II. Cègétaux
I,a plupart des plantes de l’Afrique équinoxiale, principalement surles côtes
(i) Ocythoe Cranchii : Corpore purpureopunctato; brachiis subtus cœrulescenie-gnseis; superioribus membrana spougioM pallida maculât*.
CONGO
du Congo et d'Angola, appartiennent aux familles suivantes : fougères , graminées , cypéracées, convolvulacées, rubiacées , composées , malvacees , légumineuses et eupborbiacées. Une remarque qui n’a pas échappé aux voyageurs attentifs, c’est que beaucoup de plautes cultivées dans ces régions se retrouvent au Brésil , ce qui peut s’expliquer par le commerce des Portugais.
Le professeur Smith , botaniste de l’expédition de Tuckey , rapporta des rives du Zaïre plus de six cents espèces de plantes, dont deux cent cinquante absolument nouvelles. Soixantedix espèces environ sont communes aux autres contrées situées entre les tropiques. La collection de Smith, mise en ordre par Robert Brown , renferme trente-deux genres inédits. Il n’y a aucune famille qui soit particulière à l'Afrique équinoxiale. On y remarque cent soixante dicotylédonées, cent treize monocotyiédonées, et treute-trois acotylédonée's, y compris les fougères. D’après la comparaison de cet herbier de Smith avec d’autres recueillis en Afrique et dans la Nouvelle-Hollande, R. Brown conclut que, du moins dans ces deux continents , le plus grand nombre d’espèces dans une étendue de pays donnée ne se trouve pas entre les tropiques, mais sous le parallèle du cap de Bonne- Espérance, cest-à-dire sous le trentequatrième degré de latitude australe.
Cette observation s’applique aussi en grande partie à l’hémisphère boréal.
On pourrait donc établir en principe que la zone la plus riche en espèces végétales se trouve aux environs du trente-quatrième degré de latitude tant boréale qu’australe. C’est là, qu'ou nous permette l’expression, la ligne équatoriale du règne végétal.
Dans son esquisse sur la botanique de la Nouvelle-Hollande, R. Brown appela le premier l’attention des botanistes sur la répartition des classes fondamentales des plantes, proportionnellement aux climats. Il établit que depuis l’équateur jusqu’au 30° latitude boréale les dicotylédonées sont aux monocotylédonées dans le rapport de 5 à 1 ; que dans les latitudes plus élevées les dicotylédonées diminuent de quantité , et qu’enfin vers 60° latitude nord et
ôi" latitude sud , leur nombre est à peine la moitié de ce qu’il était dans les contrées intertropioales. Cette donnée lut plus tard confirmée par Alex, de Humboldt. Le rapport indiqué paraît être tres-exact pour la flore des cotes; mais il se modifie un peu par l’étendue et la hauteur des plateaux des régions continentales : il peut alors s’élever, comme pour l’Amérique , de 6 : 1 ou de 1 1 : 2. Les acotylédonées ou cryptogames de l’herbier de Smith sont aux phanérogames comme 1 à 18.
Dix-huit especes de malvacees ont été observées sur les bords du Zaïre, et elles forment la trente-quatrième partie des plantes phanérogames de la collection de Smith. Cette proportion est celle que donne pour l'Inde la Flora Indica de Roxburg ; mais elle est beaucoup plus grande que celle que Al. de Humboldt a établie pour les contrées équinoxiales. Il y a quatre-vingt-seize espèces de légumineuses, c’est-à-dire à peu près le sixième de la collection entière. R. Brown pense que cette famille forme le huitième des plantes phanérogames sur les bords du Congo.
Dans l’Inde et dans la partie équinoxiale de la Nouvelle-Hollande la proportion paraît être d’un neuvième.
Les térébinthacées ne sont représentées que par une seule espèce dans l’herbier de Smith ; elleestdu genre r/ius , et se rapproche, par son extérieur, de deux espèces inédites du même genre, reconnues au cap de Bonne-Espérance.
Il n’y a qu’une seule espèce de rhizophora ( manglier) qui se plaît, comme les avicennia , sur toute la côte intertropicale. Cette espèce diffère essentiellement du manglier de l’Amérique et de l’Inde ( rhizophora mangle , L.). Les euphorbiaeées (vingt especes) forment le vingt-huitième des plantes phanérogames de tout l’herbier; les rubiacées ( cinquante-trois espèces ) en forment le quatorzième.
Parmi les monocotylédonées, la famille la plus intéressante est celle des palmiers. L 'elaeis guineensis y occupe le premier rang. C’est le palmier à huile des indigènes (1). L’huile se tire
(x) Ce palmier a été pour la première fois décrit vers le milieu du quinzième siècle, par
L’UNIVERS
de l’écorce ou de la chair du fruit. On la fait bouillir pour la conserver. Par sa couleur et sa consistance, elle ressemble au beurre, excepté qu’elle est un peu verdâtre; elle sert à tous les usages de notre beurre et de notre huile ; son odeur est agréable. Les nègres l’emploient aussi à se frotter le corps. Cette huile de palmier, qui renferme 31 parties de stéarine et 69 d’oléine, ne fut d’abord importée qu’en petite quantité en Europe; mais en 1817 un fabricant de Londres eut l’idée de l’employer pour faire du savon parfume; dès lors cette huile devint une branche importante du commerce : son importation en Angleterre, qui en 1817 n'était que. de 145,000 livres, s’éleva, en 1836, à 64 millions de livres. En France ce commerce occupe environ une dizaine de navires. — L’etxis guinéens is paraît avoir pour patrie les côtes occidentales de l’Afrique, d’où il a été transplanté sur les côtes du Brésil (1). Cette espèce de palmier est aussi caractéristique pour l’Afrique que le cocos indicu l’est pour l’Asie.
