MAURITANIE JUSQU'A LA RÉDUCTION EN PROVINCE ROMAINE
DESCRIPTION DE LA MAURITANIE; SES LIMITES ; l'atlas; NATURE DU SOL', PRINCIPALES PRODUCTIONS DU
pays ; fleuves. — La Mauritanie était la contrée la plus occidentale de l'Afrique du nord. Strabon l'appelle la Maurusie. Plusieurs médailles et monnaies , frappées à Rome au temps d'Adrien , et reproduites dans les recueils de Gruter et d'Eckhel , la désignent par le nom de Mauritanie ; il n'y en a qu'un petit nombre qui portent le mot de Mauritanie , et cependant il est resté le plus en usage. Les peuples qui habitaient cette contrée étaient les Mauri, Maures, dénomination qui s'étendit de plus en plus à l'orient, et qui finit par envahir presque toute la Numidie.La Mauritanie proprement dite est celle que l'on appela plus tard Tingitane, du nom de Tingis (Tanger), sa capitale. Elle était séparée du pays des Massésylfens par le fleuve Malva ou Mulucha; la mer Méditerranée et l'océan Atlantique l'entouraient au nord et à l'ouest; mais sa limite au sud était plus incertaine, et fut longtemps inconnue. On s'accordait à lui donner l'Atlas pour bornes de ce côté; mais personne n'avait vu cette vaste chafne , et sa position était toujours livrée aux conjectures des historiens
et des géographes. « C'est Polybc le premier, ait Mannert, qui 6xa pour toujours la position errante de l'Atlas : dans le cours de son voyage il vit une énorme chaîne de montagnes dresser ses flancs escarpés du sein de l'Océan, et il comprit que ce devait être là ce mont fabuleux cherché inutilement pendant tant de siècles. Avant Polybe, nul écrivain ne l'avait cherché de ce côté; désormais tous les géogra-
fthes lui assignent la position que Poybe lui avait donnée (*). » Juba II, le plus savant des rois africains , confirme le témoignage de Polybe ; et les renseignements qu'il donne sur ces montagnes de son royaume sont consultés par Pline , et servent à attester l'exactitude de l'historien grec. Pline, ainsi que Strabon , donnent le nom
1>ar lequel les indigènes désignaient 'Atlas : ils l'appelaient Dyris. Ainsi , au temps des empereurs , la position du grand Atlas était bien constatée, et la limite méridionale de la Mauritanie était fixée à l'endroit où la ligne principale de cette chaîne vient aboutir à l'Océan, auprès du cap appelé aujourd'hui cap de Ger ou iïAguer.
« Nous allons pénétrer actuellement dans l'intérieur de la Mauritanie, où nous suivrons d'abord l'Atlas. D'après les rapports des gouverneurs romains et du roi Juba, Pline nous le décrit comme une chaîne élevée, avec des pentes rapides; les sommets en portaient des neiges éternelles. Dans les régions inférieures , les flancs des montagnes étaient revêtus d'immenses forêts ; de nombreux cours d'eau se précipitaient des hauteurs, et portaient la fécondité au sein des contrées voisines. Des généraux romains étaient parvenus jusqu'au pied des nombreux rameaux de I Atlas , qui se répandent dans le pays en tout sens , et prétendaient y avoir vu des choses merveilleuses ; Pline ne nous a pas transmis leurs récits, qu'il traite de fables. Un seul de ces généraux, Suétone Paulin, s'aventura dans l'intérieur de ces montagnes. Après dix jours de marche il atteignit l'Atlas;
(*) Trad. de Marcus, p. 56».
L'UNIVERS
après l'avoir franchi , il trouva de l'autre côté des plaines couvertes d'un sahle noir, où coulait une rivière nommée Ger.
