AFRIQUE AUSTRALE. M
même si mince, qu’il n’a que trois millimètres. Entre ces feuilles est intercalée une pierre tantôt bleue, tantôt d’une couleur dorée; c’est encore une espèce d'asbeste, mais moins fibreux, ou dont les filaments conservent la dureté de la pierre; taillée et polie, cette roche acquiert une belle apparence; les minéralogistes lui ont reconnu une grande ressemblance avec la pierre appelée vulgairement œil-de-chat. On rencontre encore dans les mêmes rochers unejbelle espèce de jaspe, d’un fond brun bariolé de noir, et une opale verte.
La contrée entre le Kloof et Klaarwater offre les plus grandes richesses botaniques. Le sol est couvert, dans l’espace d’un demi-mille, d’une jolie espece d’amaryllis (Amaryllis lucida B.), à feuillage bleuâtre flabelliforme, des Amaryllis toxicaria et d’une nouvelle espèce d’uncaria ( Uncaria procumbens B.) à fleurs pourprées. Au mois de septembre, Burehell n’avait pu recueillir que six plantes; au mois de février, il en trouva , dans le même endroit, cinquante-huit espèces, dont vingtsix de Graminées, toutes en fleurs. Les colons et les Hottentots redoutent les effets des bulbes vénéneuses de l’.-fmaryllis toxicaria, qu’ils appellent gift bol (bulbe vénéneuse). Les Boschjesmans expriment le suc laiteux de ces bulbes, le font cuire au soleil ou au feu, et le mêlent au poison des serpents ou d’une grosse espèce noire d’araignée du genre
a ale ; c’est avec ce mélange visqueux s empoisonnent leurs flèches. Au reste, comme ces sauvages ne trouvent pas partout les mêmes plantes, la composition de leur poison doit varier. Mais on sait qu’ils ont généralement recours à des plantes munies d'un suc épais et âcre, telles que les Euphorbiacées, les Amaryllidées et les A pocynées. Ils choisissent de préférence certaines espèces de serpents , comme ayant un venin plus fortque d’autres. Les blessés ont peu d’espoir d’échapper à la mort , si la flèche a été fraîchement empoisonnée, à moins que la plaie ne se trouve dans une partie du corps où l’on puisse la cautériser immédiatement.
En herborisant sur les montagnes d’Asbeste, aux environs de Graff-Reynett, Burehell ajouta à ses collec-
tions plusieurs espèces de plantes nouvelles. Il y trouva une espece de passiflores, la seule qu’on ait rencontrée dans cette partie du globe ; il lui donna le nom de Paschanthus répandus (1). 11 vit en pleine floraison une Lanlana , qu’on n’élève dans les serres chaudes que moyennant les plug grands soins.
Le persil commun croissait sur ces montagnes ; et notre voyageur en (itcueillir et accommoder pour son dîner. « Il m’est, dit Burehell, arrivé rarement, pendant mes voyages, de pouvoir me servir de végétaux sauvages ; la chaleur et la sécheresse du climat font qu’ils sont trop coriaces et trop peu juteux pour devenir mangeables à l'aide de la cuisson.
Le persil est du petit nombre de plantes dont la graine a été disséminée dans des contrées de la terre bien éloignées l’une de l’autre. Dans l’île Sainte-Hélène, les collines rocailleuses en sont couvertes pendant la saison pluvieuse; cette plante suffit pour étendre un tapis de verdure sur les roches. Il en est de même sur les montagnes d’Asbeste. »
A Groote-Fontein, situé à 28° 49' latitude australe, Burehell ajouta à sa collection plusieurs oiseaux qui étaient nouveaux pour lui, tels que le beau coucou-didri do Le Vaillant, dont le plumage a un reflet métallique vert et or, et un joli oriole, qui suspend son nid globulaire entre les roseaux au-dessus de l’eau. Il y avait peu d’insectes ; le plus remarquable était un beau scarabée vert ( Cetonia bachapinica ), que Burehell trouva en bien plus grand nombre dans le pays des Baciiapins (2). 11 y recueillit entreautres uneespèred’asclèpiade, que les Hottentots appellent tky, et qu’ils recherchent a cause de sa racine pâteuse, qui a la forme d’une rave. L'Afrique méridionale a, dit Burehell, beaucoup de plantes de ce genre, munies de bulbes mangeables, tres-bien connues des indigènes. Auprès de l'eau croissait une menthe qui répandait une odeur très-
(i) Burehell, Tra veU in the interior of Africa , t. I, p.54i.
