CHAPITRE V
COLONISATION DE L'OGl^ANIS
La domination des Portugais^ qui furent les premiers explorateurs de FOc^anie, ne surv6cut pas k leur empire de I'lnde^ Ge sont les Hollandais qui ont pris leur succession dans le Pacifique : les noms de Nouvelle-Hollande, Nouvelle-Z^lande» Tasmanie rappellent encore leur passage. Mais ils n'ont pas su mieux coloniser que leurs deyanciers. Jaloux d'un pr^cieux monopole, ils ont ferm^ tous leurs ^tablissements h. Timmigration et ont concentre les cultures dans quelques iles les plus peupl^es, mais ils n*ont jou^ eux-mfimes que le rdle du propri6taire qui vit du revenu de ses domaines tout en n*y envoyant que des r^gisseurs et des g^rants. Ce n'^tait done pas aux Hollandais qu'il 6tait r6serv6 de coloniser TAustralie vide d'habitants. D*ailleurs c'est par le cdt6 oppose aux lies de la Sonde qu*il fallait I'attaquer et c*est une des raisons qui expliquent le merveilleux succ^s des Anglais, Les vastes solitudes offraient un excellent d^bouch^ au trop-plein de la m^tropole qui n*avait pu longtemps se deverser que sur FAm^rique. C^est aujourd'hui encore un des pays du monde ou s^^tablissent de prSf^rence les colons anglais. — Dans le reste de FOceahie, les Espagnoh^ les Anglais encore, les Frangais, les AmericainSy les AUemands occu* p^nt des positions diverses dont on a vu la repartition. Ge sont les grandes puissances qui se sont partag^ la Polyn6sie; elles ont eu pour but de s'assurer qk et 1^ dans cet inunense espace des points de ravitailleihent, des ports de rel&che, des d^pdts de charbons, des stations militaire^. La question ^cbnomique n'est venue qu*en second rang et c'est pr6cis6ment ce.qui a permis k celle de ces puissances qui est entr6e k ce point de vue la derni^re en lice, de prendre dans les possessions de toutes les autres une preponderance commerciale qu*on dMaignait de lui disputer.
Si Fon excepte le royaume des iles Hawai et quelques sultanats de Borneo ou de Sumatra, toutes les terres oceaniennes sont en realite colonies europ^ennes ou americaines; mais h
COLONISATION DE L'OCfiANIE. ^^
quelque puissance qu*eUes appartiennentt elles se distingu'ent toutes par un certain nombre de caract^res commnns.
Dans toutes le d^peuplement est gSn^ral et les bras manquent. C'est & peine si, dans Tile de Java, les indigenes sont assez nombreux pour suflQre k Texploitation du sol. En beaucoup d endroits, il serait pu^ril de le nier, ce sont les EuropSens qui ont ^ih Yolontairement les premiers auteurs du mal. II suffit de rappeler coinment les Espagnols ont compris leur mission civilisatrice k I'egard des naturels des Mariannes et des Carolines, les Anglais vis^k-vis des Australiens, des Fidjiens, des Taaoianiens. Ceux-ci ont disparu jusqu*au dernier. Les Fran^ais, par contre, se sont toujours honoris en traitant avec douceur les populations indigenes et en cherchant k enrayer les progr^s du d^peuplement. Mais en d^pit de toutes les mesures pr^serysi* trices, les indigenes fondent au contact des blancs. lis nous prennent surtout nos vices qui les tuent; nos habitudes qulls adoptent, comme celle du v^tement, leur sont tout aussi d^sastreuses. II est hors de doute qu*une diminution ^norme s'est produite dans le chiffre de la population et que ce mouvement retrograde quoique moins rapide, continue n^anmoins de nos jours. Ajoutons que ceux qui demeurent sont en gSn^ral paresseux et indolents et se refusent k tout travail, du moins dans les lies polyn^siennes, que de grandes lies comme Borneo et la Nouvelle Guin^e, presque vierges encore, sont particuli^rement pauvres en travailleurs et ne sont encore ouvertes que sur un petit n(»nbre de points ; on conviendra alors que la question du peuplement est d'importance vitale dans tout ce continent.
Les Europeens ne pourront pas r^ussir partout : dans toute la Halaisie, dans un grand nombre des ties du Pacifique, les plus tastes et les plus riches, situ^es sous T^quateur, le climat ne saurait leur convenir. C est en particulier le cas de toutes les nouvelies colonies allemandes de la M^lanesie. L'Australie se pr^e beaucoup mieux k Fetablissement des blancs, surtout dans la partie mSridionale, La Nouvelle-Z^lande est encore plus favorable au d6veloppement de lai colonisation ^urop^enne.