« Vers Test, les ramifications de l'Atlas atteignent une hauteur considérable. En se dirigeant vers le nord , il envoie quelques branches latérales dans la Césarienne, et s'abaisse insensiblement à mesure qu'il se rapproche de la Méditerranée, où il vient se terminer à l'ouest de la rivière de Malva ( Malouïa ). A partir de ce point , les montagnes suivent de fort près la côte septentrionale de la province ; près des colonnes d'Hercule ( détroit de Gibraltar ), elles s'avancent d'Abylé (cap de Ceuta, appelé Djebel-Zatouta, mont aux Singes , par les indigènes ) , qui portait l'une des deux colonnes, vers les Sept-Frères ( Ceuta ) , et se terminent au nord par le proniontorium Cotes ( cap Spartel ). On voit que le pays n'est pas 6illonné de montagnes à l'intérieur, comme l'est la Césarienne ; il est encaissé sur trois côtés par des chaînes plus ou moins hautes , au pied desquelles s'étend une vaste plaine entrecoupée par quelques coteaux. Le versant s'incline tout entier du côté de l'ouest vers l'Océan, dont les rives sont unies.
« Le pays n'est guère fertile du côté de l'est, où les steppes de la Gétulie avoisinent tes montagnes et la rivière de Malva , ni vers le nord et aux environs du détroit, où des chaînes peu élevées bordent les côtes. Le petit nombre de villes que l'on trouvait dans ces contrées étaient toutes situées sur la mer Atlantique; on avait abandonné les montagnes aux singes et aux bétes féroces ; les éléphants y avaient établi leur demeure; nul établissement romain dans ces pays si rapprochés de l'Espagne ; ils étaient habités par les tribus nomades indigènes, mêlées aux anciens colons phéniciens des côtes.
« Les régions qui avoisinent l'Océan vers l'ouest sont d'une grande fécondité, ainsi que l'intérieur des terres aux environs de Méquinez, où les Romains avaient fondé de grands établissements.... A une époque où ce pays
n'était pas encore passé sous la domination immédiate de Rome, les anciens donnent des détails à peine croyables sur la fertilité du sol. « La récolte, « dit Strabon au livre xvii , se fait «deux fois par an, au printemps et « en automne. Les épis atteignent une « hauteur de cinq coudées : ils ont l'é- « paisseur du petit doigt; la terre rend « deux cent quarante grains pour un.
« A vrai dire, les habitants ne sèment « pas. Sur les grains qui se sont épar- «pillés sur le sol à la moisson, ils « passent des buissons épineux pour les « enfoncer sous terre , et bientôt sur- « git l'espoir d'une récolte nouvelle.
« Les Maures font du vin avec le suc « d'un arbre qu'ils appellent melilo- « tum. La vigne y acquiert une gros- « seur prodigieuse; deux hommes suf- « fisent à peine pour l'embrasser; les « raisins ont jusqu'à une coudée de « long. Par contre , le pays fourmille « de lions, de panthères , d'éléphants, « de buffles et de singes; dans les gran- « des rivières il y a des crocodiles ; on « trouve aussi des serpents , des dra- « gons , des scorpions ailés ou sans « ailes. Pour éviter les morsures de « ces animaux venimeux , les Maures « portent des bottes , frottent les pieds « du lit avec des gousses d'ail , et les « enveloppent de touffes d'épines. Les « montagnes renferment des mines de « cuivre , des plantes marines pétri- « fiées , et des escarboucles. »
«Il nous reste à parler de deux productions que la Mauritanie fournissait exclusivement au luxe des Romains.
Le versant de l'Atlas était partout couvert de forêts immenses, riches ea arbres de toute espèce , dont les Romains essayaient de faire la description avant même qu'ils leur eussent trouvé des noms. Parmi ces arbres, il y en avait dont le tronc était si épasi qu'on pouvait, en le coupant horizontalement, en fabriquer die grandes tables rondes faites d'une seule pièce.