Cinq espèces de palmiers ont été observées sur les bords du Zaïre, et jusqu’à ce jour toute l’Afrique, en comptant les espèces du Congo , n’eu a offert que treize espèces. Elles appartiennent toutes à des genres qui sout particuliers a ce continent et aux lies qui en dépendent ou a l’Inde. Aucune n’a été observée en Amérique ; si ce n’est peut-être l’étxis occidentalis, sur les montagnes de la Jamaïque.
Le cyperus papyrus a été trouvé en grande quantité a l’embouchure du Zaïre; il paraît différer légèrement du papyrus de l’Égypte et de la Sicile. Les cyperus arliculatus et c. ligularis sont communs à l’Amérique et à l’Afrique.
La famille'des graminées y a de nom-
breux représentants. Brown divise cette grande tamille en deux tribus principales, les panicées, qui atteignent le maximum de leur nombre dans les contrées situées hors des tropiques , et les poacées, qui parviennent à ce maximum dans les contrées renfermées entre les tropiques. Cette proportion est constante, et se vérilie au Congo, où plus de la moitié des herbes sont des panicées.
Différentes des autres cryptogames, les fougères atteignent le maximum en nombre près des tropiques ou un peu au delà, ou même entre les tropiques.
Mais , comme pour croître il faut à ces plantes une atmosphère humide et un terrain abrité contre les rayons directs du soleil, elles n’atteigneüt leur plus grand développement que lorsque toutes ces conditions se trouvent réunies.
Aussi c’est dans les îles équinoxiales, très-boisées, qu’on rencontre les plus grandes fougères, et leur proportion avec les plantes phanérogames diffère beaucoup dans les contrées continentales. Cette proportion est de vingt-six pour le Congo , ce qui se rapproche de celle qu’on a trouvée pour l’Arabie, la Nouvelle-lloliande et rlnde. En Égypte on n’a remarqué qu’une seule espèce de cette classe. Kussel , dans sou catalogue des plantes d’Alep, n’en compte que deux espèces ; et Desfontaiues , dans sa Flore atlantique, seize espèces; de sorte que leur proportion à celle des plantes phanérogames est comme I à 100. A la Jamaïque cette proportion est comme là 10; aux îles de France et de Bourbon, comme 1 à 8; dans la Nouvelle- Zélande, comme là 6; à Otahiti, dans les îles de la Société, comme 1 à 4 ; dans les îles de Norfolk et de Sainte-Hélène elles excèdent I à 2; enfin dans 111e de Tristan d’Acunha, elles sont comme 2a 3. Profitant des documents recueillis par Banks, Smith et d’autres voyageurs, R. Brown établit une comparaison entre la végétation des bords du Zaïre et celle des diverses parties de l’Afrique et des îles voisines; il compare d’abord la végétation du Congo avec celle des autres divisions de i’ Afrique occidentale. Il établit à cet égard un fait important, c’est la grande uniformité qui règne dans la végétation de toute la
CaJamosto, dans sa relation du Sénégal. P'oy. Jtamusio , tom. I, p. 104.
(x) Comme ce végétal a été Irès-incompléteinent décrit par 1rs voyageurs, nous en donnons ici les principaux caractères : lige liante de sept à dix mètres, sur un mètre de rircouféreuce; feuilles pennées , acuuiinées; llcurs dioïques ; calice et coi-olfe à trois folioles ; anthères linéaires; trois styles, souvent réuuis ; fruit capsulaire , monosperme , à enveloppe librqpse et huileuse.
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eôto occidentale d’Afrique, depuis le fleuve du Sénégal, à 10° latitude nord, jusqu’au Congo, à 6“ latitude sud.
Les arbres les plus communs sur toute cette côte sont, outre les palmiers : l’«t lamonia baobab (1), le bombax ceiba , le pandanus candelabrum, le stercuUa acuminata (2), l’arbre ordéal , qu’on a fait entrer dans le genre bassia , et l’arbre à suif ( croton sebijerum d’Afzélius), l’arbre à beurre ( bassia btdyracea), le tamarin velouté (codarium acutifàtium ), et le poivrier d'Éthiopie ( anona æthiopica ). Plusieurs apocynées donnent des fruits lactescents , sucrés, très-bons pour étancher la soif, bien que presque toutes les plantes de cette famille renferment des sucs vénéneux.
L 'anona senegalensis a été observé audessus d’Embomma , sur les rives du Zaïre, et paraît fort répandu sur toute la côte. Suivant Lokhart, jardinier de l’expédition de Tuckey, son fruit est plus petit que dans f espèce cultivée; mais il a plus de saveur. Le chrysobalamis icaco , ou une espèce très-voisine, qui est également commune au Sénégal et au Congo, a été trouvé en abondance à l’embouchure du Zaïre.
