‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 20 sur 246 · CA1NES · texte numérisé non relu

CA1NES

Quoi qu'il en soit de ces essais de classific ition , les races africaines qui doivent trouver leur place dans ce tableau d'ensemble peuvent être énumèrées en gros dans l'ordre suivant , corrélatif à la disposition systématique des groupes naturels, eu égard aux affinités les plus marnuées :

1° Les races européennes , qui ont formé des colonies disséminées sur toute la périphérie et dans les îles, y compris la race turke,clair-semée dans les pays de la côte septentrionale.

Peut-être divers éléments asiatiques et africains s'y sont-ils fondus dans des proportions diverses ; les traces d'une infiltration nègre sont aisément saisissables, et, d'un autre coté, le noyau semble offrir une grande analogie avec les castes inférieures de l'Inde. Quoi qu'il en soit de l'origine indigène ou étrangère de ces peuples, toujours estil que l'Afrique seule les possède aujourd'hui ; quelques rameaux détachés s'en retrouvent sur la côte de Zanguebar et parmi les populations berbères.

6° Celles-ci forment l'un des groupes les plus remarquables du continent, où elles occupent les régions montagneuses du Nord , et les parties centrales du Ssahhrâ, depuis l'Egypte jusqu'à l'océan Atlantique et aux "Canaries, et depuis la Méditerranée jusqu'à Ten- Boktoue et Kasynah , peut-être même jusqu'au delà du lac Tchad , sous les dénominations diverses de Scbelouhh, Beréber, Qabàyl, Touârek, Sourqâ et autres, que leur donnent leurs voisins arabes ou nègres, et sous l'appellation générale de AmcLzygh, c'est-à-dire

HISTOIRE DE L'AFRIQUE

nobles, ou de Jmazerqt, c'est-à-dire libres, qu'ils se donnent eux-mêmes :

réunion d'éléments fort divers, les uns blancs, d'autres hâtés, la plupart olivâtres, quelques-uns presque noirs; un front étroit, une figure ovale , des traits arrondis , des yeux foncés et cruels, des cheveux noirs et rudes semblent, avec le teint olivâtre, caractériser, au milieu de cette agglomération confuse, une souche primordiale, que les traditions désignent comme kana'néenne, mais qui, (Tune part, s'est nourrie d'une sève dérobée aux races nègres, et sur laquelle, d'autre part, sont venus s'enter de puissants rameaux japétiques.

6° Du milieu des races nègres se détache une population métive, à couleur tannée ou cuivreuse, au nez saillant, à la bouche moyenne, au visage ovale, qui se compte elle-même parmi les races blanches, et se dit issue de pères arabes unis à des femmes tauroudes. Sous les noms de Foulahs, Fellânys, Fellâtahs, ou plutôt sous celui de Peuls , qu'ils se donnent euxmêmes, ces peuples occupent une zone large et onduleuse depuis les rives du Sénégal jusqu'aux montagnes du Man* dharah, et peut-être beaucoup plus loin ; leur chevelure crépue et même laineuse , quoique longue, justifie leur classement parmi les populations oulotriques; mais ni les traits du visage, ni la couleur de la peau , qui leur a valu de la part des voyageurs la dénomination de Peuls rouges, ne permettent de les confondre avec les nègres, quelque intime que soit d'ailleurs, sur la lisière commune, la fusion des deux types.

7* Les races nègres proprement dites, à peau noire plus ou moins foncée , au nez généralement épaté , aux lèvres grosses et saillantes, au visage court, aux cheveux laineux, sont répandues sur la majeure partie du sol africain , depuis le Sénégal et le haut Nil jusqu'au delà du tropique austral.

Lés caractères spécifiques sont diversement combinés chez les différentes

races qui forment cette division ethnographique : ainsi le Ouolof, le plus noir de tous les nègres, est celui dont le nez est le moins épaté, les lèvres les moins grosses; le Moutchicongo , au contraire, dont le teint est beaucoup moins foncé, a le nez presque plat, des lèvres énormes, et la femme possède , dans de moindres proportions , le tablier et les grosses fesses de la Hottentote; entre ces types extrêmes, l'Aschanty , le Manding, l'Arada , 1*1bo , le JVlonjou , le Makoua , offrent une série de types intermédiaires.

8° Les races hotte?itotes , à peau brunâtre comme la suie, au nez entièrement épaté, aux lèvres grosses et avancées, aux pommettes saillantes, au visage triangulaire profilant celui du singe, habitent l'extrémité sud-ouest de l'Afrique; chez la femme, un trait remarquable est le développement des, nymphes qui couvre les parties génitales d'une sorte de tablier naturel , et celui des fesses, dont l'énorme saillie semble destinée à supporter l'enfant pendant l'allaitement.

9° Les races kqfres, au teint gris noirâtre ou plombé, au nez arqué* aux grosses lèvres, aux pommettes; saillantes, occupent, au noro est des.

Hottentots, une vaste portion de l'Afrique orientale , ainsi que la pointé sud de Madagascar ; il semble qu'avec elles doivent être classés les Gallas, qui , depuis Melinde, se sont avancés jusqu'au cœur de l'Abyssinie.

10° Enfin la race malaie a répandu quelques colonies sur In plage africaine, puisqu'elle a peuplé les rivages orientaux de Madagascar ; d'ingénieux rapprochements voudraient même en signaler des traces jusque dans le centre de la Nigritie.

Il est à peine besoin de dire que sur la limite mutuelle des cantonnements géographiques respectifs, les races que nous venons d'énumérer se sont plus ou moins fondues les unes dans les autres, et que leurs démarcations précises ne sont pas toujours faciles à discerner.

L'UNIVERS

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