‹ Afrique australe, Cap de bonne-espérance, Congo, etcChapitre 6 sur 65 · VII. Ruminants · texte numérisé non relu

VII. Ruminants

24 Antilope euchore ( Forster).

25 Antilope tragulus ( Forster).

26 Antilope traguloides ( Ogilby), espèce

nouvelle.

La collection d'oiseaux que M. Alexander a rapportée de son voyage dans l’intérieur de l’Alrique australe se Compose de trois cent vingt individus, et de cent vingt-cinq espèces, dont quelques-unes sont très-rares ou entièrement nouvelles.

(i) E. Alexander, Expédition of discovery into the interior of Africa , elc. ; London, i838, vol. II, p. 159. — Ces nouvelles espèces ont été en grande partie déterminées par MM. Ogilby et Waterhousc.

L'UNIVERS

Dans l’ordre des Rapaces, ou oiseaux de proie, on remarque trente-quatre individus et seize espèces , savoir : deux vautours, Neophron percnopterus , et N. monachus; trente-deux (dix espèces) de faucons, parmi lesquels il y en a un d’une grande beauté, à gorge rouge et à queue blanche , et un autre non moins remarquable par la petitesse de sa taille (il est de moitié aussi gros qu’un moineau), par la couleur rouge de son dos et sa queue tachetée; onze hiboux ( quatre especes), l’un du genre Surnia , deux du genre Scops et un du genre Athene. — L’ordredes Pereheurs comprend soixante-dix espèces, savoir: parmi lesûssirostres, une espèce de Caprimulgus, deux espèces de Coracias, dont l’une perche , d’après ce que racontent les indigènes, sur la corne du rhinocéros. Ces exemplaires sont très-intéressants en ce qu’ils formerit en quelque sorte la limite méridionale de ces belles espèces tropicales. Merops, deux espèces; Alcedo , une. Dans la tribu des dentirostres , on remarque des individus appartenant aux genres suivants : La ni us (deux espèces), Crateropus , Petrocincla , Saxicola , Ixos. Les genres Euplectes, Estrilda, Amadina, Ploceus , Pastor, Lamprotomis et Corout se trouvent richement représentés dans la tribu des conirostres. Eufin, les genres Col tus, Jiucco , Picus, Corythaix (très-rare), Agapornius, Upupa, lihinopomastus , Cinnyris, etc. .ontégalementdes représentants daus la collection de H. Alexander, Cette collection n’est pas aussi riche en oiseaux de l’ordre des Palmipèdes.

Parmi les nouvelles espèces que M. Alexander a fait connaître, et qui probablement ne sont pas encore connues de tous les ornithologues, nous nous bornerons à décrire les trois suivantes :

Petrocincla brevipes ( Waterhouse).

— Famille des Mérulidés (dont le merle est le type); cou et dos gris cendré; sommet de la tête gris blanc; cette couleur s’étend jusqu’au cou, où elle se confond avec celle du dos; ailes et queue d’un gris foncé ; le dessous des ailes et de la queue est, ainsi que tout le ventre , d’un brun orange luisant ; les deux plumes centrales de la queue, noires ; pattes et bec noirs.

Pouc. llg.

Longueur totale (mesure angl.) 7 O

— de la queue 2 10

— du taise 1 o j

— du bec 1 o j

— de l’aile 4 3

Il habite les montagnes du pays des Damaras M. Waterhouse lui a donné le nom de brevipes pour le distinguer des autres espèces du même genre (P. per$picax et P. explorator), dont les tarses sont pius longs.

Lanioturdus torquatus (Waterhouse). — Famille des Laniodés. Couleur généralement grise; tête noire; bande frontale blanche; gorge blanche; ailes noires; une grande tache blanche à la base des remiges ; queue blanche ; les deux plumes centrales marquées de blanc a la pointe; ventre blanc; bec et pattes noirs.

Pouc. Llg.

Longueur totale (mesure angl.) 6 0

— de la queue 1 9

— du tarse 1 2$

— du bec 0 11

— de l’aile 3 6

En caractérisant cette espèce voisine de celle des grives , M. Waterhouse a été obligé d’établir en même temps un genre nouveau {lanioturdus).

Francotinus adspersus (Waterhouse). — Famille desïétraonidés. Dos gris foncé; remiges brun foncé nuancé de brun clair; pattes et bec rouges; tarse court.

Pouc. Llg.

Longueurtotale(mesureangl.) 13 0

— du bec 1 1

— du tarse 2 0

Cette espèce habite le pays des grands Namaquas. Pour l'établir, AJ. Waterhouse n’a eu à sa disposition qu’un individu femelle.

L’hypothèse de Lamarck , d’après lauelle il existerait, pour chaque famille e plantes, un point central, se trouve exactement confirmée par la flore de l'Afrique austiule. Trois familles, les Oiosrnees , les Protéacées et les Hestiacées , caractérisent essentiellement la végétation du Cap. Ces plantes, qu’on voitdisparaitre graduellement vers les bords du Gariep , sont, comme les Hot-

tentots , les véritables indigènes du cap de Bonne- Espérance.