Les plantes alimentaires sont aussi à
(i) Adanson avait attribué à eet arbre une longévité énorme ( plus de six mille ans ). Mais en examinant les cercles annuels du bois et des branches d’un jeune adnnsonia on peut se convaincre de la fausseté de cette opinion. D'ailleurs, sa substance spongieuse et pleine de sue prouve suffisamment que ce n’est pas un arbre d’une longue durée.
(a) Cet arbre produit la célèbre noix de cola , sur laquelle Mérolla , Pigafetta et Zneclielli ont donné les premiers renseignements. Le cola ti 'est pas moins gros que le fruit du pain; il renferme sous son écorce un fruit qui ressemble à la châtaigne, et dont ta pulpe rose se divise en quatre loges. Il est tresabondant et d’un usage fort commun dans le pays. On lui attribue, entre autres, la propriété de rendre l’eau corrompue sapide, et de guérir les maladies du foie. I.es Portugais font tant de cas de eette espèce de noix, que s'ils rencontrent une dame dans les rues leur première politesse consiste à lui offrir du cola. Dappcr a compté jusqu’à dix ou douze noix dans une même gousse. Il ajoute que ce fruit ne vient qu'une fois l'année, et que si l’un en mange le soir ii trouble le sommeil.
peu près les mêmes sur toute la cote.
Celles qui forment la base de la nourriture des habitants sont : le maïs ( zea mais ), fa cassave ou manioc ( jatropha manihot){\ ), rignameXrfioscorea afata), une espèce de holcus arborescent, la
(r) Dapper raconte que dans le royaume d’Angola le pain se fait de la racine de manioc. « Cette racine, dit-il, est fort commune aux environs de Luanda, par la double raison que le terroir lui est propre et que la vente en est considérable. On en distingue plusieurs sortes, qui se ressemblent de loin, quoique la qualité et la couleur même en soient différentes. Les feuilles de la plante sont d’un vert foncé, comme celles du chêne, avec quantité de veines et de petites pointer. La tige s’élève de dix à douze pieds , et se divise en plusieurs branches; mais elle est aussi faible que le saule. Ses fleurs sont fort petites, et sa semence assez semblable à celle du palma-cbristi , sans aucune propriété connue. La méthode des nègres pour la cultiver ne demande pas beaucoup d’art. Après avoir préparé la terre, en la remuant et la divisant en monticules, ils y enfoncent, à sept ou huit pouces de profondeur, de petits rejetons de la longueur d’un pied, et d'un pouce de grosseur, deux ou trois sur chaque monticule ; de sorte qu’ils ne s’élèvent pas plus de quatre ou cinq pouces au-dessus de la terre, lis y prennent racine presque aussitôt, et dans l’espace de neuf ou dix mois ils deviennent liants de douze pieds, avec un tronc de la grosseur d’une cuisse, qui se charge d’un grand nombre de branches. Knsuite, pour faire grossir la racine, on nettoie fort soigneusement la leire aux environs; et lorsqu'on croit la plante à sa maturité, on coupe le tronc, qui n’est propre qu’au feu, en réservant les petites branches pour la plantation suivante. On déterre alors la racine, et l'ayant dépouillée de son écorce on la réduit en farine dans un moulin qui ressemble à la roue d’un fourgon. Celte opération emploie plusieurs esclaves, les uns pour jeter la racine dans le moulin et veiller au mouvement de la roue, d’autres pour tirer la farine, enfin d'autres pour la faire sécher sur le feü , dans des chaudrons ou des poêles de cuivre. On bâtit pour ce travail des appentis longs de cent pieds, et larges de trente ou quarante, avec dix fourneaux de chaque côté, et trois mobiles qui peuvent se transporter suivant le besoin. Chacun a la liberté de cultiver autant de manioc et d’en faire autant de farine qu’il le juge à propos. Un appentis de vingt fourneaux demande ordinairement cinquante ou soixante esclaves. Un ajquer
L’UNIVERS
pistache de terre ( arackis hypogæa ), une esp ècedephaseolus, n (indéterminée, le cytisus cadjan, Linu. , le glycine subterranea. La batate douce ( convolvu lus batatas, L.), indiquée par les missionnaires portugais, n’a point été observée sur les rives du Zaïre. Les fruits les plus estimés sont les bananes ( musa sapientium), les limons ( citrus medica ), les orangers ( citrus aurantium), les ananas [bromelia ananas), le papayer (carica papaya), la courge (cucurbita pepo), le tamarin ( tamarindus indica), la canne à sucre, et le safu ou zaffo, fruit de la grosseur d’une petite prune, et qu’on n’a pas observé à l’état de maturité (I).
Il est à remarquer que la plupart de ces plantes alimentaires ne sont point indigènes , mais qu’elles ont été importées d’autres parties du monde en Afrique. On peut du moins avancer avec certitude que le maïs , la cassave, l’ananas, ont été apportés de l’Amérique; tandis que la banane, le citron, l'orange, le tamarinier et la canne à sucre ont une origine asiatique.