(a) Beau scarabée vert, que Burehell caractérise ainsi : Thorax fuscus , fulvo marginatus. Capul lineU duabus albis ilriatum. Corpus sublus album , lineis iransversis rufis. Lonpa 8-tt lineas.
L’UNIVERS
agréable; transplantée en Angleterre, elle y a supporté, aussi bien que les especes européennes, les hivers les plus i uües.
Aucune famille hottentote n’a de jardin où il n’y aitdes légumes ou des fruits ; ceux qui sont moins paresseux que les autres cultivent le tabac. Tous aiment l’eau-de-vie ; heureusement l’éloignement de la colonie les empêche de satisfaire souvent ce goût. On a essayé avec succès de distiller l’eau des baies du Grewia /lava (I), que les Hollandais appellent le buisson à l'eau-de-vie; mais la peine de cueillir une quantité suffisante de baies a arrêté ces expériences.
Ou y supplée plus aisément par l’hydromel fermente. Les Hottentots aiment beaucoup le thé. A défaut de feuilles du t'hea chinensU, ils se servent de feuilles de quelques plantes sauvages(2).
Spuigslang-Fontein (source aux serpents crachants), près des affluents du Gariep (grande rivière d’Orange), doit son nom à une espèce de serpent, déjà observé par Lichtenstein ( Coluber Lichtensteinii), qui lance son venin de loin sur son adversaire. Si la moindre partie de ce poison entre dans l’œil on risque de perdre la vue, à moins de le laver surle-champ. Le voisinage de cette source est habité par des Boschjesmans , qui se nourrissent des petites bulbes du Cyperus cesitatus , qu’ils déterrent. Burcbell y trouva un oiseau ayant la partie inférieure du corps d’un écarlate brillant, et le reste du plus beau noir ; il différait du gonolek de Bulfon et de Le Vaillant par sa tête noire et les raies blanches de ses ailes. Dans cette contrée croît aussi leguarri (Euclea ovata){3), arbuste qui produit des baies noires de la grosseur d’un pois, et d’un goût un peu astringent, mais agréable. Burchell y rencontra le Buchnera aurantiaca (4), dont les fleurs sont d’une
(r) Les autres espèces de Grema que mentionne Burckell sont G. occidentalis et G. robusta .
(a) Burchell, Travcls in the tnterior oj Africa, t. I, p. 363
(3) Caractères : folia actile ovata, rigida, sublus pube-centia, margine undulatasul)-creiiulala. Flores inraceniolis nutantibus, 3-5-floris. Baccx globosæ primum pubescentes, démuni glabræ.
(4) Pubesceus , basi divisa in caulibus plu-
belle couleur orange. Sur les bords du Ky-Gariep croît un arbre (environ de la hauteur de quatorze mètres) que les Hottentots de Klaarwaler appellent roudeblalt, feuille rouge ( Terminaliaerythrophylla)[i), àcausedu beau cramoisi que présente son feuillage dans la saison automnale. Le tronc est d’un blanc verdâtre, et se trouve, dans beaucoup d’endroits, entrelacé par une espèce d '.Asparagus ( A. rlvalis B. ), sur laquelle Burchell découvrit deux insectes inconnus, du genre Mylabris (M. asparagi et M. bifasciata ). On ne trouve le Silurus gariepinus B. (2), espèce de poisson à tête plate, que dans les rivières qui coulent àl’est du Cap. — En se promenant dans les bosquets d’acacias, le long du fleuve Gariep, Burchell arriva a un kraal de Boschjesmans entièrement désert, et situé au milieu d'une lorét des plus gros acaeiasqu'ileût encore rencontrés. Sur le tronc de ces arbres on voyait des masses de gommes, surtout aux endroits oui avaient été entamés par la hache des sauvages. « Celte gomme, dit-il, vaut probablement celle de la Guiuéeet del' Arabie ; et quand on pense que ces acacias couvrent les bords du Gariep et de ses affluents sur un espace de deux mille milles, en comptantles deux rives, on conviendra qu’il vaudrait la peine d’engager les indigènes à fairela récolte de la gomme. Ils y mettraient probablement beaucoup d’empressement, dès qu’ils seraient sûrs de pouvoir troquer cette denrée contre du tabac. La gomme du Cap pourrait finir par donner lieu a un commerce important. »
Sur les bords de ce même fleuve, Burchell prit plusieurs oiseaux rares, tels que l’isabelieou moineau des roseaux, le
ribus sub-siniplicibus. Folia bi-tripiunaliGda. Flores aurantiaci, allerni.
(i) Folia acule ovata, integerrima, glnbra. Ramuli juniores pubescentes. Flores omnes hermaphroditi, octaudri. Calvx quadridentatus.