Les especes de filantes recueillies par M. Alexander ont été déterminées par le célèbre botaniste Bindley. On y remarque deux Pappophorum , plante à feuilles grises et à grandes fleurs, appartenant à la famille des Solanacées ; plusieurs espèces d’Aeantbacees , dont une à fleurs bleues luisantes et à feuilles épineuses , se rapprochant des Barleria et des Acanlhodium ; Yüloptera BurcheUii, belle espèce rare, rapportée au genre Sesamum ; deux arbres appartenant à différentes espèces du genre Ficus ; plusieurs Amaranthacées, et une nouvelle espèce â'Aplosimutn. Mais, de toutes les plantes la plus curieuse est celle que les indigènes appellent Naras ; son fruit est épineux, de la grosseur d'une orange; mais il a été impossible d’en déterminer le genre et l’espèce. Elle ressemble singulièrement au Schepperia juncea; mais elle en diffère complètement par ses graines, qui présentent l’aspect de celles des Cucurbitacées.

Parmi les voyageurs anciens qui ont fait une étude spéciale de l'histoire naturelleduCap, nous citerons Sparrmann, Thunberg, Levaillant, et surtout Lichtenstein, Parmi les voyageurs plus récents, Burchell, Alexander, Harris, Smith, Krauss, méritent une mention spéciale.

Certains animaux sont devenus plus rares dans le voisinagedela colonie qu’ils ne l’étaient autrefois. Ainsi. Tîle de Robben (Ile des Veaux-Marins), dans la baie de la Table, ne fournit plus qu’un •petit nombre de phoques, depuis qu’elle est habitée. Cette espèce de phoques est la même que celle que Sparrmann a examineeavecForsterà la Nouvelle-Zélande, ù la Terre de Feu et à la Thule du Sud. Sa chair, quoique noire et d'un aspect désagréable, a un assez bon goût. Sa peau a peu de valeur au Cap; on en fait de petits sues qui ont, dit-on , la propriété de conserver le tabac toujours humide et frais. Du temps de Sparrmann, ou pêcha, dans False-Bay, une torpillle (/lato torpédo). On mange au Cap une sorte de limaçon de mer ou pétoncle, nommé Ktipkaus (tJaliotis de L. ), qui a depuis un demi-pied jusqu’à un pied et demi dediamètre. Ce mets est insipide;

on peut dire la même chose du Sepia loligo et du Sepia octopodia , dont on fait du bouillon, et qui soûl connus des matelots sous le nom de Poisson noir ou de Chat de mer, et des Anglais scusle nom de Caille fish (1).

Thunberg , disciple de Linnée , porta plus particulièrement son atteution sur l’étude des végétaux. Il remarque que les fleurs de l’Afrique australe ont des couleurs très-variées , principalement vers leur partie supérieure, tandis que la partie inférieure est presque toujours d’une seule couleur. Il signala le premier l’espèce d’aloès à laquelle Patterson a donné le nom A'Aloe dichotoma (3).

Cette plante est nommée par les Hollandais Koker-boom, ou arbre à carquois, parce que c’est avec son bois que les naturels font leurs carquois. Patterson a mesuré ' plusieurs de ces aloès , qui avaient douze pieds de circonférence et plus de vingt pieds de hauteur; le circuit des branches avait plus de quatre cents pieds à leur extrémité. Les fleurs en sont jaunes. L’aloès dichotome habite principalement les bords de la rivière Koussie ou Zand-Rivier (3).

Lichtenstein est un des voyageurs qui, avec Burchell et Krauss , ont le mieux

(>) Sparrmann, JUi se uaeh dem V orgeUrge derguten Hoffnung , etc., avec une prélace par Forster; Berliu, 1784, < vol. iu-8°. — Traduction française ( Par âge au cap de Bonne- Espérance, etc.), par le Tourneur, 17S7, a vol. in-4”. — Sparrmann, savant naturaliste suéduis, fit, avec Forster, partie du voyage de Cook dans la mer du Sud. Il arriva au Cap le 3o avril 177a. — Thunberg a donné le nom de Sparrmann ( Sparrmannia africana) à un genre d’arbres de la famille des Tiïiacées.

(a) Thunberg, Resa uti F.uropa, Aùa, Africa, i aaren 1770-1799; IJpsala, 1788- <793, 4 vol. in-8*; trad. Iranç. par Langles, avec des noies par Lamarck; Fa ris, 1796, 4 vol. in-8“ , ou a vol. iu-4". — Thunberg se trouvai) au Cap eu même temps que son compatriote Sparrmann. Linnée a donné, en l’honneur de Thunberg, le nom de Thunhergia à un genre de 1a famille des Acanlhaeées.

(3) Pallersnn, Narrative of four journeys into the country of the Hottentots and Cafraria, in the years 1777-1779; London, 1790, in-4°. — R. Brown a donné, en honneur de Patterson, le num d ePattrrsonia à un genre de plantes bulbeuses de la famille des Ii idées.

82 L’UNIVERS

fait connaître la flore et la faune du Cap.

« La végétation, dit Lichtenstein, est si rapide auCap, qu’un ehênedevingt-quatreansadéjà huit pieds de circonférence; c’est que la nature ne se repose qu’un mois ou six semaines , et la température ne s’abaisse jamais au point de congélation. Cette pousse rapide se fait aux dépens de la solidité : le chêne même n’a que son noyau de ferme , le reste est léger; le sapin ne peut servir à cause de sa porosité; beaucoup d’arbres d’Europe, tels que le tilleul, l’orme, l’aune, ne supportent point ce. climat hâtif; plusieurs de nos arbres fruitiers , tels que le cerisier, le prunier, le pommier, le poirier, ne donnent que des fruits médiocres. Cette dégénération se manifeste également chez les animaux d’Europe naturalisés dans cette contrée, particulièrement chez les chevaux ; on croit même l’observer dans le caractère physique et moral de la race humaine colonisée sur ce sol (1). »

Il existe dans le voisinage des montagnes du Roggeveld une immense plaine qui offre les phénomènes de végétation les plus singuliers (2). C’est le désert de Karrou (3), à l’entrée duquel croît en abondance le kaèree-hout ou Mus vint ina le (4).

