‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 80 sur 82 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

POLYNESIE

Entre la Nouvelle-Guin6e et les archipels qui en dependent d une part, et le continent americain d'autre part, s'6tendeiit les iles polynesiennes. Ces lies doivent leur origine soit aux eruptions volcaniques, soit aux constructions madr^poriques. Dans rileB2rara(Nouvelle-Bretagne) un volcan actif atieint 2000 metres. Dans File Bougainville (archipel des Salomon) se succMe une rangee de volcans. Le mont Balbi, point culminant, d^passe 1800 metres. On distingue d?ins ce dernier archipel deux axes de soulevement oil les sonimets ont de 1 000 k 1 500 metres. Dans la partie intertropicale du Grand Ocean, entre les iles Carolines

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et les lies Tuamolou, sur une longiieur de 2500 lieues, s*^tcnd une zone d afTaissement. G'est la region par excellence des Atolls.

Ce sont des ilots en forme d anneaux ou de fers k cheval entourant une lagune peu profonde. Gomme on les trouve k une grande distance au-dessous de la surface marine, il est clair que le sol s'est affaiss^. En certains parages, les infusoires ont relie les Hots par des r^cifs mesurant jusqu*^ 400 lieues de long sur des centaines de metres d*^paisseur. Les iles basses corallig^nes occupent en Oceanic plus de 4 millions d'hectares.

La Polyn^sie est dans la zone des aliz^s du sud-est. Ces vents dominent pendant les deux tiers de Tannic, puis vient la mousson d ouest et du nord-ouest. Dans les iles occidentales, il pleut en moyenne un jour sur trois. Les montagnes expos^es aux vents du sud-est regoivent jusqu'i 3 m. 75 de pluie. Mais parfois des annees enti^res se passent sans pluies dans les iles basses ou rien n'arr^te le vent. C*est dans le voisinage de Tdquateur qu*il pleut le moins, h cause de la grande chaleur des bancs de corail ou de sable.

La flore polyn6sienne est pauvre en especes, mais la vegetation est exuberante. On ne trouve gu6re qu*un seul maramifSre, le rat.

Les iles polyn^siennes sont habitues par une race de mSme origine. Le groupe des iles Samoa a ^t^ le centre d'expansion de ces peuplesqui, montes sur leurs pirogues, ont colonist toutes les lies du Pacifique oriental.

Colonies frangaises. — Noovelle-Caledonie. — La Nouvelle- Caledonie est trois fois grande comme la Corse, mesurant 309 kilometres de longueur sur 60 de largeur moyenne. Sa superficie est de 21 000 kilometres carres. II faut y joindrc Vile des Pins et les Ues Loyaute ou Loyalty qui appartiennent au meme groupe geographique. ^

Plusieurs massifs montagneux la couvrent k Tinterieur ; ils sont separes par des plaines horizontales. Le plus elev^ est le massif de Humboldt (i 634 metres). La dentde Saint- Vincent s'eleve k 1 445 moires. Tout le littoral est borde d'une ceinture de coraux de 200 k i 000 metres de largeur, les passes sont rares et dangereuses.

Situ6e dans la zone torride, la Nouvelle-Cal^donie a une temperature fort eievee. La moyenne k Noumea est de 23® centigrades, mais les hearts sont assez considerables. Les sautes de

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vent, fr^quentes en Janvier et en f^vrier, amSnent des ouragans et des cyclones. — Les pluies, qui torabent T^tedonnent environ i m^tre par an. Le climat est trfes salubre.

La flore varie suivant la nature des terrains. L'essence la plus commune dans les forSts est le santal. La faune est assez pauvre. Les seuls mammiferes sent les chauves-souris et les rats, mais les espfeces europeennes se sont propagees rapidement.

Les naturels qui sont de ra^me race que les Papous onl garde le nom de Canaques. De 60 000 environ qu'ils etaient au milieu de ce si6cle, ils sont tombes h 23 000.

Decouvertc en i776 par Cook, la Nouvelle-Caledonie a 6te occup^e par la France en 1853-54. Elle a et6 ^ I'origine un lieu de deportation. Les forgats sont aujourd'hui environ 9000, les lib6res 4000. Les etablissements penitenciers ont ^te relegu^s dans File Nou et la presqu*ile Ducos. Le nombre des colons libres a beaucoup augments. Ils sont 2600, sans compter les fonctionnaires et leurs families dont le nombre est de 3 400. Les soldats et policiers comptent pour 2 900. La capitale est Noumea.

