‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 228 sur 246 · IMPRÉVOYANCE DE GELIMER; GO- DAS ; EXPÉDITION DES VANDALES EN · texte numérisé non relu

IMPRÉVOYANCE DE GELIMER; GO- DAS ; EXPÉDITION DES VANDALES EN

sardaigne. — Les renseignements que Procope avait recueillis en Sicile étaient exacts, et Gélimer, comme l'avait dit le serviteur du marchand de Syracuse, était loin de se croire menacé par les troupes de Justinien.

Le roi des Vandales portait alors toute son attention vers la Sardaigne. Cette tle et la Tripolitaine, comme on l'a vu précédemment , avaient échappé , par une révolte, à sa domination. Gélimer n'essaya point de reconquérir la Tripolitaine, où l'empereur avait envoyé des troupes. Il avait hâte de soumettre la Sardaigne. Les pirates et les marchands d'Afrique ressentaient vivement la perte de eette tle, qui leur offrait pour leurs courses ou leurs affaires de commerce les mêmes avanta-

(*) Nous avons cru devoir iosérer , dans celte histoire, plusieurs des discours que Procope met dans la bouche de Bélisaire et des autres chefs de l'armée. Ces discours, suivant nous, ont été réellement prononcés. L'historien byzantin a pu changer la forme, mais il n'a pas altéré le sens. Procope fut témoin Oculaire de la plupart des événements qu'il raconte, et il est vraisemblable cju'il assista au conseil où Ton agita la question du débarquement.

ges qu'aux anciens Carthaginois. Ce Jut peut-être sur leurs réclamations, et pour ne point mécontenter la partie la plus active de la population qui l'avait accepté pour roi , que Gélimer fit les préparatifs d'une grande expédition. D'ailleurs, il était encore animé par la haine personnelle qxi'il portait a celui qui avait soustrait l'île à son obéissance. Jadis il avait compté Godas parmi ses serviteurs les plus dévoués. C'était même pour le récom-

Kenser de son zèle qu'il lui avait confié î gouvernement de la Sardaigne. Il n'avait point limité le pouvoir qu'il lui avait délégué ; seulement il avait voulu que chaque année il lui payât un léger tribut. Godas , que le roi des Vandales avait ainsi choisi pour son lieutenant, était Goth d'origine. C'était un homme , s'il faut en croire Procope, d'une force prodigieuse et d'une bravoure sans égale. Il resta fidèle à son * maître jusqu'au moment où Justinien se déclara ouvertement le défenseur de ilildéric, et se disposa à porter la guerre en Afrique. Ce fut alors qu'il écrivit à l'empereur la lettre suivante: « Je me suis séparé de celui qui était mon souverain , non pour des motifs personnels, mais parce qu'il s'est montré cruel envers sa propre famille. Je n'ai pas voulu , en lui restant soumis, devenir le complice de sa cruauté.

J'aime mieux obéir à un empereur renommé pour sa justice qu'à un tyran qui viole toutes les lois. Viens à mon aide, et envoie-moi des troupes avec lesquelles je puisse repousser les attaques de celui que j'ai cessé de reconnaître pour mon roi. » Ce fut alors, comme nous l'avons dit, que Justinien envoya Euloge, un de ses officiers, pour annoncer à Godas qu'il était prêt à l'aider dans sa rébellion.

Pour prévenir l'arrivée des secours promis par l'empire, Gélimer se hâta de rassembler une flotte et de lever une armée. Il réunit cent vingt vaisseaux sur lesquels il plaça cinq mille soldats. Il donna le commandement de la flotte et de l'armée à Tzazon, un de ses frères, et lui ordonna de faire voi le, sans retard, pour la Sardaigne,

Ce fut ainsi que, par une fatale im- avait lieu, les attaques de l'ennemi,

prévoyance, Gélimer se sépara de la Le lendemain, quelques soldats sor-

meilleure partie de ses forces au mo- tirent des retranchements et se disper-

ment même où l'empire faisait pour sèrent dans la campagne pour enlever

l'attaquer un formidable armement, des fruits. A leur retour, Bélisaire les

Quand Bélisaire toucha l'Afrique, le roi des Vandales n'avait à sa disposition ni vaisseaux, ni soldats pour repousser les envahisseurs.