On en évalue la surface à un millier de milles carrés; sa pente se dirige un peu vers le sud , et les rivières qui le traversent suivent cette direction en coupant la chaîne de montagnes qui séparent le Karrou des terrains fertiles de la côte. La hauteur moyenne de cette plaine au-dessus de la mer est de mille pieds. Le sol consiste en un mélange d’argile et de sable, plus ou moins imprégné de parcelles ferrugineuses; cette terre provenant de la décomposition des roches couvre légèrement le roc nu ; en été elle acquiert presque la dureté de la brique;

(<) Lichtenstein, Reise im süditdien Afrika indcn Jahrea i8o3-i8o6; Berlin, t8ia,in-8°.

(a) Les montagnes qui bordent le Karrou au nord s’appellent le Roggeveld ; celles qui le bordent au sud , les Bokkeveld.

(3) Karroo ou Karrou, mot hottentot qui signifie aride.

(4) Arbre qui' pour son porte! son feuillage , ressemble au saule. Les naturels ( Boschjrsmans) font leurs arcs avec les braucbes de cet arbre.

alors la végétation disparaît , et il n’y a que les mésembryanthèmes et quelques plantes mudlagtneuses qui résistent à la sécheresse, ainsi que les bulbes des Liliacéesetlesracinesdequelques plantes que la nature a protégées par une enveloppe de fibres ligneuses. Quand la saison commence à se rafraîchir, ces fibres, s’imbibant d’humidité, segonflentet soulèvent l’argile, en sorte que le germe de la bulbe peut se développer ; aussi, quand les pluies viennent à tomber, la végétation est prête; et en peu de jours l’immense plaine se couvre d’un tapis de verdure; quelques jours encore, et on voit se développer des milliers de grapes et de bouquets de fleurs. Les mésanryanthèmes et les gorteries déploient leurs corolles radieuses à couleurs ardentes. Le fond vert de la plaine devient tout bigarré. Toute l'atmosphère est embaumée ; dans les temps calmes, après le coucher du soleil, un air chaud et aromatique continue de s’étendre sur cette végétation brillante. A ce moment , le Karrou cesse d’être un désert. Des troupesdecigognes etd’antilopes descendent des hauteurs ; le colon échange les plateaux couverts de neige contre les gras pâturages printaniers de la plaine. Les habitants du Bokkeveld viennent s’établir dans l’ouest du Karrou , auprès de ceux du Roggeveld ; on renouvelle connaissance et on redevient voisin pourune saison. La surveillance des troupeaux est facile : aucune brebis ne s’égare, aucun bétail ne court risque de tomber dans les précipices; on n’a pas à redouter le lion, le tigre, ou l’hyène, car il n’y a point de repaires pour ces animaux féroces; on ne craint pas davantage les épidéifiies : la végétation du Karrou offre une pharmacie pour toutes les maladies d’animaux. Enfin , on ne connaît pas ici les querelles au sujet de la propriété : le desert est assez vaste et appartient à tout le monde; les prés émaillés de fleurs ont de quoi nourrir tous les troupeaux qui y arrivent. Malheureusement le luxe que la nature prodigue au désert est de courte durée ; la végétation n’y est dans toute sa magnificence que pendant un mois, à moins que des pluies inespérées ne viennent la prolonger encore. La force progressive des rayons solaires et l’accroissement des jours flé-

trissent promptement la parure végétale du sol; les fleurs tombent, les tiges se dessèchent; l’écorce de la terre, en se durcissant, étouffe les nouveaux germes ; les troupeaux ne trouvent plus de pâture. Les rivières se réduisent; les sources donnent à peine un petit filet d'eau ; elles finissent par tarir, et avertissent le colon qu’il est temps de regagner les plateaux des montagnes. Quelquefoisil tarde encore , et les brebis, habituées à la soif, se nourrissent des feuilles succulentes des mésembrvanthèmesetd’autresplantesde ce genre. Cependant, peu à peu, on abandonne le Karrou; vers la lin de septembre, ce n’est plus qu’un désert. L’argile durcit, se crevasse profondément sous les rayons dardés à plomb par un soleil d’Afrique. La verdure a disparu : s’il reste encore des plantes ( Atriplex albicans, Galenia aj ricana (1), plusieurs espèces de Pélargonium , de Polygala , Salsota, Salicomia , etc.), elles se revêtent d’une teinte grise; une poussière noirâtre, cendre des végétaux desséchés, couvre un sol dur et rougeâtre; elle sert, l’année suivante, d’engrais aux jeunes plantes dont la semence repose dans cette couche de plantes brûlées (2).

Le Karrou, ou plutôt les montagnes qui le bordent, forme la limite des Diosmées, des Éricacées, des Proteacées etdes Restiacées, plantes caractéristiques de la flore du Cap.

