LANGUES AFRICAINES CONSIDÉRÉES SOUS US POINT DE VUE DIACRI- TIQUE
Si nous considérons, au contraire, les idiomes africains sous le rapport des indications diacritiques qui résultent de leur examen comparatif, ils viendront en aide à notre ignorance
f>our tracer, à défaut d'autres bases, a distribution , en diverses races , de tant de peuples différents que nous confondons vulgairement sous l'appellation commune de nègres, qu'ils soient noirs de jais comme le Ouolof , olivâtres comme le Sçoumaly, ou marrons comme le Nube ; mais ces langues n'en conservent pas moins simultanément un caractère cohésif à l'égard des fractions éparses qu'elles rallient.
Ainsi l'idiome manding sépare d'entre la masse confuse de l'espèce nègre une population nombreuse et puissante, qn il réunit en un seul groupe , bien quelle constitue, sous les noms de Mandings, de Sousous, de Bambarras, de Kong, et autres encore, plusieurs nations politiquement séparées.
La langue ouolofe détermine de même , diacritiquement et cohésivement à la fois, le groupe des peuples de Ouâlo, Gjolot, Kayor, Baol, Sin et Saloum. Il en faut dire autant de la langue aschanty , pour une grande partie des peuples du Ouanqârah , autant de la langue aradah pour une autre grande partie, et autant encore de
la langue Eyo pour une autre partie
non moins considérable.
Dans l'est, divers groupes sont formés d'après les analogies et les répulsions respectives des langues nubiennes , qui classent ensemble les Nubes ou Dongolais et les Qenouz ou Barâbras à part des Tibbous de l'ouest et des Ababdehs et Bischaryyn leurs voisins à l'orient : ceux-ci réunis à leur tour distiuctivement desSehohou, Denàqvl et Adayel, lesquels sont euxmêmes rapprochés des (.allas et des Sçoumâl.
La langue bounda ou mogialoua, et la langue bomba , déterminent pareillement, entre des populations limitrophes, une division tranchée en deux groupes, dont l'un renferme, avec les peuples du Congo , une quantité de nations successivement voisines, dont les plus remarquables sont les Cassanges et les Molouas, tandis que l'autre s'étend au nord , comprenant les peuples de Ho, ceux de Sala ou Anzico, et les JSinéanav, sujets du Mouéné Émougy. Plus loin, sur la côte orientale, on ne connaît encore, parmi les peuples qu'on y a aperçus , aucune consanguinité de langage qui permette de les grouper par agglomérations congénères ; mais , dans la région australe, les peuplades hottentotes et les tribus kafrvs sont respectivement reunies et distinguées par deux systèmes spéciaux de langages.
Autour des diverses familles que nous avons indiquées, quelquefois même dans leur sein , des idiomes dissidents, parqués en quelques cantons isolés , témoignent encore de l'ancienne existence de peuples qui se sont fondus ou effacés dans des nations conquérantes : tels sont le sérère au milieu du ouolof, le feloup, le banyon à côté du manding, le kissour à coté du peul , le bourouin au sein de l'aschanty, et mille autres. Nous ne parlons point du turk, dominateur précaire sur la côte septentrionale, ni des langues apportées par les colons européens, et qui demeurent confinées avec eux dans leurs établissements.
HISTOIRE DÊ L'AFRIQUE
ÉCRITt'B ES AFRICAINES.
Les monuments lapidaires épars dans le nord de l'Afrique nous ont transmis , outre les alphabets des dominateurs phéniciens , grecs et romains, le triple alphabet des Égyptiens , ingénieusement déchiffré par l'heureux effort de Pérudition moaerne (*) ; ils nous ont aussi révélé un alphabet de caractères inconnus , accolés à des inscriptions puniques , et qu'il semble plausible d'attribuer aux peuples berbers (**) , bien qu'ils les aient oubliés pour l'écriture arabe, comme out fait les Coptes de leur an-
cien alphabet , relégué aujourd'hui dans des livres qu'ils ne lisent plus. Lès Abyssins ont gardé leurs vieux caractères éthiopiens , moins vieux peutêtre que ne l'admet l'opinion commune; certaines tribus galias les leur ont empruntés en les modifiant à leur gusse (*); quelques juifs barbaresquës griffonnent encore l'écriture ch. i <l. Tique. Partout ailleurs l'alphabet arabe , natif chez les uns , importé chez les autres, réservé aux docteurs chez quelques peuples nègres, tout à fait inconnu au delà d'une certaine limite, est à peu près le seul employé aujourd'hui par les Africains indigènes.