‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 154 sur 246 · VV · texte numérisé non relu

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principales montagnes nommées par les anciens étaient , en allant de l'est à l'ouest : le mont Thambès, qui s'étendait jusqu'à Tabraca ( aujourd'hui Tabarca) ; le mont Audus, d'où sortait le fleuve de ce nom (au moyen âge mons Aurasius, aujourd'hui Djebel- Erress); leMampsarus, qui n'était que le prolongement du mont Audus, et qui enveloppait la province de Sitin (aujourd'hui le Jurjurah) ; le mont Ferratus, qui longeait la côte depuis Tubusuptnm jusqu'à Russucurrum (près de Coléan) ; le mont Zalacon, nommé par Ptolémée , et longeant au midi le Cbinalaph ; le Malethubalon et le Kennaba (Louat-el-Merjeja) au sud; la chaîne des monts (Parapha (Zackar) , où le Chinalaph prend sa source. La dernière chaîne a l'ouest est celle des monts Dourdos (Djebel- Animer), qui donnent naissance à la Mal va, et dont une ramification formait les monts Chalcorychia, dont les mines de cuivre, mentionnées par Ptolémée, n'ont pas été retrouvées.

Les fleuves sont nombreux et peu considérables , si ce n'est dans certain temps de Tannée , où leurs eaux gonflées en font de rapides torrents.

Ces fleuves sont, de l'est à l'ouest : la

subdivisé en nombreuses fractions par les rameaux qui s'en échappent, ressemble à un échiquier dessiné par des montagnes, et n'offre que des barrières aux populations qui l'habitent. Vous chercheriez en vain un centre naturel à ce pays découpé; la nature le lui a refusé. Les centres secondaires n'existent pas davantage. Toute la région maritimeest composéed'étroiles vallées perpendiculaires à la mer, et qui, rangées côte à côte , ressemblent aux crèches d'une étable. Chacune a son fleuve ou plutôt son torrent qui prend sa source au fond et coule en droite ligne au rivage. Les vallées de la région supérieure sont plus grandes, parce que les eaux, longtemps retenues par la barrière du petit Allas, y ont formé de plus vastes bassin*. Mais elles ne sont point liées l'une à l'autre , et chacune d'elles est un monde. Pour endominer deux, il faudrait

s'établir sur la chaîne qui tes sépare »

Article de Th. Jouffroy , inséré dans la Revue des deux mondes. Juin i838.

Tusca, PArmonlacus ou Àrmua (Mafrag), qui sortent du mont Thambès ; le Rubricatus ( Seibouse ) , à l'embouchure duquel est Bone (Hip-

F»o-Regius); le Muthul (Ha mise), 'Ampsaga, sur les bords duquel s'élevait la ville de Cirta ( Constantine ) ; l' Audus (Oued-Mansouriah), qui se jetait dans le Sinus Nu midi eu s (golfe de Bougie); le Serbès ou Aves (aujourd'hui Ouedjer), à l'ouest de Saldae(*); le Savus (aujourd'hui Jimmil), qui se perdait dans la mer , à l'est d'Icosium (Cherchell). La plus grande rivière du pays était, à l'ouest, dans l'ancien territoire des Massésyliens , plus tard Mauritanie césarienne, le Chinalaph de Ptolémée (Chélifl), qui se jetait au sud du cap d'Apollon (aujourd'hui Mostaganem), et tout près de Césarée.

Les eaux de ce fleuve sont abondantes; les Arabes ont appelé le lieu où il prend sa source , les Soixante-dix fontaines; au delà, à l'ouest, le petit fleuve appelé Salsum Flumen , que Shaw nomme Oued-el-Mailah; puis la Siga (Tafna), et enfin, à l'extrémité du pays des Massésyliens , la Malva ou Mulucha ou Molochath, qui fut la limite des possessions des plus puissants rois numides , Massinissa et Juurtha , et qui fut plus tard la ligne e séparation des deux Mauritanies.