Les Romains estimaient beaucoup ces tables, qu'ils appelaient monoxyli ( à un seul Lois). On attachait encore plus de prix à certaines espèces de limaçons qui fournissaient une pourpre
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très-luisante; on allait les chercher dans les montagnes , situées près des côtes et sur la lisière du grand désert (*). »
La Mauritanie était traversée par un assez grand nombre de fleuves, dont plusieurs étaient navigables. Le plus oriental était te Mulucha ou Malva , qui appartenait aussi à la Numidie, et qui, plus tard , sépara la Mauritanie tingitane de la césarienne.
Au delà, vers l'ouest, était la Thaluda ou Tamida (Tétouan), que les géographes désignent par différents noms :
comme le Mulucha , il se jette dans la Méditerranée ; la Zilis ou Zilia , près d'une ville du même nom : elle a son embouchure dans l'Atlantique ; le Lixus, à l'embouchure duquel était la colonie phénicienne du même nom (aujourd'hui Larache);au sud du Lixus, la rivière de Subur (Subu). Au nord de ces deux rivières était le sinus emporicus, le golfe du commerce, que les Carthaginois avaient couvert d'établissements après le périple d'Hannon ; la Sala (Beni-Tamer), qui côtoyait les frontières du pays de Sahara. Ptolémée, Pline, etc., font mention d'autres fleuves dont on ne peut déterminer les positions. La Mauritanie était située sur les confins du monde connu de l'antiquité, et c'était à l'ouest de ses côtes que les anciens plaçaient les îles Fortunées , séjour mystérieux du bonheur, que l'imagination des poètes avait inventé , et que la science ne pourra certainement jamais découvrir (**).
DES MAURES *, ÉTYMOLOGIES DE CE MOT ; DIVISIONS EN TB1BUS. — La
nation des Maures ne se distinguait en rien des Numides, qui furent confondus plus tard avec elle. Les Maures,
(*) Mannert, trad. de Marcus, p. 477»
(**) La Tingitane correspondait non-seulement au rovaume de Fez, mais encore à l'empire de Maroc, dont Fez n'est plus qu'une province. Toutefois la domination des Romains ne s'exerça réellement que dans le nord-ouest de celte contrée, c'est-à-dire dans la partie qui fut plus tard le royaume de Fez.
comme les Numides, menèrent d'abord la vie nomade , occupés de chasse et de çuerre, ardents au pillage, et habiles a dompter et à diriger des chevaux semblables à ceux de la Numidie. Mille conjectures ont été faites pour expliquer l'origine du nom de Maure. Le docteur Hyde croit qu'il dérive de Mahri ou Mavri , quelqu'un qui gît le long du passage , et qu'il vient de ce qu'ils habitaient près du détroit des colonnes d'Hercule. Manilius et Isidore de Séville disent que les Maures ont été appelés ainsi, par allusion à la couleur oe leur peau. Salluste prétend que ce nom est une corruption de celui de Mèdes. De Brosses, en rejetant cette étymologie, fait dériver ce nom du mot oriental mer, qui signifie changer, trafiquer, passer. Nos termes français, commerce et marchand, dit-il, dérivés immédiatement du latin merx et mercator , viennent originairement de la même racine. Les peuples de Mauritanie sont aujourd'hui et ont de tout temps été grands commerçants. Les Arabes et les Turcs appelfent Mores, Moures , ceux qui habitent les villes et s'adonnent au trafic. Cependant de Brosses lui-même semble préférer l'explication de Bochart, et nous sommes de son avis. Bochart établit que Maure est équivalent du terme Mahur, ou, comme rien n'est plus commun dans les langues orientalesquePélision desgutturales, Maur, c'est-à-dire qui est à l'occident. Les auteurs anglais deT Histoire universelle donnent une explication équivalente, en traduisant Maure par celui qui vient de l'extrémité. La position de ce peuple autorise l'une et l'autre interprétation. Les Maures étaient partagés en plusieurs cantons ou tribus, dont Pline et Ptolémée indiquent les yriiK\i>a\es.LesMetagojiitœ habitaient aux environs des colonnes d'Hercule.