Dans le Pacifique meme, de^nombreuses lies situ^es dans le Yoisinage des tropiques pourraient recevoir sans danger deS milliers de colons europeens. La plupart de nos possessions, la Nouvelle-CalMonie, Taiti appartiennent k cette cat^gorie.
Partout ailleurs, il faut recourir k d*autres elements. G*est la
486 OGlilANIE.
Chine qui les fournit. Les Ghinois sont actuellement plus de 50000 en Australie, 20000 aux iles Hawai, soit le quart de la population, plusieurs milliers dans nombre d autres iles. C'est une veritable invasion pacifique qu'on se flatterait vainement d^enrayer et qu'il serait sans doute peu sage de vouloir impitoyablement refouler. Quel que soit le danger qui en r^sulte pour les bl&ncs, les coolies r^pondent aujourd'hui dans toute T^tendue de Toc^an' Pacifique k un besoin reel. Eux seuls peuvent mettre en valeur la plupart des innombrables terres qui couvrent cet espace.
L'ouverture du canal projete de Panama aurait de grandes consequences pour Tavenir commercial de TOceanie. Toutes les colonies dissemin^es sur le Pacifique verraient bientdt doubler leur prosperity. Les colons s'y transporteraient plus voloutiers, surs de trouver desormais vers TEurope un debouch^ plus facile et moins long. Nos possessions des mers du sud, Taiti, les Marquises seraient parmi les plus favoris^es. Toutes proportions gard^es et si Ton ne tient compte que du nombre des habitants, rOc6anie est le continent ou le commerce est le plus actif. Les lies de la Sonde forment un groupe k part et se rattacheut k TAsie. Mais dans tout le reste du Pacifique, TAustralie occupe une place prepond6rante. Tournant vers TOrient sa zone productive, developpee en demi-cercle, elle semble vouloir, par cette position seule, ^tendre sa protection et son hegemonic sur toutes les terres disseminees au large jusqu*aux extremites de rOcean. La Nouvelle-Caledonie seule est un point noir. Elle g^ne singuli^rement les Australiens qui ne negligent aucune occasion de manifester leur mauvaise humeur. Les Nouvelles- Hebrides leur en ont fourni dernierement le pretexte ; ils notis orit emp6ch6 de les annexer, bien qu'elles soient sans contekte dans la « sphere de notre influence ». Toui cela n'est pas fait pbur nous permettre de detourner notre affection de nos colonies oc6aniennes. EUes sont precieuses k divers titres e\; ont l^uV raison d'etre. EUes n'attendent que des colons aui les" mettent en valeur pbur prendre une part active au conamerce c(e la miStropDle.
TABLE DES MATlfiRES
PREMlfiRE PARTIE. ~ ilLFBIQUE.
CoAp. I. — Descriptioic gMn&ale de l'Afrique •• • m -5
> II. — L'AfRIQDE lONEUfiE ••>• 19
Premitre section, — Pays de TAlIas ou Maghreb. . • 20
§ i. Atlas mai*ocain . 21
§ 2. Atlas alg6rien 22
g 3. Atlas tunisien 27
Deuxihme section. — Autres pays de l'Afrique rai-
neure : C6te tripolitaine, cyrenaifque 46
Troisitme section. — Geographie ^conomique de
l'Afrique mineurc 49
t III. — Le Sahara 64
> lY. — £gipte et Kubie 78
9 y. — Abtssihie 92
» VI. — Le- Soudan 105
[ Pretniire section. — Soudan proprement dit. • . . 105
Deuxitme section. — Soudan maritime : S^n^gambie
^ etGuinee 136
» YII. — Afriqce £qcatoriale • i5g
9 YIII. — Afrique adstrale 200
» IX. — Afrique rasuLAiRE • 225
Premitre section. — Archipels du nord-ouest. . , , 225
Deuxihne section. — - lies du golfe de Quince.. . . . 231
Troisthne section. — lies de I'Atlantique meridional. 232
Q^atrihne section, — Madagascar et d^pendances. . 234
Cinquihne section. — Autres lies da I'oc^n Indien. 239
^ X, — L'bxpahshhi mao^BBoxE ts ahuqce. « 345
TABLE DES HATlfiRES.
D£DXI£ME PARTIE.