Les lies Loyaute qui dependent du gouverneur de la Nouvelle- Caledonie sont au nombre de trois, Lifouj Mare et Ouvea,

Les colons de la Nouvelle-Cal6donie ont occup6 et mis en valeur Tarchipel voisin des Nouvelles-Hebrides. Ces iles sont d'origine volcanique et renferment un volcan en activity. Le climat chaud et tr^s humide produit une vegetation toufFue mais il est insalubre aux Europeens. Les Anglais intriguent depuis longtcmps pour y etablir le gouvernement de la reine. Les habitants de Franceville, fatigues de voir repousser les demandes des colons en vue dune annexion k la France, ont proclame leur independance, mais les gouvernements interesses ne sauraient y consentir.

L'archipel des Nouvelles-H6brides est complete au nord par Tarchipel de Santa-Cruz, L*ensemble repr^sente une superficie de 13 a 14000 kilometres carres avec 70000 habitants.

Taiti. — Dans le groupe des iles de la Societe, la France possede Taiti et son annexe Moorea. Taiti est formee de deux lies jointes par un isthme etroit. La plus grande est remarquabiement circulaire. C'est un bloc volcanique qui porte k son sommet de nombreux crat^res. La cime culminante, le Diadetne^ a 2450 metres. Taiti mesure environ 12 & 13 licues de

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long sur 7 de large, line ceinture de recifs la protege centre les ouragans et les tempdtes.

En 1774, Cook estimait sa population k 240 000 hab. En 1797, d'apr^s les missionnaires, elle etait de 50000 seulement. Citte decroissance, causae surtout par Tusage des liqueurs fortes, continue sans cesse. II n*y a plus aujourd'hui que 9000 indig<3nes. Us passent pour les plus beaux et les plus doux des Oceaniens.

Placee sous le protectorat de la France depuis 1842, Taiti a ^te annex^e k Tempire colonial fran^ais en 1880, k la suite d*un traite avec la reine Pomar6 Y. I^a capitale est Papeete

(3600 hah.)- La France a pris possession des Iles sous le vent situ^es k

20 lieues au nord-ouest de Taiti. Les indigenes voudraient, parait-il, conserver leur autonomic avec le drapeau du protectorat plut6t qu'avec le pavilion fran(?ais.

Depuis 1887 les iles Wallis situees au nord-est des iles Fidji elaient placees sous notre protectorat. Les deux principales sont Wallis ou Ouvea et Fotouna. La population , est d'environ 5000 habitants. La seconde des deux iles est occup^e depuis le mois de juin 1889.

Leur importance vient de leur situation sur la route de la Nouvelle-Caledonie, vers Fisthme de Panama. Ouvea poss6de un port naturel assez sur.

La France possede encore Farchipel des Marquises, chef-lieu Nouka-Hivay les Toubouai, les iles Tuamotou et les iles Gambier. En 1889, le protectorat a ete organise k RouroutoUy Rimatara, Maria, Ranouna et Manihiki. Toutes ces iles prendront une grande importance le jour ou le canal de Panama sera perc6.

On considerait jusqu'ici conune frangaise la petite ile de Pdqiies ou un marchand frangais avait arbore notre pavilion. Cehii-ci ayant et6 assassin^, il y a dix ans, son associe a vendu Tile au gouvernement chilien.

En resume, Tenserable des possessions frangaises en Oceanic represente une superficie de 25000 kilometres carres avec une population de 90 000 habitants.

Colonies anglaises. — L*Angleterre possede, dans le voisinage de i'archipel Tonga, le groupe des iles Vifi ou Fidji. II se compose de 200 k 250 ilots (environ 20000 kil. carr.), dont

•^fcj

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80 sculement sont habitus. Les deux principales iles sont Viti Levou qui est aussi grande que la Jamaique et Vamia LevoUf qui est trois fois plus ^tendue que File Maurice. Elles sont ceintes d*une barriere de coraux qui depasse 600 metres d'6paisseur. — L'ann^e se partage en deux saisons : Tune fraiche de mai k octobre, Tautre chaude et pluvieuse. La temperature moyenne est de 25<^. Le contingent des pluies est annuellement de 9 m. 13 i 2 m. 72. — La flore est celle des regions tropicales. La faune est extr^mement r^duite. — Le dernier d^nombrement a donn^ 152 700 habitants. Les indigenes, remarquablement robustes, ont embrass^ le protestantisme. Le port principal est Mbau^ k Tembouchure de la riviere Lewa

Entre I'Australie et les lies Fidji, FAngleterre d^tient Tile Norfolk (44 kil. carr. ; 700 hab.) qui fut colonisee par des habitants de File Pitcaim^ laquelle, situ6e dans le groupe des Tua* motou, avait et^ jadis mise en culture par des marins anglais revoltes.

