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MULTIPLICITÉ DES BACES HUMAINES

A ces mots d 'espèce humaine se rattache une grande question débattue parmi les adeptes des sciences naturelles : celle de savoir si l'homme constitue à la fois un ordre, un genre et une espèce uniques, conservant invariables tous les caractères fondamentaux de l'ordre, du genre, de l'espèce, et ne laissant percer de diversité que dans ces caractères accessoires et accidentels de forme et de couleur, que la science considère d'habitude comme les signes diacritiques des simples variétés ; ou s'il faut l'admettre comme un genre subdivisé en plusieurs espèces distinguées entre elles par des caractères tranchés, constants, ineffaçables : en d'autres termes, si l'Européen, le Mongol et le Nègre , qui offrent les trois types les plus divergents, peuvent être ramenés a une souche commune, ou s'ils ont chacun des caractères spéciaux , entre lesquels des croisements à divers degrés peuvent, il est vrai, avoir produit des variétés nombreuses, mais qui sont fondamentaux pour

chaque type et ne sauraient permuter de 1 un à l'autre.

On cherchera peut-être longtemps encore dans les traditions bibliques des arguments contre la multiplicité originelle des espèces dans le genre humain ; mais en invoquant, contre les résultats des études scientifiques , un témoignage présenté comme dogmatique , on oublie trop que les textes allégués ne sont produits qu'à travers une interprétation grammaticale qui n'est point incontestée, et une exégèse

{>lus contestable encore : et d'ailleurs e prophète s'écriant que la peau du nègre ne peut changer de couleur, pas plus que celle de la panthère ne peut cesser d'être mouchetée (*), n'apportet-il point un argument de même valeur à l'hypothèse contraire ? Loin d'admettre que la Genèse ait voulu faire descendre de l'unique Noé toutes les ramiûcations de la grande famille humaine, nous soutiendrions volontiers la thèse que l'écrivain génésiaque n'a voulu désigner que les trois grands

(*) Jércmie, juix, a3.

HISTOIRE DE L'AFRIQUE. 17

rameaux de la race blanche, individua- variétés, les nombreuses espèces d«

Usés pour nous dans les trois types Bory de Saint-Vincent, et celles qu'il

grec, égyptien, et syriaque, dont les faut ajouter à son incomplète nomen-

traditions respectives ont conservé à clature. Sans nous détenir à montrer

travers les siècles, comme un témoi- comment le zoologiste anglais , s'éle-

gnaee indélébile de la véracité de Moi- vant sur les idées de Mac-Leay, établit

se, les noms de Japet, de Hbam et de dans toute section naturelle du règne

Schêm; mais sans aborder digression* animal une subdivision tripartite pré-

nellement une question aussi vaste , sentant un type , un sous-type , et un

hâtons-nous de aire qu'à nos yeux les groupe aberrant ou moins développé,

textes bibliques sont fort désintéres- composé à son tour de trois groupes

sés dans les doutes que soulève celle secondaires dont un principal et deux

de l'unité ou de la multiplicité des subordonnés, nous supposerons de

~ dans le genre humain. prime abord que l'espèce blanche ou

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