VABIATIONS DE SYPHAX. SCI PION LB VISITE DANS SES ETATS; IL Y
bbncontbb asdbubal. — Il était cependant facile à Syphax de se maintenir dans l'alliance des Romains qu'il avait déjà possédée, et de partager aussi les dépouilles de Carthage. Mais son ambition et son inconstance le précipitèrent dans le plus mauvais parti. Malgré ses traités avec Rome, il s'était depuis peu rapproché de Carthage. Étant alors le plus puissant roi de l'Afrique, il était sollicité par les deux républiques, et se plaisait à flotter de Tune à l'autre, et à les laisser toutes deux dans l'incertitude. Il avait récemment traité avec Cartilage; mais les derniers revers qu'elle avait éprouvés en Espagne et en Italie l'attiraient de nouveau vers les Romains. Scipion, gui méditait déjà son expédition d'Afrique, résolut de fixer enfin la mobile politique de ce prince. Il lui envoya Lélius, son ami, avec des présents considérables; et Syphax se laissa regagner par ces avances flatteuses du vainqueur. Cependant, il déclara qu'il ne voulait rien conclure qu'avec Scipion en personne. Lélius obtint des garanties pour la sûreté de Scipion, et lui rapporta la réponse du roi. Le général romain était si pénétré de l'importance de cette négociation, qu'il n'hésita pas à entreprendre une périlleuse démarche, dont Fabius lui re-
procha plus tard la témérité. Il partit de Cartnagène avec deux vaisseaux , et suivi de Lélius. Dans le même temps, Asdrubal, fils de Giscon , quittait l'Es-
fiagne avec sept navires; il poursuivit es deux galères romaines, et les aurait prises sans un vent favorable qui les sauva. Asdrubal, renonçant a leur donner la chasse, résolut aussi de se rendre auprès de Syphax, et y devança l'arrivée de Scipion , qui ne se fit pas longtemps attendre. L'orgueilleux Syphax se sentit flatté de cette recherche opiniâtre dont il était l'objet, de la part des deux plus puissantes républiques de l'univers. II voulut d'abord engager Scipion et Asdrubal à terminer leurs différends par un accord, et remplir le personnage de médiateur. Mais Sci-
{>ion lui rappela que ce n'était point là 'objet de sa venue : il consentit toutefois à converser avec Asdrubal, et, pour plaire au roi, il mangea à la même table et s'assit au même lit a côté du Carthaginois qu'il avait vaincu. Scipion déploya dans ces entrevues toutes les grâces de son esprit et tous les charmes de ses manières; il séduisit Asdrubal lui-même, et lui arracha cet aveu, que l'entretien de Scipion lui avait inspiré de son ennemi une plus haute idée que ses victoires et ses conquêtes mêmes. Asdrubal, gui avait pénétré l'intention du Romain, était dévoré d'inquiétudes sur les effets du rapprochement de Rome et de Syphax.
Il ne put l'empêcher, malgré ses efforts; et Scipion, après avoir fait une ligue offensive et défensive avec Syphax contre Carthage, revint à Cartnagène. Son absence n'avait duré que quatre jours.