Sur cette côte se trouvait aussi un cap Metagonium , qu'il ne faut pas confondre avec celui du même nom dans le pays des Massyliens ; les Succosii ou Cocosii occupaient la côte de la me* d'Ibérie; les Masices, les Férue* et les Verhicm s'établirent parmi
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ces deux peuples ; les Salisae se fixèrent plus a l'ouest vers l'Océan, et les Volubiani vers le sud ; les Maurensii et les fferpeditani possédaient la partie orientale qui conûne à la Mulucha; les Angaucani, les Nect ibères , les Zagrensii, les Baniubx, qui sont probablement ceux que Pline appelle Baniurœ, s'étendaient depuis les pentes méridionales de l'Atlas minor de Ptolémée, jusqu'au pied de son Atlas major. Mêla nomme encore les Atlantes, qu'il place dans les parties occidentales de la Mauritanie. Au delà du cours de la Sala commençaient les tribus gétules, qui restèrent toujours indomptées. Les Gétules formèrent sur les frontières des provinces romaines, en Afrique, une ligne de tribus barbares, toujours prêtes à envahir les pays vaincus et civilisés par Rome. Ils paraîtront fréquemment dans les temps de l'empire.
TEMPS ANCIENS DE LA MAURITA- NIE ; TRADITIONS FABULEUSES ET HYPOTHESES SUR SA PRIMITIVE HIS- TOIRE.— Les premiers temps historiques de la Mauritanie sont aussi obscurs que ceux de la Numidie ; seulement, il s'y rattache un plus grand nombre de faits; mais tous sont restés fabuleux, car les noms de Neptune, d'Atlas, d'Antée , d'Hercule , sont les premiers qu'on y rencontre. Les poètes , les mythologues , les historiens même, ont parlé longuement de tous ces événements incertains. Les critiques modernes en ont disserté plus longuement encore; efforts inutiles des" uns pour inventer des faits sur une époque dont rien n'était parvenu, et des autres pour éclaircir des inventions sans fond et sans réalité. Voici les principaux résultats de tout ce travail des anciens et des modernes :
leur exposé démontrera suffisamment ue notre jugement n'est pas trop déaigneux. Selon les uns, le roi ou dieu Neptune régna le premier sur la Mauritanie, sur la Nubie, etsur une grande partie de la Libye. Après lui viennent deux princes , Atlas et Antée , qui ne sont vraisemblablement qu'un seul et même personnage. En effet , ils sont
tous deux fils de Neptune ; tous deux dominent dans une grande partie de r Afrique, et particulièrement dans la Tingitane. Hercule défit et tua Antée dans la même guerre où il enleva le monde libyen à Atlas. II les repousse de l'Égypte, qu'ils avaient envahie ensemble ; il les combat dans la guerre des dieux. C'est pour l'un et l'autre la même histoire, les mêmes attributions : il est impossible de ne pas les identifier. Antée ou Atlas résista courageusement à Hercule, qui l'attaquait avec des troupes égyptiennes et éthiopiennes. La Libye lui fournissait de nombreux renforts. Mais Hercule ayant intercepté une troupe de Maures qui venaient rejoindre Antée, marcha une dernière fois contre lui , et lui fit éprouver une défaite complète. Alors il occupa tout le pays, et y fit un riche butin. Bochart trouve dans ces faits l'explication de toutes les fables fabriquées sur Hercule et Antée. Hercule prive Antée des forces renaissantes qu'il puisait dans sa terre natale , en interceptant les secours qui lui arrivent ; ou bien il l'enlève du sol africain , en le forçant à combattre sur mer, où il le défait. Bochart pense même que la stature gigantesque d'Antée signifiait la grandeur des vaisseaux qui composaient ses flottes:
quant à ces pommes d'or enlevées par Hercule après la défaite du dragon qui les gardait , c'était le prix de la vie* toire, la conquête même de la Mauritanie et des trésors d'Antée.