(a) Longitudo, pollices (angl. ) 33 i/». Inter oculos et piniuis pectorales, maxinia est lalitudo; poil. 5 i/a. Cirri 8, quorum lungissinius (poil. 7), in angulo oris si lus. Os edenlule. Caput antiee transversum, planmn, plagioplatcmn. Corporis pars posterior valde calhetoplatea. Appendix Immchianim ruberrima arboriformis. Piuuæ omnes inemies.
plongeur, espèce de l'iotus; une nouvelle espèce de pinson à bec rouge, un oiseau semblable au drongo de Le Vaillant, mais sans crête, et quelques autres.
Il rencontra une troupe de Boschjesmans, dont quelques-uns portaient dans leur chevelure de petites coquilles ou coteries ( Cyprxa moneta ). Burchell ne put obtenir de renseignements sur l’origine de ces coquilles, si ce n’est que les Boschjesmans les avaient obtenues de leurs voisins par le trafic. « Il est probable, dit-il , que ces coquilles qui circulent comme une monnaie dans maintes contrées de Nègres, et ne s’usent pas facilement, avaient passé par les mains de bien des tribus nègres et cafres, aussi inconnues à l’Europe que l’Europe l’est à ces tribus. Il peut s’être écoulé beaucoup d’années depuis que ces coquilles ont été apportées en Afrique; et dès lors, elles ont peut-être traversé cette partie du monde d'une extrémité à l’autre; petitétie ont-elles été souvent données en tribut à quelque despote africain ; peutêtre ont-elies servi à payer le louage d’un chameau ou quelques gouttes d’eau dans les déserts du Nord; peut être ont-elles été données en aumône à quelque pèlerin de la Mecque; peut-être enfin sont-elles entrées dans la rançon d’un esclave. Elles peuvent avoir circulé dans des cités dont l’existence et le nom nous sont inconnus. » Voilà les réflexions que l’aspect de ces petites coquilles inspirait à un voyageur solitaire dans l’intérieur de l’ Afrique.
Les Bachapins se servent d’une sorte de manteau fourré fait avec des peaux de chat d’une espèce particulière. Burchell donne à cette espèce le nom de Felis ni'jripes, que plusieurs zoologistes ont considérée comme identique avec Felis cafra, que Cuvier (Règne animal, tome 1er, p. 165) a ainsi caractérisée:
« Haut sur jambes, gris, rayé en travers de noir.» Du reste, la distinction des espèces du genre Felis particulières aux pays chauds laisse encore beaucoup à désirer, ainsi que l’a parfaitement établi M. I. Geoffroy Saint-Hilaire (1).
Le Zondag-Rivier (rivière du Dimanche), près de Graff-Reynett, est
(x) Voyez Tacqiicœont, Voyage dans C Inde, partie ïoolojjiquc, p. 44.
bordé de saules , d’acacias , de clématites, et d’une belle espèce de Periploca ( P . africana) , dont le beau feuillage, d’un vert foncé luisant, est parsemé de fleurs d’un blanc éclatant ; cette plante parasite cache entièrement l’arbre aux dépens duquel elle vit. Sur les branches des acacias sont implantés çà et là un beau Lorantkus, autre parasite, et deux ou trois espèces de gui. Burchell a donné le nom de Rumex scandens à une espèce d’oseille grimpante qui s'élevait, à l’aide d’autres plantes, jusqu’à la hauteur de cinq mètres. Les montagnes des environs sont la patrie d’une plante fort remarquable, appelée pain a Hottentot. Sa bulbe, étant entièrement hors de terre, parvient à une grosseur énorme; elle a souvent un mètre de diamètre. Cette bulbe est hérissée, à sa surface, de protubérances ligneuses qui lui donnent quelque ressemblance avec une écaille de tortue. Dans l'intérieur on trouve une substance charnue , comparable au navet pour la co nsistance et la couleur.Sur le liautde cette grosse bulbe s’élèvent des tiges annuelles dont les branches tendent à enlacer toutes les plantes qu’elles rencontrent. • Autrefois, dit Burchell , les Hottentots mangeaient la chair de la bulbe , coupée en morceaux et cuite sous la cendre ; et les Boschjesmans seraient sans doute heureux d’avoir un légume aussi copieux , qu’on peut comparer au Yam de l’Inde.