R. Brown a établi en principe que l’on doit en général considérer une espèce végétale comme originaire du pays où toutes les autres espèces du meme genre sont indigènes; et d’après ce principe il pense que toutes les prétendues espèces de bananes , par exemple, qui ne produisent point de graines fécondes sont de simples variétés; puis, les réduisant à une seule espèce, qui est
de farine , on deux arrobes, se vend quelquefois à Loanda jusqu’à deux cent cinquante ou trois cents réaux. Les habitants du comté de Sogno n’emploient point la racine de manioc à faire du pain. Après l’avoir brisée en petites parties , de la grosseur du riz, ils la mangent crue ou trempée dans l’eau chaude. Mérolla nous apprend même que les Portugais font plus d’usage du manioc que les Nègres, soit parce qu’ils apportenl plus d’art à le planter, soit parce qu'ils en font des provisions qui durent plusieurs années. »
. (x) Le safu est ordinairement planté à l’entour des villages depuis Embonuna en remontant le fleuve. Les propriétaires apportent le plus grand soin à le détendre contre les attaques des oiseaux. Sou importance est grande, parce que le fruit uiùrit au mois d’octobre, époque à laquelle les vivres sont rares.
indigène dans l’Inde, où elle produit des graines fécondes, il cherche à établir que les bananes qu’on trouve en Amérique y ont été transportées du Congo; quoique Garcilassâo de la Vega et d'autres écrivains prétendent que cet arbre était cultivé au Pérou , au Mexique et dans l’isthme de Panama, avant l’arrivée des Portugais. D’apres les même règles’, le papayer doit être considéré comme d’origine américaine, puisque aucune autre espèce du genre, excepté celle qui est cultivée, ne se trouve ni en Afrique ni en Asie; de plus, cette plante n’a point de nom en sanscrit ; et Rumphius affirme que dans les îles Malaises les habitants disent que ce végétal y a été apporté par les Portugais. Le même principe doit s’appliquer à beaucoup d’autres plantes, telles que les capsicum et les nicotiana. Mais il ne doit pas être absolu. Ainsi, le palmier qui donne la noix de coco, originaire des rivages et îles de l’Asie équatoriale , a des espèces primitivement communes à l’Asie et a l’A mérique.
Le cytisus cadjan peut être regarde comme venant de l’Inde. 11 est cultivé en grand sur les bords du Zaïre; c’est sans doute Vouando de Mérolla, qui eu donne la description suivante :
« Vouando, espèce de grain qui ressemble au riz . croît sur un arbrisseau, et produit tous les six mois sans culture; il se conserve deux ou trois ans. »
V arackis hypogæa ( pistachier de terre ) est sur toute la côte un grand objet de culture. Suivant Loureiro , le pistachier de terre est aussi cultive en Chine et dans la Cochinchine; de là il aura passé dans l’Inde et en Afrique, et de l’Afrique dans les diverses parties de l’Amerique équinoxiale. C’est à tort, selon R. Brown, que Sprengel ( Historia rei herbariæ. 1, p. 98) l'indique, sur le témoignage de Théophraste, comme une des plantes cultivées en É;ypte.
Rien ne prouve que notre arackis soit la plante dont parle Théophraste : il y a tout lieu de croire que si elle edt été cultivée en Égypte , elle le serait encore, et cependant on ne la retrouve ni dans le catalogue de Forskal ni dans la Flort de Delile.
La glycine subterranea est extrêmement répaudueen Afrique, à Madagascar.
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et dans plusieurs contrées de l’Amérique équatoriale ; elle est probablement d’origine africaine. Du moins Marcgraf et Piso disent que le Brésil l'avait reçue d’Angola et du Congo. Le holcus dont parle Tuckey peut étreconsidérécomme indigène. Brown pense qu’il était autrefois plus cultivé qu’aujourd’hui, et qu’il a cédé la place au maïs.
La famille des légumineuses , toutes les espèces <\ecæsalpinia, d 'hæmatoxyium, les ptérocarpées , les eryt/irma, les da/beryia et les ecas/ophyUum, fournissent des matières tinctoriales rouges.
Le bois de cam ( cam-wood ) est l'objet d'un grand commerce. C’est sous les tropiques qu’on trouve presque tous ces bois de teinture rouge. Leurs tissus présentent des fibres peu parallèles, ou s’entremêlent irrégulièrement avec des veines plus ou moins colorées. La saveur de ces bois est tantôt douceiitre , tantôt un peu astringente.
En résumé, il reste encore beaucoup de découvertes à faire pour compléter la flore du Congo, de l’Angola et du Benguella. Les palmiers surtout de la côte occidentale d’Afrique, comme de l’Afrique en général, sont encore très-imparfaitement connus. Il faudrait exécuter ici Ou travail analogue à celui de Martius sur les palmiers du Brésil. Enfin, on aura fait faire un immense pas à la géographie des plantes lorsqu’on aura mieux étudié la flore de l’Afrique équinoxiale (1).
(i) Qu'il me soit permis d’émellre ici quelques réflexions au sujet de la géographie botanique, qui est la partie lotit à la fois la plus attrayante et la moins avancée peut, être des sciences naturelles.
