‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 238 sur 246 · LES TRÉSORS DE GÉLIMER. — AU · texte numérisé non relu

LES TRÉSORS DE GÉLIMER. — AU

moment où l'armée grecque s'approcha d'Hippone, les Vandales se précipitèrent en foule dans les églises. C'est là qu'ils attendirent l'arrêt du vainqueur.

Béiisaire les rassura ; il les envoya sous bonne escorte à Carthage, où ils devaient être réunis aux autres prisonniers. Ce fut à Hippone que le hasard mit au pouvoir des Grecs les trésors de Gélimer.

Parmi les serviteurs du roi des Vandales se trouvait un certain Boniface.

Il était né en Afrique , dans la Byzacène. Gélimer, qui le savait dévoué à sa personne et aux intérêts de sa famille, lui avait confié, au commencement de la guerre, tous ses trésors.

Boniface les transporta sur un vaisseau , puis il fit voile vers Hippone.

De cette ville, il suivait tous les événements de la guerre, se tenant prêt, en cas de désastre, à fuir en Espagne auprès du roi des Wisigoths. C'était en effet chez Theudis que Gélimer comptait se réfugier. Après le combat de Tricamara , quand tout espoir de vaincre fut enlevé aux Vandales, Boniface, pour se conformer aux ordres de son maître, leva l'ancre, et se dirigea vers l'Espagne. Mais il avait à peine atteint la pleine mer, que le vent, soufflant avec violence, le rejeta dans le port d'Hippone. Là, il apprit, par les hommes de l'équipage qu'il avait envoyés à terre, que l'ennemi paraissait. Son désespoir fut grand a cette nouvelle. Il fit aux matelots de magnifiques promesses; il les pria et supplia d'éloigner le vaisseau des côtes d'Afrique et de continuer le voyage malgré la tempête. On lui obéit. Mais l'équipage s épuisa en vains efforts. Le vent avait redoublé de violence; la nier était bouleversée, et les vagues s'élevaient à une hauteur prodigieuse. Boniface céda enfin ; il se dirigea de nouveau vers l'Afrique, et ce ne fut pas sans peine qu'il parvint à regagner la

côte et à jeter l'ancre dans le port d'Hippone. Dès lors, il ne pouvait espérer d'échapper nu vainqueur. Il voulut au moins racheter sa vie au pris des richesses que portait son vaisseau.

Il envoya dans la ville quelques hommes oui , à peine descendus à terre, cherchèrent refuge dans une église.

Cefu^'de là qu'ils firent savoir à Béiisaire qu'ils étaient prêts à lui indiquer l'endroit où se trouvaient les trésors de Gélimer, s'il promettait d'accorder la vie et la liberté à Boniface et à ses compagnons. Le général accueillit avec joie cette proposition, et s'empressa de prêter le serment qu'on lui avait demandé. Puis, ses officiers s'étant rendus à bord du vaisseau qui avait été signalé, Boniface remit aux mains des Grecs les trésors de Gélimer.

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