Ces deux plantes sont, en eflet, sinon de même genre, du moins de deux genres alliés (I). »
Quoique l’Afrique méridionale abonde en acacias, il y a pourtant un vastedistriet de l’intérieur où cet arbre n’existe pas (2). Cette région a été désignée par Burchell sous le nom de cisgariépine , par
(1) Burchell fait ici allusion au genre TesUtdinaria que Salisbury caractérise ainsi :Feta!a in cyatnbum coalita , dein reclinata , ohlonga , inferiora parum latiora. Filaments 6, longiusrula in hoc ordine. Autheræ ohlongæ, einarginulalœ. Styli coali t i . Stigmata recurva, obtusa. Semina apice alata. Kadix in tuber grande areolatum supra terram eminens.
(a) Les nouvelles espèces d'acacia établies par Burchell sout: Atomiphylla, A. capensis, A. detinens , A. elephantina , A. gaaffœ, A. heleracanlha, A. Litakunensis , A. robusla , A. stolonifcra , A. viridiramis.
L’UNIVERS
opposition à la région transgariêpine , qui s’étend au delà du fleuve. Son élévation et sa froide température expliquent l’absence des acacias, qui se plaisent dans les régions chaudes.
A Sensavan (rocher brillant) (1), Burchell vit une plante à laquelle les Bachapins attribuent une influence maligne, et qu’ils se gardent d’employer comme combustible; elle ne croit que parmi les rochers, et atteint une hauteur de deux à trois mètres; elle a de larges feuilles ovales avec de petites touffes de fleurs insignifiantes, auxquelles succède un fruit qui n’a pas moins de 3 centimètres de diamètre, mais qui n'est pas mangeable: c’est une espèce de Fatigue ria, la seconde espèce de ce genre, qui n’avait été encore trouvée que dans l’ile de Madagascar. Il paraît y avoir beaucoup d’affinité entre la flore de cette île et celle de l’intérieur de l’Afrique méridionale; on en voit un exemple dans le Pisang sauvage, ou Stretitzia anausta du Cap , qui a une grande ressemblance avec I Urania speciosa de Madagascar.
Burchell remarque que le buffle du
(i) C'est un des lieux les plus renommés parmi les indigènes au delà du Gariep, attendu que c'est le seul endroit où l’on puisse se procurer le sibilo, celle poudre ferrugineuse luisante et onctueuse que les indigènes mêlent avec de la graisse pour s’en couvrir le corps, et surtout la télé; leur chevelure en est quelquefois tellement chargée, qu’elle ressemble à une masse de métal ou de minerai. Quand ils n'ont pas de coiffure, cette couche de poudre ferrugineuse les garantit au moins des coups de soleil. Toutes les peuplades voisines viennent se pourvoir ici de celle poudie tant estimée chez elles ; et celles qui demeurent plus loin se la procurent j>ar la voie des échanges; eu sorte que le sibilo du Rocher luisant se trouve dans une étendue de pays équivalant à cinq degrés de latitude. Burchell a préparé, avec le sibilo, une rotdeur qu’on peut employer dans la peinture à l’huile et dans les dessins à l’aquarelle.
Notre voyageur visita la caverne de ce rocher; le sol y esl couvert de poudre luisante; de petites chauves-souris s’étaient accrochées à la voûte ; et sur les saillies du rocher venaient se reposer, la nuit, les pigeons deGuinée (Columba guinrensis). Si la caverne a été creusée par les indigènes pour se procurer de la poudre, il faut que l’usage de se poudrer existe depuis très-longtemps.
Cap n’est pas le même que celui de l’Indeetdu midi de l’Europe. Cet animal, fier et hardi, se distingue par ses cornes, qui, à leur base, sont tellement larges, qu’elles couvrent tout le devant de la tête ; sa peau , épaisse et recherchée par les colons et par les Hottentots, est employée à faire des courroies et des câbles. On n’a pas réussi encore à le dompter; cependant il est possible qu’on y parvienne à la longue. Les Hottentots assurent qu’on trouve rarement des buffles qui aientles oreilles entières, soit que les épines les leur déchirent, soit qu’ils se les arrachent mutuellement en se battant. Sa chair a le goût du boeuf, mais elle est coriace.
En herborisant parmi les rochers de Klip-Fontein ( près des bords du Gariep), Burchell trouva une espèce de croton ( Croton gratissimum ), jolie plante en forme de buisson, d’environ deux mètres de haut, et semblable à une espèce particulière de i'île Madagascar (1). Les Bachapins appellent ce croton mulokha ; on en infuse les feuilles pour faire du boukou (poudre déplantés aromatiques que les naturels incorporent dans la graisse avec laquelle ils se frottent le corps ). La liqueur qu'on obtient ainsi a une odeur beaucoup plus agréable que les autres sortes de doukou préparées par les Hottentots. Une petite espece de basilic ( Ocymum fruticulosum B.) exhale son parfum dans ce déL sert; une jolie espèce de Celastrus avec des branches de couleur rouge et de trèspetites feuilles, tapisse les rochers (2).
