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EXPANSION ETROP£&NNE EN ASIE. 4S

conduisent dans I'Oc^an Indien. Actuellement encore, on peut dire que « r6l6phant est bloqu^ par la baleine')). Mais les Russes font des progr^s incontestables. C'est un peuple colonisateur de premier ordre. Moins etrangers que les Anglais par la race et par les moeurs aux populations demi-barbares avec Icsquelles ils se trpuvent en contact, ils savent, k Foppos^ des Anglais qui les rebutent par leur raideur mercantile, se les attacher serieusement au moyen dune politique bienveillante et douce; et, k Taide du cosaque qui est lui-mSme un excellent colon, ils reussissent k transformer tous ces indigenes en agents devoues de la colonisation russe. En somme, la Russic avance, k pas lents, mais siHrs, dans toute TAsie centrale et occidentale, aussi bien en Arm^nie qu'en Perse, et dans TAfghanistan mSme.

A I'autre bout de I'Asie, la Chine est Tobjet de convoitises plus ardentes encore et les rivaux sont plus nombreux. On Tassi^ge de toutes parts. C*est en effet le grand pays d'avenir, celui ou toutes les nations industrielles et maritimes esperent trouver k bon compte la richesse par T^coulement facile d une immense quantite de produits. II serait sans doute tem6raire de se bercer d*illusions. La Chifie, ou ne r^gne pas la mode, ce stimulant si actif du commerce, ne foumira pas de longtemps aux Europ^ens un march6 proportionnel k son innombrable population, et les Chinois, d'autre part, sont decides k opposer k la penetration europ^enne dans leur pays une resistance vigoureuse. II est neanmoins prudent d'etre pr^t a toute aventure; et ce n*est que sagesse pour les nations qui ont pris k Tavance leurs mesures et surveillenl de pres cet empire dont le developpement economique occasionnera peut-etre tant de crises.

Quoi qu'il en soit, ce sont encore les Russes qui ont, sur les frontieres de Chine la position la plus forte et la plus intacte. Au sud, I'Angleterre ne retire aucun avantage de sa longue frontiere de I'Himalaya, k peu pr^s infranchissable et qui n'ouvre d'ailleurs de communications que sur une region peu fertile et peu peupiee. Dans Tlndo-Chine, elle se trouve en competition avec la France. Les Anglais possedent en outre uno station tres importante a Hong-Kong, qui est en quelque sorte la capitale curopeenne dc toutes les mers de Chine. Mais les Russes, les Anglais, les Fran^ais ne sont pas sculs a se disputer

le commerce de la Chine et en gSn^ral de FAsie. On ne saurait passer sous silence les efforts pers^v^rants et couronnes de succes que font les Allemands et les Ghinois eux-mdmes pour coloniser en Asie.

Les Allemands prennent une part Ms grande, bien superieure a celle de la France au commerce g6n6ral de TExtr^me- Orient. Mais c'est de preference dans TAsie occidentale, dans le Levant, qu'ils affluent, au grand detriment de Tinfluence fran- Qaise qui perd chaque jour du terrain. L'Asie-Mineure, I'Armenie, la Syrie sont envahies par des bandes de colons allemands qui s'adonnent de pr6f6rence k la culture de la vigne.

Les Chinois, chassis de chez eux par la faim et la mis^re, ^migrent en foule. Dou^s de qualites modestes qui en font d'excellents colons, ils s'6tablissent partout et sont en train de conqu6rir TAsie orientale tout enti^re. L'Indo-Chine en est pleine et TEmpire de Siam est entre leurs mains. On les signale en grand nombre dans la depression Aralo-Caspienne et les Russes etudient, dit-on, les mesures h prendre h leur egard. Gependant, ils peuvent rendre, dans certains pays et sous certaines conditions de surveillance, d'inappreciables services. Nos colonies de Tlndo-Chine ne sauraient se passer de leurs bras.

En resume, les nations civilisees se disputent entre elles avec achamement, moins encore les lambeaux de terrain que la part d'influence k exercer. La lutte n'est pas pr6s de toucher h son terme et les champs de bataille sont nombreux, mais le principal reste celui de I'Extreme-Orient. C'est autour du Japon, de la Chine et de I'lndo-Chine que se porleront les plus grands coups, dans la lutte 6conomique qui mettra aux prises toute I'Europe avec presque toute I'Asie, avant que T^quilibre entre Tune et Tautre puisse 6tre definilivement atteint*

TROISltlME PAMiE

oc£anie

AperQQ gindral. — L*Oc^anie n*est pas, h proprcmcnl parler, un monde k part : ^tendue sur un tr^s vaste espace, dans toutes les regions du grand Ocean, elle comprend des iles de toutes dimensions et de toutes natures. Au sud-est et k Test de FAsie, les grandes iles Malaises sont une d^pendance de ce con-* tinent et forment le lien entre TAsie et TAustralie. Cette terre immense n'est pas plus s6par6e de TAsie par les petites M^diterran^es de TArchipel malais que TAfrique de TEurope par notre Mediterran^e. Aussi beaucoup de geographes ont-ils coutume de designer les iles grandes et petites qui font suite au monde cbinois et indo-chinois sous le nom d'Asie australe ou « Austra-lane ». Prenons Thabitude de considerer Tancien continent dans son ensemble et avec toutes les d^pendances qui Tentourent, et disons que I'Australie et la Malaisie prolongent en r^alit^ Tancien continent dans Th^misph^re austral aussi bien que TAfrique.

Mais outre ce groupe, FOceanie se compose d'un grand nombre d'autres iles sem^es k la surface du Paciiique dans les deux hemispheres, tr^s diff^rentes de climat, de flore, de faune, et ne se rattachant par leur voisinage h aucun continent. EUes reposent sur plusieurs plateaux sous-marins et ont ^t^ form^es les unes par des soul^vements s^culaires, les autres par des eruptions volcaniques, un grand nombre enfin par Taccumulation de r6cifs corallifferes.

On a essay^ de les classer en plusieurs categories par F^tudc des peuples qui les habitent. De \k les noms de Malaisie et de Melanesiey suivant qu*elles sont habitoes par des Malais ou par

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des n^gres. On y a ajout^ rappellation de Micron^ie, que Ton applique aux agglomerations de petites iles.

Mais c'est 1^ une classification insuffisante. La consideration du cliinat ne permet point davantage d'etablir des regions naturelies, puisque Textension des iles oc^aniennes en latitude du sud au nord est extr^mement considerable.

Les Europ^ens ayant occupS ou colonist la plus grande partie de rOceanie, on pent etudier successivement le domaine de chacune des grandes puissances maritimes.

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