Ou connaît aujourd'hui environ cent mille especes de plantes. Exiger d'uii botaniste de savoir par cœur les caractères de chacune de ces especes, ce serait aussi absurde que de demander à un général en ehefeommandant cent mille hqmnies de eonnailre le nom et la physionomie de chacunde ses soldats. I.eur répartition et leur emploi , voilà ce qui doit surtout nous occuper. On peut , dans ce cas , admettre deux limites extrêmes , les pôles et l'équateur. l.es pôles représentent le zéro de la végétation, dont toute l'exubérance se manifeste sous la zone équatoriale. Entre les pôles et la zone équatoriale se trouvent les nombres intermédiaires. Dans les régions qui avoi-
Agriculture. Le sol produit chaque aunee deux moissons régulières. On
sinent les cercles polaires la distribution des plantes est aussi uniforme et régulière que dans les contrées plates qui avoisinent l'équateur. A quoi tient ce singulier résultat? Évidemment au défaut d'amplitude des variations de température. Dans nos climats toute la nature vivante est péniblement affectée de ces oscillations, qui nous plongent alternativement d'uu milieu froid dans un milieu cbaud , et qui, semblables au mouvement du pendule, vont souvent jusqu’à 40 degrés au-dessus ou audessous de la température moyenne du mois ou de l’année. Il en est tout autrement sous les tropiques et dans les régions polaires. Là ces oscillations sont presque nulles, comparativement à celles de nos climats : rarement elles dépassent de 3 à 4° la température moyenne du mois. Les lignes iso-géo-thermes elles-mêmes s’y rapprochent sensiblement de la température moyenne de l’air. Ainsi, lesol et l'atmosphère, c’est-à-dire les principales conditions d’existence des êtres vivants, y sont presque constamment pénétrés de la mèmeqiiantité de chaleur. Dans les pays compris entre les cercles polaires et les tropiques la scène change. La température de l’air et du sol y est aussi mobile que les espèces végétales sont variables. C’est dans la zone tempérée que se trou veut réunies les plantes des patrie* les plus différentes ; leur culture est subordonnée à la température soit de l’hiver, soit de l’été.
Les eaux de l’Océan a)ant, à une certaine profondeur, une température à peu près constante, les plantes marines sont bien moins variées en especes que les plantes terrestres. Les algues et les naïades forment toute la végétation des mers. Mais, pour le continent comme pour l’Océan , les géants du règne végétal se trouvent sous les zones équatoriale et tropicale. Ainsi aux environs des îles Canaries 011 voit une espèce de fucus (fucus vitifo lius , Humb.) dont les racines sont à 64 mètres de profondeur dans la mer. Le fucus prriferuSy dans les eaux de l’Amérique et de l'Afrique australe, atteint une longueur de 100 mèn es. Les sargassum vulgare et s. bacciferum, Agarrdh, forment, au midi de* îles Açores, la mer de Sargasse, d’une étendue de plus de 4,000 milles carrés.
La zone équatoriale est comprise entre o°et i&° latitude nord et sud; la température moyenne annuelle y est de ao" à a3° R. Cette zône se fait remarquer par ses forêts primitives, couvertes d’énormes lianes et de plantes parasites, Variées à l'infini pour la couleur, la forme et l’odeur. ï.a végétation change ici ré-
L’UJSIVERS.
sème au mois de janvier, pour fécoltcr au mois d’avril. L’hiver arrive, ensuite ; mais il ressemble au printemps ou à l’automne d'Italie. La chaleur recommence au mois de septembre, et rend les terres propres à recevoir rfe nouvelles semences, qui offrent une moisson abondante au mois de décembre.
La terre, suivant l’expression de Carli, est noire et féconde comme les femmes qui la cultivent (1). Celles-ci n’emploient ni la charrue ni la bêche. Aussitôt que le ciel annonce la moindre pluie elles disposent le terrain en arrachant d’abord les herbes et les racines, qu’elles ramassent en tas, pour les brûler dans le même lieu. Ensuite, à la première pluie elles remuent la terre avec une espèce de truelle fort légère , qui est soutenue par un manche d’un pied de long. A mesure qu’elles ouvrent le sillon d’une main , elles y répandent de l’autre les semences , qu’elles portent dans un sac à leur côté. Pendant cet exercice, elles sont obligées de porter leurs enfants sur leur dos, pour les garantird’une multitude d’insectes qui sortent de la terre comme par enchantement. A cet effet, elles se servent d'une espèce de hamac qu’elles ont autourdcsépaules : l’enfant s’v tient assis, et embrasse de ses petites jambes la ceinture de sa mère.
gulièrcmcnt avec la hauteur, et présente ainsi jusqu’à huit étages ou régions superposées : i° région des palmiers et des bananiers , qui s'élève jusqu’à Cou mètres au-dessus du niveau de la mer; a0 région des fougères et des figuiers , située entre 6oo et i,a5o mètres; 3° région tles mrrtées et des lauriers, entre i,a5o et î ,900 mètres; 4° région des bois toujours verts , entre 1,900 et 2,5oo mètres ; 5° région des bois dont les feuilles tombent périodiquement, entre 2, Sou et 3,200 mètres; 6° région des conifères ( pin et sapin ), entre 3,200 et 3,5oo mètres; 7" régioà des arbustes alpins, entre 3,5oo et 4,200 mètres; 8° règiorf des herbes alpines, outre 4,200 et 5,1 00 mètres. Toutes ces espèces végétales, qui forment sur les montagnes tropicales autant de gradins distincts et très-rapprochés, peuplent tout le continent depuis l'équateur jusqu'aux pôles. C’est ce qui avait fait dire A M. de Mirhcl qu’on pouvait considérer les deux hémisphères, boréal et austral , comme deux montagnes soudées par leur hase.
