ÉLÉVATION DB MAXIMUS A L'EM
(*) Les historiens contemporains parlent d'une course que les Vandales auraient faite sur les côtes occidentales de l'Espagne , vers
PIRE ; L'IMPÉRATRICE EDDOXIE AP- PBLLB GENS ERIC EN ITALIE ; PRISE ET PILLAGE DE ROME PAR LES VAN- DALES ET PAR LES MAURES. — Pé-
tronius Maximus, qui appartenait à l'illustre famille Anicienne, fut proclamé empereur; mais il ne devait pas jouir longtemps du haut rang où la volonté d'un peuple et d'un sénat avilis l'avait placé. Eudoxie ne voyait qu'avec horreur le meurtrier de son ancien époux.
Pour se soustraire à une insupportable tyrannie, et pour briser les liens d'un mariage qu'elle n'avait contracté que par la force, elle appela secrètement à son aide le roi des Vandales.
Genséric saisit avidement l'occasion qui lui était offerte de grossir ses trésors , et en même temps de frapper mortellement, par Rome et l'Italie, l'empire d'Occident. Il équipa de nombreux vaisseaux qu'il remplit de soldats vandales et maures, et il se mit en mer. « Lorsque Genséric débarqua sur les bords du Tibre, dit Gibbon, auquel nous empruntons le beau récit qui va suivre , les clameurs d'un peuple épouvanté et furieux tirèrent Maximus de sa honteuse léthargie. La seule ressource qui se présenta à son esprit abattu fut une fuite précipitée , et il eng igea les sénateurs à imiter l'exemple de leur souverain. Mais Maximus n'eut pas plutôt paru dans la rue, qu'il fut assailli d'une grêle de pierres. Un soldat romain ou bourguignon prétendit à l'honneur de le frapper le premier. Son corps déchiré fut jeté dans le Tibre. Le peuple romain se félicita d'avoir puni l'auteur des calamités publiques ; et les serviteurs d'Eudoxie signalèrent leur zèle à la venger. Trois jours après ce tumulte, Genséric , suivi de ses Vandales , s'avança d'Ostie aux portes de Rome ; et, au lieu d'une foule de jeunes Romains armés pour la défendre, on en vit sortir processionnellement le vénérable Léon, à la tête de son clergé. La fermeté du prélat , son éloquence et son autorité adoucirent , pour la seconde fois, la férocité d'un conquérant barbare. Le roi des Vandales promit d'épargner les citoyens désarmés, d'in-
terdire les incendies, et d'exempter les captifs de la torture ; et, quoique ces ordres n'aient été ni sévèrement donnés, ni strictement exécutés, la médiation de Léon fut glorieuse pour lui et utile à son pays. Mais Rome , avec ses habitants, n'en fut pas moins la proie des Maures et des Vandales ; et les nouveaux habitants de Carthage vengèrent les anciennes injures de la race punique qu'ils avaient remplacée. Le pillage continua durant quatorze jours et quatorze nuits ; et Genséric fit soigneusement transporter sur ses vaisseaux les richesses publiques, celles des particuliers, et tous les trésors sacrés. Parmi les dépouilles , les ornements précieux de deux temples, ou plutôt de deux religions, offrirent un exemple mémorable de la vicissitude des choses humaines et divines. Depuis l'abolition du paganisme, on avait abandonné le Capitole ; mais on respectait encore les statues des dieux et des héros; et la magnifique voûte de bronze doré était comme réservée aux mains avides de Genséric. Les objets sacrés du culte des Juifs, la table d'or, le chandelier à sept branches , originairement construit d'après les instructions de Dieu lui-même, qui étaient placés dans le sanctuaire de Jérusalem , avaient été offerts avec ostentation en spectacle aux Romains dans le triomphe de Titus , et déposés ensuite dans le temple de la Paix. Après quatre siècles, ces dépouilles furent transportées de Rome à Carthage par un barbare qui tirait son origine des côtes de la Baltique. Les églises chrétiennes, ornées et enrichies par la dévotion de ces temps, offrirent une proie abondante aux mains sacrilèges ; et la pieuse libéralité du pape Léon, qui fondit six vases d'argent donnés par le grand Constantin, chacun du poids de cent livres, est une preuve de la perte qu'il tâchait de réparer. Dans les quarantecinq ans qui s'étaient écoulés depuis l'invasion des Goths, B.ome avait presque repris sa première magai licence. Il était difficile de tromper ou lie rassasier l'avarice d'un conquérant qtti avait le loisir d'enlever les richesses de la
capitale, et des vaisseaux nour les transporter. Les ornements au palais impérial , les meubles, les vêtements, la vaisselle , tout fut entassé sans distinction. L'or et l'argent s'élevèrent à plusieurs milliers de talents, et les barbares ne négligèrent cependant ni le cuivre, ni l'airain. Eudoxie ellemême paya chèrement son imprudence.