Des rivières, des baies, etc., doivent leurs noms à des circonstances d’histoire naturelle. Ainsi, la rivière de Pisang (Pisang-Rivier), près de la baie de Plettenberg, tire sa dénomination du Pisang sauvage ( Slrelitzia angusia). On prétend que ce pays est aussi la patrie de la belle plante Slrelitzia reginæ , justement admirée en Europe. Depuis la Mossel-Bay on ne voit plus d’aloès :

cette plante cesse de croître là où commencent les forêts et les terres aigres; mais on retrouve sur les montagnes arides , au nord de la baie de Piettenberg , les petites espèces dont les feuilles ne donnent pas de bon suc; la véritable

(i) Petit buisson qui aime les terrains arides. Il a la propriété de teindre en vert les jambes des bestiaux qui y marchent.

(a) Lichtenstein , Reise im südlichen Afrika, etc.

a* Livraison. (Afrique Australe.

espèce, Aloe per/oliata, est la propriété exclusive du pays de Zwellendam et de quelques terrains plus éloignés (Lichtenstein).

La rivièredeKeureboom(Keureboom- Rivier), qui sort des montagnes de Lange- Kloof (1) ( près de Plettenberg), est ainsi appelée à cause d’un arbre ( \eSophoraou Podaliria capensis ) (2) qui en garnit les bords. Quand celte rivière grossit, elle interrompt les communications entre le Lnnge-Kloof et la baie de Plettenberg.

Lichtenstein trouva , parmi les végétaux des montagnes, plusieurs espèces de Brunia (3) et de Phylica (4), dont les fleurs odoriférantes avaient attiré une foule de beaux scarabées. Une espèce d’abeilles, particulière a ces montagnes, tire du suc des fleurs delà Brunie un miel blanc, très-liquide, d’un goût délicieux, qu’elle dépose dans le creux des arbres et dans les fentes du roc (5). Les colons s'en servent au lieu de sucre.

La Mossel-Bay (6) doit son nom à une grotte de coquilles (Scbulpegat) fort remarquable. Cette grotte s’enfonce sous les rochers qui , s'avançant dans la mer, forment le cap Saint Biaise; et ce n’est pas sans danger qu’on parvient à l’entrée , qui ressemble à une large voûte. A cinquante pas au-dessous de la grotte, la mer se brise sur les rochers ;

(i) Lange-kloof, mot hollandais qui signifie long défilé.

(а) Cette plante est probablement identique avec celle que Burcbell a rencontrée près de Graff-Reynelt , et qu’il décrit sou, le nom de Sophora sylvatica: arbor puleherrima, subtrigenti-pcdalis , glnbra.

(3) Burcbell ( Travels in rite interior of A Jrica) a collecte aux environs du Cap les espèces suivantes de Brunia : B. abrotanoides , B. nodiflora , B. squarrosn.

(4) Les espèces de Phylica décrites parBurchell sont : P. buxifolia , P. Plumosa , P. secundo,‘P. stipulons.

(5) Suivant Burchell , cette espère d’abeille diffère peu de l’espère que nous voyons dans nos climats. On pourrait tirer, au Cap, un grand parti de l'éducation des abeilles qui abondent dans la colonie et aux envirous. Les Hottentots font la chasse au miel sausage , en brillant des branches d'arbres vertes, pour produire une épaisse fumée à l’entrée des cavernes où les abeilles ont déposé leur miel.

(б) Mossel signifie coquillage.

L’UNIVERS

mais à la haute marée ces roches sont couvertes par les flots. Le sol de la grotte est forme par une couche épaisse de coquilles. Barrow croit qu’elles y ont été apportées par les oiseaux ; cependant on ne voit pas de coquilles dans une autre rotte moins grande , qui se trouve auessus de celle-ci. On n’aperçoit, d’ailleurs, sur ces rochers d’autres oiseaux de mer que des hirondelles nichées dans les fissures des roches. En général, les oiseaux de mer qui fréquentent ces côtes préfèrent dévorer leur proie sur la plage , et n'habitent point le haut des rochers. On ne peut p is admettre non plus que le niveau de la mer ait été élevé autrefois jusqu’au sol de la grotte, et que les vagues aient apporté ces coquillages. Lichtenstein pense que ces coquilles proviennent de la nourriture des Hottentots qui ont pu habiter autrefois la grotte de Schulpegat. Il contredit formellement l’assertion de Barrow, qui prétend qu’au Cap les testacés vivent maintenant encore dans de pareilles cavernes.

Le long des roches qui forment la grotte , Lichtenstein trouva une espèce de lichen qui , selon les habitants , pourrait fournir unecouleur bleue pour la teinture ; elle lui parut pourtant avoir peu d’analogie avec les deux espèces employées dans la teinture, le Lichen parellus et le Lichen roccella. A une hauteur de cinquante mètres au-dessus de la mer, le sol était couvert de végétation ; on y remarquait I ' Arduinabispinosa (1), de belles espèces de Pélargonium. (2) , de Hhus , de Zygophyllum (8), etc. Toutes ces plantes étaient grandes et vigoureuses. Vasco de Gaina aborda à Mossel-Bay

(i) Arbrisseau de huit à dix pieds de haut, armé d’épines très-forles. Il produit des grappes de petites fleurs blanrhes ayanl la forme et l’odeur de celles du jasmin. Ses fruits sont des baies semblables à celles de l'épine-vinette. Les Holteniots les mangent, et donnent au végétal le nom d e’itum'num.