L'Angleterre a annexe en 1888 les iles Christmas y Fanning ^ Penchyn et Echiqnier en vue de r^tablissement d'un cAble de FAustralie au Canada et une autre ile Christmas au sud-ouest de Java pour servir de point d*attache au c&ble de TVnde h FAustralie.

En 1888 elle a pris sous son protectorat Farchipel Cook ou Herveyy compost de 4 Iles et de 6 ^ 7 ilots. La population est d*environ 700 habitants. C'est un dep6t de charbon sur la route du Canada k FAustralie.

En 1889 elle a annexe les lies Souvarow^ Humphrey, Rokahouga et Phcenix.

Les conventions de 1885 ont laiss^ aux Anglais la moitie de Farchipel Salomon,

Le total des colonies anglaises de FOceanie donne une superficie de 200000 kilometres carres avec une population de 280 000 habitants, en y comprenant la Nouvelle-Guinee anglaise.

Colonies allemandes. — Les Allemands ont occupy les Iles Marshall et Navodo (110 kil. carr.), Farchipel Bismarck (52000 kil. carr.) et les iles Salomon du nord (22 000 kil. carr.); au total, en comptant la Terre de Fempereur Guillaume, un doraaine colonial de 250 000 kilometres carres avec 580 000 habitants.

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Colonies des ^tats-Unis. — Les Etats-Unis ont occupe au 'centre du Pacifique les iles de Wnion et Gilbert^ qui sont plutdt des ports de ravitaillement que des colonies proprement dites.

£tats prot6g68. — L'archipel des lies Tokga , situ6 dans la partie m^ridionale du Grand Ocean, comprend trois groupes formes d'une centaine d'iles. Sa population est de 23 000 habitants de religion chr^tienne. C'est un royaume dont la capitale est Noukoualofa, Des trait6s d*amitie conclus en 1876 et en i879 avec TAUemagne et TAngleterre leur accordent des avantages sp6ciaux. Le vieux roi n'a pas d'enfants et il a perdu en 1889 Iheritier du tr6nc. On craint que des troubles n'eclatent a sa mort et ne justifient une intervention etrangSre.

Les iles Samoa ou iles des Navigateurs forment un groupe de la Polyn^sie compose de 14 iles, dont 3 importantes.

Sawat (700 milles carres) est dominie par de hautes montagnes. Elle renferme un seul port Saluafata ou les AUemands ont ^tabli un depdt de charbon.

Vpolu (550 milles carres). C'est une ile rieutre. Depuis 1879 elle est administree par un roi et une Assemblee, sous la direction des consuls d'Allemagne, d'Angleterre et des Etats-Unis. La capitale Apia, sur la c6te nord, est un excellent port.

Tutulla (55 milles carres) est coupee en deux par le port de Pago-Pago qui a toujours ^te consid^re comme appartenant aux Eats-Unis.

En 1872 la compagnie allemande avait absorbe tout le commerce des iles Samoa et cherchait k s'assurer la direction du gouvernement. Deux princes se disputaient le pouvoir. L*un d*eux Malietoa Tavait emporle. Les AUemands le renverserent et le firent prisonnicr, puis ils installerent une sorte de Parlement avec un AUemand pour premier ministre. Les indigenes se r6volterent, iTinsligation des Etats-Unis. La guerre recommen^a ; mais, au mois demai 1888, deux navires allemands et americains ayant ete coules par un cyclone, les hostilites cesserent. Une conference se reunit a Berlin. Aux ternies de Taccord public au mois de juin 1890, Malietoa est r^tabli, I'independance et la neutralite de Samoa sont consacrees.

£tat ind^pendant. — Au centre du Pacifique, se trouve le royaume des iles Havai ou des iles Sandwich. Ces 8 iles ont une superficie d*environ 17000 kil. carres. Au Nord se creusent des

abirnes de 2000 et 4000 metres de profondeur ; au Sud, la sonde descend jusqu'i 8 500 mfetres.

