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Livraison. (Hist. des Vandales

18 L'UNIVERS

ritanies. Il faut encore ajouter que la ques annéesv l'alliance qui unissait les

petite Svrte bornait, à lest, les pro- conquérants de l'Afrique au >; pos-

vinces de Genséric, et que Valentinien sesseurs de la Gaule méridionale. Il

restait maître de la Tripolitaine (*). arriva même, à la suite de cette rup-

r apports et alliances des van- ture,un moment où les Vandales eurent

dalbs, sous genséric , avec les contre eux, à la fois, les Romains, les

autres peuples barbares. — Ce Goths et les Suèves. Pour se debarras-

qui fit la force de Genséric pendant ser, d'un coup, de tous ces ennemis

son long règne, c'est qu'il ne s'isola coalisés, Genséric poussa Attila sur la

point dans son Afrique, et qu'il en- Gaule. Les Huns, il est vrai, furent

tretint, en Europe, des rapports sui- vaincus à Châlons ; mais Theodénc

vis et constants avec les peuples bar- perdit la vie dans la bataille ; et les al-

bares qui, de son temps, attaquèrent liés, épuisés par leur victoire même,

l'empire romain. Ses relations avec ne songèrent plus dès^ lors à tourner

Attila sont attestées par Priscus et leurs armes contre l'Afrique. Puis,

Jomandès; et nous avons déjà dit corn- Genséric ne tarda pas à voir la roé-

ment , en 442 , il se servit des Huns sintelligence éclater entre ceux - la

pour effrayer Théodose, et pour écar- même qui s'étaient réunis autrefois

ter les dangers qui menaçaient sa nou- pour l'attaquer. Enfin, il- se rapprocha

veile conquête. Il s'allià même aux des Wisigoths; et ce fut lui,dit-on,

Goths , jusqu'à lui ennemis irréconci- qui conseilla à Euric , devenu son

liables des Vandales, qu'ils avaient allié, de s'agrandir dans la Gaule, et

frappés et déplacés tant de fois dans de prendre Marseille et Arles aux Ro-

]a Germanie, battus et dépossédés en- mains. Après la mort d'Attila, il re-

core en Espagne, et qu'ils avaient chercha l'amitié des principales tribus

poursuivis même en Airique, en se qui s'étaient séparées des Huns. C'est

mettant au service du comte Boni- ainsi qu'il se lia avec les Gépides et les

face(**).Le traitement ignominieux et Ostrogoths. Quand le chef de ces der-

barbare que subit, par ordre de Gen- niers, Théoderic, devint, eu vertu d'un

série, la fille de Théoderic, roi des traité auxiliaire de l'Empire d'Orient,

Wisigoths (**'), rompit, pendant quel- il stipula que ses soldats serviraient

O voyez , sur ce traité de 44* , «"dé- contre tous les ennemis de cet empire, pendamment des auteurs anciens Prosper et excepté contre les Vandales. Tels ÎUvictor de Vita, l'ouvrage de Papencordt, rent les rapports de Genséric avec les Geschiclue der vandalisclien Herrschaft in peuples barbares qui, fixés en Europe, Jfriea , p. 76 et suiv. , «i celui de M. Mar- menaçaient Rome ou Constantinople. eus, Histoire des Vandales^ etc., p. 166 et GrâVe* aux puissantes diversions qu'il suiv. il y a au moins l'apparence d'une opérait à l'aide de ses alliances, il pargrande précision dans les délimitations géo- vint, comme nous le verrons, à regraphiques données par M. Mamis, à propos p0usser avec succès les attaques de de ce traité de 44». M. Papencordt est plus i»Orient et de l'Occident, et à affervague ; il se borne à dire : « Les deux Mail- mjr ga domination sur \e vaste terri tan les, avec la partie occidentale delà «rt««„;fi an AfriniiA

Numidiê, dont Cirta est la capitale, demeu- r,t0 re <*" H aV3,t COnqi V* J lyiuii , uu.11 u.w c i m w\ wic, u u BRVOLUTIONS DANS L EMPI RR D OCrerent au pouvoir des Romains. Les Van- tv^hw^o ^™

dales prirent l'autre parlie de la Numidie, C1DBNT; MORT DE VALENTINIEN , LE

qui a pour capitale Hippone, la Bvzacène SENATEUR PETRONIUS MAXIMUS.

ët la Procoasulaire. Nous ne savons paa Pendant les années qui s écoulèrent de

précisément ce qui fut statué à l'égard de 442 à 465, Genséric vécut en paix avec la Tripolitaine. »

(**) Les meilleurs soldats de l'armée de le fils aîné de Genséric. Le roi des Van-

Boniface, avant et pendant le siège d'Hip- dales, qui l'accusait d'avoir voulu l'empoi-

pane, furent des Goths qui étaient venus sonner, lui (il couper le nez et les oreilles,

en Afrique comme auxiliaires de l'Empire, et la renvoya à son père après cette muli-

(*") La fille de Théoderic avait épousé lation.

les deux empires. Il est vraisemblable, toutefois, que les Vandales, dont l'activité s'était portée tout entière vers les entreprises maritimes, firent plus d'une course avec leurs vaisseaux dans la Méditerranée et même dans l'Océan (*). Genséric employa ce long re-

Ï>os à négocier avec les" barbares de 'Europe, ennemis de Valentinien ou de Théodose ; à contenir les Maures , «es voisins , qui étaient devenus pour lui d'incommodes alliés, et à établir, dans les terres qu'il avait acquises en vertu des traites, un gouvernement fort et régulier. Vers 454 , il fut distrait de ces soins importants par les révolutions qui éclatèrent au sein même du palais des empereurs d'Occident.

Aétius était, à cette époque, l'homme le plus illustre de l'Empire. Sans eesse occupé à repousser les barbares, ii avait expie, par d'éclatants services, la trahison dont il s'était rendu coupnble au temps de Boniface. C'était lui enfin qui avait vaincu Attila dans les plaines de Châlons. Valentinien, jaloux, dit-on, de la gloire de celui qui avait tant fait pour lui et pour son empire. le livra au fer d'un assassin. Les barbares seuls devaient se réjouir de cette mort. On connaît la réponse que fit à l'empereur un de ceux dont il sollicitait l'approbation : « J'ignore , lui dit-il , quels ont été vos griefs; mais je sais que vous avez agi comme un homme qui se sert de sa main gauche pour couper sa main droite. » Valentinien ne survécut pas longtemps à Aétius. Se livrant , sans mesure et sans prudence, à tous les excès, il essaya de déshonorer, en employant de honteux moyens et la force, la femme du sénateur Pétronius Maximus. Cet odieux attentat ne resta pas impuni. Pétronius Maximus le fit assassiner. Pour compléter sa vengeance, il força la veuve de Valentinien, Eudoxie , à l'épouser et à prendre la place de sa femme qu'il avait perdue.

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