(a) Les espèces de Pélargonium observée» par Burchell sont : P . angulostun , P. grosstdarioides , P. melananthum , P. munitum , P. pinnatum , P. rapaceum , P. renifolium , P. saniculœ folium , P. iabulare , P. tragacanlhoiâes .

(3) Zygophyllum sessilifolium. Frutex tripedalis, ramoius.

en décembre 1497, et la nomma baie de Saint-Biaise, nom que les Hollandais donnent encore au promontoire. Cette baie servait autrefois de rendez-vous aux navires; mais, dans la suite, on préféra la baie de la Table.

Les racines du Cussonia spicata forment, pour ainsi dire, des forêts souterraines dans la baie de Saldanha. Ou voit, sur les bancs de sable laissés à découvert après la marée , des troupes de flamants se repaître d’insectes marins.

Sur les boras du Riet-Rivier on voit croître 1 ’Fuphorbia ojficinarum, plante qui acquiert ici une hauteur gigantesque, d;une dizaine de mètres, et dont chaque branche ressemble à un candélabre à plusieurs bras (1). Les pointes aiguës dont les branches sont armées lui ont valu , chez les colons , le nom de Moorlschedoornboom (épinier du Nord).

A quelques lieues de là, sur les bords de la rivière Van-Stade, il y a des mines de plomb dont les liions vont du nordouest au sud-est. Klaproth , à qui Lichtenstein en a apporté des échantillons , a trouvé, dans 100 parties de minerai, 83,2 de plomb, 13,3 de soufre, et des traces d’argent.

Les montagnes de Hottentotsch-Holland (HolIandUoUentotschj, qui dominent la False-Bay , ont procuré a Lichtenstein une riche collection de plantes. II y a trouvé une espèce de Gladiolus qui avait échappé à l’attention d’autres botanistes, et qui est estimé dans le pays à

(i) Burchell ne mentionne que les espèces suivantes à' Euphaibia : £. genistoides , £. luberosa, E. maurilanica, et E. tenax, B. VEuphorbia iube.ro sa est uue petite plante qui passe, dans la colonie, pour occasionner la strangurie à ceux qui ont mangé la viaudc des bestiaux qui s’en sont nourris. Thunberg attribua le même effet à VE. gcnisloides. VE. maurilanica forme des buissons d'environ un mètre de haut. Son suc laiteux entre dans le mélange avec lequel les Boschjcsmans empoisonnent leurs flèches. C’est une plante connue dans le Karrou; elle se plaît dans uu sol sec, rocailleux; il se fait reconnaître de loin par sa belle couleur vert ciair. L'A', tenax est une nouvelle espèce , ainsi caractérisée par Burchell : Suffruticosa , incrmis, glabra , ramosa , aphjila, sub-bipedalis . Kami teretes , ri ri de s, lactescentes, namsdi opposili. Inflo rescentia paniculata.

3gle

cause de son parfum délicieux (1). Wllldenow lui a donné le nom de Gladiolus papilionaceus. <■ En Europe , s’écrie ici Lichtenstein , on n’a pas d’idée du changement que produisent la chaleur et la

Eluie sur la végétation d’Afrique. Les ruyères s’élèvent sous ce climat à des hauteurs gigantesques, et se couvrent de Heurs de toutes les nuances du rouge; ce sont surtout les diverses formes des Protéacées justement nommées ainsi à cause de leur diversité, qui intéressent le botaniste : on les reconnaît à leur feuillage argenté et quelquefois laineux, ainsi qu’à leurs fleurs en grappes. Sur les hauteurs, ces plantes dominent parmi tous les autres végétaux ; on remarque surtout le Protea sceptrum, dont les fleurs s’élèvent droites à l’extrémité de chaque branche. Bien d’autres espèces sont particulières à ces hauteurs , et ne se trouvent môme pas dans la presqu’tlcdu Cap; tandisque quelques I’rotéacçes de cette presqu’île, telles que le Protée d’argent ( Protea argentea ) , n’existent nulle part que là. On remarque encore, sur ces hauteurs.de jolies bruyères à fleurs jaunes et à grosses fleurs d’un rouge vif ( Erica Petirerii et Erica Pluknetii). Sur le plateau de la montagne, une seule espèce de bruyère ( Erica lianksii) couvre les roches et tapisse de ses longs festons les fissures (2).

Le Paliuiet-Rivier, qui traverse les montagnesdenottentotsch-Holland, tire son nom du roseau appelé Palmitc ( Âcarus palmita ); son lit est rempli de limon , propre à la végétation des Juncées (3).

Sur la rivière Sans-Fin ( Zonder-eiul ) Lichtenstein cueillit beaucoup de plantes

(i) Cette espèce de glaïeul est peut-être identique avec celle que Hurcliell appelle G. trilunia , remarquable par sa couleur orange et son odeur extrêmement suave. Le G. eJulis IL est très-commun dans la grande plaine de Littakou. Les naturels en mangent la racine bulbeuse, connue sous le nom de Lituin ou lituing.

(a) Les Proléacées, si communes aux environs du Cap, disparaissent dans la région transgarlépine pour reparaître, après un intervalle de sept degrés de latitude , dans le pays des Nuakkelsis.