La plus grande de ces lies, Hawat a 50 lieues de long sur autant de large. Un chenal de iO lieues de large la separe de Tile Maui. A 80 lieues de 1^ s'el6ve Tile Kauai. Entre Maui et Kaul, se rencontre la petite ile Oahu, qui renfcrme la capitale Honolulu.

Ces lies sent d*origine volcanique. Dans Tile d'Hawai se dresse le Mauna-Loa (4145 m.). Le' grand cratere a un diametrc de 2 kilometres et demi, une profondeur de 300 metres. En 1880 une eruption dura 6 jours et deversa 700 millions de metres cubes de laves. Surles flancs duMauna-Loa, k 1 000 metres d'altilude s'ouvre le cratere du Kilauea. C'est un abime circulaire de 15 kilometres de tour. Le fond est rempli par un lac de lave. En 1840 ce lac s*ecoula par un courant de 5 millions de metres cubes. Le Mauna-Kea atteint presque Taltilude du Mauna- Loa (4200 m.), le Mauna-Eualaldiy a 2500 metres.

Les iles Sandwich sont comprises dans la zone torride. Les extremes de temperature sont 52 et 11**. Les pluies donnent par an de 1 m^tre et demi k 2 metres. Certains endroits de la c6te orientale regoivent jusqu'i 7 metres.

La flore n'est pas tres riche. La zone foresti^re s'6tendjusqu*i 2000 metres; plus haut vient la zone des arbustes, puis la zone alpine. La faune est pauvre en mammiferes.

L'ile de Kauai fut d^couverte au mois de Janvier 1 778 par Cook, qui trouva la mort, Tannee suivante, dans la baie do Kcalakekua. Sous Tinfluence des missionnaires et des colons americains, les Hawaiens ont repudie leurs dieux, leurs superstitions, leur barbaric pour adopter les coutumes, les moeurs et les lois de la civilisation moderne. Mais le contact des etrangers, I'importation des spiritueux, les ravages de la lepre ont porle alteinte a leur vitality. En soixante-quatorze ans, de 1779 h 1853, 1'excedent des dec^s sur les naissances a ete de 525000. Les indigenes ne comptent plus que pour 40 000 dans une population totale de 86 000 habitants. A mesure que la race primitive decroit, la race blanche se multiplie. U y a 18000 Ghinois et 17 000 Wanes dont 192 Frangais.

Le roi Kalakaua est mort le 20 janvier 1891. Le pouvoir doit passer k sa soeur qui est mariee k un Americain. Une femme saura-t-elle sauvegarder Tindependance nationale et defendre

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i'archipel contre les convoitises ^trangeres, en particulicr celle des Etats-Unis? La grande r^publique distante de 2100 milles, exerce deji sur le royaume d'Hawai une sorte de suzerainete nominale. Ce sont les capitaux americains qui en ont developp6 ses ressources et Honolulu est relie au continent am^ricain par des lignes de paquebot. La capitale (20 000 hab.) ne doit son independance qu*au d^sir ^gal qu*ont plusieurs Etats civilises de la supprimer, de sorte qu'aucune entente n*a pu se faire encore k cet egard.

Geographic Aconomique. — Ce n'est ni par Tetendue de leurs territoires ni par la densite de leur population que les innombrables iles de TOcean Pacifique soUicitent I'attention des Europ^ens. Elles ne couvrent pas une superficie siiperieure au tiers de la France (175000 kilomq.) et leur population totale (environ 900000 hab.) ne d^passe pas celle de deux ou trois de nos departements. Et pourtant elles sont h Theure actuelle, pour des raisonsqu*on dira plus loin, Tobjet de convoitises acharn^es de la part de toutes les puissances colonisatrices, qui s*empressenl de planter leur drapeau et de proclamer solennellement leur prolectorat sur les rochers demeures libres.

Ressouuces maturklles. — Ce sont les produits spontan^s du sol, plus encore que ceux de Tagriculture, qui constituent jusqu*^ present la principale richesse de toutes ces iles. Le terrain, d'ailleurs, forme de la decomposition de mati^res volcaniques, est en general tr6s fertile, et les conditions climateriques favorisent encore sa f6condit6.

