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II. LANGUE DES CA FR ES

Ce que nous allons dire de cette langue s’applique principalement à l’idiome des Kousas ; car le nom de Cafre (qui vient sans doute de I aTabe Caffir, infidèle) est inconnu citez les indigènes ; ceux auxquels les premiers voyageurs ont donné ce nom s'appellent eux-mêmes Kousas.

La langue des Cufres différé complètement de celle des Hottentots. « Elle diffère, dit Barrow, autant de la langue des Hottentots que celle-ci diffère de l’anglais. » On 11’y remarque plus ces claquements de langue si difficiles à imiter. Suivant M. Lichtenstein , la langue des Cafresest pleine et sonore, et fait sur l’oreille de l’Européen presque l’effet de l’italien.

Rarement les mots ont plus de deux syllabes ; on accentue la pénultième, et chaque voyelle 11’est accompagnée que d’un petit notnbrede consonnes. Lesdiphthongues au, ou, eu et ai, si' fréquentes

dans la langue des Hottentots, et si diversement accentuées par ce peuple, sont étrangères à la langue des Cafrcs.

Le dialecte des Kousas n’a pas non plus la lettre r ; mais il a le/, ainsi que le v et tu, qui manquent dans les dialectes des Betjouanas. Tous les dialectes cafres ont de commun les lettres mouillées, qu’on prononce avec une sorte de bégaiement ; ils n’ont point de sons sifflants ; ils n’ont

[tas non. plus le x. Après le A, le p et e t, on fait entendre, dans beaucoup de mots , une forte aspiration.

Les Kousas parlent lentement et d’une manière très-distincte. Ils font des pauses entre les phrases, dont la construction est simple , et plus facile à saisir pour un Européen que celle de la langue des Hottentots. Leur déclamation est chantaute et rhythmique. Quand ils veulent appuyer sur un mot, ils le répètent plusieurs fois de suite. Ces répétitions sont souvent de véritables fréquentatifs, indiquant que l’action a eu lieu plusieurs fois , ou rapidement , ou avec force. Avant de prononcer certains mots, surtout les substantifs commençant par une consonne, les Kousas ser-

rent les lèvres, en sorte qu’on entend un m muet, ou bien am , in, om ou oum.

Ils n’ont ni articles, ni verbes auxiliaires, ni décliuaisons, ni conjugaisons.

Ils ne sauraient exprimer l'idée simple , mais abstraite, je suis; la différence des temps des verbes se marque par les pronoms. Ainsi Je ou moi, au temps présent, se dit dia , au temps passé di ou indi, et au temps futur do. La plupart des verbes se terminent eu a ou biza et sont de deux syllabes, à l’exception des dérivés , qui ont plusieurs syllabes. Au lieu de verbes neutres, on se sert ordinairement des substantifs ou adjedtifs de la même signification. Par exemple , lamba , sigmfie la faim , et avoir faim ; kuhmba, méchant, et se fâcher ; (sala , content, et se réjouir. C’est le pronom qui donne à ces mots la forme de verbes. La terminaison Ale ou êle est propre aux adjectifs qualificatifs ; par exemple , damma , deuil ; dammâle , triste ; longa, droit; longuèle, sincère, franc.

M. Kay donne le tableau suivant de la conjugaison de la langue cafre, qui rappelle jusqu’à un certain point celle des langues sémitiques :

Singulier.

Diabiza, j’appelle; Uabiza, tu appelles; fia biza, il appelle.

UKUBIZA , Appeler.

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