On la dépouilla de ses bijoux au moment où elle venait au-devant de son libérateur et de son allié. L'impératrice et ses deux filles, seuls restes de la famille du grand Théodose , furent forcées de suivre comme captives le sauvage Vandale , qui mit aussitôt à la voile , et rentra dans le port de Cartilage après une heureuse navigation.
Les barbares entraînèrent sur leurs vaisseaux des milliers de Romains des deux sexes , dont la figure ou les talents pouvaient contribuer aux plaisirs de leurs maîtres ; et , dans le partage des captifs, les maris furent impitoyablement séparés de leurs femmes, et les pères de leurs enfants. Ils ne trouvèrent de secours et de consolation que dans la charité de Déogratias, éveque de Carthage. Il vendit généreusement les vases d'or et d'argent de son église ; racheta les uns, adoucit l'esclavage des autres, soigna les malades, et fournit aux différents besoins d'une multitude dont la santé avait beaucoup souffert dans le passage d'Italie en Afrique. Le digne prélat convertit deux vastes églises en hôpitaux, y plaça commodément tous les malades, et se chargea de leur procurer tous les médicaments nécessaires à leur état. Deogratias , quoique d'un âge très-avancé, Tes visitait exactement le jour et la nuit. Son courage lui prétait des forces, et sa tendre compas»
sion ajoutait un prix inestimable à ses services. Comparons cette scène arec celle qui suivit la bataille de Cannes, et jugeons entre Annibal et le successeur de saint Cyprien (*). »
PARTAGE DES DÉPOUILLES ; PîOC V ELLES COURSES DES VANDALES; El'
(*) Gibbon ; Histoire de la décadence it de la chute de Cemvire romain, ch. 36.
cimeb. — A son retour à Carthaçe, le roi Genséric, qui n'avait per<lu, dit-on , dans la traversée qu'un seul vaisseau, celui qui portait les ornements et les statues du Capitale, s'empressa de distribuer les dépouilles de Rome aux guerriers de sa nation et aux Maures qui lui avaient servi d'auxiliaires. Or, argent , meubles et vêtements précieux, objets d'art et prisonniers, tout fut partagé. Suivant d'anciens récits , le roi se réserva , comme part du butin, les ornements du temple de Jérusalem, que Titus avait transportés à Rome; et, parmi les prisonniers, Gaudentius, fils d'Aétius, et Eudoxie avec ses deux filles.
Plus tard, en 457, Genséric renvoya à Constantinople la veuve de Valentinien et de Maximus , avec Placidie , qui épousa Olybrius, destiné à devenir un jour empereur d'Occident. Quant à l'autre fille d'Eudoxie(*) , elle demeura à Carthage, où elle devint, de gré ou de force, la femme de Hunéric, fils aîné du roi des Vandales;
La révolution qui avait livré Rome à Genséric lui avait donné en même temps les provinces d'Afrique qui , en vertu du traité de 442, étaient restées au pouvoir de Valentinien. En 455, les Vandales joignirent au territoire qu'ils possédaient déjà la Tripolitaine et les trois Mauritanies; et ils étendirent ainsi leur domination sur toute la côte de la Méditerranée, depuis Gadès jusqu'à la Cyrénaîque. Mais cette vaste étendue de pays ne leur suffit point encore; ils remontèrent sur leurs vaisseaux , et parcoururent la mer comme autrefois, pour attaquer et piller les provinces d'Europe qui étaient soumises à l'Empire. Ils voulaient aussi s'établir dans toutes les îles de la Méditerranée. Ils avaient bien compris que la possession de ces îles leur eût donné sur mer, et pour longtemps, une
(*) Nous suivrons, à cause de l'usage, l'exemple de Gibbon et de quelques autres historiens modernes qui l'appellent Eudoxie comme sa mère. Cependant Procope donne des noms différents à la veuve de Valentinien et à sa fille, l'épouse de Hunéric. Il appelle la première Eùôotfa , et la seconde EOSoxux.
