‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 158 sur 246 · SYPHAX EST VAINCU PAR MASSI · texte numérisé non relu

SYPHAX EST VAINCU PAR MASSI

nissa. fils de gula. — Ainsi Cartilage et Rome faisaient servir à leurs intérêts l'inimitié naturelle qui divisait les deux royaumes barbares , et les enveloppèrent dans leur grande querelle. Gula avait un fils âgé de 17 ans, dont Tite-Live dit , la première fois qu'il en fait mention dans son histoire, que les vertus de sa jeunesse faisaient espérer qu'il laisserait à ses descendants un royaume plus florissant et plus étendu qu'il ne Pavait reçu de ses pères. Ce jeune prince était Massinissa , qui d'abord , comme son père, allié des Carthaginois, mérita, par son changement de politique, d'être fiatté sans réserve par l'historien romain. L'ardeur du jeune Massinissa détermina facilement son père à se déclarer contre Syphax. Massinissa unit ses guerriers aux troupes carthaginoises, et fit changer la fortune. Syphax fut vaincu dans un grand combat où on dit qu'il perdit 30,000 hommes. Escorté seulement d'un petit nombre de cavaliers, il abandonna Siga (Ned-Roma), sa capitale, et s'enfuit à l'ouest, chez les tribus voisines des Maures,

3ui peut-être reconnaissaient déjà sa omiuation; car le bruit de l'arrivée de ce chef puissant attira autour de lui une grande multitude , et il reforma bientôt une armée avec laquelle il

NTJMIDIE ET ]

lait passer le détroit de Gadès pour rejoindre les Romains en Espagne; mais Massinissa survint avec son armée victorieuse, et, sans je secours des Carthaginois, il remporta sur l'ennemi de nouveaux avantages.

MA6SINJS8A, EN ESPAGNE, PREND PART A LA DRFAITR DES SCIPIQiVS

(212 ans avant notre èrB). — Après avoir humilié et dépouillé Syphax , Massinissa franchit le détroit et passa en Espagne, où il rejoignit les deux Asdrubalet Magon , qu'il servit avec zèle. La situation des deux Scipjon était alors très-périlleuse; la tentative qu'ils avaient faite en Afrique compromit et ruina entièrement leurs affaires eu Espagne; car les Carthaginois furent fortifiés par la déroute de 8y* phax , et disposèrent de tous lps Numides. Publius et Cnéus s'étaient séparés, pour faire face à tous leurs ennemis. Massinissa , qui combattit d'abord dans l'armée opposée à Publius , le harcela sans relâche. Il inr quiétait les Romains jour et nuit:

non - seulement il tombait sur eux quand ils allaie/it chercher du bois et du fourrage, mais il les attaquait audacieusement jusque dans leur camp, portant soudainement l'alarme et l'effroi au milieu drs postes qui veillaient à la garde des retranchements. Sçipion et les siens étaient connue assiégés, et ils manquaient de toutes chor ses. Dans le combat, les Numides tirent des prodiges; et Massinissa, plus tard l'ami de Scipion l'Africain, dut conip?

ter au nombre de ses premiers exploits cette bataille où périt Publius.

Pendant plusieurs années, Massinissa employa son ardente jeunesse au service des Carthaginois. L'histoire n'a pas fait mention de tout ce qu'il fit dans cette période de son active existence; mais elle laisse conjecturer qu'il fut pour cette république un auxiliaire dévoué, comme il le devint plus tard pour les Romains. En 210, M. Valérius Messala, commandant la station navale des côtes de la Sicile, fit une incursion sur le territoire d'Utique, et revint treize jours après en Luybée. Ayant interrogé les prison-

AURITANIE. M

niers qu'il avait faits dans cette expédition, il apprit d'eux, entre autres choses, que Massinissa se trouvait à Carthage avec 5,000 Numides; qu'on faisait de grandes levées dans toute la INumidie pour fortifier l'armée d'Es- )agneque commandait Asdruhal, dont e projet de passer en Italie était déjà )ien arrêté. Peut-être Massinissa devait-il conduire toutes ses recrues africaines, et accompagner le frère d'Anninal sur le sol de l'Italie, où il aurait partagé son funeste sort, Mais la fortune en décida autrement.

SYPHAX SE RELÈVE; IL CONTINUE SES RELATIONS AVEC ROME (5I0avai)t

notre ère). — Nous avons laissé Syphax repoussé par Massinissa dans la partie la plus occidentale de l'Afrique, et dépouillé de ses États. Ce prince ne tarda pas à rétablir ses affaires : Massinissa guerroyait en Espagne; Syphax n'avait plus ce rival en tête; il lui était facile de se relever dans la Numidie.

Les circonstances du retour de Syphax dans son royaume ne sont pas connues; mais' on sait le résultat de ses tentatives et le temps où il faut les placer, par Tite-Live, qui, sans entrer dans aucun détail, mentionne l'arrivée des ambassadeurs de ce prince sous le consulat de Valérius Lévinus et de Marcellus, en 210. Les envoyés de Svphax venaient informer le sénat des victoires de leur maître sur les Carthaginois, et de la situation prospère de ses affaires. Ils renouvelèrent en son nom l'assurance de son amitié pour Rome et de sa haine contre Carthage. Ce n'était plus seulement avec les représentants de la république en Espagne qu'il voulait traiter, mais avec le sénat lui-même. Le sénat répondit avec bienveillance aux envoyés numides, ettit partir trois députés qui offrirent au roi barbare des présents consistant en une toge et une tunique de pourpre, un siège d'ivoire, et une coupe d'or du poids de cinq talents.

La députation visita aussi d'autres petits rois (reguli) numides à qui elle offrit des présents de moindre valeur, savoir, des robes prétextes et des coupes du poids de trois talents. Ainsi

L'UNIVERS

Rome ne négligeait rien pour soulever l'Afrique contre Carthage et multiplier les ennemis à ses portes, et c'était par ce mélange heureux de la politique et des armes qu'elle résistait au génie puissant d'An ni bal.

Page 1