L'ARMÉE IMPÉRIALE EN AFRIQUE; PREMIER CAMPEMENT; PILLAGE; PROCLAMATION DE BÉLISAIRE. —

fit châtier sévèrement. Puis il rassembla les troupes, et leur adressa la proclamation suivante : « Soldats, le vol à main armée, même en temps de guerre, est un crime. Ce crime acquiert aujourd'hui une nouvelle gravité, parce qu'il compromet le salut

Après trois mois de navigation , l'ar- de l'armée entière. J'espérais, au mo-

mée partie de Constantinople était enfin arrivée sur les côtes de l'Afrique.

A l'ordre de ses chefs, elle descendit à terre avec armes et provisions. Quand elle fut sur le rivage, elle se mit en mesure de s'assurer un bon campement. Les matelots se mêlèrent alors aux soldats, et, tous ensemble, ils creusèrent un fossé large et profond , et élevèrent une forte palissade. L'émulation, la crainte d'une surprise, et aussi les paroles de Bélisaire, animaient les travailleurs. Tout fut ache-

ment où vous touchiez cette terre, que nous allions trouver parmi les Africains , soumis autrefois à la domination de Rome , d'utiles et puissants auxiliaires. Je me disais que les vivres ne vous manqueraient point , que nos convois seraient assurés, et que nous n'aurions point d'autres ennemis à craindre que les Vandales. Vos désordres ont déjà changé la face des choses. Les Africains qui ont eu à souffrir de vos violences se rattacheront aux Vandales et nous poursuivront de leur

vé dans une journée. Pendant le tra- haine. Pour conserver quelques pièces vail, une chose excita l'étonnement d'argent, vous avez sacrifié la sécurité

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et la joie de l'armée ; une source abon dante jaillit du sol que l'on creusait. Ce phénomène, si commun en Afrique, parut d'autant plus merveilleux aux soldats que le lieu où ils se proposaient de camper était sec et aride.

Procope partagea l'étonnement général , et il crut que la découverte de cette source tenait du prodige. Il s'approcha de Bélisaire pour le féliciter.

« C'est un heureux présage, lui dit-il ; Dieu a voulu montrer par là que vous obtiendriez, sur vos ennemis, une facile victoire. » Quand le travail fut achevé , l'armée se renferma dans le camp. Elle y passa la nuit. Les sentinelles furent disposées , suivant l'usage, de distance en distance, et l'on fit bonne garde sur tous les points.

Par ordre de Bélisaire, cinq archers devaient veiller sur chacun des bâti-

de nos opérations et la facilité de nos approvisionnements. Il eût été plus sage assurément de faire un marché avec ceux que vous avez dépouillés , de traiter de gré à gré avec eux, et de donner votre argent en échange des vivres. Vous ne vous seriez point rendus coupables d'une odieuse violence, et vous auriez gagné par là l'affection des peuples que vous voulez arracher au joug et à l'oppression d'une race étrangère. Dorénavant, vous aurez à combattre, tout à la fois, les Vandales et les Africains. Que dis-je! vous aurez pour ennemi Dieu lui-même, qui retire son appui à quiconque emploie, à l'égard d'autrui, l'injustice et la violence. Soldats, il est encore temps peut-être de réparer le mal que vous avez fait. Montrez aux populations que vous allez rencontrer, que vous êtes

ments de transport. Quant aux vais- justes et modérés. Quand vous aurez

seaux plus légers qui étaient destinés mérité de nouveau que Dieu vous pro-

aux combats de mer, ils étaient ran- tége et que les Africains vous aident,

;és en demi-cercle, devant les autres, vous aurez accompli votre œuvre, et

e tenant prêts à repousser, s'il y les Vandales seront vaincus.» Après

4* Livraison. (Hist. des Vandales.) 4

L'UNIVBRS.

cette proclamation, Bélisaire ordonna aux soldats de rompre les rangs.

l'armée se met en marche; projets de rélisairb; manifeste de l'empereur justinien ; PASSAGE

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