domination sans rivale , et qu'elle leur eût préparé d'ailleurs, contre les dangers de toute espèce dont ils étaient assaillis dans leurs courses, des points de relâche et de sûrs abris. Ils firent de longs efforts pour compléter ainsi leurs conquêtes. De 455 à 459, ils s'emparèrent de Malte, et de toutes les petites îles gui se trouvent placées non loin des cotes de l'Afrique. Mais ils ne furent pas si heureux clans leurs tentatives sur la Sicile, la Corse et la Sardaigne. L'empire d'Occident avait alors un général qui, par son activité et ses succès, les arrêta dans leurs entreprises. Ricimer détruisit une de leurs flottes en vue de la Sicile, près d' Agrigente ; et , la même année 456 , il les expulsa de la Corse, où ils avaient essayé de s'établir.
Ricimer était barbare d'origine. Il avait eu pour père un Suève , et pour mère la fille de Wallia, roi des Wisigoths. Il avait servi avec distinction sous Aétius, et s'était élevé rapidement dans l'armée romaine, par sa bravoure et par ses talents. Après la double révolution qui priva du trône et de la vie Valentinien et Maximus, il devint l'homme le plus puissant de l'Empire. Il hérita en quelque sorte, par la mort d' Aétius, de l'influence que cet illustre chef avait exercée pendant tant d'années sur les soldats barbares.
Ses victoires sur les Vandales accrurent encore sa puissance. Ricimer, comme barbare, n'osai» aspirer au rang suprême; mais il voulait au moins, a défaut du titre, se réserver le pouvoir absolu des empereurs. Il exerça ce pouvoir, et le fit sentir surtout'à ceux qui étaient revêtus de la pourpre, et qui semblaient placés audessus de lui. Ce fut , en 456 , au retour de la Corse, qu'en déposant Avi* tus, Ricimer fit le premier essai de ses forces. L'empereur déchu n'essaya point de reprendre le titre qu'on lui avait enlevé; il comprit sans doute que, même avec l'appui du roi des Wisigoths , son protecteur , toute résistance serait vaine. Il quitta l'Italie, et revint dans la Gaule , sa patrie , où il mourut (456). Après la déposition d'Avitus et un interrègne de plusieurs
L'UNIVERS
mois, Ricimer donna son assentiment à Télévation de Majorien, que les vœux des Romains avaient appelé au trône impérial (avril 457).
l'empereur majorien ; SES préparatifs POUR ATTAQUER LES VAN- DALES EN AFRIQUE; DESTRUCTION DE LA FLOTTE ROMAINE A CARTHAqène; MORT DE MAJORIBN. — Le caractère du nouvel empereur était, suivant l'expression de Gibbon , grand et héroïque. Dans sa jeunesse , il s'était illustré à la guerre par des actions d'éclat. Il arriva même, à la fin, que sa gloire fit ombrage à Aétius. Il avait trop de prudence pour engager la lutte contre celui dont la puissance, en Occident, n'avait point de bornes. Il abandonna donc les armées, et rentra dans la vie privée. Après la mort d' Aétius, il reparut à la téte des trtfupes impériales. Au moment même où l'estime de tous lui décernait le pouvoir souverain, il venait d'arrêter, au pied des Alpes , une nouvelle invasion des peuples germaniques. Maître de l'Empire, Majorien n'avait plus rien à désirer; et, comme tant d'autres, il aurait pu , en se cachant dans son palais, se livrer tout entier à de faciles plaisirs, et se dérober désormais aux travaux et aux dangers. Son élévation cependant n'amollit point son âme , et il porta en temps de paix , dans l'administration, la vigilance et l'énergie qui l'avaient illustré au milieu des camps. Vivement préoccupé par les maux de l'Empire, il déploya une activité extraordinaire pour le guérir au dedans, et pour écarter les dangers qui , du dehors, le menaçaient de toutes parts. C'était surtout 'vers l'Afrique que Majorien portait ses regards et sa pensée.
