‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 139 sur 246 · TÉSIN ; DÉFAITE DES CABTHAGINOIS · texte numérisé non relu

TÉSIN ; DÉFAITE DES CABTHAGINOIS

a Lïlybée; marche d'Annibal dans la Cisalpine; bataille db la Tbéêie ; Annibal passe en Étrubie; bataillb de Trasimène; 218 et 217 avant notre ebe. — Les Romains avaient essayé de* faire face à tous les dangers. Ils avaient envove des armées en Espagne , en Sicile , pour combattre les Carthaginois, et en Cisalpine pour contenir les Gaulois qui menaçaient de se soulever. Scipion , après avoir envoyé son frère Cnéus en Espagne, attendait Annibal à la descente des Alpes. Annibal , de son côté, commençait à désespérer du succès de son entreprise quand il vit les Gaulois cisalpins rester neutres , contre leurs promesses, et refuser de venir se joindre à l'armée carthaginoise. Toutefois, un premier et brillant succès vint ranimer ses espérances. Il y eut un combat de cavalerie sur les bords du Tésin , où la victoire demeura aux Carthaginois. Le consul Scipion fut blessé dans cette rencontre. Rome se hâta de rappeler de la Sicile Sempronius, gui avait déjà fait éprouver aux Carthaginois des pertes considérables. Le préteur JE m ilius avait détruit, près de Lilybée,

CARTHAGE

une flotte carthaginoise , et Sempronius lui-même s'était emparé de l'île de Malte. C'est alors que Sempronius, pour obéir au sénat , vint dans la Cisalpine au secours de son collègue Scipion. Annibal ne tarda point à se trouver en présence de l'armée romaine qui campait sur les bords de la Trébie. Malgré les avis de Scipion, Sempronius attaqua les Carthaginois; maia bientôt il eut à se repentir de son im-

f>rudence. Annibal fut vainqueur, et es Romains perdirent dans la bataille trente mille soldats, qui périrent les armes à la main ou devinrent prisonniers. Cette éclatante victoire des Car»

thaginois fut le signal d'un immense soulèvement dans la Cisalpine. Les Gaulois n'hésitèrent plus à se ranger du côté des ennemis de Rome. Après la journée de la Trébie, Annibal compta dans son armée quatre-vingt-dix mille soldats. Il songea alors à pénétrer au centre de l'Italie. Il franchit l'Apennin et gagna l'Étrurie. Ce ne fut point sans s'exposer à de grands dangers qu'il traversa une partie de cette contrée. Enfin il rencontra les Romains. Il attira le consul Flaminius, non moins pré* somptueux et non moins imprudent que son prédécesseur Sempronius, dans une position défavorable. Il le força à combattre, et une nouvelle armée romaine fut exterminée sur les bords du lac Trasimène.

Annibal pénètre au centre de l'Italie; sa marche; bataille de Cannes; 217 et 216 ayant notbb ère. — Après la journée de Trasimène , Annibal passe en Ombrie et dans le Picenum, ou il ravage les terres des alliés de Rome; puis il s'avance dans la Sabine et le Samnium , où il continue ses dévastations pour attirer encore une fois les Romains au combat. Mais dans cette marche, il rencontre un général plus prudent et plus habile que Sempronius et Flaminius; c'est Fabius, le bouclier de Honte, qui observe Annibal, le suit pas à pas, et évite néanmoins tout engagement sérieux. En temporisant, Fabius obtient un important résultat; il use les forces de l'armée carthaginoise , qui ne vit et

ne se recrute qu'avec peine dans les provinces centrales de l'Italie, où les populations sont habituées depuis longtemps à la domination romaine. Mais enfin Fabius est remplacé, et les consuls Paul Émile et Varron, qui lui succèdent dans le commandement des légions , en cessant de temporiser, offrent bientôt à Annibal l'occasion d'un nouveau triomphe. Il y eut une grande bataille près de Cannes , en Apuhe, sur les bords de l'Aufide, où les Romains perdirent quatre-vingt mille hommes, deux questeurs, vingt et un tribuns des légions , quatre-vingts sénateurs et Paul Emile, l'un des consuls. Jamais, depuis la funeste journée de l'Allia , la puissance de Rome n'avait été aussi fortement ébranlée.

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