(3) Les eaux du Palmiet-Kivier, comme celles de la plupart des rivières qui ont leur source

intéressantes , entre autres 17 laUeria lucitta et \' t laUeria elliptica, qui portent des fleurs d’un beau rouge. A Zoete- Melks-Valley il trouva une bruyère, Erica urceolaris , de quatre à cinq métrés de haut. Arrivé à Zwellendain, il fit une excursion de botanique au Duivels-Bosch (bois du diable). Les bords de Rreede- Rivier (rivière large) sont embaumés par l'odeur camphrée des fleurs de Diosmées; dans le bois, d’immenses festons de Cynanr.humobtusi folium passentd'un arbre à l'autre (I). Les colons les nomment cordes aux singes, parce que ces animaux s’en servent pour s’élancer; les tiges de cette plante rampante atteignent quelquefois une épaisseur de plus de six centimètres de diamètre :

elles poussent toujours en avant, au lieu de pousser des rejetons latéraux : aussi une seule plante peut enlacer dix à douze arbres. Ce u’est qu’aux extrémités des dernières pousses que l’on voit des feuilles placées deux à deux. En Afrique, il ne saurait y avoir de bois que là où l’humidité est perpétuelle, dans les fissures des montagnes où l'eau s’infiltre, et sur les pentes abritées où le soleil ne peut exercer son pouvoir torréfiant. Là où les bois existent, ils deviennent euxmémes les protecteurs du sol, et empêchent l'humidité de s’évaporer. Voilà ourquoi tous les ravins couverts de ois donnent naissance à des ruisseaux dont l’eau a ordinairement une teinte brune provenant de la décomposition des végétaux.

Aux environs des sources thermales du Zwarteberg ( près de Zwellendam ) Lichtenstein trouva une espèce d 'Eucomis, dont les Heurs, en forme de ruches, touchent immédiatement les feuil-

au côté sud de la grande chaîne méridionale , ont une couleur brune comme du marc de café. Par la jonction des petits ruisseaux qui s’y jettent , ces rivières perdent peu à peu leur couleur désagréable, qui rappelle, comme dit lturchell, les eaux du Cocyte dont parlent les poètes : t'ocytus tinu alro. Cependant, celte eau , lorsqu’on la puise dans un verre, est limpide . bien qu’elle ne. permette pas de voir le fond des rivières, qui sont ainsi dangereuses à passer.

(i) Burcliell mentionne Cyunnchum filiforme et Cynanchum vimina/e .

L’UNIVERS

les, qui couvrent la terre, tandisque dans nos serres chaudes cette plante s’élève en tige; ce n’est pas la seule plante africaine qui, dans la chaleur artificielle des serres, perde sa forme primitive et s’élance au lieu de se consolider. I.e buisson à cire ( Myrica cordifolia, le ff-'achs-boschjes des colons ), qui croit également auprès des sources thermales du Zwarteberg, atteint dans les serres une hauteur de quatre mètres, mais sans produire de fleurs. Dans sa patrie, c’est une plante qui n’a pas un métré de haut, mais dont la tige est solide et ligneuse, et toute cachée dans les fleurs et les grappes; ce sont les baies de ces grappes qui, étant cuites, donnent une espèce d’huile ou graisse, laquelle, en se figeant, présente l’aspect d’une cire particulière, qu’on peut aisément réduire en poudre. On fait la récolte des baies au mois de novembre; six à sept livres de fruits donnent une livre de cire. On tire cette substance encore d’une autre espèce du même buisson, le Myrica ceri/era (t). Les colons ne mettent pas assez de soins à la préparation de la cire végétale ; aussi est-elle rarement trèspure. On la mêle à du suif animal pour en faire des bougies, parce que, seule, la cire végétale ne donneiqu’une lumière douteuse et une flamme bleuâtre. I.es Hottentots mangent les baies cireuses, et beaucoup d’oiseaux en sont trèsfriands.

Sur les pentesdes montagnesde Roggeveld, près du Sack Rivier, Lichtenstein rencontra d’innombrables buissons à résine, que les colons appellent Harpuisboschjes. La résine nui découle de cet arbuste, lors de la floraison, sert aux colons de baume contre les blessures :

elle est visqueuse, transparente, et a une odeur pénétrante. Thunberg ne parle pas de cet arbrisseau, qui, selon Willdenow , appartient au genre Cineraria (2).

Dans une vallée fertile , près de la rivière d’Orange ( dans les monts Kar-

(i) Les Myrica que mentionne Burchell sont : M . coraifalta , M. cethiopica , M. tjuer cifutia , M. serratn.

(a) Suivant Burchell, le buisson à résine appartient au genre Otiionna ( O. trifiiia, Tluinb. ?).

rec), Lichtenstein trouva des espèces inconnues, appartenant aux genres Justicia, Salvia , Acanthus, RoeUa , etc.

Diverses ,espèces de Lescinm et de Cesfrumavaient attiré de brillantsinsectes, entre autres le Ruprestrisinlerputicfata, un des plus beaux scarabées de l’Afrique méridionale, et le Gryllus mola , animal d'une forme très-singulière. Sur les buissons Lichtenstein découvrit une plante

ftarasite à laquelle Willdenow a donné e nom de ce naturaliste (1).

En se dirigeant à l’ouest, vers la contrée <les Betjouanas, Lichtenstein remarqua, sur les bords des ruisseaux desséchés, des espèces inconnues de Mimosa.