(1) Churchill’» Collection, tom. I, p. 070.
Lorsque le temps de la moisson est arrivé les femmes font différents tas de chaque espèce de grains. On commence d’abord par donner au chef ce qui est nécessaire pour sa subsistance ; ensuite on met à. part ce qu’on destine à l’ensemencement des terres pour la saison suivante; le reste se divise entre les habitants, suivant le nombre qui se trouve dans chaque cabane.
L’herbe est toujours verte dans ces contrées. Si on la brûle, sans l’arracher, elle repousse aussitôt. Les territoires de Batta et de Pcmba passent pour les plus gras et les plus riches en pôturages.
On cultive au Congo et dans l’Angola plusieurs espèces de céréales. Le froment d’Europe y vient très-bien en paille et en épis très-longs, mais vides. Les pailles sont si hautes, dit Cavazzi, qu’elles eachentun homme à cheval. On a remarqué le même résultat en Amérique.
Une remarque générale, sur laquelle on n’a pas suflisamment insisté, c’est que nos céréales ordinaires, qui toutes sont des plantes annuelles, ont sous les tropiques une grande tendance à devenir Disannuelles et vivaces.
Les habitants 11’estiment pas beaucoup le riz, qu’ils nomment manpunni (1). Il y est en si grande abondance, qu’on ne lui donne presque pas de valeur. On sait que le riz donne par la fermentation une liqueur spiritueuse, Yarak. Les anciens connaissaient déjà cette liqueur, que les Grecs appelaient vin de. riz, vive; opuîr; ( Aristot., llist. Animal ., VIII, 25).
O11 cultive aussi au Congo différentes espèces de holcus et de panietnn, encore mal déterminées. On y voit aussi une variété de mil blanc, nommé mazza di Congo ou blé du Congo, ainsi que du maïs qu’on appelle mazza manptdo
(1) Le riz ( oryza saliva, L.) est, selon toute apparence , originaire de l’ilindoustan. Sa culture est fort ancienne dans le midi de l'Asie et en Afrique (Égypte). Aristote ( Histor. Anim., VIII, 25) et Dioscoride(3/of. me et. , II, 117) en parlent sous le nom d opuÇa. Théophraste (Hist, Plant., IV, 5) l’appelle ipJÏcv. — Les o. monlnna , Lour, et o. subulata, Sello, ne sont probablement que des variétés dégénérées du ri z cultivé.
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ou blé portugais. Cette céréale est si commune au Congo, qu’elle sert, suivant le témoignage de Lopez, à la nourriture des porcs.
climat; maladies.
On sait que dans toutes les terres comprises entre l’équateur et les tropiques on divise l’année en deux saisons principales, celle des pluies et celle de la sécheresse. Entre l’equateur et le tropique du capricorne, la saison des petites pluies commence en octobre et finit dans le mois de novembre ; il pleut de temps en temps et peu à la fois. Niais vers la tin de février commencent les raudes pluies, qui durent jusqu’à la fin 'avril. Alors des nuages électriques troublent l’atmosphère, le tonnerre ne cesse de gronder, et l’horizon est comme embrasé. Ea pluie tombe à grosses gouttes et par torrents; tous les fleuves débordent, les rivières dont le lit était à sec s’enflent, et la terre, qui pendant plus de six mois avait été échauffée par Jes rayons brûlants du soleil , exhale des vapeurs malsaines, en grande partie cause de ces fièvres putrides auxquelles succombent la plupart des Européens.
Les pluies les plus fortes ont lieu dans les mois de mars et d’avril ; c’est aussi pendant ce temps que l’air est le plus chaud et le plus suffocant.
Ce qui distingue profondément les régions équinoxiales des régions tempérées c’est que dans les premières les phénomènes météorologiques ont une marche, infiniment plus régulière et plus uniforme que dans les dernières. Le soleil, sauf quelques légères différences, y reste douze heures au-dessus et douze heures au-dessous de l’horizon ; la quantité de chaleur que la terre reçoit pendant le jour est donc égale à celle qu’elle perd pendant la nuit par suite du rayonnement (I). Il en résulte que les tempé-
(t) Ceci est vrai lorsque le ciel est parfaitement serein , c’est-à-dire pendant la saison de la sécheresse. Mais lorsque le ciel est couvert, la chaleur ne pouvant pas librement rayonner vers l'espace, le gain l’emporte un peu sur la perte ; c’est ce qui explique ces chaleurs étouffantes pendant la saison des pluies ; elles seraient intolérables si elles n’etaient pas un peu tempérées par l'évaporation de l’eau.
28e Livraison. (Congo.)
ratures moyennes delà journée, du mois etde l’année sont à peu près toutes égales entre elles. Cest ainsi qu’à Quito, ville exactemeutsituée sous l’équateur, la température de l’hiver est de 15°,6 et celle de l’été également de 15°, 6, bien que cette ville soit située à une hauteur considérable au-dessus du niveau de la mer. A Candy (île de Cevlan) la température moyenne hibernale est de22'\l , la température moyenne estivale de 22°, 9, et la température moyenne annuelle de 22", 8.