(i) Cetle affinité de la Dore du Cap avec celle de l'ile de Madagascar est encore confirmée par la présence des Melltania prostrata et Fangueria infausta. Voici comment Burcltell caractérise ïc i'roton gratissimum : Frutex piilchcrrimns, 4-to pedalis, ramosns, vm pervirens. Folia otalo-lanceolata, integerrima, petiolata, alterna , supra viridia, nuda , iiihtus argenleo-albida. Spioæ terminales. Flores suavissimi odorati. Folia contusa odorem aromaticum ( Lauri nobilis ) spirantia. Calix païens, profunde 5-fidus. Petala 5, lanceolala, patenlia . longitudine calycis. Stamiria circiter i5, discrela.
(a) Burchell lui donne le nom de Celastrus saxalilis : Frutex rigidus, spinosus, 4-pedalis, glaber. Ramuli juniores castanei coloris. Spinæ sæpius nuda:, reclæ, patentes. Folia iu-
Dans le pays des Bachapins, Burchell tua un vautour femelle dont les ailes avaient sept pieds d’envergure; la tête était couverte d’un duvet laineux; le plumage était d'un brun noirâtre en dessus et blanc en dessous , ainsi qu'au cou. Les longues plumes des ailes et delà queue étaient noires; le bec et les pattes étaient couleur de chair. La préparation de cet oiseau, pour la collection de Burchell, occasionna beaucoup de dégoût au Hottentot qui en fut chargé, à cause de la puanteur horrible de la chair. La grande quantité de vautours sous un climat aussi chaud que celui de l’Afrique parait une sage disposition de la nature; car ces animaux, qui ne se nourrissentquedecharogne, font promptement disparaître tous les cadavres exposés à l’air, et préviennent ainsi l’infection de l’atmosphère. On ne voyait guère de plantes dans la saison, ou le thermomètre descendit quelquefois la nuit au-dessous du point de congélation. Cependant, Burchell découvrit, dans les plaines rocailleuses, une jolie espèce d’aloès, que les Bachapins appellent tokuÀ ; il trouva aussi une nouvelle espèce de mésembryanthème (M. aloides R.) (1), qui doit être rangé au nombre des plantes dont les indigènes mangent les bulbes, faute d’une meilleure nourriture.
Dans la plaine qui s’étend depuis le Kourouman jusqu’à Litlakou, Burehell ajouta àsa collection l’oie d’Égypte (.■/nas ægyptiaca), le canard au bec rouge (Anaserythrorhyncha), le pluvier arnié (Maradrius armalus, B.) (2); une jolieespèce de perdrix, qu’il nomma perdrix bigarrée ( Telrao variegatus), à cause de son plumage brun, jaune et noir. Cet oiseau habite les plaines du
tegerrima , in ramulis juniorihus solitarin, ovata, in ramulis anni præccdentis fasciculata, elongale nliovata. Pi-rinnculi latérales ex fascicti lis foliorum , pauciflori. Capsula majuscule coccinca.
(i)Les autres espèces de mcsembrrantbèmcs établies par Burchell sont : i/esembryandiemum arboriforme , M. campes Ire , M. coria riiim, SJ. magnipitnctum , M. turbitù forme.
(a) Pelit oiseau qui fait entendre, je jour et la nuit, un cri aigre, qu'on pourrait articuler par les paroles : Brodier kcëvit, brollier keevit.
pays des Betjouanas ; il n’approche des sources que pour boire.
La plaine de Littakou, que traverse la rivière Makkwarin (I), repose sur un banc de calcaire primitif rt compacte, dont la position est parfaitement horizontale, et que recouvre le sable. Dans quelques endroits , cette roche est à découvert; les sources abondent dans des endroits; elles sont rares là où le sable recouvre à une graude hauteur le banc calcaire. Ce banc paraît se prolonger sur un espace infini dans tout le pays transgariépin. II sert probablement de bast aux montagnes de schiste et de grès. En quelques endroits, on trouve du greenstone, delà serpentine et du granit; on ignore si ces roches reposent également sur le calcaire primitit. On remarque , au reste, dans toute la constitution géologique de ce pays une grande régularité ; les bancs de rochers conservent probablement leur position primitive, et on ne voit pas de traces de bouleversement du sol, comme on en remarque ailleurs.