Au temps de son indépendance , la Numidie ne renfermait pas un grand nombre de villes; mais elles se multiplièrent beaucoup, dès que la domination romaine y eut pénétré. La capitale du pays des Massyliens était Cirta, dont le vrai nom, Kirta, est d'origine phénicienne ou carthaginoise. Selon Strabon, ce fut Massinissa qui contribua le plus à l'agrandissement et à l'embellissement de cette ville, où il fit venir des colons grecs. Voici comment Mannert en décrit la position : « L'emplacemcntdeCirta offre les plus grands avantages : il est à l'abri des attaques des hordes nomades , et propre à soutenir un siège régulier ; les environs sont bien arrosés , et la végétation en

(*) Saîdœ répond à Tedeles, selon M.Marcus ; selon M. Dureau de la Malle, à Bougie.

NUMIDIE ET

est riche et variée. Un affluent considérable de l'Ampsaga, à l'est, dont les auteurs anciens ne nous disent pas le nom , après avoir coulé du sud-ouest au nord-est par un grand espace de terrain, se réunit au nord de Milan (autrefois Mi leum), à l'affluent oc* cidental du même fleuve. Les sinuosités de ce bras oriental de l'Ampsaga sont flanquées de plusieurs hautes rangées de coteaux , et forment une presqu'île élevée, qui n'est jointe au reste du pays que vers le sud-ouest ; d'où une plaine fertile, dont Salluste a déjà signalé l'existence , s'étend d'un coté jusqu'à Mi la h , et de l'autre jusqu'aux sources de la rivière d'Or (Oued-el-Dzahab), qui forme, avec le Jimmilah, l'affluent occidental de l'Ampsaga. C'est dans cette presqu'île que se trouve la ville de Cirta (*). » Cette ville est aujourd'hui Constantine, qui est encore la plus forte place de l'Algérie orientale. Parmi les autres villes du pays des Massyliens, nous indiquerons celles qui ont conservé aujourd'hui quelque importance :

sur la côte Rusicada ( de Ptolémée ), connue présentement sous le nom de Stora, près de laquelle est le nouveau port de Philippeville, Hippo-Regius, que les Arabes appelaient la ville des Jujubes (Blaid-el-Aneb), aujourd'hui Bone ; Collops Magnus (Collo). La capitale du pays des Massésyliens , au temps de Sypuax, était la ville de Siga, à quelque distance du port du même nom, et non loin de la rivière qui est la Tafna de nos jours : c'était une des anciennes colonies tyriennes ou villes métagonitiques , alliées ou tributaires de Cartnage. Florissante au temps des guerres puniques, elle était en pleine décadence à l'époque d'Auguste.

Strabon dit même qu'elle fut ruinée par les Romains. Mais Pomponius Mêla, Ptolémée , et l'Itinéraire d'Antonin, attestent qu'elle existait encore; Icosium (Cberchell), Jol ou Caesarea (Tennès), la résidence du jeune Juba, qui, par reconnaissance pour Auguste,

(•) Traduct. de MM. Marcus et Duesberg, p. 368.

lui donna le nom de Césarée ; Jomnium, municipe romain, dont la position correspond à peu près à l'emplacement actuel d'Alger : Choba, aujourd'hui Bougie, selon Mannert , tandis que, selon M. Dureau de la Malle, Bougie serait l'ancienne Saldae , que Mannert appelle Tedèles. Dans l'intérieur, Sitjfis (Sétif), Castellum Medianum ( Médéah ), Castra Nova ( Mascara), Quiza Castellum (Oran). Ptolémée , Strabon , Mêla , l'Itinéraire, citent un grand nombre d'autres villes, et nous pourrions multiplier les rapprochements de la géographie ancienne et moderne; mais notre but n'est point de faire la description détaillée des lieux : nous avons seulement voulu préparer le lecteur à l'intelligence des faits historiques, et en même temps reporter , par de fréquentes comparaisons , son esprit du passé au

{irésent, pour l'aider à comprendre les àits nouveaux dont ces contrées sont le théâtre. Ajoutons seulement que les deux régions occupées par les Massyliens et les Massésyliens correspondent à peu près, dans les limites que nous avons indiquées, aux quatre provinces que comprenait la régence d'Alger savoir : province d'Oran , province d'Alger , province de Tittery, province de Constantine.

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