En g6n6ral, les iles du Pacifique sont recouvertes d'une vegetation luxuriante. Sur toutes les pentes bien arrosees, de vastes forels a peine exploit^es masquent les hauteurs. Elles sont riches en essences utiles aux constructions navales, cedres, kaori, ou propres k Teb^nisterie, bois de santal, ebenier. De nombreux arbres fournissent le caoutchouc et d'autres gommes estimees. Les habitants retireqt epfin de certains d'entre eux des fibres dont ils font quelques (issus.

Des plantes plus pr^cieuses encore suffisent amplement aux besoins de Talimentation des indigenes; ils n'ont queTembarras du choix : goyavier, bananier, arbre hpain^ sagoutier, cocotier. Dans certaines iles, ils cultivent pourtant, ou plut6t entretiennent quelques champs de legumes. Vigname est, dans les Fidji et les Nouvelles-Hebrides, la plante alimentaire par excellence.

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Les patatest le taro sont aussi des racines tr^s rSpandues.

Mais en somme, dans toutes les iles du Pacifique, le travail est inutile. Aussi les indigenes sont-ils en general paresseux, indolents, et particulieremeni rebelles au travail dans les grandes plantations. Partout les bras manquent et la depopulation lente de la plupart des ties ne peut que rendre cette situation toujours plus critique, tant qu'un mouvement d'immigration s^rieux ne viendra pas compenser les pertes et pourvoir k Finsufdsance du travail indigene.

La noix de coco dessech6e ou koprah est le principal objet de commerce. Elle sert en Europe k la fabrication des savon^ et des matieres grasses, et de nombreux navires vont la recolter chaque annee dans differents archipels. Ce sont les iles Fidji et les groupes voisins des Tonga et des Samoa qui en fournissent les plus grandes quantites, pr6s de 20000 tonnes. Les Tuamotou et les Carolines, aux deux extremites du Pacifique, en donnent aussi de fortes cargaisons. La valeur totale de cette denree n'est pas inf6rieure peut-6tre k 25 millions de francs. Les oranges de Taiti sont c616bres sur le marche de San Francisco ; et les rrniscades de la Nouvelle-Guinee et des iles voisines m6ritent 6galement une mention.

Parmi les cultures proprement dites, le riz est la principale nourriture des habitants dans I'archipel de Havai; et le maU occupe, dans la Nouvelle-Caledonie et dans de nombreuses iles plus fertiles, des centaines d'hectares.

La ponime de terre et divers legumes europ6ens, import^s par les missionnaires, ont prosper^ presque partout.

La canne h sucre a une veritable importance economique; bien qu'un grand nombre de plantations aient ete delaissecs, cette culture fait encore la richesse des iles Havai* et des Fidji ; mais tandis que dans ces derniferes la production n'atteint plus 9000 tonnes, elle est montte aux Ilawai de 18000 en 1875, a pres de 80 000 dans les annees dernieres, donnant ainsi a cot archipel, parmi les pays producteurs de sucre, une place honorable. La Calif ornie et les regions voisines des Etats-Unis sont pour les produits havaiens des debouches assures.

La canne a sucre est une des cultures qu'on pourrait tenter avec le plus de fruit, sur toutes les terres de TOcean Pacifique. Le sol* et le climat lui sont egalement favorables. Elle pourrait couvrir k Taiti, dans la Nouvelle-Cdedonie, des milliers d'hec-

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tares. C*est k peine si Ton en rencontre encore quelques champs dans celte derni^re colonie. En revanche plus de 400 hectares y sont consacres au cafe\ et Farchipel voisin des Nouvelles- H6brides en renferme 100 000 plants, app.irtenant a une colonie frangaise. Taiti, qui eut jadis des plantations prosperes, n*en conserve plus trace.

La culture du colon avait pris une grande extension aux iles Fidji lors.de la guerre de Secession; mais la plupart des champs sont abandonnes. Taiti, Samoa, les ilesHavai ont aussi quelques plantations de coton.

Le tabac, dont les feuilles servent aux indigenes pour se racheter de I'impdt, n'est pas tres r^pandu; le the\ qu'on avait essay6 d'acclimater, n*a pas r^ussi.

Ue'levage est une industrie prosp6re dans quelques iles, ou les prairies abondamment arrosees i'avorisent surtout la croissance du gros b^tail. Havai doit etre citee en premiere ligne. On compte aussi 100000 betes a come a la Nouvelle-Galedonie ; mais les moutons y sont tres rares. Les chevatix sont pen norabreux en general et rendent peu de services.

La peche fournit aussi aux indigenes une nourriture abondante dans un grand nombre de lieux.