Plus loin, le pays était couvert de buissons de Tarchonatus camphoratus (2), que les Boschimans préfèrent pour s’y blottir. Les esclaves malais de la caravane mâchèrent avec délices les feuilles aromatiques de ce buisson, qui leur rappelaient, par le goût , les plantes de leur patrie.

Le Cap, comme la plupart des régions de l’Afrique et de l’Asie, est souvent infesté par des nuées de sauterelles. Le Vaillant et Lichtenstein en parlent. « Oïl croirait , dit ce dernier, apercevoir de la neige tombant à gros flocons. » En approchant d’une de ces nuées de sauterelles, il entendit un bruit semblable à celui d’une roue de moulin. L’air était presque obscurci par ces insectes; une quantité énorme étaient tombées à terre, et chaque mouvement de la caravane en abattait plusieurs. Toutes les sauterelles ue Lichtenstein ramassa étaient enommagées ; il en conclut que c’étaient les malades et les blessés de la troupe, auxquels, dans le vol, les voisins avaient cassé les cuisses ou les ailes; celles qui*olaient à une élévation d’une vingtaine de pieds étaient obligées de se reposer tous les cent pas ; d’autres volaient à une hauteur de vingt-cinq à trente mètres.

« La masse, dit-il, se dirigeait obliquement à l’égard du vent. Quoiqu’il n’y

(i) Le Liclitensteinia , qui est un sous-genre du Loranthiu de Linné.

(a) Le T. camphoratus est un arbrisseau d'environ deux mètres et demi de hauteur. Burchell a remarqué que les animaux s’abstiennent de brouter les feuilles d’aucune espèce de Tarcltonatus ni de Rhin.

AFRIQUE

eilt qu’une heure qu’elle s’était montrée, tous les buissons étaient déjà dépouillés de leurs feuilles. La nuée avait deux à trois mille pas de long sur une largeur d’une centaine de pas. Pour expliquer comment cette masse d’insectes peut naître et subsister dans un pays généralement dépourvu de feuillages, il faut supposer que les grandes pluies, en développant promptement la végétation, font sortir les jeunes insectes', et leur procurent pour le moment une pâture suffisante ; cependant, il resterait à expliquer comment cette nuée fait pour subsister dans les grandes sécheresses et dans des contrées où il n’v a pas de végétation. » — La sauterelle qui fait de si grands ravages en Afrique et en Asie appartient, non pas au genre Grytlus , comme on l’a dit, mais au genre Acrirfium.

Dans les terrains appelés zuure-veUlen (champs aigres) par les colons du Cap, on trouve des amas de terre formés, comme des roches, par les termites. Ces terrains, composés d'argile et de sable, ne produisent que des espèces de joncs qui donnent d’abord aux bestiaux des aigreurs d’estomac, mais qui leur plaisent parla suite. Ils se trouvent toujours à une élévation d’au moins cent toises audessus du niveau de la mer. Les amas de termitesles font connaître sur-le-champ, de même que les terrains appelés doux soutindiqués parla présenced’une plante, le Kuhnia rhinocerotis. Les termites qu’on trouve dans les terrains dits Karrou, appartiennent à une autre espèce qui ne bâtit jamais au-dessus de la terre. Les colons nourrissent de ces fourmis blanches la volaille ; les amas d’argile sous lesquels on les trouve blotties ont un aspect spongieux , étant imprégnés du suc de la fourmi ; les fragments de cette terre servent de combustible.

Dans ledistrictd’OIifant’s-Rivier (Rivière des Éléphants) et aux environs du Roggeveld (champ de blé), on rencontre des troupes de singes babouins (1) (Simiacynocephala, Lin.). « Ces animaux,

(i) Ccrcopithecus ursiuus de Bnrchell. On rencontre celle grande espèce de singes (Daviaan des colons hollandais ) dans presque toutes les contrées montagneuses de l'Afrique australe.

dit Lichtenstein, font beaucoup de tort aux jardins ; toute la vigilance des chiens ne suffit pas pour empêcher leur pillage ; et quoique Kolbe exagère un peu leur intelligence, il est de fait qu’ils vont en troupe pour dépouiller les arbres, qu’ils se secourent mutuellement, et qu'ils mettent dans un lieu sûr les fruits qu'ils ont volés. »

Voici les principales noticesd'histoire naturelle que nous avons extraites du magnifique ouvragedeJ. lîurchell : Travelu in the inter ior of Southern Africa; London, 2 vol. iu-8", 1824. La botanique et lazoologie paraissent avoir été le principal but du célèbre voyageur anglais.

Aux environs de la montagne de la Table, on voit voltigeant de placeen place un petit oiseau tres-beau , le Certhia (Nectarinia) chalybea ; son chant, doux et suave , attire l’attention du voyageur. Les colons l’appellent Suiker-voget ( oiseau de sucre), parce qu’il suce les nectaires du Suiker-bosch ( buisson à sucre), l’rotea mellifera.

Les environs du Riebeck-Rivier produisent en abondance le figuier des Hottentots ( Mesembryanthemum edule). Dans toutes les saisons, il porte des fruits de la grosseur d’une petite fiue, d’une saveur aigrelette assez agréale. Les Hottentots en mangent volontiers. Le mois de juin est la saison du A ukumakranki. C’est une petite plante ( Gethyllis ciliaris) qui a conservé son nom hottentot; elle ressemble au colchique ; sa racine bulbeuse est surmontée d’un fruit allongé , jaune, de la longueur et de la grosseur d'un doigt.