Dans les contrées tropicales, les lignes isothermes sont donc sensiblement parallèles aux lignes de latitude.
Cette régularité existe aussi pour les lignes iso-géo-thermes. La couche invariable du sol s’y trouve, suivant lioussingault, à environ un pied de profondeur. La température moyenne est de 27°, 5 , qui est aussi celle de l’ai r sous la zone torride. Ainsi, la température de l’air y est aussi peu variable que celle du sol. A cette constance du climat on peut ajouter la régularité des variations diurnes barométriques. Si l’on observe le baromètre pendant un ou plusieurs jours, d’heure en heure, on remarquera des oscillations régulières , c’est-à-dire que le mercure baissera a certaines heures pour's’élever à d’autres. Sous l’équateur ces oscillations ont assez d’amplitude ( environ 3 millimètres), et sont si régulières que le baromètre y pourrait servir de montre; c’est pourquoi M. de flumbolilt leur a donné le nom d 'heures tropiques. Il y a deux minima et deux maxima dans l’espace de vingt-quatre heures. Le premier minimum est à quatre heures après midi , le premier maximum à onze heures du soir; le deuxième minimum à quatre heures du matin, et le deuxième maximum à dix heures du matin. Cette régularité diminue avec la latitude.
Il est facile.de comprendre que les variations thermométriques diurnes ( dont le minimum a lieu un peu avant le lever du soleil , et le maximum vers deux heures après midi ) doivent être bien plus régulières dans ces contrées que dans nos Climats. Il en est probablement de même des variations électriques diurnes , bien que les observa-
iQogle
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tions directes nous manquent ici. Enfin , tout y est régulier, jusqu’aux vents (vents alisés), dont la direction constante est du nord-est dans l'hémisphère boréal, etdu sud-est dans l’hémisphère austral; leur direction change de plus en plus à mesure qu’ils s’éloignent des tropiques.
Les Nègres du Congo divisent l’année en douze mois , à compter du mois de septembre, c’est-à-dire de l’équinoxe d’automne. Leurs mois sont lunaires, et, à l’aide de certaines intercalations , ils se rencontrent assez juste avec l'année solaire. Ils nomment le mois de septembre beyi camochi, premier mois , ou begl cambanda, mois voisin des pluies. Ils partagent leurs mois en semaines, composées de quatre jours chacune ; ils les appellent suone. Les trois premiers jours sont toujours ouvrables; le quatrième est consacré au culte des idoles. Les douze mois de l’année se partagent en trois saisons, appelées massanza, nsasu, eccendl.
Plus d’un Européen a succombé à l’insalubritéduclimatdeces contrées. Les effets de ce climat meurtrier se font surtout sentir sur le sol bas et marécageux desîlesdel’embouchure duZaïre. C’estce qu’avaient déjà constaté les missionnaires. Ces religieux affirment que tous ceux d’entre eux qui se transportaient dans les îles du Zaïre, pour y prêcher l’Évangile, étaient certains d’y laisser la vie. Quand ils allaientdepuisen mission dans ces contrées, ils avaient soin de s’arrêter dans la banza ou ville la plus proche des rives du Zaïre : au lieu de se rendre dans les îles , ils faisaient venir vers eux les Nègres qui y habitaient.
Dans quelques baies de la côte l’eau a une teinte rouge, comme si elle était mêlée de sang; cette teinte paraît être due à la présence d’innombrables animalcules microscopiques, qui par leur putréfaction empestent l’atmosphère.
Les fièvres intermittentes et continues pernicieuses, si communes dans ces pays, sont généralement traitées par ['empirisme le plus routinier. Les mêmes écorces, les mêmes racines et les mêmes huiles sont indifféremment appliquées au traitement de toutes les maladies. A ces remèdes il faut joindre les amulettes
et les cérémonies des sorciers, qui sont les médecins du pays.
La syphilis est une des affections les plus invétérées chez les Nègres du Congo. Selon Cavazzi, ce sont les Portugais ou les Espagnols qui l’ont transportée d’Amérique en Afrique. Ses effets sont terribles sous le ciel brillant des tropiques. L’incontinence continuelle des habitants, leur imprévoyance et leur ignorance en médecine en augmentent encore les ravages. « C’est un spectacle digne de pitié, dit Cavazzi, de voir la quantité de gens qui sont atteints de cette douloureuse maladie. Leur état de nudité laisse à' découvert les ulcères affreux dont ils sont rongés. On en voit quelques-uns sans nez, sans lèvres, sans oreilles; d’autres dont les chairs des épaules, des bras, des jambes et des cuisses sont entièrement consommées; d’autres enfin, couverts de maux infectes comme les lépreux, ou brûlés d’un feu interne qui les dévore. A ces maux ils ne gavent apporter que des remèdes qui aggravent les souffrances du malade, sans en détruire la cause. Les caustiques violents, les scarifications et les boutons de feu , et quelquefois Je ebicongo ou bois de saudal gris , sont les seuls moyens curatifs que leur fournisse leur science médicale. »
Les Nègres du Congo sont aussi sujets à des diarrhées pernicieuses, qui n’épargnent pas les Européens et qui causent souvent la mort. Le remède le plus ordinaire qu’ils appliquent à ce mal est de lier fortement le corps du malade sur le nombril avec une ceinture, et de l’oindre d’huile de monamoni ( riclnus patina Christ l ). Pendant l’application de ce remède ils nourrissent le malade de fruits de nicoffo et de chirico, bouillis dans l’eau, ou cuits sous la cendre. Ces fruits sont acerbes et astringents. — La petite vérole y paraît être aujourd’hui moins violente qu’autrefois. — Une infirmité assez commune est une tumeur qui se forme au bas du ventre. Ce mal est si douloureux, que le malade est saisi de convulsions tétaniques, et tombe dans une espèce de rage. 11 attaque principalement les habitants du littoral et les navigateurs que les calmes arrêtent longtemps sous la ligne.