Taiti poss6de enfln des bancs d'huitres perlieres et nacrieres d'une haute valeur et d'une r6elle importance pour la bijouterie et I'industrie frangaises.

De toutes les iles oceaniennes, on ne connait encore que la Nouvelle-Galedonie comme pays riche en produits miniers. Mais des vastes gisements qu'elle contient, un petit nombre seulement sont exploites, faute de capitaux et d'esprit d*entreprise. Ii*or est peu abondant; mais on a reconnu de nombreuses mines de houille, Les minerais de cuivre sont particulierement riches en metal pur ; Yantimoine^ le chrome y le cobalt existent aussi en depdts importants. Mais c'est jusqu'i present le nickel qui est Tobjet de I'exploitation la plus active et la plus reguliere. On en retire annuellement pres de 12000 tonnes; les mines les plus riches sont celles de Ganala et de This.

L'industrie est dans I'enfance. Les indigenes fabriquent des nattes, des poteries, quelques armes; mais ils sont surtout habiles dans la construction des pirogues. Les Papons ont un gont particulier pour la decoration, la sculpture, la ciselure.

Les raffineries de sucrc des lies liavai, des Fidji, de Taiti ont

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seuls une importance 6canomique, avec les hauts fourneaux de Noumea.

La pirogue est le mode de communication par excellence; mais les plus grandes lies ont aussi quelques routes. Les plus longues et les mieux entretenues se trouvent aux Havai et dans la Nouvelle-Caledonie. L'Archipel havaien poss^de mtoe 50 kilometres de voies ferrees ; des lignes de tel^graphes et de telephones le sillonnent sur pr6s de 400 kilometres.

Commerce. — On comprend qu'il est difficile de donner a\ec precision le chiffre total du commerce des lies oc^aniennes. On pent r^valuer approximativement 4 160 ou 175 millions de francs. Les iles Havai entrent k elles seules dans ce total pour la moitie (80 millions). Les colonies fran^aises, qui viennent ensuite, mais tr6s loin derri^re, bien que leur superficie soit beaucoup plus considerable, font un conunerce d'environ 12 millions, pour la Nouvelle-Caledonie et 6 pour Taiti. Le chiffre des affaires dans les etablissements anglais et particuli^rement aux Fidji nie d^passe pas 52 millions. Les colonies allemandes de Tarchipel Bismarck et les lies Salomon sont encore peu exploit^es. Elles participent peut-6tre pour une dizaine de millions au mouvement des ^changes. Le groupe des Samoa et des Tonga fait un trafic de 9 millions, les Carolines, de5.

En general ces regions n'offrent pas au commerce europ^en de grandes ressources en debouches. Les indigenes sont sans besoins, et comme ils ne travaillent pas, ils sont incapables de fournir autre chose que des produits spontanSs du sol, en echange des objets qu'on leur vend. Les Wanes sont d*autre part trop peu nombreux encore pour solliciter de grands apports, el donner lieu h. un commerce important. Les cotonnades et les autres tissus, les objets en fer et les machines, sont les principales marchandises apportees d'Europe ou d'Am^rique par les navires qui frequentent ces parages. Ajoutons des armes, des boissons, des drogues et mati^res chimiques, du tabac.

Le Sucre est au premier rang des denrees exportees. Les ventes atteignent peut-^tre 50 millions, dont plus de 45 aux ties Havai. Le coprah fournit environ 25 millions. Le nickel de la Nouvelle-Caledonie, le riz des iles Havai, le coton de Taiti et des Fidji, les peaux de differei^tes iles peuvent etre ensuite places sur Ic meme rang.

polyn£sie. m

Ce soot les Am^ricains qui, grdce k Tarchipel des Sanwich. prennent la plus grande part k ce commerce. Tous les produits de ces lies sont dirig^s sur San^Francisco et sous pavilion des £tats-?Unis. Les AUemands jouent aussi un grand rdle dans ces parages. L«^ navires de Hambourg drainent le trafic de la plu* part des autres terres. Les Anglais se sont laiss^ distancer. Quant k la France, son pavilion n'est gu^re represents dans rOcSan Pacifique que par les vapours des Hessageries maritimes qui font le service postal de la Nouvelle-CalSdonie, ou par les croiseurs de TEtat, qui visitent k Spoque fixe nos principales stations; nous ne prenons qu une part insignifiante au commerce de nos propres colonies, surtout k Texportation, un dixieme tout au plus.

