BOCCHAR , LIEUTENANT DE SY- PHAX, FORCE MASSINISSA A QUITTER
cette retraite. — Les Carthaginois, qui souffraient considérablement de ces ravages, s'adressèrent à Syphax, afin qu'il exterminât ces débris dangereux du parti vaincu. Mais ce prince, jugeant indigne de lui de poursuivre dans les montagnes une troupe vagabonde de brigands, chargea Bocchar, un de ses lieutenants, homme actif et courageux, du soin de cette expédition. Il lui donna 4,000 fantassins
avec quelques familles qui lui restèrent >et 2,000 chevaux, et l'exalta par l'es
fidèles. Elles s'établirent sur la mon tagne avec leurs tentes et leurs troupeaux, qui formaient toute leur richesse. Cette montagne renfermait plusieurs sources d'eau , et était couverte de pâturages. Les réfugiés numides pouvaient donc y faire paître leurs troupeaux, dont le lait et la chair servaient a leur subsistance. D'abord ils firent furtivement des incursions nocturnes dans les campagnes environnantes ; puis , enhardis par leurs premiers succès, ils étendirent leurs ravages et ne se cachèrent plus. Ils pillaient de préférence les terres des
noir des plus grandes récompenses, s'il lui rapportait la téte de Mâssinissa , ou, ce qui aurait été un bonheur inappréciable, s'il le lui amenait vivant.
Profitant de la sécurité et de la négligence de Mâssinissa et des siens, Boechar les assaillit à ('improviste ; il fit main basse sur les troupeaux et la multitude de ceux qui étaient sans défense , et cerna le chef lui - même et ses guerriers sur le sommet du mont Balbus. Bocchar, regardant l'expédition comme presque terminée, envoya à Syphax tout le butin qu'il avait fait, avec une partie de ses troupes, ne
Carthaginois , où le butin était plus gardant avec lui que 500 fantassins et
abondant et plus facile que dans le
(*) Le mont Balbus est aujourd'hui le Djebel-el-Resas entre Nabal (Neapolis) et Rhades (Maxula). Sur le flanc de la montagne est un lieu appelé El-Avbaim les Qua-
200 cavaliers,' qui lui suffisaient pour achever la guerre. Il contraignit Mâssinissa à quitter les hauteurs, et l'enferma dans une vallée étroite , où il extermina presque toute sa bajide, à TSZTk «ro dïn Voû^éde" 'quarante" V™*?™ de 50 cavaliers qui échaptombeaux que les gens du pays regardent Pere,,t ave« leur chef par des passages comme les monuments funèbres de pieux «"connus. Cependant Bocchar retrouva
leurs traces; il les atteignit de nouveau sur le territoire de Clypea (Clybea auj. ), non loin de la mer, et leur livra un dernier combat , dont il n'échappa que quatre hommes avec Mâssinissa, qui , dangereusement blesse ,
2e livraison, (Kumidie et Mauritanie.) 2
pieux
musulmans morts en défendant leur patrie adoptive. D'autres voudraient y voir les tombeaux des compagnons d'armes de Mâssinissa, qui furent massacrés pour ta plupart par les soldats de Bocchar. Voir Mannert, traduct. de Marcus, p. 700.
L'UNIVERS
faillit tomber au pouvoir du vainqueur.
Bocchar répandit ses cavaliers dans la, campagne, pour atteindre ces derniers fuyards. Ceux-ci , serrés de près , arrivèrent sur les bords d'une large rivière , où ils se jetèrent sans hésitation, préférant le moin ire des deux dangers. La force du courant entraîna les plus faibles , qui s'abîmèrent dans le gouffre sous les yeux même , des ennemis. Ils crurent que Massinissa avait subi le même sort ; mais il eut le bonheur d'échapper avec deux des cavaliers qui lui restaient , et il parvint à gagner l'autre rive, où il se cacha dans un taillis. Bocchar n'osa franchir le fleuve; il arrêta sa poursuite , qu'il considérait désormais comme inutile, et il revint auprès de Syphax, affirmant que Massinissa avait succombé. Des envoyés annoncèrent cette heureuse nouvelle à Carthage, où elle excita la joie la plus vive.
massinissa se cache dans une cavebnb; il bentbe pans son