‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 165 sur 246 · BOY AL ME, PEBD UNE OBANDE BA- TAILLE CONTEE SYPHAX ET SE JOINT · texte numérisé non relu

BOY AL ME, PEBD UNE OBANDE BA- TAILLE CONTEE SYPHAX ET SE JOINT

aux romains ( 204 avant J. C. ). — Pendant que Syphax et les Carthaginois célébraient par de grandes réjouissances la mort de Massinissa, ce prince avait trouvé un asile sûr dans une caverne ignorée, où ses deux compagnons lui apportèrent des herbes pour panser ses blessures. Il y resta

Îilusieurs jours en repos , nourri par es vols de ses fidèles cavaliers, jusqu'au moment où, ses plaies étant cicatrisées , il reparut de nouveau au grand jour , et étonna ses adversaires par un nouveau trait d'audace. Il rentra subitement dans son royaume , où la joie inespérée qu'on eut de le revoir, après l'avoir cru mort, rassembla en peu de temps autour de lui 10,000 nommes de pied et 4,000 cavaliers. En un instant il se retrouva maître de toute la contrée , et recommença ses ravages sur les terres des Carthaginois et sur les frontières de Syphax- Comme il prévoyait bien que ce dernier répondrait à ces provocations , il posa son camp sur une montagne, dans un terrain très-avantageux, en-

te Cirtaet ïlippone. Cette fois t Syphax, voulant én finir avec cet ennemi indomptable, marcha lui-même contre Massinissa, accompagné de son fils Vermim. bientôt les deux armées Rirent en présence. Syphax ordonna à son fils d'attaquer secrètement et par derrière, tandis qu'il mettait ses troupes en bataille pour en venir ouverte* ment aux mains. Massinissa comptait sur l'avantage de sa position v et il accepta bravement le combat. L'action fut sanglante et longtemps douteuse :

l'ardeur des Numides de Massinissa compensait la supériorité numérique de l'ennemi. Mais quand le corps d'armée de Vermina eut donné sur Tarrière-garde , Massinissa et les siens x enveloppés de tous côtés , ne purent tenir plus longtemps, et la victoire cessa d'être douteuse. Le carnage commença, les Massyliens périrent ou.

furent faits prisonniers ; il n'en restait plus que 200 , qui, groupés autour de leur chef, résistaient en désespérés. Çes braves n'avaient plus qu'à succomber en combattant, ou a se taire jour à travers l'ennemi le fer à la main. Massinissa prend ce dernier parti : il divise ses gens en deux troupes , et. leur ordonne de percer comme ils pourraient les bataillons de Syphax, en leur indiquant un lieu de ralliement. Deux de ces pelotons ne purent échapper ; car l'un avant perdu courage mit balles armes , et l'autre fut écrasé par îe nombre; le troisième, commandé par le roi lui-même, et qui se composait de 70 cavaliers , parvint à se dégager.

Puis , se répandant dans la campagne, il parvint, à force de courses et de détours, à lasser Vermina, qui s'était attaché à le poursuivre. Toujours infatigable et audacieux maigre ses revers, Massinissa parcourut en pillant la côte et les villes carthaginoises ; et , s'avançant jusqu'à la petite syrte , se retira chez les Garamantes. Peu de temps après, Lélius arriva en Afrique avec la flotte romaine , et Scipion ne tarda pas à le suivre. Massinissa vint se joindre h ses alliés, selon quelquesuns, avec 2,000 chevaux , selon (^autres , avec 200 seulement ; d'après ce

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NUMIDIE ET

que nous venons de dire du fâcheux état de ses affaires , on peut conclure que cette dernière évaluation est la plus vraisemblable.

l'aIUUVEK DE SCIPI.ON RELEVE MASSINISSA ET JlUINE SYWJAX. —

Jusque-là la fortune s'était acharnée à poursuivre tyassin issa ; mais des que les Romains eurent mis le pied en Afrique, les choses,cba,ngèreAt de face.

Ici l'histoire des deux rois numides se confond entièrement avec celle de la seconde guerre punique , qu'il n'entre pas dans notre sujet de raconter. Cependant il importe de suivre la destinée de Massinissa et.de Syphax, devenus les seconds de Rome et de Cartilage dans cette grande lutte , où ils terminèrent aussi leurs longs démêlés (*). Svphax apportait à ses alliés une armée , un trésor , de vastes ressources ; Massinissa fut beaucoup plus utile aux siens en leur consacrant sa valeur, son expérience et sa fidélité. Il prit une part glorieuse à tous les exploits de Scipion et de .Lélius, à la ruine de l'armée d'Hannon, à l'incendie des camps d'Asdrubal et de Syphax, à la victoire des grandes plaines, qui laissa Carthage sans défense, et la contraignit à rappeler Annibal ; enfin, à la défaite de ce dernier à Zama. En récompense de tant de services , les Romains l'aidèrent à ruiner la puissance de Syphax. Lélius ramena Massinissa dans son royaume.

Syphax, qui s'était enfui dans ses fttats, tenta encore une fois le sort des batailles, et il succomba devant les légions de Lélius. 11 combattit bravement; mais son cheval s'étant abattu, il se blessa dans la chute, fut tait prisonnier, et conduit d'abord à Massinissa, qui goûta toutefois le plaisir de la vengeance en voyant l'abaissement de celui qui l'avait proscrit autrefois (202). Ensuite Syphax fut livré à Lélius.

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