Les Vandales, en effet, poursuivaient le cours de leurs pirateries et de leurs dévastations. Leur puissance maritime et leurs entreprises audacieuses mettaient Rome et l'Italie dans un continuel danger. Majorien ranima le courage des Romains, rassembla des vaisseaux; et les mesures qu'il prit alors furent si sages et si promptes, que déjà, en l'année 458, une flotte vandale, com mandée par un parent du
roi , fut battue sur la côte de Sinuessa, non loin de l'embouchure du Liris.
Genséric , après cet échec , se crut en péril ; et , suivant son usage , il alla chercher, parmi ses alliés naturels, les peuples germaniques, des ennemis aux Romains. Il s'empressa de renouer avec les Wisigoths; et, pour accroître le nombre de ses auxiliaires, il s'offrit comme médiateur, dans la guerre que ce peuple soutenait alors contre les JBuèves. Mais Majorien, sans s'inquiéter des ennemis que lui suscitait le roi des Vandales , faisait, pour attaquer l'Afrique, d'immenses préparatifs. Il ne les ralentit point quand le roi des Wisigoths manifesta des dispositions hostiles ; seulement il entra en Gaule, le prévint et le battit. Par son ordre, on avait préparé ou rétabli les arsenaux de l'Empire. On construisait une grande flotte sur les côtes de la Ligurie. Cette flotte nouvelle devait se joindre aux anciens vaisseaux qui stationnaient dans l'Adriatique, et se rendre, avec eux, à Carthagène, où l'empereur se proposait d'embarmier son armée.
Vers ce temps, suivant une vieille tradition bvzantine, Majorien, voulaut connaître les ressources de son ennemi , se rendit à Carthage. Il se présenta à Genséric sous un faux nom, et comme ambassadeur. Il avait noirci sa chevelure, qui naturellement était blonde, et ressemblait à l'or. Genséric l'accueillit avec distinction; et, pour lui donner une haute idée de ses forces et de sa puissance, il le conduisit à son arsenal. On dit qu'à l'approche de ces deux illustres guerriers, les armes entassées s'agitèrent et rendirent un son. Le roi des Vandales chercha alors, mais en vain , l'explication de ce prodige. Il n'apprit que plus tard qu'il avait accueilli dans sa capitale , et au sein même de son palais , le plus redoutable de ses ennemis, a La tradition, dit un grand historien, du voyage de Majorien à Carthage , doit être rejetée comme improbable ; mais c'est une tradition qui n'a pu être imaginée que pour un héros. »
Quand Majorien eut achevé ses préparatifs , il partit avec ses troupes pour rejoindre la flotte qu'il avait ras-
semblée à Carthagène. Jadis, les Car- d'obstacles dans la partie de la Médithaginois avaient traversé l'Espagne terranée qui s'étend de l'Espagne à et la Gaule pour attaquer Rome*, en l'Italie et à la Sicile. Chaque année, au 460, un empereur romain, par une retour de la belle saison , Vandales et marche inverse, passa par la Gaule et Maures montaient sur des vaisseaux l'Espagne pour attaquer Carthage. La et allaient, dans les îles et sur le coufrayeur du roi des Vandales, à l'appro- tinent , pour piller et brûler, et aussi che de Majorien, fut égale à celle qu'a- pour amener comme esclaves , à Car-
vait éprouvée autrefois le sénat de Rome, au temps d'Annibai. Genséric demanda la paix ; mais l'empereur rejeta sss propositions. Majorien était arrivé à Carthagène , et là il prenait ses dernières mesures pour opérer sa descente en Afrique. Le roi des Vandales, pour ralentir au moins la course de son ennemi, et pour compromettre sa marche dans le cas où il pénétrerait dans ses États, livra les Mauritanies T mgitane et Césarienne à une
thage , les habitants de la côte qui ne s'étaient pas enfuis à leur approche.
Le roi prenait part à ces expéditions.