Le fruit, qui s’élève peu au-dessus du sol, a une saveur agréable, légèrement sucrée, et une odeur des plus suaves. La saison des Kukumakranki est l’époque des réjouissances pour les enfants de la ville du Cap. — Les h.iiesdesfrrmessont faites, au Cap, avec une très-belle plante, V Agave americana , dont les feuilles épineuses, dedeux mètres de long, garantissent les propriétés contre les hommes et les animaux. Les (leurs sont portées sur des pédoncules gigantesques de dix mètres de haut.

Une des plantes les plus répandues dans les parties extratropicales de l’Afrique australe, c’est la coloquinte ( Cu-

L’UMVKRS.

cumin colocynthis) , qui couvre quelquefois le sol dans une grande étendue, et ressemble de loin à un melon parfaitement globulaire. Le fruit de cette plante pourrait devenir un objet de commerce important, s'il était comme autrefois d’un usage fréquent en médecine.

Un autre fruit de meme espèce ( Cttcu mis prophetarum) a porté, dans la colonie, le nom de Gijjt-appel (pomme vénéneuse), à cause de scs propriétés toxiques et de son extrême amertume.

La (lore des végétaux parasites est également intéressante à étudier. On remarque parmi ees végétaux le gui du Cap ( f 'iscum capense, lt. ), extrêmement frêle, sans feuilles et couvert de petites baies blanclfes. Il croit sur les branches du Cassine capensis.

Les Diosmées, qui forment un des caractères principaux de la flore du Cap , se remarquent facilement par l’odeur aromatique qu’elles exhalent quand on les écrase. C’est en marchant sur une de ces plantes que Burchell a découvert une espèce qu’il n’aurait guère été possible, de reconnaître que par l’odorat: c’était le Diosma capitata. Les Hottentots attribuent des propriétés médicales extraordinaires à leur liuku-azyn ( Ruku-vinaigre) , qu’ils préparent en faisant macérer les feuilles du Diosma scirati/olia dans du vinaigre froid. Plus la macération a été longue , plus le vinaigre est estimé efficace comme topique dans le traitement des plaies.

Rien n’empêche qu’il ne prenne rang dans la matière médicale des européens (t).

Le bois de construction est presque exclusivement fourni par les Protéacées et particulièrement par le witteboom ( Protea argentea) et le wagenboom ( Protea grandi flora). Le bois de ce dernier, qui e't le plus grand arbre de la famille des Protéacées, est rougeâtre et marbré. Il croit dans des endroits secs rocailleux. Ses feuilles sont d’un bleu très-intense, et ses Meurs très-larges, d’un jaune pâle, moins larges cependant que celles du Protea cynaroi-

(i) Les espèces de Diosma décrites par Iîurehell sont : D. capitata, D. creaala, D. oppnsitifolia, D.pcctlnata, D. rubra, D, rugota, P. seiTalijblia , D. viltosa.

des. Le bois du Cunonia capensis, que les colons appellent Food Ktzr.

(aune rouge), est généralement employé pour la construction des voitures, ainsi que le bois du Protea grandijlora.

Les bords du Meuve Gariep (grande rivière d’Orange), près de la mission de Klaarwater, dans le voisinage des monts d’Asbeste, ont fourni à l’observation de Burchell les espères de plantes les plus rares. Ce fut une sorte de délice pour notre voyageur de jouir de la fraîcheur des bosquets et de l’aspect d’une grande nappe d’eau (grande rivière d’Orange), large de trois cent cinquante mètres, après n’avoir vu, pendant plusieurs mois, que des déserts arides. Tout au bord du Meuve croissent des saules (I) qui ressemblent h nos saules pleureur.'. Plus haut, les bords sont couverts de Zwartebast ou écorce noire ( ftoyena decidua) (2), de bois de karree, dont le feuillage sombre reste sur l’arbre toute l’année, et d’épines à buffle ( Zizyphus bubalinus, Licht. ). Burchell fut surpris de voir fleurir sous cette latitude (3) une espèce de coquelicot. Parmi les oiseaux, il y rencontra : Colomba risoria , Hucco niger, Turdus nitens et Columba capensis. — Les arbres occupent sur les bords du Gariep un espace large d’un mille; de distance en distance, ces bosquets sont interrompus par des terrains nus.

Les monts d’Asbeste (près du lxraat de. Kloof, non loin des bords du Gariep) tirent leur nom d’une espèce d’amiante de couleur bleue , appelée par les Hollandais doek-steen, pierre à tissu. Cette pierre fibreuse se trouve en veines entre des bancs de roches de schiste argileux ; ces veines ont trois à quinze millimètres d’épaisseur. Il esta remarquer que toutes les roches de cette contrée se composent de feuilles de schiste argileux qui n’ont que quinze millimètres d’épaisseur. En quelquesend roits, ce schiste feuilleté est

(i) Burchell donne à cette espèce de smtle le nom de Salis gariepina.

(ü) Caractéristique : Frutex i S-pedalis. Cortex nigrescens. Folia angiistr-laaceolala, obtusinscula, glabra. Flores asi tiares. Peduncnli longissimi , filiformes , penduli.

(3) Burchell lui donne le nom de Pa paver gariepinttm.

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