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EXPANSION EUROPEENNE EN ASIE

Ce sont les Portugais, les d^couvreurs de la route du Cap, qui ont les premiers tent^ de coloniser TAsie, mais ils ont aborde rinde par le mauvais c6t6, de dos si Ton peut dire. Leurs etablissements, condamnes par cette faule premiere a une perpetuelle faiblesse, ne se sont pas maintenus : Diu et Goa ne sont plus, avec Macao en Chine, que de tristes vestiges.

Les Frangah etaient mieux places pour r^ussir dans llnde. Nos conqu^tes, oper^es si rapidement, etaient n^anmoins solides. n n*a tenu qu*& la fortune que nous ne conservions pas ce magnifique domaine; et les Anglais, qui en sont aujourd'hui les heureux possesseurs n'ont fait que suivre, dans la colonisation de ce pays, I'impulsion premiere donnee par un Fran^ais.

Si on ajoute que les Russes se sont empares, d6s le xvi« si6cle, de la Siberie qui ^tait k leurs portes, on aura enumer^ h peu pres toutes les grandes tentatives de colonisation dont TAsie a ^6 le th6^tre durant les si^cles pr6c6dents.

Hais c*est dp. nos iours surtout aue les convoitises sont

ardentes. G*est aux entreprises coloniales que les peuples europeens, sous le coup de n^cessites imperieuses, demandenl la solution des crises redoutabies qu'iis subissent. L'exc6s de la production qui chez presque toutes les nations industrielles d^passe la consommation, la rivalit^ des Etats europeens qui sc ferment de plus en plus les uns aux autres, ne laissent d'autrc ressource que celle de chercher ailleurs des debouches.

Or, c'est incontestablement TAsie qui est de tons les conlinents le plus apte k fournir le remade, grftce k la densite de sa population. C'est sur elle que comptent FAngleterre et la Russie pour 6couler les produits toujours plus abondants de leur Industrie cotonniere, et ce n'est pas une des dernieres raisons d'etre du chemin de fer transcaspien. Les colonies asiatiques sont 6minemraent destinies k nous fournir directeraent des marches et k nous permettre d'atteindre plus facilement ceux des pays voisins plus importants.

Nous n'en sorames plus au teraps ou Ton pouvait dire qu'il n'y a de place en Asie que pour les Russes et. les Anglais; et nous sommes, en France, particuli6reraent fondes a ne pas adraettre la v6racite de cette parole. On ne saurait contester toutefois le r61e preponderant que jouent dans le continent FAngleterre et la Russie.

La Russie occupe tout le nord de TAsie. L'Angleterre est maitresse dune bonne partie du sud. C'est k Touest et k Test que les rivalites sont en jeu.

A Fouest, ces deux grandes puissances sont en lutte ouverle pour s'assurer la libre possession des voies de passage qui ont fait de tout temps Timportance de cette contr^e. Les Russes ne convoitent pas du tout Tlnde, mais ils cherchent la mer libre du sud que ne leur ouvre pas suffisamment Vladivostock. Les Anglais de Tlnde pr^tendent de leur c6t6 conserver le monopole des communications terrestres avec I'Europe. Les deux directions se croisent. De 1^ nait le conflit. Les Anglais n'ont rien neglig6 pour enrayer les progr6s de leurs rivaux ou du moins, faute de mieux, pour les surveiller. Leurs interventions en Crimee et dans la p^ninsule des Balkans, en figypte et m^me au Soudan, leurs intrigues en Perse, la prise de possession de Chypre et la creation annoncee d un kablissement k Port- Hamilton, devant Vladivostock, toute cette politique n'a pas d'autre but que de tenir et de former toutes les passes qui

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