Nous sommes pourtant en possession de deux excellents ports. Noumea et Papeete ont respectivement un mouvement de 100 000 et 50 000 tonnes. Leport d' Honolulu est beaucoup plus actif (225 000 tonnes. Levuka et Suva dans les lies Fidji ont 55 000 tonnes. Les rades d*Apia dans les Samoa et de Nukua-hfa dans les Tonga sont des points derelache importante sur la route de Sydney, ou d*Auckland k San-Francisco, parcourue rSguliSrement par les steamers anglais, amSricains ou aUemands (Pacific Hail Line, New-Zealand Shipping-Company; Norddeutsches Lloyd, etc.). Honolulu est k vingt jours de navigation de Sydney, k huit de San-Francisco. ^

Quatre puissances se disputent aujourd*hui Tinfluence dans les lies du Pacifique ou s'en partagent les terres.

La France doit 6tre cit6e en premiere ligne, beaucoup moins d'ailleurs pour le rdle effectif que jouent nos nationaux dans ces parages que pour le nombre, TStendue et TanciennetS de nos possessions. Nous occupons 25000 kilometres carrSs, peuplSs de 100000 habitants; mais, bien .que le commerce de ces lies attei^ne dt\k une valeur appreciable, 11 s*en faut qu'elles rendent tout ce qu'elles peuvent donner.

l/Angleterre et les itats-Vnis occupent aux deux extrSmites du Grand OcSan une situation symetri<iue. Bien que le royaume de Sandwich soit politiquement independant, il n/est guSre^ au point .de. vue , conunercial, qu'une colonio amSricdine, coi*respondaqt aiix lies Fi4ji> qui. n^ sont ^eUes-mSmes qu'une^ d^pen* •ddneede llAusti^alie* Ces^deuxarchipels jouent au reste le m6m« rdle vis-Si-vis des deux continents qui leurtont face;

«<oo. CL. 9*, 31

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La NouTelle-Guin^e anglaise, situ^e dans la zone tropicale, pent fournir en outre k bon compte au continent voisiri tons les produits propres k cette zonej les Apices, le cafe, L'Angleterre poss6de encore quelques autres ilots, mais ils n'ont d'importance que par leur position comme dep6ts de charbon, ou points de ravitaillement.

Dans le reste du Pacifique les Anglais et les Am^ricains sont d'aiUeurs moins disposes, semble-t-il, k annexer r6ellement des terres qu*k emp6cher les autres puissances de toucher k tout ce qu*ils ne jugent pas opportun de prendre.

Les Allemands, les derniers venus, ne sont ni les moins actifs ni les moins heureux. Ils occupent aujourd'hui officiellement une des I'^gions les plus riches et les plus peuplees du Pacifique. Ces possessions ont toutefois un grand d^savantage, c'est qu elles sont en dehors de toutes les routes suivies; et rien ne pent faire pr^voir qu'elles soient jamais sur le chemin d un grand courant commercial. On comprend par suite ais^ment la raison des convoitises de TAUemagne sur Samoa. Ce serait le centre de ses etablissements oc6aniens, Tentrepdt general de son commerce. Mais les autres puissances n*ont pas moins de motifs pour maintenir la neutrality de ces territoires.

En somme, des influences nombreuses et hostiles se partagent le Pacifique. Mais, tandis que les Anglais et les Americains peuvent s'appuyer au sud-ouest et au nord-est sur les continents voisins qui leur appartiennent, la France et TAllemagne au sud-est et au nord-ouest sont beaucoup plus isolees, la France surtout, si Ton en excepte la Nouvelle-Cal6donie, puisque la plupart de ses possessions sont diss^min^es en plein oc^an, k une 6gale distance de TAustralie et de TAmerique. Ce n'est que Touverture du canal de Panama qui nous permettra d'exploiter s6rieusement ces colonies et de lutter, plus avantageusement que jusqu'a ce jour^ contre la concurrence de .no3 rivaux.

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Sujets de devoirs.

Qomparer I'lnsulinde et I'lnde continentale : climat, production, commerce, etc.

Les diver ses regions naturelles de I'Australie.

lies colonies frangaises en Oceanie.

Ppncipaux produits et principales routes de commerce de TAustralie etde la Polynesie.

Ciasserles iles de I'Australie et de la Polynesie suivantleur climat et leurs produits.

Comparer I'Australie avec les autres continents de Th^misph^re austral.

4M OCEAKIE.

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