Les indigènes d’Angola sont quelque-
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fois affligés d’une maladie qu’ils appellent bitios , dont les symptômes sont une grande prostration, avec aes maux de tête et des faiblesses dejamnes. accompagnes de vives douleurs. Elle leur fait aussi enfler les yeux, qui semblent sortir de leurs orbites. Leur remède favori est de se laver soigneusement l’anus, et d’y mettre un suppositoire de citron, qu’ils gardent aussi longtemps qu’ils peuvent le supporter. Si l’application de ce remède est assez prompte ils n’ont pas besoin d’autre secours. Mais si on a laissé au mal le temps de se fortifier, ce qui se reconnaît aisément a l’enflure du rectum , on fait tremper pendant deux heures des feuilles de tabac dans un mélange de sel et ue vinaigre , on les pile dans un mortier, et on les applique au fondement. L’effet de ce reinede est si violent que deux hommes suffisent à peine pour tenir ie malade pendant l’opération
Le bitios a de l’anaiogie avec une autre maladie décrite par Braun :
elle consiste dans la présence ne petits vers, qui ne sont pas plus gros que les vers du fromage; ils s'eugenarent sous les ongles et è l’orifice du rectum. Dans un espace de trois a quatre jours ces vers parviennent à ronger les chairs de manière à produire à l'auus une ouverture où l’on pourrait fourrer ie nuing.
Au bout de neuf jours cette maladie cause la mort. Le meilleur remède est d’introduire dans l’anus un citron coupé par moitié : l'acide du citron tue ces dangereux animalcules. Cette maladie est d’autant plus à craindre , au’on ne s'aperçoit souvent de son invasion que lorsqu'il n’est plus temps d’y porter remède.
I,es Nègres d’Angola sont quelquefois atteints d’une affection qui leur affaiblit la vue au point de les aveugler. Ils sont aussi sujets à des maux de jambes, qui deviennent presque incurables. Ils ne le sont pas moins a la maladie que les Indiens appellent béribéri, sorte de paralysie des membres.
Le boasi est une espece ue gangrène du nez , des mains , des pieds , des oreilles, et qui se propage d’articulation en articulation, avec d’atroces douleurs.
L ’embasser est un autre mal. fort
commun dans l’Angola; il est accompagne de l'endurcissement de la rate ; il rend le teint jaune et le corps pesant. Les Nègres le guérissent par des bouillons composés de la racine d’un arbre qu’ils nomment embotta.
Ce st parmi les Nègres du Loango u'on rencontre cette variété bâtarde 'hommes connue sous le nom d 'Albinos (l.eucsethiopes , Kakertacks). Ces albinos, ainsi que leur uom l'indique, se font remarquer par la couleur blanche de leur peau et de leurs cheveux , et par leurs yeux rouges, dont la prunelle, dépourvue du pigment noir, laisse voir les ramifications déliées des vaisseaux sanguins. C'est au défaut de ee pigment qu’est due sans doute la sensibilité excessive de leurs yeux à la lumière : l’iris offre sans cesse de petites contractions convulsives, qui aux moindres variations de la lumière resserrent ou dilatent l'ouverture de la pupille. Dans quelques cas la vue est plus forte à la clarté de la lune que pendant le jour
On sait que les enfants des Nègres naissent avec la peau blanche, qui ne commence a se colorer qu’au bout de quelques jours. On peut donc considérer l'albinisme comme un arrêt de développement , dû à des causes encore inconnues. Quelques naturalistes ont prétendu que la blancheur des albinos est un effet de l’imagination des mères. Vossius s’est imaginé que ce sont des lépreux. « On en voit, dit-il, assez communément parmi les Maures qui habitent des lieux chauds et secs, et a force d’onctions les Nègres empêchent que leur maladie ne se déclare plus visiblement par des taches. »
Les Negres blancs du royaume de Loango s’appellent doudos ; ifs sont, dit Batte!, élevés dans les pratiques de la sorcellerie, et servent de sorciers au roi, qu’ils accompagnent sans cesse. Ils sont respectes de tout le monde. S’ils vont au marché, ils peuvent prendre tout ce gui leur contient. Battel en vit quatre a la cour de Loango.
L’alhinisme n’existe pas seulement parmi les Nègres : on le retrouve chez tous les peuples du globe, et même chez les Européens. Mais il paraît avoir été observé plus fréquemmeut que partout ailleurs chez les Américains de l'isthme
L’UNIVERS
de Panama (1), et parmi les Nègres du Loango et de Biafara (2).