Lorsqu'il se mettait en mer, et que le pilote, s'aJressant à lui , demandait :
«Où irai-je? — Le vent, répondait-il, «te conduira où nous appelle la co- « 1ère de Dieu. » Genséric disait aux ambassadeurs romains qui venaient le prier de mettre un terme aux pirateries, que les empereurs d'Occident pouvaient facilement obtenir la paix complète "dévastation. Il flt combler en lui restituant le patrimoine d'Eules sources et les fontaines ou les doxie, épouse de son fils Hunéric, et empoisonna. Mais bientôt ses craintes celui de Gaudenti us , son prisonnier s'évanouirent. Il avait des émissaires de guerre.
dans le camp de Majorien qui fomen- Ce fut vers 463 que les Vandales se taient les haines et les divisions et rendirent maîtres de la Corse et de la poussaient les troupes à la^ trahison. Sardaigne. Ils firent aussi, pour s'emparer de la Sicile , des efforts multipliés ; mais, sur ce point, ils échouèrent dans toutes leurs tentatives. En 458 , Majorien avait placé dans l'île, avec des troupes choisies , un de ses meilleurs officiers. C'était Marcellianus, qui défendit pendant six ans, avec bravoure et succès, la province que les chefs de l'empire lui avaient confiée.
Il n'abandonna son poste qu'en 463 ; il voulait alors se soustraire, non point aux attaques des Vandales , mais à la perfidie et aux mauvais desseins de
Des Goths, auxiliaires de l'Empire, li vrèrent aux Vandales la flotte romaine, qui fut anéantie.
Majorien accepta alors la paix que lui proposait Genséric. En proie à une vive douleur, mais non découragé, il revinten Italie. Là, il rêvait sans doute une nouvelle expédition , lorsque Ricimer excita dans le camp deTortone, au pied des Alpes, un soulèvement à la suite duquel l'empereur fut déposé.
Le barbare avait compris que sous ce règne il resterait toujours au second
rang , et que Majorien , revêtu de la Ricimer. Trois ans plus tard, en 466,
pourpre, n aurait jamais un maître, ni la mort de Livius Sévérus , qui avait
même un éçal. Cinq jours après sa porté, en Occident , le titre d'empe-
déposition, l'empereur déchu périt de reur , vint rompre le bon accord qui
mort violente. Telle fut la fin de Ma- existait entre Genséric et la cour de
jorien, « le plus illustre, dit Procope,1 Byzance. Ricimer voulait alors laisser
de tous ceux qui ont régné sur les Ko- vacant le trône impérial. Mais cette
mains.» nouveauté et l'audace du barbare ex-
les vandales poursuivent en citèrent, dans tous les esprits, une
occident le cours de leurs dé- vive indignation. Ricimer céda devant
vastations; genséric veut faire les protestations énergiques des Ro
un empereur; iujpturb avec l'o- mains. Il donna même son assenti-
ribnt. — Dès lors, les pirates de l'A- ment aux volontés du sénat, qui avait
frique ne devaient plus rencontrer choisi, pour succéder à Sévérus , An-
L'UNIVERS
thémius, l'un des plus illustres généraux de l'Orient. L'empereur de Constantinople, Léon, accueillit favorablement la demande qui lui était adressée de Rome. Il savait bien qu'en permettant à un de ses officiers de revêtir la pourpre, il se réservait une espèce de suprématie sur l'Occident. Tout s'arrangeait donc au gré de Rome et de Constantinople, lorsque Genséric intervint et demanda qu'à la placed'Anthémius on prît pour empereur Olybrius. Le mérite de l'un lui inspirait des craintes, tandis que, en raison de la parenté, il pouvait espérer de trouver chez l'autre un entier dévouement (*). Léon et les Romains ne tinrent compte ni des demandes , ni des menaces de Genséric. Le roi des Vandales, pour se venger, dirigea alors ses vaisseaux vers l'Orient , et les pirates de Carthage allèrent porter sur les côtes de la Dalmatie, de l'Illyrie, de l'Épire, de toute la Grèce , des Iles de la mer Égée, et même de l'Asie, les ravages qui n'avaient atteint jusqu'alors que les provinces de l'Occident. La cour de Byzance négocia d'abord pour arrêter ce fléau ; mais voyant que ses démarches n'amenaient aucun résultat , elle résolut d'opposer la force à la force, et de soutenir vigoureusement la guerre.