'Day sont relies Tun k Tautre par un grand nombre de ramifications dont la plus importante est le canal de Nam-Dink, Le fleuve Rouge conmiunique aussi avec le second grand cours d*eau du Tonkin, le Tkat-Binh ou Song-Cau^ par le canal des Rapides qui s*amorce pres de Hanoi et par le canal des Bambous, navigable en tout temps.

Le Song-Cau se ramifle en deux branches principales qui se subdivisent elles-mSmes en d'innombrables rameaux. L*une de ces branches passe devant Hai-Phongj la ville europeenne par excellence du Tonkin et son seul port actuel. Gette branche se deverse dans la mer par deux embouchures dont Tune, le Cua- Canif est de toutes les bouehes du Song^au la seule accessible Qux navires.

Le delta du fleuve Rouge commence & 150 kilometres environ de la mer, k laquelle il presente un front de plus de 50 lieues.

« II se produit dans le delta du Tonkin un phenomene qui donne k ce pays une physionomie spectale et qui le place dans des conditions exceptionnelles. Depuis une epoque tres recuiee, les habitants du pays ont adopte la coutume de dresser des digues le long des berges de tous les cours d*eau, de maniere k preserver les terras des inondations qui, sans cette precaution, se produiraieat chaque annee au moment desgrandes eaux. La eonseqence de Texistence de ces digues est que les limons, entraines en abondance par les riviefea, se deposent en partic dans ]e fond de leurs lits. Geux-ci s*exhaussent done sans cesse, forQant les indigenes k ei^ver toujours davantage les

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digues protectrices. Le niveau des eaux dans les ileuves »*est 6iev^ ainsi graduellement au point que, pendant les crues de la saison des pluies, beaucoup de rivieres se trouvent en contrebas du fleuve voisin. Qu'une digue vienne k se rompre, et des provinces enti^res sont en quelques heures ensevelies sous les eaux. Ces accidents sont si frequents que sur beaucoup de points les Annamites construisent, en dehors de digues qui bordent imm^diatement les fleuves, une deuxi^me ligne de ces ouvrages destin^e k faire obstacle aux eaux quand elles rompent la premiere. Les conditions sp^ciales que je viens de d^crire ont une autre consequence. Chaque annte, les eaux des pluies s*accuniulent dans les parties les plus basses, d*ou il est impossible de les faire fouler dans les fleuves, puisque alors le niveau des eaux fluviales est sup^rieur k celui des plaines. Les rivieres inond^es de la sorte ne peuvent ^tre assecb^es que par le soleil ou lorsque la baisse des fleuves permet de les faire ^couler dans le lit de ces derniers*. »

CAtes. — Les cdtes de Tlndo-Chine sont au nombre des plus dd!coup6esde toute I'Asie. Les points saillants sont le cap Camao^ au sud de la basse Gochinchine, le cap Romania qui termine la presqu*ile de Malacca, longue de 1200 kilometres, et le cap Negrais a Touest des embouchures de Tlraouaddy. Les lies sont nombreuses ; ce sont les archipels des Andaman et des Nicobar, qui prolongent la ligne des monts Arrakan, les lies Mergui, en face de la cdte de Tenasserim, Tarchipel du Cambodge, les iles l^oulo-Condorey etc. Les golfes du Tonkiny de Siam, de ifarlabaiiy sont des articulations plus notables que celles qu*on rencontre sur la plupart des c6tes asiatiques. Sur les cdtes du Tonkin, d'Annam, de Cochinchine, de Gambodge et de Siam, les bouchcs des fleuves et les lagunes abrit^es par des cordons de sable forment les principaux refuges ; les bons ports, Hanolj Saigon 9 Bangkok, se sont etablis sur des estuaircs*

Lc Tonkin n'offre qu'une seule rade naturelle, celle de Ha- Long. Elle.est form6e par une depression de la c6te protegee par un archipel de petits ilols calcaires. C*est Tarchipel de Fat- Tsilong, — Les rochers qui le composent laissent entre eux, en certains points, des espaces assez vastes pour constituer d'excellents mouillages. On y pen^tre par deux passes tr6s sures dont

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