Plus ■ on recueille de témoignages sur des points si douteux , plus l'embarras ne fait qu'augmenter. Ce que nous avons dit sur Atlas et Antée pourrait suffire; mais voici d'autres textes bien différents : Diodore fait d'Atlas un fils d'Ouranos; l'évêque Cumberland , dans ses notes sur les fragments de Sanchoniaton, prétend que cet Ouranos est Noé. Eusèbe dit qu'Antée est fils d'Atlas. Apollodore prétend qu'Atlas était fils de Japhet ; et par conséquent petit-fils de Noé, ajoute l'évêque Cumberland, qui veut absolument faire remonter cette histoire à l'époque du déluge. Toute la
NU MI DIE ET MAURITANIE
généalogie atlantique ne vaut guère la peine qu'on la discute ; mais on ne peut s'empêcher de sourire de cette étrange préoccupation de l'évêque de Péterborough , qui confond tous ces mythes grecs avec l'antiquité biblique, et qui arrive par là à faire Hercule contemporain deMizraïm.
SYSTÈME DE NEWTON. — Enfin ,
pour en finir avec toutes ces incertitudes, nous produirons l'autorité d'un grand nom , auquel les annalistes de l'histoire ancienne ont pris l'habitude de s'en rapporter sur cette matière.
Le même nomme qui a découvert la loi de la gravitation a aussi appliqué la pénétration de son sublime génie aux questions épineuses de la chronologie, et, dans ce genre de travail , il a surpassé les plus habiles (*). VArt de vérifier les dates s'est contenté de résumer son système, et voici l'exposé qu'il en donne :
« Ammon , père de Sésac , roi d'Égypte, a été , selon Newton , le premier roi de Libye , ou de cette vaste étendue de pays qui sépare les frontières de l'Égypte des bords de l'océan Atlantique , c'est-à-dire, de la Mauritanie. La conquête en fut faite environ 1000 ans avant Jésus-Christ, par Sésac, du vivant de son père.
« Sésac eut à défendre la Mauritanie contre les Libyens, qui , ayant à leur téte Neptune, se révoltèrent contre lui et le tuèrent (973).
«Neptune, frère et amiral de Sé* sac, après avoir envahi la Mauritanie, étendit encore sa domination sur la Nubie et une grande partie de la Libye.
« Atlas ou Antée, fils de Neptune, portait ses vues encore plus loin que son père. Son projet était d'envahir l'Égypte même. Il avait la fermeté et la valeur nécessaires à une pareille entreprise. Des renforts nombreux, que lui fournissait la Libye, le mettaient en état de la soutenir longtemps. Hercule, général de la Thébaïde et de l'Éthiopie pour les dieux ou grands sei-
(*) Newton' s ehronol. of the empire of Mgjrpt. and of the Greefts, p. 99.
gneurs d'Égyote , s'opposa à ses succès. Il y perdit beaucoup de monde ; mais à la fin Hercule ayant intercepté un corps de Maures qui marchait au secours d'Antée, remporta une grande victoire sur eux, subjugua tout le continent de la Libye, et tua Antée luimême, près d'une ville de la Thébaïde, qui reçut à cette occasion le nom d'Antaea, ou d'Antaeopolis(*). »
De leur côté, les auteurs anglais de Y Histoire universelle emploient toutes sortes de raisons, bonnes ou mauvaises, pour confirmer les résultats obtenus par Newton, à qui ils donnent si justement la qualification d'incomparable. Il y a donc , chez les historiens, unanimité pour proclamer l'excellence des combinaisons chronologiques de ce grand génie , et nous acceptons aussi sur ce point le jugement de ceux qui nous ont précédé, malgré les nombreuses objections que ce système peut soulever, malgré tous les doutes gu'il laisse à l'esprit, toutes les contradictions qu'il présente. Mais il est la seule lumière que Ton rencontre dans ces ténèbres, et il faut s'en contenter. On n'en trouverait pas de plus satisfaisante, et on ne gagnerait rien à pénétrer davantage dans ces temps et ces contrées, dont l'histoire a compris qu'elle devait désespérer.